RockyRama Video Club

Ha ha ha, c'est toujours moi: je continue ma liste de Noel avec ce petit recueil qui va ravir les trentenaires et les quadras en réunissant tous les films qui ont fait une génération. Le choix est évident et judicieux. De Spielberg à Police Academy en passant par Predator... un programme alléchant non?
Pour apprécier ce best of des films à regarder entre amis un samedi soir, il faut avoir grandi dans les années 80. Il faut avoir transpiré devant Sharon Stone dans Basic Instinct. Il faut s'être marré dans les Hollywood Nights de TF1. Il faut être un quadra apaisé, un peu bobo, un peu cinglé derrière la cravate ou les responsabilités!
On retombe en enfance dès que l'on feuillette les fausses et belles pochettes de VHS, refaites par l'équipe de RockyRama qui réunit des fans de films rigolards et d'une nouvelle cinéphilie qui n'a pas besoin de Truffaut ou Murnau pour défendre le cinéma avec un grand C.
Car les articles montrent que la perception de la série B peut faire marcher les méninges. Il y a même beaucoup de choses à prendre dans ses films divertissants. Il y a les films qui ont consacré un acteur, un genre, un réalisateur, une mode. Il y a des choses plus honteuses où pourtant il y a des règles de vie et des souvenirs marquants comme les oeuvres de John Hughes (Breakfast Club ou La Folle Journée de Ferris Bueller).
Tous les films choisis sont franchement sympas. Certains sont réussis et d'autres sont des bons gros ratés irrésistibles car très premier degré ou parce qu'ils sont une source de dialogues mythiques, souvent d'une vulgarité affolante!
Mais l'ensemble est cohérent. Les choix sont pertinents.On aime les comédies idiotes américaines tout comme les polars esthétiques des années 80 avec coupes mulets éclairés par des néons de toutes les couleurs. On apprécie que Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin soit un maître étalon du film à voir entre copains.
C'est bien écrit. Certaines théories sont surprenantes. Des anecdotes font sourire. Des souvenirs se partagent avec une vraie tendresse. C'est nostalgique mais très vivant en même temps. La richesse des choix est irrésistible. Ce n'est pas le style de la maison mais de temps en temps, regarder derrière soi, ca a du bon.
Video Vision - 222 pages
Free as a Bird

Pour nous attraper notre attention, Soom T balance un bon groove qui pourrait ressembler à une vieille démo des Jackson 5. Des cuivres accompagnent une voix pleine d'espièglerie aidée par un orgue hammond d'un autre temps. City Zoo souligne tout de même que la demoiselle qui se présente sous le nom de Soom T n'est pas un singe savant obéissant à un papa producteur dictateur.
Ce petit bout de femme a un sacré caractère. C'est une tradition dans l'industrie britannique: les petites nanas peuvent être aussi impressionnantes que les lads qui s'unissent pour défendre une idée de la pop. Des banlieues mornes peuvent émerger des petites fleurs de bitume douées pour la vanne et la musique!
La plus célèbre reste Lily Allen mais tous les mois, on peut découvrir une chanteuse un peu moins niaise que les autres, un garçon manqué qui apporte pas mal de féminité aux genres qu'elle aborde. Ici, les musiques urbaines et plus particulièrement le ragga.
La demoiselle a un sacré caractère. A Glasgow, elle fait parler d'elle en montant un parti politique à 15 ans avant de découvrir les musiques "exotiques" et les ambiances underground. Free as a bird est son troisième opus et semble vouloir conquérir la planète. Son ambition n'a pas de limite visiblement.
Elle est plutôt douée. Son flow peut tenter des choses comme glisser sur des lignes plus commerciales. Mais le résultat n'est du tout arriviste. La production est riche. Elle est libre comme un oiseau, elle vole sur plusieurs contrées en même temps.
Engagée, elle peut aussi écrire de hits qui pourraient prendre d'assaut les sommets des charts. Elle est rieuse mais ne fait pas dans la facilité. Elle défend le rap et le raggamuffin mais elle n'a pas peur d'amener une touche de pop pour plaire à tous. Le carriérisme est une qualité de l'autre coté de la Manche. En tout cas ne vous fiez pas à son premier single, Broken Robots, un peu trop calibré pour les passages télé et la diffusion dans tous les H&M du Monde entier.
Le reste de l'album est passionnant. Elle semble avoir tout compris à la musique, ses origines, ses racines et ses buts. Ca donne une cocktail détonant et parfaitement secoué. Elle remue les genres avec une dextérité incroyable. C'est une femme savante. Que c'est bien quand les femmes sont au pouvoir!
Chapter 2 - 2015
Marion, Marine, Cazeneuve, un procureur…et finalement Candy… bah oui

En ces temps on ne peut plus perturbés ma bonne dame, et c’est rien de le dire, il faut que tu respires, merci Mickey 3D pour ce moment ; en fait soit tu te colles derrière ton écran de tv durant des heures et auquel cas tu n’as de cesse de rédiger des chroniques que sur l’actualité brulante, et tu te mets à empiler les mots les griffes et tu te fais les ongles sur les frontistes nazillons un soir d’élections régionales avec un goût de nausée dans la bouche et tu fustiges Marion et Marine les deux aryennes pas rigolotes et tu y vas de ton jeu de mot pourri du style « Attention amis de l’Est Florian Philippot va tous vous enc***** et en plus il va prendre du plaisir »…
…soit tu fais une ode à Bernard Cazeneuve l’homme à l’emploi du temps le plus chargé de tous les français et sans RTT ni vacances en prime, oui c’est ça la vie d’un ministre de l’intérieur, soit tu fais façon Libé une déclaration d’amour télévisuelle au Procureur Molins l’homme au 2ème emploi du temps le plus chargé de France mais de très loin le plus pédagogue pour t’expliquer comment on a retrouvé de l’ADN de méchant dans une Seat et que du coup on a été déloger des très très très méchants complices dans un appart de Seine-Saint-Denis sous-loué par un blaireau qu’a rien vu rien fait c’est pas lui le chat…
…soit tu zappes comme un malade mental de la tête et tu tombes sur de la matière à chronique pas fraiche à base de programmes d’NRJ 12 dans « tellement Vrai » et tu t’en prends gratuitement à une pauvre bougresse qui dit avoir les plus belles fesses du monde ou encore qui « est trop bien pour avoir un mec car trop stylée » mais attention garantie sans bulbes neurologiques auquel cas tu passes ta haine sur lesdites nanas et tu les détruits au napalm en 4 phrases…ou alors, bah tu t’abstiens de faire des chroniques pendant un temps certain, histoire de ne pas sombrer dans la plume acide et tirer comme un sniper dans tout ce qui passe devant tes yeux de surcroit quand ça n’a pas de cerveaux..
…soit t’as aussi la possibilité de regarder Narcos sur Netflix, d’ailleurs c’est ce que je fais et d’ailleurs j’ai eu raison car c’est vachement bien dites moi, ou encore de prendre BeinSport gratuit pendant 1 mois, au moins les mecs sur un terrain qui le soir venu font des sextapes entre eux bah au moins c’est drôle et ça t’évite de réfléchir…pas con non plus par ces temps on ne peut plus perturbés, toujours ma bonne dame.
Ou alors, en ultime recours, tu mets la chaine « Manga » un dimanche de pluie et tu essayes tant bien que mal de convaincre tes enfants que oui, oh que oui, ce truc là était populaire quand tu avais leur âge, même si c’était fleur bleue, même un peu carrément guimauve, mais au moins, dès le générique, bah t’es fixé sur ce qu’est la vie, même en 2015, car en France, comme au pays de Candy, on s’amuse on pleure on rit, il y a des méchants et des gentils, et tu dis à tes mômes que pour sortir des moments difficiles bah d’avoir des amis c'est très utile, que pour s’en sortir des fois il faut un peu d'astuce, d'espièglerie, bref, que personne dans le monde ne marche d’un même pas et que même si la Terre est ronde on ne rencontre pas forcément les méchants…faut de tout c’est vrai oui faut de tout pour faire un monde…bah quoi ?!? Bah oui, je philosophe aussi avec Arnold et Willy.
Allez j’vous embrasse,
Orestie, une comédie organique, Romeo Castellucci, Odéon

Un spectacle hors normes, pour les amateurs de sensations fortes.
Romeo Castellucci revient au Théâtre de l'Odéon avec "Orestie, une comédie organique?" d'après Eschyle, 20 ans après sa création. Il est à l'honneur du festival d'Automne, avec 3 spectacles à l'affiche à Paris ("Orestie" à l'Odéon, "Odipus der Tyrann" au Théâtre de la Ville et "Le Metope del Partenone" à la Villette), quasiment un festival. L'occasion de le découvrir ou redécouvrir...
Avant "Orestie", mieux vaut parcourir le livret car le spectacle est essentiellement visuel (mais pas seulement) et fantasmagorique. Petit résumé de l'intrigue:
Première partie: Agamemnon. Nous sommes dans un sous-terrain obscur, une sorte de bunker, on entend des déflagrations à l'extérieur. La Reine Clytemnestre couve une vengeance contre le Roi Agamemnon, son mari, avec l'aide de son amant, Egisthe. Car Agamemnon, sept ans plus tôt, a sacrifié sa fille Iphigénie. Le Roi, de retour victorieux de la guerre de Troie, est assassiné comme prévu par les deux amants. Les prédictions de la prisonnière Cassandre n'y auront rien changé.
Seconde partie: les Choréphores. Dans un paysage lunaire, immaculé (carrière de marbre? Cimetière? Chambre d'hôpital?), Électre invoque son père défunt, le roi Agamemnon, par le sacrifice d'un bouc. Avec son frère Oreste et son ami Pylade, ils projettent et mettent en œuvre le meurtre vengeur de leur mère et de son amant.
Troisième partie: les Euménides. Les figures du passé viennent hanter Oreste. Les anges de la culpabilité, les Erinyes, sont à sa poursuite...
Le théâtre de Roméo Castellucci est un théâtre visuel qui créé des images totalement folles qui saturent le regard. Cet opus sur la tragédie grecque interroge la violence à l'oeuvre dans l'Histoire des hommes: la violence du sacrifice est supplantée par le crime. Aux images obsédantes s'ajoute une musique industrielle, répétitive, le tout faisant effet d'hypnose. Des images nées du tragique, Romeo Castellucci dit : "En soutenir la représentation sera comme ne pas pouvoir détourner son regard de celui de Méduse".
On peut déplorer des longueurs, en particulier au début de la seconde partie, et trop d'effets sanguinolents, mais les curieux d'images nouvelles et les amateurs d'expériences insolites seront conquis. C'est cauchemardesque et ça se tient. C'est une réalité amplifiée (toutes les voix sont retravaillées, des corps difformes sont exhibés) au pouvoir sidérant.
Un spectacle hors-normes, différent, dérangeant sûrement. Pour les amateurs de sensations fortes et les psychologies un peu barrées.
Jusqu'au 20 décembre
Théâtre de l'Odéon, Paris 6ème.
AVERTISSEMENT du Théâtre de l'Odéon:
"Certaines scènes du spectacle sont de nature à heurter la sensibilité du public:
- des effets spéciaux sonores et visuels sont susceptibles de surprendre les spectateurs,
- des animaux en cage sont présents sur le plateau sous le contrôle de conseillers animaliers.
Ce spectacle est déconseillé aux moins de 16 ans."
ORESTIE (une comédie organique?) - Eschyle... par TheatreOdeon
Nanarland le livre des mauvais films sympathiques

Ha ha ha, je m'empare de la section livres d'Etat Critique pour vous présenter ma petite liste de Noel avec des monstres en caoutchouc et des acteurs en carton... on commence par une super compilation de nanars méconnus et qui gagneraient à... le rester!
Car les petits gars du site de Nanarland sont de grands malades! Ils collectionnent les cassettes video les plus déviantes, les plus racoleuses et donc les plus drôles. Ils nourrissent leur cinéphilie bizarroïde avec leurs souvenirs des vieilles VHS vendues au rabais, avec des affiches mensongères et des histoires qui en copient d'autres... pour la millième fois.
Voici donc Le livre des Mauvais Films Sympathiques. Il y a de films turcs, des nanars américains, des suites honteuses ou des films érotiques des années 70. Le livre nous promène sur toute la planète: partout, on trouve des oeuvres grotesques qui ne peuvent se regarder qu'au 70e degré.
Puisqu'elles nous font rire, ces nullités d'un autre temps méritent d'être redécouvertes. Quand on voit l'état de la comédie française, on sait que faire rire, ce n'est pas si facile et ce n'est pas donné à tout le monde. Ici, c'est un florilège impressionnant et érudit.
Présenté comme une cassette vidéo, le bouquin résume avec gourmandise les films, leurs créations, leurs créateurs. Le style est truculent. Les anecdotes sont simplement hilarantes et relèvent du grand n'importe quoi. Entre les productions indonésiennes, les tentatives de fantastiques à la française où les catcheurs mexicains, il y a d'autres pépites aux destins incroyables!
C'est toujours difficile d'écrire sur des films, surtout lorsqu'ils sont peu connus. Pourtant les zozos de Nanarland nous font partager leur passion. L'écriture renseigne mais aussi donne à voir ce plaisir à découvrir un film malage ou un ratage grandiose.
Ici, le livre nous ouvre sur un champ des possibles nouveau. On est bien fier d'en connaître quelques uns mais on a hate de se marrer devant les autres. On court sur le net pour trouver les bandes annonces et on regrette le temps béni des vidéo clubs où les distributeurs étaient peu scrupuleux de respecter les copyright et faisaient des efforts considérables pour nous faire croire à n'importe quoi... c'est ca aussi la magie du cinéma!
265 pages - 619 label
Au coeur de l’Océan

Moby Dick à l'heure de la 3D et des effets numériques? Ron Howard contre toute attente, tente autre chose que le spectacle épique pour un survival assez brutal et inattendu! Un accident industriel bienvenu!
Car Ron Howard c'est l'image idéal du faiseur d'Hollywood, doué et sympathique. Ses films valent ce que vaut le scénario. Il y a des ratés dans sa carrière (Horizons lointains) et des grands succès (Cocoon, Apollo 13). Il y a des nanars épatants (Da Vinci Code ou Willow) et quelques grands films qui s'ignorent (Portrait d'une famille modèle, Le Journal). Il touche à tous les genres avec un savoir faire qui ressemble à un grand classicisme!
Les premières images de Au Coeur de l'Océan donnait l'impression d'un film épique. Rush le précédent effort de Ron Howard montrait que le cinéaste avait retrouvé une vraie énergie visuelle. On pouvait donc s'attendre à un beau film avec du bruit et de la fureur. Et un vilain cachalot blanc qui veut faire la peau à quelques hommes un peu trop prétentieux!
Le film s'inspire des mésaventures de l'Essex, un bateau qui a réellement subi l'attaque d'un monstre des mers. Cette histoire fut le point de départ de Moby Dick d'Herman Melville. Ainsi le réalisateur de Backdraft peut présenter une autre histoire, en décalage avec la légendaire histoire du capitaine Achab et la baleine blanche.
Le monstre sera donc un élément du film. Il est certes le plus impressionnant et la valeur ajoutée du film réalisé en 3D. Certains plans sont simplement monstrueux. On devine la bête dans toute sa force et la 3D trouve une vraie fonction.
Mais ce n'est pas le sujet du film: Au coeur de l'Océan est un survival ultime. Au bout d'une heure sur les mers avec des personnages charismatiques et stéréotypés dans le bon sens du terme, Ron Howard dirige son film d'aventures vers un intime peu spectaculaire mais qui nous met sous très haute tension. Car l'histoire de l'Essex est effrayante mais on ne va pas vous gâcher les surprises que réservent ce gros budget qui traite de l'effroi et de la mort de manière frontale!
Ron Howard n'est pas un homme qui veut choquer: il ménage son spectateur avec un film techniquement parfait mais le destin des marins est funèbre. Mais présenté avec honnêteté. Bien entendu, il y a des défauts dans son film (des longueurs, des scènes explicatives et des méchants armateurs inutiles) mais à une époque où la production hollywoodienne est toute lisse, rasée de près par des super héros de plus en plus transparents), Au Coeur de l'Océan apparaît comme une accident industriel de la Warner, un film d'aventures comme on n'en fait plus, plus méchant que les apparences! Prenez le large avec ce funeste équipage. Le mal de mer est assuré pour les habitués de grosses productions sans saveur.
Avec Chris Wensworth, Benjamin Walker, Cillian Murphy et Brendan Gleeson - Warner Bros - 9 décembre 2015 - 2h02
Israel Nash’s Silver Season

Il a un peu plus de trente ans mais il pourrait apparaître à coté des héros de la folk des années 60 entre le Grateful Dead et Jefferson Airplane. Il apporte un peu de chaleur à cette saison d'argent!
Il est vrai que la musique d'Israel Nash est parfaite pour réchauffer l'atmosphère. On s'imagine à l'abri d'un vent d'hiver, fasciné par un feu salvateur avec une tasse bien chaude. Lui jouerait de la guitare et chanterait en convoquant tous les monstres sacrés de la musique mystique des années 70.
Le parcours d'Israel Nash nourrit les mythes du rock'n'roll. Etudiant en sciences, le jeune Israel Nash quitte le Missouri pour New York. Là bas, il apprend la musique entre deux petits boulots. Il écrit quelques albums où il appréhende son style.
Pour le peaufiner, il déménage pour Austin. Il a le look d'un barbu de ZZ Top donc s'adapte parfaitement au Texas. Sa folk s'électrise. Les morceaux s'étirent à la recherche d'un idéal qui fait planer. Il revisite avec une sincérité évidente les utopies des années 70.
Les réverbérations et les échos accueillent sa voix qui peut rappeler l'ultime référence du genre, Neil Young. C'est haut perché mais les subtilités sont là. La country se mélange à des choses plus expérimentales. C'est asses cosmique mais la voix nous garde sur Terre. La sensation n'est pas nouvelle. Elle est vieillotte même. Cependant Israel Nash assume son coté baba-cool et sa décontraction est une belle qualité.
Ce n'est pas le vent nouveau qui souffle avec cet album. Néanmoins il est de saison et il nous offre un bon moment entre ciel et terre. Très loin du froid!
Loose music - 2015
Pixels
Sur le papier, c'est franchement tentant: l'univers geek à travers le regard du papa de Gremlins! Sur la pellicule, cela donne un truc tout nul plombé par un Adam Sandler en petite forme, à peine drôle.
Chris Columbus vieillit. Au début il était bourré de bonnes idées. Cela a donné le scénario de Le secret du Labyrinthe, de Gremins ou des Goonies. Il a aussi réalisé des petits films sympas comme Une Nuit de Folie avant de devenir un fabriquant de spectacles pour ados avec les deux premiers Harry Potter ou Percy Jackson. En vieillissant le scénariste brillant travaille sur des films de studio sans grande saveur.
Adam Sandler lui aussi vieillit. Il continue pourtant à défendre un humour potache et des idées humanistes. Ses films sont un affront au bon goût mais on adore son coté sale gosse, éternel scato américain fier d'être crétin. Il pousse le bouchon si loin que cela dépasse la vulgarité pour une forme peu identifiable de la subversion.
Les deux hommes pouvaient nous offrir quelque chose de joyeusement régressif. Surtout qu'ils voulaient s'attaquer à l'univers des geeks, des grassouillets qui restent devant leurs jeux vidéo, les nerds qui pourtant ont pris le contrôle de la culture populaire depuis bientôt une décennie.
Pixels est donc un hommage appuyé aux débuts de la culture geek et des premiers Atari. Une bande de grands gamins d'une quarantaine d'années deviennent les sauveurs de la planète lorsque des envahisseurs prennent la forme des premiers jeux... ils sont les seuls à connaître les points faibles des aliens.
Et tous les points faibles d'un scénario bâclé sont au rendez vous. A part les quatre personnages centraux, tous les autres sont des pantins. Le récit n'a aucun rebondissement. Les aliens donnent rendez vous à leurs adversaires: comme tactique d'invasion, on a vu mieux. Les blagues sont éculées et sans surprise.
Les comédiens ne sont pas concernés. On peut juste voir que le régime de la belle Michelle Monaghan marche un peu trop bien. Que Adam Sandler devient le comédien le plus mauvais du Monde. Que un directeur de la photographie, c'est un métier! Que les effets spéciaux ne doivent pas forcément faire mal aux yeux! C'est moche et sans intérêt.
Les deux têtes pensantes (pas sûr) du projet sont à coté de la plaque et ridiculise l'univers qu'ils voulaient célébrer. On aime bien les nanars. Mais celui là n'a rien de glorieux. Juste une pompe à fric qui s'essouffle trop rapidement. Effectivement un pixel c'est la place qu'il faut pour écrire cette chose informe, décevante et un peu honteuse!
Avec Adam Sandler, Michelle Monaghan, Kevin James et Josh Gad - Columbia - 2015





