What we’re made of

Daniel Allen joue de la guitare et chante l'Amérique. La Vraie. Celle qui fait soulever la houppette de Donald Trump de plaisir. Bryan Harris cogne à l'Américaine sur sa batterie pour faire l'admiration de Paul Bruens, mutique bassiste poilu. Richard Forehand seconde idéalement le chanteur et joue comme Jimmy Page de la mandoline et de la pedal steel. Enfin Beau Cooper pianote comme un vieux cowboy au crépuscule de sa vie. The Vegabonds vient du Tennessee et ca s'entend!

On sort donc les Stetson et les cuirs à frange. On se met à la moto. On aime les grands espaces et les bars avec des billards et des néons. Si on peut ajouter quelques belles pépées, on fera l'éloge de l'authentique. Le groupe de Nashville en tout cas ne va pas vous décevoir si vous connaissez ou aimez ce genre d'ambiance.

Comme les vieux rockers de notre enfance, ils ont des lunettes de soleil, les cheveux longs, des barbes hirsutes et des chansons avec plein de sentiments dedans. Allen et ses potos parlent de la vie, de ses souffrances, de ses espoirs et de ses luttes. C'est beau comme du Clint Eastwood.

Vous l'aurez compris: rien de surprenant ici mais l'album est un plaisir aussi coupable qu'exotique finalement. Les petits gars savent se la jouer beaux gosses du grand canyon comme de grands cavaliers du rock'n'roll à l'ancienne. C'est impeccable. Comme un exercice au lasso dans une démonstration de pick up trucks rutillants.

C'est populaire dans le bon sens du terme. Ca sent bon l'Amérique de légende. Pas celle qui nous fait désespérer en ce moment!

Just for kicks music - 2016

Ghost in the shell

Film fantome

Adaptation d’un dessin animé japonais, Ghost in the shell déçoit logiquement. Reste une drôle d’actrice au milieu du délire visuel !

Ghost in the Shell est une référence absolue ! Un monument du dessin animé adulte, du film de science fiction et du cyber punk un poil hard boiled (impressionnant ce que je viens de dire non ?). Bref il ne fallait pas toucher à cette saga et Hollywood, n’a pas du tout pris de pincettes pour l’adaptation.

Vous avez donc des effets visuels spectaculaires. Des robots dangereux. Une héroïne aussi belle que surarmée. Et une histoire d’une pauvreté affligeante. Pour que le spectacle soit bien worldwide, la moulinette hollywoodienne a réduit le récit à une quête d’identité individualiste où la philosophie se limite à quelques réflexions entre deux coups de feu !

Le film du limité Rupert Sanders (Blanche Neige et le Chasseur) se cantonne à de belles images qui rappellent Blade Runner et la star du film, Scarlett Johansson ressemble à une muse de Luc Besson. C’est dire si on est loin du niveau d’évocation et de créativité de Masamune Shirow, mangaka et du cinéaste Mamoru Oshii.

Il est difficile d’apprécier cette version live, qui ne prend aucun risque et finit par ennuyer sans déplaisir, réel. Là où le dessin animé nous faisait vibrer réellement et nous questionner, le film mâche toute notre intelligence pour ne jamais nous froisser. C’est une belle coquille vide

Reste que la belle Scarlett Johansson intrigue dans ces choix dans le film de genre. Dans Under The Skin, elle jouait un alien affamé perdu dans le corps d’une bombasse. Dans Lucy, elle est dissoute physiquement par le cinéaste. Ici, encore son corps est en miette et le personnage central s’interroge encore sur l’apparence et l’intellect. Johansson est une actrice qui aime se faire du mal. C’est bien le seul point réellement positif et un peu ambivalent de ce film décevant.

avec Scarlett Johansson, Takeshi Kitano, Juliette Binoche et Pilou Aesbaek - Paramount - 29 mars 2017 - 1h45

Brimstone

2h30 pour nous dire qu’il faut se méfier des fous de Dieu… c’est peut être un peu trop !

Une jeune femme muette vit paisiblement dans une petite communauté rurale dans de magnifiques montagnes sauvages. Tout a l’air d’un western champêtre. Elle a un mari qui l’aime et deux beaux enfants. Tout change lorsque le nouveau et rigoriste pasteur arrive en ville…

Entre les deux, il y a une animosité qui va se révéler au fil des très longues minutes de ce western quasi gothique qui s’imagine presque comme un film d’horreur. C’est très beau. Les paysages sont incroyables. L’ambiance ouatée et inquiétante rappelle le cinéma d’antan avec de la brume, de l’eau, du feu…

Le réalisateur hollandais Martin Koolhoven s’échappe rapidement des conventions du western. Il y a toutes les saveurs mais le goût est beaucoup plus âpre et cruel. Divisé en quatre chapitres éprouvants, le film va nous faire rentrer dans la folie d’un homme de foi qui ferait passer Robert Mitchum dans La Nuit du Chasseur pour un béni oui-oui.

La poésie de La Nuit du Chasseur est remplacée par une cruelle violence qui lorgne sérieusement sur le gore.  Et elle s’étale sur une longue durée. On est à la limite de la complaisance. Pourtant les efforts du cinéaste sont louables.

Il est surtout sauvé par deux acteurs sublimes. L’insupportable Dakota Fanning (La Guerre des Mondes) est devenue une actrice étrange et volontaire. En face d’elle, elle affronte Guy Pearce, déjà vu dans le curieux western Vorace, et qui continue de trainer son physique sec et fascinant dans une œuvre hors norme, dérangeante mais pas toujours convaincante.

C’est en fait un chemin de croix. Pas sûr que la violence graphique aide le propos. Il y a de belles choses dans le film mais le malaise se prolonge trop et le duel autour de la religion et de la famille vire au cauchemar. Autant pour le spectateur que pour les comédiens.

Avec Dakota Fanning, Guy Pearce, Carice Van Houten et Kit Harington – Les jokers les bookmakers – 22 mars 2017 – 2h25

Somewhere under Wonderland

Coucou à nouveau,

Le périple californien se poursuit et je vous envoie une nouvelle carte postale musicale! On se souvient du titre Mr Jones des Counting Crows. He bien, ils existent encore et ils vont plutôt bien!

Ce qu'il y a de bien avec ce groupe c'est qu'il n'est pas nostalgique et n'essaie pas de courir après le succès de leurs débuts, qui furent bel et bien tonitruants. Le chanteur Adam Duritz a pris la notoriété dans la tronche et le star system aurait pu avoir sa peau.

Heureusement les Counting Crows est un groupe solide avec une idée précise et constructive de la musique et du rock en particulier. Ils parlent souvent de L.A. et toutes ses contradictions mais le groupe de Berkeley lui apparaît désormais très structuré et conscient.

En plus de trente ans d'existence, il y a eu peu de départs. Les musiciens cherchent dans leur formation, la chanson parfaite, le rock le plus proche d'eux et leur générosité s'est toujours ressenti dans leurs albums, assez peu nombreux.

Le dernier date donc de 2014. Le groupe a quitté le label Geffen en 2009 et vole de ses propres ailes depuis. Somewhere under Wonderland est leur premier album de compositions depuis cette rupture. Pour l'occasion, il est tout de même distribué par le label Capitol. Ils n'ont pas vraiment changé: du rock classique, légèrement alternatif, avec des paroles très prenantes et une guitare qui s'impose un peu plus que d'habitude.

Le style est donc une sorte de rock inaltérable et amical. On a l'impression d'être avec des potes de longue date que l'on voit trop peu. C'est fraternel en diable et donne bien l'idée d'une Californie comme île idéaliste loin de la férocité d'un Trump. Peace & love, les amis!

Capitol - 2014

The lost city of Z, James Gray

 

Loin de New-York, de ses gangsters et de leurs acolytes éternels les policiers, voici au début du XXème siècle, la bonne société anglaise, d'abord aperçue en Irlande (ils se croient partout chez eux ces gens-là...) et ses officiers militaires, avec parmi eux, un homme différent auquel on refuse la place qu'il mériterait.

Cet homme intelligent et loyal envers son pays est habité, hanté par un désir qui le dépasse, qu'il ne sait pas nommer, qui a un rapport avec la grandeur d'âme, la générosité vitale, le sentiment d'un destin à accomplir. Il saura de quoi il s'agit lorsqu'il y sera. C'est-à-dire au moment où expédié dans la jungle bolivienne à la frontière avec le Brésil, enveloppé de virginité verdoyante, chaude et dangereuse, déjà fasciné, il remonte le fleuve et apprend de la bouche d'un indien (qui disparaîtra juste après la révélation, comme il se doit) l'objet de sa quête, de ce qui va constituer l'appel de sa destinée et le conduire au bout de lui-même y entrainant son fils ainé, la cité mythique de Z.

Z comme l'instant zéro, le retour à la source juste avant le point A. Le père et le fils vont s'y engloutir, hallucinés et, j'en jurerais, heureux. On retrouve les questionnements du réalisateur sur la filiation, la transmission, et sur le couple. Ici, quelle épouse ! Belle, généreuse, émouvante sans pathos, un grand rôle ! Et puis, cela fait partie de l'Histoire : la révélation de l'horizontalité de l'humanité, aucune civilisation ne peut se prétende supérieure à une autre, vérité confondante qu'il est encore si difficile de faire admettre, hélas ! Ce film rappelle ceux de Werner Herzog évidemment, mais aussi Térence Mellick sur certains aspects élégiaques, et "Apocalypse Now" pour la remontée du fleuve, ses boucles boueuses, ses méandres, par quoi l'on s'initie aux mystères de l'espace (de plus en plus primitif) et du temps (originel).

L'aventure humaine n'en finit pas de nous interroger, c'est, au fond, le seul sujet qui vaille.

 

 

Funkfornia

Hello les amis,

Une petite carte postale de Californie! En effet votre serviteur se la joue West Coast. J'hésite encore entre une voiture à la Fast & Furious ou jouer le surfeur mystique du coté de Venice Beach. En tout cas, voilà un joli disque qui vous mettra dans l'ambiance.

Los Angeles, c'est trop grand! Je ne vais pas vous raconter mon périple. Surtout si vous êtes au travail. Moi je suis en face d'une plage avec des surfeurs, un soleil qui cogne et toute une ambiance que l'on ne connait pas ailleurs. Le dépaysement est total.

Car Los Angeles est une ville tentaculaire où chaque endroit a son caractère bien trempé. Il ne faut pas s'étonner de voir des groupes têtes de pioche sortir de cette ville. Les stars, les ghettos, les no go zone et les plages cohabitent. Cette compilation de rap, Funkfornia, rend bien compte de ce mélange caliente!

Car le disque produit par L's, le "secret le mieux gardé de Long Beach", réunit de chouettes morceaux de rap. On est loin du bling bling même si l'empreinte sonore de Dr Dre sur la production de L.A. semble profonde. Mais certains sont visiblement au niveau. Cette musique de la rue est bien plus musicale que les hits qui arrivent dans nos oreilles franchouillardes.

C'est extrêmement pointu. Les auteurs, méconnus dans l'ensemble, sont talentueux: leur rap est sacrément funky et plus dansant qu'à l'accoutumée. On s'éclate bien et on se la pête en toute simplicité. Le passé inspire bien le présent. Ca sort un peu de l'ordinaire mais sachez qu'ici, rien n'est en fait ordinaire. La ville bigger than life. En vacances, ca passe. Tous les jours, ca rend peut être fou... ou artiste!

Allez je vous embrasse je vais faire trempête et je vous donne des news rapidos

WTS ENT - 217

Manifeste contre la peur

VioleTT Pi est un drôle de bonhomme. Il propose des drôles de disques! Avec de drôles d'instruments. Et des drôles de paroles! Et une drôle de pochette! Manifeste contre la peur est finalement assez drôle.

Derrière le nom de VioleTT Pi se cache le Canadien Karl Gagnon, qui a aussi une autre qualité: il est le compagnon de Klo Pelgag. Tout de suite, on sent que nos habitudes d'étiquetage vont être mises à rude épreuve. La jeune fille est bien barrée, alors que dire de VioleTT Pi qui philosophe sur le Monde avec une excentricité tout aussi exotique?

En gros pour présenter son manifeste, on pourrait parler de poésie punk. Le musicien aime partir un peu dans tous les sens mais il retombe toujours sur ses pieds et glisses sur des genres variés. Parfois il fait dans la chanson à texte puis se faufile vers des envies plus rock ou plus barrées encore.

Il est difficile à suivre. Un manifeste, c'est construit. Ici l'ambition semblerait être l'inverse: VioleTT Pi ne veut pas s'attarder sur un style et les attrape tous pour en faire quelque chose d'assez anarchique mais pas déplaisant du tout. Mais il faut avoir l'esprit très ouvert pour s'attacher à sa douce folie.

C'est un disque plein d'appetit. Le chanteur est peut être un peu trop gourmand mais son manifeste contre la peur nous fait parfaitement oublier celle qui régne dans nos quotidiens, nos smartphones, nos fakenews...

L Abe - 2017

Débats, blabla et gnagnagna, et si tu votais ?

 

Non non non  de non, ne voyez pas en mon prochain exil vers d’autres terres d’autres rives pour une durée certaine et une certaine durée, qui va m’éloigner de vous un temps certain et un certain temps, une quelconque lâcheté de fuir mon pays, ma République, à l’approche d’une accélération dans nos écrans de petites phrases assassines, de petits mots assassins, de petites guerres intestines et de peur de nos républicains destins, dans le cadre, déjà bien dépassé dans les marges de cette foutue campagne présidentielles 2017.

Oui, je pars, mais oui je reviendrai, et oui je vais voter, je ne vous dirai pas pour qui, j’ai comme une envie d’être un peu peinard et que l’on évite de me traiter de je ne sais quel nom, bien planqué derrière un écran, du fait de soutenir tel ou tel projet, ou tel ou tel futur Président, oui, je le mets au masculin, ce qui vous enlèvera d’un doute sur ma capacité à aller voter pour un extrême, je doute assez peu que vous en doutiez vous-même, en fait.

Néanmoins, oui, s’il est certain que moi, je vais me gaver de shootings photographiques sur les rives de Brooklyn ou sur les bords du Saint-Laurent, qui laisseront peu de temps pour mater Fox News ou l’équivalent de Motus sur les télés ricaines, oui, vous, vous allez en bouffer des débats, des blablas et des gnagnagnas.

Mais, mes chers amis, mes chers lecteurs, mes chers petits poussins, mes chers ennemis, oui mes ennemis car je sais qu’il vous arrive à vous aussi de lire mes chroniques, comme certains frontistes de bas étages vont polluer de leurs « vive Marine » un peu comme en son temps des tout aussi courts « Heil Hitler », les pages Facebook de Macron, Fillon ou Mélenchon, voire d’autres (si si si j’en ai lu ), ils sont actifs les porcins, cela n’enlèvera pas le fait que nous aurons tous, cette chance, oui, cette chance, de nous exprimer, tous, même les plus fous, même les tordus, mêmes les plus cons, mêmes les moins zens, même les haineux, même les respectueux, oui, nous avons, cette chance.

Alors à l’heure à la bonne heure la belle affaire, que nombre d’entre vous ne sont pas encore décidés sur le choix du bulletin à insérer dans l’urne, à la lueur inquiétante que nombre d’entre vous, faute de vaillance, faute d’envies, faute de passion, seront tentés de ne pas se rendre dans l’isoloir, en quelques raisons plutôt qu’en une, bien moins qu’en cent, pour éviter tout bain de sang, voilà 10 (bonnes ?) raisons, d’aller voter.

  1. Parce qu’avoir une Trump en fille en encore plus conne, en encore plus dégradante pour l’image de notre pays, à la tête de celui-ci, c’est assurer à ton beau-frère restaurateur de ne plus avoir, du moins beaucoup moins, de touristes pour manger sa blanquette, à ta belle-sœur réceptionniste dans un hôtel de côte d’azur d’avoir huit fois moins de fois à dire « goodmorning » à d’autres étrangers tous les matins qui iront voir ailleurs, à ton beau-père viticulteur de vendre ses vins en Franc à quatre fois moins cher et non plus en euro à des chinois ou à des allemands ou à des belges ou à des japonais. Bah oui mon pote.
  2. Parce que t’en as soupé jusqu’à puis plus faim de Pénélope, de Canard déchainé, de costard offert, de mise en examen sans examen, et que si t’as trouvé ça dégueulasse et bien t’iras voter pour quelqu’un d’autres mais que finalement tu aimes le mec, malgré tout, oui, malgré tout, et bien au moins tu défendras tes convictions, qui, malgré tout, resteront républicaines.
  3. Parce que t’as été Charlie comme bien d’autres, parce que t’as été JesuisParis, t’as été Bataclan, t’as été dans le sang froid, ou dans la trouille, il n’y a pas si longtemps finalement, et que ça, oui, ça, ça s’exprime dans une urne, dans quelques programmes, même si t’es pas d’accord sur tout.
  4. Parce que oui, même si ça te gave, t’as le droit à 11 candidats, qui ont eux le droit de s’exprimer librement, de porter des idées librement, à part (à peu près) égale, et que tu peux voir sur 25 chaines différentes, c’est toute la différence avec ton homologue de Corée du Nord, qui lui, a le droit à un seul mec, depuis sa naissance, et qui le voit, car il n’a pas le choix, tous les soirs, élections ou pas, de toute façon, y’en a pas, sur LA seule et unique chaine qu’il a dans son poste, et encore, quand il en a un.
  5. Parce que même si t’es la pire des buses, même si t’as rien à dire, même si t’es le plus sombre des cons, même si t’as même pas de quoi rassembler deux neurones sous ton casque, oui, on te donne le droit de voter, pour celui ou celle que tu veux, ou que tu détestes le moins, alors fais le.
  6. Parce que tu sois gay, marié avec 8 enfants, célibataire, que t’aimes les films de gladiateur, ou Joséphine Ange Gardien, que tu sois juifs, catho, musulman, agnostique, fervent bouddhiste ou encore un adorateur des dieux vikings, que tu sois connu ou non, oui, ta voix reste une voix, et qu’elle pèsera exactement le même poids que celle d’une star, d’une vedette, d’un influent…
  7. Parce que même si c’est ton kiff de voter Cheminade, parce que tu le trouves sympa, que tu veux juste voter Poutou parce que son nom bah tu le trouves très drôle, bah tu peux…
  8. Parce que même si t’es contre tout, tout le temps, jamais content de rien, même si tu gueules pour un oui pour un non, même si tu n’as jamais rien fait pour la Société, et que tu ne feras rien jamais pour elle, même toi, t’as le droit de voter.
  9. Parce que si pour ta couleur de peau, ton sexe, ton origine, ta classe sociale, ton faible pouvoir sur les choses, on ne te donnait pas le droit de voter, tu serais surement dans la rue, pour exiger, avec un t-shirt «#jeveuxvoter #jesuisbulletin», le fait d’y avoir droit, alors, bonne nouvelle, t’as le droit.
  10. Parce qu’arrête un peu, sur les 11, t’en as bien un ou une, qui, dans ces quelques pages de programmes, a bien au moins 50% de son truc qui correspond à ton envie de Société, un peu à toi, un peu à tes mômes, un peu à tes parents, un peu à ta tronche, alors arrête oui, fais pas ton ultra difficile, et vas-y.

Parce que mes chers amis, mes chers lecteurs, mes chers petits poussins, mes chers ennemis, oui mes ennemis, quoi que vous puissiez vous en défendre, nous avons cette chance, tu as cette chance, alors au-delà des débats, des blablas, des gnagnagnas, oui, vote !

J’vous embrasse. A bientôt.

 

Festival 100% Afrique : Génération A, Paris Villette

Découverte d’un duo exceptionnel de danseurs sénégalais Hardo Ka et Gnagna Gueye dans leur spectacle Répétition à la maison.

Il arrive de tomber sur des pépites grâce à la diversité d’artistes présentés en festival. Ce duo-là a brillé et la magie a opéré. Couple à la ville comme à la scène, Hardo et Gnagna font battre leurs cœurs au rythme de leurs pas. Danseurs contemporains, ils mettent en scène la rencontre de l’ordinaire du quotidien et de l’art.

A la croisée de la danse et du théâtre, ce duo nous dit quelque chose du courage des artistes pour vivre de leurs talents en Afrique. Avec humour, jeux de séduction et beaucoup d’imagination dans les chorégraphies, ils nous transportent dans l’envers du décor d’une création artistique. Entre tâtonnement dans les choix artistiques, équilibre des forces, complémentarité du masculin et du féminin, on s’imagine au milieu des passants incrédules qui les regardent répéter.

Ils se donnent sur scène avec fougue. Tels des bouquetins, ils se battent, se rencontrent, s’accordent Les moments de tension alternent avec les moments d’accalmie où l’on boit le thé. Et vraie valeur ajoutée : le rire ! C’est rare en danse et d’autant plus appréciable. Leurs visages restent concentrés jusqu’à ce qu’on les voit s’illuminer à l’ovation du public qui salue leur sacrée performance.

Du 23 mars au 21 mai, le Festival 100% Afrique investit la Villette. Dédié à la création africaine il ouvre à la richesse des talents artistiques du continent. Une réussite !

 

du 23 mars au 21 mai 2017

le Festival 100% Afrique

la Villette

 

Life & livin’it

Le meilleur des mondes!

Par son histoire personnelle, Sinkane ne peut pas accepter de rester à un seul endroit, dans un seul genre, avec une seule idée. Le garçon est un explosif: il aime faire pêter les frontières des genres et profiter du meilleur de chaque passion qui l'habite.

Entre l'Angleterre et l'Afrique, Sinkane, alias Ahmed Gallab, a vu beaucoup de pays et découvert beaucoup de musiques différentes. Il est aussi à l'aise dans le rock que dans l'afrobeat ou le jazz. Il aime la soul, cela s'entend mais n'oublie jamais ses racines soudanaises.

Le résultat est donc une musique diabolique car mondialisé. Le musicien emprunte aux plus grands et semble les digérer avec une aisance déconcertante. Certains trouveront cela trop light ou asceptisé! Cependant le cocktail est réellement savoureux car il ose des saveurs de tout pays!

Copain de Caribou et de Of Montreal, Sinkane a dirigé un étrange orchestre où l'on croisait David Byrne et Damon Albarn: c'est dire si le musicien a une forte personnalité. Et une science de la chanson, à la fois classique et déclassé.

Les structures sont habituelles mais il arrive toujours à insuffler un petit vent de folie dans ses arrangements. La voix apporte aussi de l'originalité. Elle n'hésite pas à monter dans les aigus et contrecarrer les cotés roots de certains titres. C'est cette façon harmonieuse d'opposer avec bienveillance les sons qui font de ce disque, un moment de mondialisation heureuse, le meilleur des mondes!

City Slang - 2017

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