Second Sun

On continue notre périple dans le rock qui réveille le matin, qui vous maintient la journée debout et qu'il ne faut pas écouter en se couchant. Petit tour au Pays de Galles, autre lieu illustre pour le rock de poilus.
On l'a encore vu au dernier euro en France. Les Gallois c'est du solide. C'est du viril. Pas toujours correct. Mais très costaud! Pareil pour le Rugby. Le Quinze du Poireau est souvent en tête des équipes de l'hémisphère Nord. Et en matière de musique ca ne rigole pas non plus!
La musique et les Gallois c'est quelque chose de physique, de naturel et de brutal. Pour les vieux, il y les éternels comme Tom Jones ou Shirley Bassey. Pour les amateurs de gros sons, il y a quelques zouaves de Deep Purple, Manic Street Preachers ou Stereophonics. Catatonia et Duffy ont montré aussi que les filles avaient du caractère!
Le rock gallois ne fait pas dans la finesse mais il n'est pas non plus sans nuance. Il devient d'une redoutable efficacité lorsqu'il s'inspire de la lointaine Amérique. C'est le cas du quatuor Buffalo Summer, qui se voyait bien naître dans un coin poussiéreux d'Atlanta.
Mais ce n'est pas le cas. Pas grave: ils feront comme si c'était le cas. Le chanteur Andrew Hunt a bien écouté les Black Crowes et les autres musiciens se sont faits la main en écoutant des vieux Black Sabbath et les Guns. C'est du bon vieux rock à l'ancienne, avec des embardées électriques qui se plantent dans nos oreilles et des refrains à reprendre tout simplement.
C'est du hit fm pour une radio qui n'existe plus sur la fm française, celle du bon morceau de rock, saignant et bien tranché par des petits artisans du genre. Les morceaux se retiennent très facilement. La guitare virevolte et le boulot est fait avec passion. On a obligatoirement de la sympathique pour ce quatuor qui rêve littéralement sur ce deuxième album, assez emballant et surtout sans aucune prétention!
UDR records - 2016
Brasseur et les enfants du paradis, Théâtre du Petit Saint-Martin


Brasseur et les enfants du paradis par Atelier_Theatre_Actuel
Samedi 17h en alternance.
au Théâtre du Petit Saint-Martin
Bright Silence of Night

Allez maintenant que tout le monde a bien entamé sa rentrée, on va vous booster avec quelques disques bien troussés et bourrés d'électricité. On commence avec des petits gars de Salt Lake City qui ne se sont jamais remis de l'écoute de Led Zep.
La première chanson est bien lourde en mid tempo, appuyée sur un riff bien assassin. La pochette pourrait faire penser à des nostalgiques des années 80 et de la cold wave. Rien du tout. On est dans le blues rock le plus costaud, le plus bourru, le plus plaisant.
Ca sent en même temps la science et l'expérience. Le jeunes hommes de Weekenders ont des barbichettes. Ils doivent tirés dessus en écoutant avec déférence les vieux disques de hard. Ils digèrent ensuite avec des titres qui ressemblent beaucoup à leurs illustres ainés mais jamais ils singent leurs idoles.
Mais l'imitation est impressionnante. Avec leurs petits moyens, Rob Reinfurt et ses potos poilus s'imaginent entre le son de Detroit et celui du Texas. La voix monte pour se percher entre le gentil hardos et l'amateur de soul aussi. C'est un rock sans surprise mais parfaitement exécuté.
The Weekenders cherchent clairement à nous clouer sur le mur du son. Ce qui est en musique une belle intention. Est ce qu'ils y arrivent? Assez souvent, il faut l'avouer. On a le droit de trouver que cela ressemble un peu trop à ce qui a été fait avant mais ces musiciens savent y faire pour asséner le bon riff et le gros solo sur un fond de musique psychédélique.
Ils sont heureux de défendre ce rock rugueux, complètement hors du temps. Ils réussissent à nous proposer une chevauchée sauvage. On oublie tout avec eux. L'essentiel est là. Pas de grands créateurs mais d'excellents faiseurs. A suivre donc...
Head Carrier

Franck Black et ses copains se sont tout pardonnés. Ils veulent redevenir un groupe de rock. Ca semble être bien parti avec leur sixième opus, Head Carrier.
Boston est une ville bien catholique. L'influence irlandaise y est pour quelque chose. Les Pixies viennent de là bas et leur carrière ressemble un peu à un chemin de croix avec de la rédemption à la clef. De 1986 à 1993, ils deviennent le fer de lance de la musique indépendante.
Ensuite, le groupe se disloque et les quatre amis partent chacun dans leur coin avec plus ou moins de bonheur. En 2004, ils acceptent de refaire une tournée. Puis petit à petit, ils se rabibochent jusqu'à la sortie de Indie Cindy en 2014. Un chouette disque qui confirme la bonne forme de Franck Black et ses amis. Kim Deal, bassiste originale, fait encore la tête alors il remplace la chanteuse des Breeders par Paz Lenchantin qui ne redoute pas du tout la comparaison.
Elle redonne la pêche aux anciens qui récidivent donc deux ans après leur retour avec ce sixième album bien rageur comme il faut. Ils sont peut être dans l'ombre de leur mythe mais le disque est bon disque de rock.Ce qui est sûr, c'est la bonne santé des guitaristes. Ils s'amusent comme des petits fous pour dynamiter des chansons aux paroles très inspirées par la France. Franck Black a toujours vécu une belle histoire d'amour avec notre pays.
Ils s'amusent aussi à rendre hommage à Kim Deal sur un morceau chanté par la petite nouvelle. Non, les Pixies sont de très bonne humeur et cela se ressent dans l'énergie dingue que dégage cet album d'une trentaine de minutes bien saturées en électricité. Ca dépasse rarement les trois minutes et c'est à chaque fois intense. Le lien ne se fait pas tout le temps entre les chansons mais dans l'ensemble, Head Carrier est une vraie proposition de rock!
Retour en tout cas, d'un rock raide et pas très catholique. Tant mieux.
Pias - 2016
Les 7 Mercenaires

Normalement on devrait vous dire que le remake du western de John Sturges est une nouvelle preuve du manque d'imagination d'Hollywood mais on a trouvé finalement 7 bonnes raisons d'aller voir le dernier film d'Antoine Fuqua!
D'abord il s'agit d'un western. Dans un monde on ne sait plus où sont les gentils et les méchants, un bon western avec un vilain propriétaire terrien sanguinaire face des courageux cowboys hétéroclites, c'est presque rassurant. Ici, le fielleux Bogue est sans pitié avec un petit village de paysans. Ces derniers engagent une sorte de marshall qui recrute une agence tout risque de gauchos de tout poil.
Il y a un Indien, un Mexicain, un Plaisantin, un fou de dieu, un alcoolique, un chinois et un leader charismatique black. C'est la seconde raison de voir le film: Denzel Washington en cavalier sans peur et sans reproche, ca le fait grave comme disent les jeunes. Plus cool et abordable que le Django de Tarantino. Toujours la classe, Denzel!
La troisième raison: les gueules patibulaires. Ici c'est un concours de deux heures. Qui aura la tronche la plus sale? Qui a les ongles ou les dents les plus crades? Qui crache le mieux la chique? Les salauds ont vraiment de la gueule et ca fait plaisir à voir. Du gros barbu, fou de la gâchette, à l'hygiène déplorable, voilà un spectacle atypique, qui se fait rare ces derniers temps!
Encore plus rare: si le plan final est sûrement en images de synthèse (il a dû être ajouté à la dernière minute tellement il est hors de propos), le film est fait à l'ancienne: dans de vrais décors naturels et surtout avec de la cascade "pour de vrai". Voilà une vraie bonne raison de voir Les 7 Mercenaires! Ca nous console des images de plus en plus trafiquées!
D'ailleurs autre qualité: la musique! Pas de chichi. Pas de morceau rap à la fin. Le film est la dernière commande de James Horner qui a disparu depuis. Le générique mythique du premier film n'est pas décliné à l'infini et on retrouve le charme des grands orchestres qui cavalent dans les vallées sauvages et illustrent joyeusement les duels cruels et les luttes héroïques!
Enfin on découvre aussi Haley Bennett, petite actrice pleine de courage pour supporter le casting très viril mais tout à fait correct. Chris Pratt se la joue détente. Ce type joue de cette manière dans tous ses films. Ethan Hawke retrouve Washington et Fuqua après Training Day et ca lui fait plaisir visiblement. Tout le monde a l'air ravi de jouer aux cowboys et à l'indien!
Voilà, c'est un juste et bon divertissement. Rien à dire. Old fashion!
Avec Denzel Washington, Chris Pratt, Ethan Hawke et Haley Bennett - Sony Pictures - 28 septembre 2016 - 2h12
Beulah

John Paul White, moitié masculine du groupe éclair et populaire, Civil Wars, sort son premier album solo. Il semble avoir conservé la formule gagnante.
Avec sa gueule de type torturé et son nom tout à fait génial pour faire du rock, John Paul White attire facilement notre attention. Avec Joy Williams il a fabriqué un chouette groupe de country, Civil Wars, qui a fait son petit effet avec son style romanesque.
Désormais seul, le bonhomme n'a pas dû apprécier la tentative pop de sa collègue et poursuit lui aussi des compositions amples dans un genre assez roots. C'est un peu le Damien Rice de la country, ce garçon là! Vous fuyez? Non restez: vous serez agréablement surpris.
Car le chanteur a de la ressource pour nous conter de tristes complainte avec de l'aplomb et un sens sain pour la ritournelle acoustique. Dans toutes les chansons de son second essai solo, il y a de l'émotion dans la voix et pour illustrer cela, les musiques sont plutôt subtiles.
Loin du titre étrange du disque et de la pochette un peu trop délavée à notre goût. Beulah révèle la folk music d'une façon assez sombre mais d'une élégance assez touchante. On le sent vivre réellement ses textes et ses chansons. Il y a tous les styles qui font que le Sud de l'Amérique est si riche. C'est exotique à souhait. Besoin d'évasion: essayez donc John Paul White et sa country si personnelle!
2016 - Single lock records
Dans la légende

Plus grosse vente de l'année, le groupe de rap PNL c'est qui, c'est quoi et surtout c'est bien???
Bon alors si vous n'écoutez pas de rap, ce n'est pas sûr que vous soyez sensible au flow de PNL (Peace'n'lovés), duo de Corbeil Essonne. Ademo et NOS sont des gros durs. La virilité, les nanas et le biz et tous les artifices de ce bon vieux rap français sont présents. Mais la critique a vu chez eux un peu plus de clairvoyance. Ils sont un peu moins beaufs que certains gros vendeurs de disque!
En tout cas, il y a bien un adjectif pour les décrire: malins. Ils ont lâché les grosses doudounes et la casquette vissée sur le crane. Ils assument leur look de petits dealers de shit. Les frangins n'apparaissent pas dans les médias. Comme d'illustres stars, ils comptent sur leurs clips et les réseaux sociaux pour faire le buzz plutôt que leurs personnalités. Ils sont l'antithèse de Booba à ce niveau. C'est futé.
Ainsi, touchent ils tous les milieux et leurs premiers disques les ont imposés en peu de temps. Le bitume, ils le décrivent avec pas mal de panache et de verve. Ils arrivent à plaire au plus grand nombre. Tant mieux pour eux! Dans la Légende, leur troisième opus est un raz de marée en terme de ventes de disques. Pour eux , la crise c'est du passé!
Cela n'empêche que leur constat est amer mais pas désespéré. Ils ne gonflent pas les muscles. Ils ont visiblement une vision qui va jusque dans une musique qui ressemble à une ténébreuse électro. Ils ne se limitent pas à des généralités sur l'oppression sociale, la rage des banlieues ou la taille de leurs zizis! C'est un peu plus subtile (cela reste du rap). Le mélange des cultures est harmonieux. Ils ont levé la tête et vu par dessus leur cité. Il n'y a pas de guerre de territoire chez PNL: ils décrivent simplement un état d'esprit. Une triste réalité, très bien contée!
Le petit hic c'est qu'il faut supporter un rap vocodé, un truc sonore qui finit par lasser alors que les deux frères ne sont pas de mauvais chanteurs, habités et assez sereins. Ils réinventent un rap flottant, calme et peu enclin à la colère. Ca plane pour eux donc!
QLF - 2016




