chanson du jour: Oom sha la la

chanson du jour: c’mon let me ride

Call me by your name

Romance à l'italienne. Entre deux hommes. Chichiteux ou culotté, ce film nous réconcilie avec l'érotisme.

Depuis quelques années, l'érotisme se limite à des touches pipi avec des masques de carnaval et des tapes sur les fesses grâce au succès de 50 Nuances de Grey. De la nuance, il n'y en a plus vraiment sur grand écran et c'est la première qualité de Call me by your name. Les teintes sont chaudes mais elles ne se limitent pas à une esthétique de pub.

D'ailleurs le film de Luca Guadagnino (vieux complice de Tilda Swinton) fait presque peur au début. L'Italie et sa campagne. Un jeune homme à l'aube de son éducation sentimentale. Un décor bourgeois. Et une nature qui réveille tous les sens de jolies filles et de beaux garçons.

On pense à Bertolucci, Antonioni ou même Rohmer: le lexique de parfait petit film sentimental se met en place. Les images sont belles. Tout le monde est beau et intelligent. La bourgeoisie est élégante même quand elle s'ennuie devant un feu de cheminée. Et puis il y a cet Américain prétentieux et costaud. Oliver. Il va faire chavirer les coeurs des poupées italiennes. Mais surtout il intrigue le surdoué, Elio, admiration de ses parents. Un adolescent voulant briser son innocence!

L'éducation sentimentale sous le soleil d'Italie, ce n'est pas vraiment nouveau. Mais il est vrai que le réalisateur de A Bigger Splash parvient à jouer avec les stéréotypes du genre et nous intéresser à nouveau à l'éveil sexuel d'un jeune gentilhomme qui a tout pour lui. Il a bien le diable au corps ce gamin mais le portrait est très sensible. Le sentiment prédomine les images.

Bien joué et bien filmé, on est content de lézarder autour de la piscine de cette villa. La délicatesse n'est plus un spectacle de cinéma et le film a bien ce courage de remettre un peu de tendresse au milieu de conventions massacrées. Le film serait une vraie réussite s'il savait finir sa quête amoureuse: ca se traine en longueur et en atermoiements. Néanmoins, c'est un doux film érotique, une oeuvre qui fait du bien aux yeux et au coeur.

Avec Timothée Chalamet, Armie Hammer, Amira Casar et Michael Stulhbarg - Sony Pictures - 28 février 2017 - 2h05

Dora l’exploratrice a 18 ans…l’interview exclusive

Mais où était donc passée Dora l’exploratrice, les années passent, on Trump on balance nos porcs et on olalalala encore de la neige mais haaaaaann, et pendant ce temps là, la mère Dora, 18 ans la bougresse, vient de passer son permis de conduire ! Elle, la plus internationale des latinos, la plus troubadour des écolières, la plus gavante des petites brunes sac à dos sur le dos, la plus chanteuse à claquer, la voilà majeure !

Attablée au comptoir d’un rade de la frontière mexicaine, look à la Britney Spears des mauvais jours, toujours avec son compagnon Babouche avec qui elle aurait encore aujourd’hui une liaison des plus sulfureuses, nous avons pu interviewer Dora l’exploratrice.

Romestebanr : « Dora bonjour, 14 ans à truster l’ensemble des programmes jeunesse du monde entier, à péter les tympans de millions de parents avec des chansons niaises et des ritournelles à allumer le gaz pour que ça s’arrête, que devenez-vous ? »

Dora l’Exploratrice : « Après une dernière tournée dans le MiddleWest au moment de Noël 2015 en 1ère partie de « Viens danser avec Tchoupi », j’ai décidé de tout arrêter, à 15 ans passé porter encore une salopette bleue avec la coupe de cheveux entre Mireille Mathieu et un photomaton des 70’s, j’ai dit stop ».
Romestebanr : « Et donc aujourd’hui c’est quoi la vie de Dora ? ».

Dora : « Vous connaissez le truc, on arrête, le téléphone ne sonne plus, les mômes vous jettent des pierres dans la rue, les parents à qui j’ai fracassé le crane pendant des années vous insultent sur les réseaux sociaux, Entrevue vous demande de poser nue, des éditeurs vous demandent une autobiographie avec passage sur la drogue en milieu animalier, la routine ».

Romestebanr : « Mais vous vivez de quoi ?».

Dora : « Lapdance, strip-tease, des petits rôles dans la série de mon cousin Diego, enfin de quoi m’acheter ma dose de faritas journalière, d’ailleurs faut que j’arrête je suis passée du S au XXL en 2 ans »

Romestebanr : « Que deviennent vos compagnons de route ? ».

Dora : « Bah avec Babouche ça fait 10 ans qu’on joue à tripote-mi tripote-moi, la Carte avait déjà vachement moins de boulot depuis l’arrivée des GPS, Bébé Jaguar a sombré dans la coke depuis son refus d’intégrer à tort le Zoo de Beauval et se déguiser en panda tous les jours, Sac-à-Dos est toujours en rééduc après avoir pété une lanière dans la Saison 8, le Lutin Grognon tient des conférences dans les associations de hipsters et Schipper a fini par se faire gauler après son 25ème cambriolage, il purge sa peine à Guadalajara, Totor était déjà complément débile quand on avait du succès, alors maintenant j’imagine même pas, heureusement qu’il était gay et que Mister Toucan, gay aussi comme tous les Toucans l’a hébergé pendant des plombes, sinon il aurait été à la rue, et un taureau à la rue, ça fait pas long feu. »

Romestebanr : « Avec votre rôle, vous avez pu aller dans l’espace, rencontrer des bébés dino, parler avec des arc-en-ciel, fréquenter des grands poulets rouges, mais aussi, plus dangereux faire la connaissance de Soufflette, la petite étoile bleue qui permet de chasser les nuages en soufflant dessus ! »

Dora : « M’en parlez pas, la Soufflette c’était elle qui fournissait toute la prod en poudres à étoiles si vous voyez ce que je veux dire…dès le matin au maquillage est vas-y que j’te propose une tite soufflette, et vas-y prends de la poudre d’étoiles, et vas-y pompe moi dessus, souffle moi dessus, une camée de première, jamais plus la blairer ! ».

Romestebanr : « Vous le voyez comment l’avenir ? »

Dora : « Les mômes continuent de m’adorer mais les parents continuent eux de me haïr, j’ai appris à parler huit langues, j’ai parcouru des milliers de bornes avec mon sac à dos, je vais sans doute me lancer dans le tourisme ou, comme j’ai pris du muscle avec les faritas, si le mur entre les USA et le Mexique se fait bah, je ferai chef de chantier, vamos ! »

Une bien belle histoire, adios.

Ni juge ni soumise

Striptease fait son retour au cinéma avec un documentaire rigolo sur une juge d'instruction qui n'a pas sa langue dans sa poche. Le rire fait place à l'inquiétude mais le résultat est bon pour le moral!

Car il met en scène une femme de caractère. Une femme forte. Une bavarde qui sait se servir des mots pour mettre les hommes à leur place. Elle a un regard rusé et on sent que peu de choses peuvent l'user. Elle poursuit les escrocs, les minables, les voleurs, les tueurs, avec une force qui se cache derrière un humour presque trivial.

Le style Striptease est donc reconnaissable car le sujet est un personnage complexe et jovial. Le quotidien de la juge Anne Gruwez nous fait traverser tous les maux de notre société. On peut frissonner: comme la juge, on peut décider d'en rire.

Comme d'habitude, il y a deux manières d'aborder le documentaire: on peut le voir avec un regard très "premier degré" et on a toutes les raisons de s'inquiéter. On peut aussi prendre du recul à travers la réalisation sans filtre (apparent) de Yves Hinant et Jean Libon. L'émission culte se trouve un personnage miroir en la personne de Anne Gruwez.

Ses excentricités (sa passion pour les 2CV, sa cohabitation avec un rat, ses blagues vaseuses mais salutaires) cachent une redoutable justicière. Elle brise les habitudes de la justice et de sa représentation. Le petit accent de nos voisins apporte évidemment un exotisme savoureux. Mais on voit aussi le quotidien de la loi et de ses institutions.

Le film montre un combat sans fin mais passionnant. L'esprit gentiment malin des Belges ressort magistralement dans ce documentaire saisissant car il nous place en face de ce qu'il y a de pire dans notre époque. Les militaires se mettent à hanter les rues. Le terrorisme rôde mais notre juge s'acharne pour que les petits soient aussi considérer.Au delà de toutes les considérations artistiques et politiques, ce documentaire est un étrange reflet de nos sociétés. Drôle. Pathétique. Courageux. Déconcertant. Tout à la fois!

ARP - 7 février 2018 - 1h38

chanson du jour: nervous young inhumans

Wake the dead

Effectivement, le groupe du génial Matt Eliott a peut être écrit la meilleure partition pour zombies. Une musique crépusculaire et envoutante!

Matt Eliott, chez nous, est un chouchou de la rédaction. Il impressionne avec tous ses projets. Ses tentatives de folk sont simplement éblouissantes. Il est une tête chercheuse qu'il faut suivre et rend la passion pour la musique, essentielle car son aventure est toujours surprenante.

Pourtant le revoilà avec le groupe qui a fait sa gloire (passée), The Third Eye Foundation. Pour les novices, il s'agit d'un groupe d'electro qui a réalisé des oeuvres sombres du plus bel effet. Et, avec le temps, les choses ne se sont pas du tout arrangés.

Eliott a visité des terres moins arides mais il revient dans le marasme actuel à ses premiers amours: une musique hybride, qui prend toutes les formes pour définir un spleen contemporain, rude mais fascinant. Car il y a de harmonies sublimes, une batterie folle ou des idées dingues dans leur nouveau disque qui a l'ambition de réveiller les morts.

Matt Eliott et ses copains continuent de sonder les angoisses et la mélancolie. Il y a un lyrisme classique qui continue de danser une valse avec un drum'n'bass très organique, superbement joué et interprété. Les compositions s'étirent mais nous emmènent dans un ailleurs pas réconfortant mais absolument palpitant.

C'est de l'electro fait main. Eliott manipule une matière bizarre que l'on a peu l'habitude d'écouter. Les zombies que nous sommes devraient se rappeler de quelques souvenirs d'humanité à travers ce nouvel opus captivant qui nous rend si vivants! Spectaculaire!

Ici d'ailleurs - 2018

1 heure 23’14 » et 7 centièmes, Jacques Gamblin, Bastien Lefèvre, Rond-Point

 

Un théâtre de gymnase où, à la façon gréco-romaine, on travaille l'esprit autant que le corps

Un gymnase quasi-vide, seulement deux bancs et des bandes de ruban adhésif de diverses couleurs collées au sol. Coach ultra-investi, Jacques Gamblin, prépare méticuleusement sa séance. D'emblée, on le sent perfectionniste limite maniaque, caricatural, on commence à sourire. Arrive Bastien Lefèvre, son élève, sur-motivé. Là aussi, l'exagération des traits de caractère est plaisante.

La séance commence par une phase de chauffe quasi-muette où l'on découvre deux hommes en symbiose, l'élève exécutant instinctivement et sans jamais ciller les instructions de son maître, pourtant incompréhensibles pour le commun des mortels. On commence à rire de l'absurdité de la situation. Puis, progressivement, le maître hausse le niveau d'exigence et l'élève rencontre enfin une difficulté. L'exercice semble pourtant des plus simples du strict point de vue de la mécanique corporelle mais c'est l'esprit qu'il faut maintenant apprendre à connaître, à surmonter. Alors que l'élève s'entête, s'exaspère en silence, le coach en appelle à son esprit et s'en fait la voix. Tel Rabelais avec Gargantua, Virgile avec Dante ou Jiminy Cricket avec Pinocchio, il conduit son élève à la conscience de lui-même et ainsi à dépasser ses peurs et ses doutes. Et ce qui ne semblait jusque là qu'un banal exercice physique et un spectacle assez léger prend alors l'ampleur inattendue et la profondeur d'une réflexion métaphysique. Usant du mime, de la danse, et de l'humour (absurde surtout), les deux hommes en appellent à réfléchir, à se connaître, à avoir conscience de soi-même, faute de quoi nous ne parviendrons jamais à nous dépasser.

1 heure 23'14'' et 7 centièmes est une pièce étonnante, subtile, qui amène progressivement à son propos. L'idée est excellente, le rendu très agréable. On regrette juste de ne pas arriver plus tôt dans le vif du sujet car quelque chose nous dit, qu'avec leurs talents conjugués, Jacques Gamblin et Bastien Lefèvre n'auraient eu aucun mal à nous emmener encore plus loin dans la réflexion et à nous charmer totalement.

Un spectacle de et avec Jacques Gamblin et Bastien Lefèvre
Jusqu'au 18 mars 2018
Au théâtre du Rond-Point

www.theatredurondpoint.fr / www.ventscontraires.net

chanson du jour: call out your name

Geostorm

Geostorm est un chef d'oeuvre, parmi les gros navetons couteux et complètement débiles. Un pur moment de bonheur!

Dean Devlin fut longtemps le scénariste du plus démolisseur des cinéastes, l'impayable Roland Emmerich. On lui doit donc le scénario de Moon 44, Universal Soldier, Stargate, Independence Day et Godzilla. Devlin est lié au film catastrophe et à la destruction massive. Il est donc logique que pour son premier film, il décide de nouveau de malmener la planète et les pauvres humains.

Il faut dire que les hommes sont encore responsables de la situation critique. Le film n'est pas d'accord avec Donald Trump: le climat est détraqué et il faut agir! Un scientifique bourru invente un système de sattelites pour proteger la Terre des catastrophes à répétition.

L'inventeur est tout de même viré par son propre frère et va vivre dans une caravane en buvant de la bière durant trois ans. Heureusement pour sa santé et son foie, le petit frangin a besoin de lui: les satellites débloquent et le Monde est encore en danger. L'amateur de houblon doit repartir dans l'espace pour empêcher les géotempêtes, une réaction en chaines de catastrophes météoroliques. Franchement Emmerich doit être jaloux de ce scénario ravageur!

Avant la spectaculaire (presque) fin du Monde, Devlin respecte les codes avec des bureaucrates complètement dépassés, des politiciens aveugles, des enfants aux yeux mouillés et des milliers de victimes dont on se fout: ce qui compte ce sont les images impressionnantes.

A ce prix, Devlin sacrifie toute logique et toute originalité: cela rend le film extrêmement con et totalement attachant. Car il semble daté dès la première image. Le film réunit des tas d'acteurs compètents (Ed Harris et Andy Garcia quand même) pour défendre des dialogues hilarants et des scènes téléphonés où ils font les gros yeux ou ouvrent la bouche d'effroi face à l'ampleur des dégats.

Heureusement il y a Abbie Cornish, actrice à la filmographie complètement délirante, volupteuse mais très loin de Jane Campion avec qui elle a débuté dans le sublime Bright Star. Mais il y a surtout le roi de le pépite ratée, le champion du gros budget bien loupé, le fromage de tête des films qui puent: le robuste Gerard Butler.

Une fois encore, il est la preuve évidente que l'on voit un super nanar international qui dépasse la stratosphère de tout bon sens et réalisme. Devlin a dû remonter le film: les incohérences sont assumés, l'intrigue se perd dans un complot grotesque. Bref, c'est une pluie d'erreurs qui s'abat sur cette série B. Un nanar qui décoiffe en tout cas et un dvd indispensable!

Avec Jim Sturgess, Gerard Butler, Abbie Cornish et Ed Harris - Warner Bros - 2017

Trending

Most Discussed

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

Et la laïcité bordel !

Diamond Dogs / David BOWIE / (EMI – 1974/ Rééd.2004)

Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu?