The lost city of Z, James Gray


Loin de New-York, de ses gangsters et de leurs acolytes éternels les policiers, voici au début du XXème siècle, la bonne société anglaise, d'abord aperçue en Irlande (ils se croient partout chez eux ces gens-là...) et ses officiers militaires, avec parmi eux, un homme différent auquel on refuse la place qu'il mériterait.
Cet homme intelligent et loyal envers son pays est habité, hanté par un désir qui le dépasse, qu'il ne sait pas nommer, qui a un rapport avec la grandeur d'âme, la générosité vitale, le sentiment d'un destin à accomplir. Il saura de quoi il s'agit lorsqu'il y sera. C'est-à-dire au moment où expédié dans la jungle bolivienne à la frontière avec le Brésil, enveloppé de virginité verdoyante, chaude et dangereuse, déjà fasciné, il remonte le fleuve et apprend de la bouche d'un indien (qui disparaîtra juste après la révélation, comme il se doit) l'objet de sa quête, de ce qui va constituer l'appel de sa destinée et le conduire au bout de lui-même y entrainant son fils ainé, la cité mythique de Z.
Z comme l'instant zéro, le retour à la source juste avant le point A. Le père et le fils vont s'y engloutir, hallucinés et, j'en jurerais, heureux. On retrouve les questionnements du réalisateur sur la filiation, la transmission, et sur le couple. Ici, quelle épouse ! Belle, généreuse, émouvante sans pathos, un grand rôle ! Et puis, cela fait partie de l'Histoire : la révélation de l'horizontalité de l'humanité, aucune civilisation ne peut se prétende supérieure à une autre, vérité confondante qu'il est encore si difficile de faire admettre, hélas ! Ce film rappelle ceux de Werner Herzog évidemment, mais aussi Térence Mellick sur certains aspects élégiaques, et "Apocalypse Now" pour la remontée du fleuve, ses boucles boueuses, ses méandres, par quoi l'on s'initie aux mystères de l'espace (de plus en plus primitif) et du temps (originel).
L'aventure humaine n'en finit pas de nous interroger, c'est, au fond, le seul sujet qui vaille.
Funkfornia

Hello les amis,
Une petite carte postale de Californie! En effet votre serviteur se la joue West Coast. J'hésite encore entre une voiture à la Fast & Furious ou jouer le surfeur mystique du coté de Venice Beach. En tout cas, voilà un joli disque qui vous mettra dans l'ambiance.
Los Angeles, c'est trop grand! Je ne vais pas vous raconter mon périple. Surtout si vous êtes au travail. Moi je suis en face d'une plage avec des surfeurs, un soleil qui cogne et toute une ambiance que l'on ne connait pas ailleurs. Le dépaysement est total.
Car Los Angeles est une ville tentaculaire où chaque endroit a son caractère bien trempé. Il ne faut pas s'étonner de voir des groupes têtes de pioche sortir de cette ville. Les stars, les ghettos, les no go zone et les plages cohabitent. Cette compilation de rap, Funkfornia, rend bien compte de ce mélange caliente!
Car le disque produit par L's, le "secret le mieux gardé de Long Beach", réunit de chouettes morceaux de rap. On est loin du bling bling même si l'empreinte sonore de Dr Dre sur la production de L.A. semble profonde. Mais certains sont visiblement au niveau. Cette musique de la rue est bien plus musicale que les hits qui arrivent dans nos oreilles franchouillardes.
C'est extrêmement pointu. Les auteurs, méconnus dans l'ensemble, sont talentueux: leur rap est sacrément funky et plus dansant qu'à l'accoutumée. On s'éclate bien et on se la pête en toute simplicité. Le passé inspire bien le présent. Ca sort un peu de l'ordinaire mais sachez qu'ici, rien n'est en fait ordinaire. La ville bigger than life. En vacances, ca passe. Tous les jours, ca rend peut être fou... ou artiste!
Allez je vous embrasse je vais faire trempête et je vous donne des news rapidos
WTS ENT - 217
Manifeste contre la peur

VioleTT Pi est un drôle de bonhomme. Il propose des drôles de disques! Avec de drôles d'instruments. Et des drôles de paroles! Et une drôle de pochette! Manifeste contre la peur est finalement assez drôle.
Derrière le nom de VioleTT Pi se cache le Canadien Karl Gagnon, qui a aussi une autre qualité: il est le compagnon de Klo Pelgag. Tout de suite, on sent que nos habitudes d'étiquetage vont être mises à rude épreuve. La jeune fille est bien barrée, alors que dire de VioleTT Pi qui philosophe sur le Monde avec une excentricité tout aussi exotique?
En gros pour présenter son manifeste, on pourrait parler de poésie punk. Le musicien aime partir un peu dans tous les sens mais il retombe toujours sur ses pieds et glisses sur des genres variés. Parfois il fait dans la chanson à texte puis se faufile vers des envies plus rock ou plus barrées encore.
Il est difficile à suivre. Un manifeste, c'est construit. Ici l'ambition semblerait être l'inverse: VioleTT Pi ne veut pas s'attarder sur un style et les attrape tous pour en faire quelque chose d'assez anarchique mais pas déplaisant du tout. Mais il faut avoir l'esprit très ouvert pour s'attacher à sa douce folie.
C'est un disque plein d'appetit. Le chanteur est peut être un peu trop gourmand mais son manifeste contre la peur nous fait parfaitement oublier celle qui régne dans nos quotidiens, nos smartphones, nos fakenews...
L Abe - 2017
Débats, blabla et gnagnagna, et si tu votais ?


Non non non de non, ne voyez pas en mon prochain exil vers d’autres terres d’autres rives pour une durée certaine et une certaine durée, qui va m’éloigner de vous un temps certain et un certain temps, une quelconque lâcheté de fuir mon pays, ma République, à l’approche d’une accélération dans nos écrans de petites phrases assassines, de petits mots assassins, de petites guerres intestines et de peur de nos républicains destins, dans le cadre, déjà bien dépassé dans les marges de cette foutue campagne présidentielles 2017.
Oui, je pars, mais oui je reviendrai, et oui je vais voter, je ne vous dirai pas pour qui, j’ai comme une envie d’être un peu peinard et que l’on évite de me traiter de je ne sais quel nom, bien planqué derrière un écran, du fait de soutenir tel ou tel projet, ou tel ou tel futur Président, oui, je le mets au masculin, ce qui vous enlèvera d’un doute sur ma capacité à aller voter pour un extrême, je doute assez peu que vous en doutiez vous-même, en fait.
Néanmoins, oui, s’il est certain que moi, je vais me gaver de shootings photographiques sur les rives de Brooklyn ou sur les bords du Saint-Laurent, qui laisseront peu de temps pour mater Fox News ou l’équivalent de Motus sur les télés ricaines, oui, vous, vous allez en bouffer des débats, des blablas et des gnagnagnas.
Mais, mes chers amis, mes chers lecteurs, mes chers petits poussins, mes chers ennemis, oui mes ennemis car je sais qu’il vous arrive à vous aussi de lire mes chroniques, comme certains frontistes de bas étages vont polluer de leurs « vive Marine » un peu comme en son temps des tout aussi courts « Heil Hitler », les pages Facebook de Macron, Fillon ou Mélenchon, voire d’autres (si si si j’en ai lu ), ils sont actifs les porcins, cela n’enlèvera pas le fait que nous aurons tous, cette chance, oui, cette chance, de nous exprimer, tous, même les plus fous, même les tordus, mêmes les plus cons, mêmes les moins zens, même les haineux, même les respectueux, oui, nous avons, cette chance.
Alors à l’heure à la bonne heure la belle affaire, que nombre d’entre vous ne sont pas encore décidés sur le choix du bulletin à insérer dans l’urne, à la lueur inquiétante que nombre d’entre vous, faute de vaillance, faute d’envies, faute de passion, seront tentés de ne pas se rendre dans l’isoloir, en quelques raisons plutôt qu’en une, bien moins qu’en cent, pour éviter tout bain de sang, voilà 10 (bonnes ?) raisons, d’aller voter.
- Parce qu’avoir une Trump en fille en encore plus conne, en encore plus dégradante pour l’image de notre pays, à la tête de celui-ci, c’est assurer à ton beau-frère restaurateur de ne plus avoir, du moins beaucoup moins, de touristes pour manger sa blanquette, à ta belle-sœur réceptionniste dans un hôtel de côte d’azur d’avoir huit fois moins de fois à dire « goodmorning » à d’autres étrangers tous les matins qui iront voir ailleurs, à ton beau-père viticulteur de vendre ses vins en Franc à quatre fois moins cher et non plus en euro à des chinois ou à des allemands ou à des belges ou à des japonais. Bah oui mon pote.
- Parce que t’en as soupé jusqu’à puis plus faim de Pénélope, de Canard déchainé, de costard offert, de mise en examen sans examen, et que si t’as trouvé ça dégueulasse et bien t’iras voter pour quelqu’un d’autres mais que finalement tu aimes le mec, malgré tout, oui, malgré tout, et bien au moins tu défendras tes convictions, qui, malgré tout, resteront républicaines.
- Parce que t’as été Charlie comme bien d’autres, parce que t’as été JesuisParis, t’as été Bataclan, t’as été dans le sang froid, ou dans la trouille, il n’y a pas si longtemps finalement, et que ça, oui, ça, ça s’exprime dans une urne, dans quelques programmes, même si t’es pas d’accord sur tout.
- Parce que oui, même si ça te gave, t’as le droit à 11 candidats, qui ont eux le droit de s’exprimer librement, de porter des idées librement, à part (à peu près) égale, et que tu peux voir sur 25 chaines différentes, c’est toute la différence avec ton homologue de Corée du Nord, qui lui, a le droit à un seul mec, depuis sa naissance, et qui le voit, car il n’a pas le choix, tous les soirs, élections ou pas, de toute façon, y’en a pas, sur LA seule et unique chaine qu’il a dans son poste, et encore, quand il en a un.
- Parce que même si t’es la pire des buses, même si t’as rien à dire, même si t’es le plus sombre des cons, même si t’as même pas de quoi rassembler deux neurones sous ton casque, oui, on te donne le droit de voter, pour celui ou celle que tu veux, ou que tu détestes le moins, alors fais le.
- Parce que tu sois gay, marié avec 8 enfants, célibataire, que t’aimes les films de gladiateur, ou Joséphine Ange Gardien, que tu sois juifs, catho, musulman, agnostique, fervent bouddhiste ou encore un adorateur des dieux vikings, que tu sois connu ou non, oui, ta voix reste une voix, et qu’elle pèsera exactement le même poids que celle d’une star, d’une vedette, d’un influent…
- Parce que même si c’est ton kiff de voter Cheminade, parce que tu le trouves sympa, que tu veux juste voter Poutou parce que son nom bah tu le trouves très drôle, bah tu peux…
- Parce que même si t’es contre tout, tout le temps, jamais content de rien, même si tu gueules pour un oui pour un non, même si tu n’as jamais rien fait pour la Société, et que tu ne feras rien jamais pour elle, même toi, t’as le droit de voter.
- Parce que si pour ta couleur de peau, ton sexe, ton origine, ta classe sociale, ton faible pouvoir sur les choses, on ne te donnait pas le droit de voter, tu serais surement dans la rue, pour exiger, avec un t-shirt «#jeveuxvoter #jesuisbulletin», le fait d’y avoir droit, alors, bonne nouvelle, t’as le droit.
- Parce qu’arrête un peu, sur les 11, t’en as bien un ou une, qui, dans ces quelques pages de programmes, a bien au moins 50% de son truc qui correspond à ton envie de Société, un peu à toi, un peu à tes mômes, un peu à tes parents, un peu à ta tronche, alors arrête oui, fais pas ton ultra difficile, et vas-y.
Parce que mes chers amis, mes chers lecteurs, mes chers petits poussins, mes chers ennemis, oui mes ennemis, quoi que vous puissiez vous en défendre, nous avons cette chance, tu as cette chance, alors au-delà des débats, des blablas, des gnagnagnas, oui, vote !
J’vous embrasse. A bientôt.
Festival 100% Afrique : Génération A, Paris Villette


Découverte d’un duo exceptionnel de danseurs sénégalais Hardo Ka et Gnagna Gueye dans leur spectacle Répétition à la maison.
Il arrive de tomber sur des pépites grâce à la diversité d’artistes présentés en festival. Ce duo-là a brillé et la magie a opéré. Couple à la ville comme à la scène, Hardo et Gnagna font battre leurs cœurs au rythme de leurs pas. Danseurs contemporains, ils mettent en scène la rencontre de l’ordinaire du quotidien et de l’art.
A la croisée de la danse et du théâtre, ce duo nous dit quelque chose du courage des artistes pour vivre de leurs talents en Afrique. Avec humour, jeux de séduction et beaucoup d’imagination dans les chorégraphies, ils nous transportent dans l’envers du décor d’une création artistique. Entre tâtonnement dans les choix artistiques, équilibre des forces, complémentarité du masculin et du féminin, on s’imagine au milieu des passants incrédules qui les regardent répéter.
Ils se donnent sur scène avec fougue. Tels des bouquetins, ils se battent, se rencontrent, s’accordent Les moments de tension alternent avec les moments d’accalmie où l’on boit le thé. Et vraie valeur ajoutée : le rire ! C’est rare en danse et d’autant plus appréciable. Leurs visages restent concentrés jusqu’à ce qu’on les voit s’illuminer à l’ovation du public qui salue leur sacrée performance.
Du 23 mars au 21 mai, le Festival 100% Afrique investit la Villette. Dédié à la création africaine il ouvre à la richesse des talents artistiques du continent. Une réussite !
du 23 mars au 21 mai 2017
le Festival 100% Afrique
Life & livin’it

Le meilleur des mondes!
Par son histoire personnelle, Sinkane ne peut pas accepter de rester à un seul endroit, dans un seul genre, avec une seule idée. Le garçon est un explosif: il aime faire pêter les frontières des genres et profiter du meilleur de chaque passion qui l'habite.
Entre l'Angleterre et l'Afrique, Sinkane, alias Ahmed Gallab, a vu beaucoup de pays et découvert beaucoup de musiques différentes. Il est aussi à l'aise dans le rock que dans l'afrobeat ou le jazz. Il aime la soul, cela s'entend mais n'oublie jamais ses racines soudanaises.
Le résultat est donc une musique diabolique car mondialisé. Le musicien emprunte aux plus grands et semble les digérer avec une aisance déconcertante. Certains trouveront cela trop light ou asceptisé! Cependant le cocktail est réellement savoureux car il ose des saveurs de tout pays!
Copain de Caribou et de Of Montreal, Sinkane a dirigé un étrange orchestre où l'on croisait David Byrne et Damon Albarn: c'est dire si le musicien a une forte personnalité. Et une science de la chanson, à la fois classique et déclassé.
Les structures sont habituelles mais il arrive toujours à insuffler un petit vent de folie dans ses arrangements. La voix apporte aussi de l'originalité. Elle n'hésite pas à monter dans les aigus et contrecarrer les cotés roots de certains titres. C'est cette façon harmonieuse d'opposer avec bienveillance les sons qui font de ce disque, un moment de mondialisation heureuse, le meilleur des mondes!
City Slang - 2017
Volcan

Pas de projection de guitare brulante ou de boulet de batterie, le trio Volin coule doucement vers une pop exigeante et poétique. Une démarche inattendue.
Pas d'explosion pétaradante dans un album qui se nomme Volcan, voilà qui est étonnant. Et c'est plutôt la bonne surprise de ce premier effort d'un trio de Montpellier. Les petits jeunes pourraient tout casser sur leur passage. Bien au contraire: ils sont calmes, polis et feraient presque de la poésie. Une bande de ringards?
Pas du tout, leur musique est résolument moderne avec ses arrangements si doux qu'ils cachent de nombreuses subtilités qu'on apprécie de découvrir à chaque écoute un peu plus! La voix de Vincent Colin capte les rêves et les ambiances ouatées d'une pop inquiéte, reflet des sentiments intimes et de mélodieuses sautes d'humeur. Il y a en tout cas une intensité très originale dans ce premier album bien fichu.
L'orchestration peut nous écraser au sol comme elle peut nous arracher à la terre. Le trio met tout son coeur dans ses dix titres exaltés. Ils touchent à tout mais surtout ils font penser à cette pop anxieuse et ouverte de Radiohead. Pas mal comme comparaison pour un tout premier disque franchouillard!?
Les garçons sont vifs, aimables mais pas toujours polis. Ils réussissent à créer une atmosphère, ni heureuse, ni dépressive. Ils se promènent dans un entre deux d'émotions rarement visité. Il est tout à fait étonnant ce premier album et si les terres paraissent arides au premier abord, visitez sans crainte ce volcan pas du tout éteint
L'autre distribution - 2017
Bonnard, Vuillard, La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, Musée d’Orsay


Bonnard petit maitre Bonnard le brouillon le gentil bourgeois barbouilleur. Tranquillement.
Tandis que Vuillard
Vuillard le taiseux s’enfonce dans des silences que nul n’a encore percés
Vuillard sous influence pose sur l’écran réduit de ses toiles des mondes hermétiques ouverts au déséquilibre
Vuillard sature découpe entaille la tradition
Touche après touche il sculpte des espaces des silhouettes des tensions des secrets
Vuillard le secret
Le regard de sa mère sur les épaules
L’amour de sa sœur
Les femmes de sa vie
Une vie épaisse des tourments clos des strates d’absences métamorphosées en impérieuses présences
Vuillard juxtapose l’impossible et les extrêmes. Le dedans du bourgeois le cossu le repu le plein jusqu’à la moelle, le dehors l’indompté le sauvage tenus ferme sous le pinceau. Le dedans des âmes les interdits les non-dits la besogne de la solitude, le dehors des corps absolument compris absolument entiers dans leur absolu mystère.
Vuillard domestique. Il domestique les pulsions profondes les courants les lames de fond. Pourtant tout affleure dans les rectangles gorgés égorgés de ses œuvres, tout affleure tout frémit tout vibre tout pleure tout dit. Dans un silence parfait. Dans une asphyxie parfaite. Dans une dissidence criante.
L’intimité de Vuillard du format du geste de l’expérience. Les masses si épaisses qu’elles surprennent cependant qu’elles désignent une couverture une robe un lit et aussi de l’étrange de l’inquiétude de l’inhabituel. Vuillard l’ambigu.
Vuillard le peu, peu de couleurs, peu de discours, pas d’emphase peu d’explications, Vuillard jamais n’impose Vuillard resserre, resserre, il noue le nœud qui pousse les corps en position de déséquilibre qui tord les visages qui incline la lumière qui dérobe les sols qui fausse les perspectives qui supprime l’air, Vuillard peu à peu en toute discrétion arrache au silence ses mots les plus vibrants ses attitudes les plus poignantes ses couleurs les plus musicales.
Il nous approche. Lentement avec ferveur nous ouvrons le regard. Vuillard le miracle.
Le silence est roi, Vuillard est roi.
Ne cherchez pas une carte postale, pas un souvenir de Vuillard. Bonnard partout, cartes magnets cahiers posters marque-pages, Bonnard bon à tout, Vuillard le somnambule est loin devant.
Du 22 novembre 2016 jusqu'au 2 avril 2017
Bonnard / Vuillard. La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière
Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris
Les Figures de l’Ombre

Ca fait quand même du bien un peu de politiquement correct dans ce monde de brutes!
Les inégalités dans ce Monde sont à vomir. Les guerres c'est moche. La haine ronge trop souvent l'humanité. Les pêchés capitaux piétinent les douces vertus de chaque personne sur la planète. Alors, mon petit kiff actuellement, c'est un bon vieux film old school qui fait l'éloge de tout le bien qui subsiste chez chacun d'entre nous!
Pour assouvir ce plaisir, Les Figures de l'Ombre fait plus que le boulot. C'est certainement une future référence. Tout est classique. Tout est élégant. Tout sent le formica y compris Kevin Costner qui continue d'être un acteur génial dès que cela se passe dans les années 60. Tout dans Les Figures de l'Ombre nous ferait aimer l'Amérique, capable de faire amende honorable et de comprendre ses belles révolutions.
La question raciale n'est pas nouvelle au cinéma mais Les Figures de l'ombre ose aussi faire aussi dans le féminisme cool. Ca devrait franchement nous débecter tous ses bons sentiments. Hé bien, non: l'optimisme du cinéaste est renversant et attaque clairement notre cynisme.
Le film suit le parcours de trois femmes noires qui travaillent pour la Nasa qui se pose alors la question d'envoyer un homme dans l'espace. Bien entendu les préjugés les cantonnent à des taches ingrates mais un chef de la Nasa va donc comprendre que l'apriorisme empêche l'intelligence et l'efficacité. Les trois femmes vont discrètement représenter le changement!
Le film lutte donc pour le salut moral de l'Amérique. Et Dieu sait qu'elle en a besoin depuis la dernière élection!
Avec Taraji P.Henson, Janelle Monae, Kevin Costner et Octavia Spencer - 20th Century Fox - 8 mars 2017-
Suicide Squad

Voici donc Douze Salopards pour faire un tout petit nanar... est ce la fin des super héros? Peut être! Car c'est déjà fini pour les super vilains!
Et donc que va t il rester à notre pauvre Batman? Son copain Superman n'est plus là et les métahumains sont plutôt d'une bonne nature! Un héros ne peut pas exister s'il n'a pas en face de lui un nemesis digne de ce nom! Donc en quelques minutes, la Chauve souris milliardaire s'efface pour laisser la place à des super vilains!
Pas si méchants que ça et c'est là la grosse déception de ce nouveau film issu de l'univers DC, qui tente de concurrencer la machine à cash qu'est devenu Marvel et ses super héros qui font des blagues face à la mort!
Pour faire la différence, Suicide Squad réunit donc toute une ribambelle de méchants grimaçants qui doivent faire le bien contre leur volonté. Ils ne sont pas beaux. Ils sentent mauvais. Ils ont des gros flingues, des grandes dents et adorent se battre! Il ne font hélas jamais peur et malheureusement, le film montre qu'ils ont un petit coeur qui bat et qu'ils sont capables d'aimer comme des midinettes.
La figure du Joker prend très cher. Le pauvre Jared Leto fait une imitation en technicolor de Jack Nicholson qui fait penser hélas pour lui à Louis de Funès. Le reste du casting est du même tonneau. Will Smith ne veut pas jouer les badass pour ne pas faire peur à son public. Margot Robbie surnage avec ses jolies fesses et deux ou trois vannes bien senties. Les autres affreux sont des faire-valoirs sans grande saveur.
Ils détruisent tout sur leur passage, tout comme le réalisateur David Ayer, habitué aux polars musclés (Training Day, End of Watch). Il a visiblement piétiné un scénario indigent qui s'imagine comme une version moderne des Douze Salopards. Mais le récit de ce couteux blockbuster radote, se répéte et amène deux ultra super belliqueux méchants qui font hurler de rire tellement ils sont ridicules.
Cela nous vaut le final le plus paresseux de la planète super héros avec une baston sortie d'un mauvais jeu vidéo. Pour leur première sortie, ces dangereux assassins s'offrent un enterrement de première ordre et le titre du film est tristement prémonitoire.
Avec Margot Robbie, Will Smith, Jay Courtnay et Cara Delevingne - Warner - 2016



