Les copains de la semaine: teenage fanclub

Selah Sue: Fyah Fyah

Happy in the hollow

Heureux au fond du trou! Tant mieux pour Toy qui s'imagine dans les années 80!

Toy doit avoir un cierge allumé en permanence en hommage à Joy Division et sa joyeuse ambition musicale. Les gaillards de Brighton ont du faire un voyage scolaire du coté de l'Allemagne et sont tombés sur les disques de Tangerine dream et Kraftwerk.

Vous l'aurez compris: Toy défend la face sombre du rock. Ce son hypnotique qui doit beaucoup aux synthétiseurs et au psychédélisme. Tom Dougall et ses copains s'imaginent comme des petits robots du rock, perdu entre leurs instruments et leur humanité. Leur musique utilise les riffs de guitare comme les nappes de synthés. Il a de l'écho pour nous faire effectivement tomber au fond du trou... mais on doit y être heureux apparemment.

Ce n'est pas vraiment le cas. On s'ennuie surtout. Le répertoire du krautrock ou de la new age est récité sans grande originalité. Le style synthétique est dans l'air du temps. Les bidouillages c'est chouette. Cela habille certes. On visite cette retrospective dans un brouillard électrique pas désagréable. Mais on ne ressent pas grand chose à l'écoute de ce quatrième album.

A comparaison, The Horrors sont de grands émotifs à coté des Toy, qui ressemblent plus à des batisseurs. Un bon gros mur de sons, élégants, mais pas convaincants. Ca devrait être cosmique mais c'est finalement assez raplapla. Les chansons se ressemblent. Rien ne sort du lot si ce n'est que le quintet est doué pour imiter des sons vintage.

Au fond du trou, on est parfois au sommet de l'ennui!

Tough love records - 2019

Selah Sue: I won t go for more

Selah Sue: This world

Selah Sue: Crazy Vibes

About the light

Ancien membre des éthérés Beta Band, Steve Mason continue de tricoter des mélodies complexes et subtiles qui font tellement du bien aux oreilles! Notre rayon de soleil!

Ecossais, The Beta Band est un groupe culte. C'est une espèce de joyau mystérieux qui en trois albums a écrit sa légende dans un mélange assez fascinant de brit pop et trip hop. Un feu d'artifice qui a mal fini au bout de cinq ans d'existence.

Chanteur du groupe, Steve Mason a eu ensuite du mal à refaire surface. Il a monté deux groupes avant de se présenter sur scène, avec son vrai nom. Petit à petit, on a vu émerger un auteur singulier et surtout doué par la ritournelle indémodable.

Dans son écriture, il y a toute l'Angleterre qu'on aime, de Pink Floyd à Blur en passant par Nick Drake. Le type est capable de soulever un orchestre et des tonnes d'instruments pour ensuite se livrer sans fard avec quelques mots bien choisis.

Et cela s'entend encore plus donc sur ce nouvel album, organique, loin des expérimentations. Cette fois ci, il y a des cuivres qui répondent à ses intimes paroles. Les guitares sont omniprésentes et il se dégage une bonne humeur que l'on a plus l'habitude de supporter.

C'est ce qu'on appelle un contrepied. Pas de déprime. De l'énergie. De la douche folie bien mise en musique. Mason adopte l'aspect rustre et direct de la pop. Comme il sait écrire une chanson, ca ne pose aucun problème. Son disque donne clairement la banane! Il joue avec les clichés de la pop, celle qui fait chanter dans les pubs et qui fait de notre ile voisine, un endroit exceptionnel pour la musique.

La science de la pop est savante mais elle est appliquée ici avec une telle franchise, que tout passe. Steve Mason croit fonciérement en son art. Comme dans le dernier Paul Weller, il cherche toujours et encore une certaine vérité dans son univers, quitte à se remettre en question.

Rien à dire, la pop anglaise dans ce qu'elle a de plus convaincante. Vous allez adorer!

Selah Sue: que sera sera

La favorite

Répétitif et fastueux, La Favorite reste néanmoins un spectacle sur le pouvoir qui pourrait être contemporain. Le farfelu Yorgos Lanthimos s’amuse beaucoup avec un genre très cintré ! Il est un peu le seul

Les courtisanes. La reine est malade. Anne souffre dans son grand lit, entourée de lapins et de ministres. Son pays fait la guerre aux Français. Lady Sarah, amie de toujours de la Reine, règle les affaires politiques avec une poigne de fer. Elle se débarrasserait bien de son encombrante cousine lointaine, Abigail, qui vient demander un petit travail au château.

Mais la jeune femme a du charme et sa science des herbes semble faire du bien à la Reine Anne. Celle-ci n’est pas insensible à la beauté d’Abigail et cela a tendance à agacer lady Sarah… les nobles sont donc capables de se battre comme des chiffonnières…

Entre la chambre de la reine et tous les couloirs de l’énorme château royal, les deux jeunes femmes vont s’affronter avec une violence croissante et les coups vont pleuvoir. L’auteur de Lobster continue d’observer la triste condition humaine coincée dans l’absurdité du Monde et des hommes.

Cette fois ci ce sont des femmes. Il décrit un trio amoureux, plus qu’infernal. De scènes en scènes, filmées en grand angle, il montre la lutte du pouvoir qui couve sous les conventions, les belles parures et les banquets.

Il nous en met plein les mirettes. La référence à Barry Lyndon est obligatoire et un peu présomptueuse. Lanthimos maîtrise sa mise en scène. Un peu trop, on devine qu’il regarde ses beaux cadres et ses magnifiques actrices. Il a vite faite avec la morale autour du pouvoir.

Ce qui l’intéresse c’est la dangereuse danse qui oppose la brune machiavélique à la blonde arriviste. Il adore les artifices au point que l’on ne voit plus que ça. L’histoire est assez paresseuse à l’image de la reine, perdue entre raisons politiques et sentiments amoureux.

On a le droit de trouver tout cela répétitif. Heureusement pour lui, son trio d’actrices est spectaculaire, tout comme les seconds rôles dérisoires mais drôles joués par des hommes. C’est du bel ouvrage. Ca a de la gueule. Mais on peut se demander si tout cela n’est pas un peu vain…

Avec Rachel Weisz, Olivia Colman, Emma Stone et James Smith – 20th Century fox – 06 février 2019 – 2h

Alita: Battle Angel

Fonciérement, Alita Battle Angel n'est pas un mauvais film. Il y a franchement pire en ce moment sur les écrans. Mais l'indulgence ne sera pas de mise cette fois ci: marre des films qui ne n'ont pas de fin ou refuse de terminer une histoire sous prétexte qu'il y a la possibilité et le rêve commercial d'une franchise!

Donc, comme pas mal de produits hollywoodiens, Alita engrange un maximum d'enjeux puis en se permet d'en résoudre un ou deux pour ne pas se faire traiter de racolage actif! Avec James Cameron à la production, on avait le droit d'être exigeant!

Car on le connait: Cameron est un obsédé de la technologie, du travail bien fait, de la science fiction pour les grands. Il ne prend pas les gens pour des moutons et son Alita, cela faisait des décennies qu'il y pensait. Il possède les droits du manga, Gunnm depuis les années 90. La série Dark Angel était déjà inspirée par le manga et aujourd'hui nous arrivons à la conclusion d'une obsession.

Le petit détail qui tue, c'est le choix du réalisateur, Robert Rodriguez. L'inverse du réalisateur de True Lies. On n'est pas loin du branleur sublime, du jemenfoutiste arriviste, du rigolo de service, mais d'un amoureux de la série! Camero et ses producteurs sont donc convaincus par le réalisateur de Machete ou Spy Kids. Ca fait un peu peur. Toutes les faiblesses vont arriver par lui.

La direction d'acteurs est un peu hasardeuse. C'est pourquoi le casting est assuré par des pointures. La photo n'est pas des plus heureuses non plus. La psychologie des personnages est réduite à pas grand chose. Pour une héroïne incroyable, il y a pas mal de têtards à peine esquissés.

Sorte de Pinocchio cyberpunk, Alita possède des qualités techniques incroyables et defend pas mal des thèses si chères à notre copain James Cameron, sur le futur, la machine et l'humanité. On n'a pas de mal à voir ce qu'il plait tellement à Cameron, le papa du Terminator.

Pourtant son film est plutôt à relier avec les oeuvres comme Twilight et Divergente. Au delà de l'idée de franchise, Rodriguez doit s'essayer à la romance adolescente et on sent que ce n'est pas son truc. Comme la plupart de ses films, tout fait un peu baclé même s'il y a un budget indécent pour nous révèler toute la beauté virtuelle d'une machine ambigue. Et la rigueur de Cameron ne pourra pas faire grand chose. C'est triste car cette poupée de cire et de chiffon avait du corps et du coeur à nous donner, visiblement. Un peu baclé, beaucoup gaché!

Avec Rosa Salazar,Christoph Waltz, Jennifer Connelly et Mahershala Ali - 20th century fox - 13 février 2019 - 2h

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