So there

Binoclard talentueux, Ben Folds et son piano continue de s'aventurer dans des contrées très différentes. Il n'a peur de rien et c'est ce qui fait tout le bonheur de cet album un peu bordélique.
Ben Folds est une sorte de punk qui écouterait Gershwin ou Randy Newman. Il voudrait bien tout casser mais il a trop de respect pour la musique et ses instruments pour démonter la baraque. Il est donc au début des années 90, un pianiste grunge tout à fait abordable.
Car son sens du lyrisme est tout simplement incroyable. Avec son groupe le Ben Folds Five, il réalise des albums sauvages mais à l'écriture astucieuse et mélodique. Difficile de ne pas craquer devant ses hymnes post adolescentes où il décrit l'Amérique de l'ennui, farfelu et jemenfoutiste.
Au fil des ans, le musicien est devenu plus exigeant et touche à tout. Plus discret aussi. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas sorti de disque. De ces années, il revient avec un album qui effectivement s'amuse entre pop débridée et symphonie assumée.
Une belle symphonie en trois actes où le pianon donne le ton. Où toutes les influences sont citées plus haut. Un beau moment de calme et d'harmonies. On est loin du chroniqueur amusé de l'existence! On admire en tout cas le chef d'orchestre qui profite de toute l'ampleur de l'orchestre de Nashville. Il fait joujou avec les cloches et les cordes qui se tendent à son bon vouloir.
Pourtant on appréciera encore le rigolo pianiste et sa musique de chambre sur les huit titres avant les trois mouvements de musique classique. Il se moque de lui, de tout et de rien avec sa gouaille musicale si aigre douce. Il tente des choses mais reste fidèle à lui même. A bientôt trente ans de carrière c'est pas mal de pouvoir se vanter de cela. En tout cas un disque parfait pour commencer doucement l'année!
Et m****, on a encore loupé les vœux présidentiels !!!


Bon, pour démarrer, tradition chiante au possible mais tradition quand même, je vous souhaite une excellente année 2016, non pas année de la b****, pas de jeu de mots en plus, c’est suffisamment lourd comme ça pendant 2 semaines en début d’année entre la famille, le taf, les amis, les réseaux sociaux à grand coup de « ah bah je sais plus si je t’ai souhaité la bonne année hein, non ?, ah bah bonne année hein, puis la santé parce que c’est important la santé… », bientôt les vœux du Maire, des corps de métier, des présidents d’associations, avec la galette des rois en prime, non, décidemment, déjà que c’est déprimant de retourner dans la vraie vie après 72h de bringues et d’abus mais alors les vœux…bon enfin bonne année quand même !
Il est par ailleurs de tradition, au-delà de prendre 4,5 kg en un temps record en moins de 15 jours, d’avoir les bons vœux du chef suprême de la République à la télé, sur les coups de 20h, le soir du 31, et ce depuis De Gaulle…avant y’avait pas la télé, olalalala les veinards !
Bah oui mais voilà, chaque année, à part les stagiaires Ken et Barbie de garde sur BFM TV et I-Télé, pas de bol les gars, les éditorialistes de permanences pour le C dans l’air du 1er janvier, alors là vraiment mais alors vraiment pas de bol, ou encore le pigiste en charge des 4 vérités dans TéléMatin, alors là shifumi pile ou face courte paille je sais pas comment le mec est désigné mais alors pas de bol mais alors pas de bol du tout puis va trouver ton invité, forcément un gros fêtard qui s’est couché à 22h30 un 31, payes ton allégresse, ou encore le mec de l’opposition prêt à tweeter « discours de Hollande #moche #viveladroite #ouuhhhhhhonariencompris #merdejaideshuitresàouvrir, et bien, personne regarde le brave Président donner le tempo politique pour l’année à venir !
Et pour tout ça, voilà les 10 raisons, plus que probables pour lesquelles vous n’avez pas, vous non plus, regardé les vœux présidentielles et ce depuis une bonne vingtaine d’années !
1. Vous aviez déjà 5 punchs dans le cornet et sincèrement vous vous sentiez déjà vachement plus proche du président du conseil général de la Martinique que tout autre chef d’Etat.
2. Vous êtes une fille, et forcément le verni posé à 19h48 n’était pas sec, alors que tout le monde est prêt en bas bordel de merde mais t’es toujours en retard ma parole, et donc vous aviez les doigts de mains et de pieds en mode canard pour faire sécher, impossible dans ces conditions d’allumer une télé.
3. Vous êtes décédés en 2015, auquel cas merci de lire cette chronique de là où vous êtes, Charly, Hervé, les autres, mes vieux frères…j’vous embrasse
4. Vous étiez d’astreinte à la sécurité du parking du Carrefour de Wasquehal Nord et vous préfériez, avec votre berger allemand, écouter un peu de musique romantique, sait-on jamais sur un malentendu une première expérience zoophile une nuit de nouvelle année peut être un truc mémorable.
5. Vous aviez déjà en fait 10 punchs dans le cornet car c’est vous qui l’aviez préparé en donc attaqué la marmite sur les coups de 18h…forcément ça aide pas à passer 20h avec une folle envie de découvrir la nouvelle méthode de lutte anti-chômage.
6. Vous étiez tout simplement avec une bonne vingtaine de potes déguisés en Scandinaves avec du champ’ à la main et faire les cons en dansant sur une musique de discothèque andalouse…comment ça je parle de moi ?!? Ah oui, en effet…
7. Vous aviez chopé une gastro la veille mais alors en mode pulpes coco dans l’anu’ à chaque voyage dans les commodités…bloqué au lit avec la bassine, non vraiment pas de bol, alors vous infliger en plus un discours présidentiel…très peu pour vous…vvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvvv…oups les draps.
8. Vous vous apprêtiez à tourner une vidéo pour Jacquie et Michel intitulé « mmmmm est-ce que tu veux voir mon passage à la nouvelle année mais bien bien fort dans ton horloge… », déjà en string panthère dans une caravane du sud-ouest avec une amie roumano-marseillaise, pas la télé dans la caravane, pas de bol.
9. Vous aviez complètement oublié d’aller chercher à 14h chez Leclerc traiteur, comme convenu initialement, l’ensemble des 25 cassolettes de saint-jacques, les 25 cassolettes de biches braisé au Grand Marnier et les 8 plateaux de fromages, et à la question « et au fait elle est où la bouffe » à 19h45, vous aviez appelé en direct le patron du Leclerc pour aller chercher les trucs en loose…et finalement vous avez fait des pâtes…pas de bol mais pas de bol.
10. Vous aviez en fait préparé le punch la veille, vous aviez fini 35 gobelets avec votre prénom dessus à 7h du mat le 31 décembre, aussi, vous dormiez déjà depuis ladite heure et vous n’avez finalement pas vu le passage de la nouvelle année et…encore moins les vœux présidentiels…
Voilà pourquoi, en 10 raisons, vous ne serez, jamais, ça va avec, présentateur des 4 Vérités dans le Télématin du 1er janvier matin…quel bol !
Belle année à toutes et tous, j’vous embrasse.
Le Labyrinthe du silence

Film préféré de 2015! Non ce n'est pas une allégorie sur le jury de Cannes quelques heures avant la remise de la Palme d'or, c'est le titre d'un film émouvant et élégant. Le devoir de mémoire peut se conjuguer avec une vraie envie de cinéma!
Avec ses décors tout frais et clinquants, ses détails qui donneraient le tournis aux habitués du "salon du vintage", son héros blond et innocent, Le Labyrinthe du Silence ferait presque peur et dans les premières minutes, on a le droit de frémir. Puis ensuite on sera tout simplement effrayer.
Car ce devoir d'histoire nous amène avec une simplicité déconcertante à nous poser des questions sur notre tolérance à la barbarie. Le réalisateur Giulio Ricciarelli tend un piège passionnant aux spectateurs. Un peu comme à l'époque de JF d'Oliver Stone, il nous fait croire que la reconstitution historique va nous protéger de toute implication sentimentale. Il tire sur la corde dans les premières minutes puis c'est le vertige de la réalité qui nous éclate à la figure!
En RDA, on ne savait que peu de choses des meurtres odieux commis par les Nazis. Un jeune procureur Johann Radmann fait donc une terrible découverte. De nombreux officiers nazis vivent tranquillement sans que la justice ne s'intéresse à eux. Aidé par un journaliste, il va peu à peu faire la lumière sur le camp d'Auschwitz.
Les SS sont partout. Ils ressemblent à monsieur tout le monde. Mais le réalisateur libère au fil des minutes la parole, les témoignages, l'émotion. La reconstitution se fait oublier. On ne voit plus que du vrai cinéma où l'image est au service du sentiment. Le jeune héros porte la mémoire mais aussi les angoisses de toute une génération. S'il respecte un vrai classicisme, le film est d'une beauté formelle discrète mais suggestive.
Larmoyant, le film n'est pas sentimentaliste (c'est une oeuvre allemande tout de même). Formellement l'académisme et le Scope (youhou, c'est la fête) proposent tout de même une vision de vrai cinoche, populaire et fort. L'air de rien, le film vous retourne, vous questionne, vous cherche des poux dans la tête. Une véritable et rare réussite!
Avec Alexander Fehling, Andre Symanski, Friederike Becht et Hansi Jochmann - Sophie Dullac distribution - 29 avril 2015 - 2h03
Hill of Freedom

Rétro 2015! Spécialiste d’un cinéma en état d’ébriété, le Coréen Sang-soo Hong nous offre une bonne rasade de sentiments. Ca fait du bien !
Il fait le même film depuis des années. Il raconte des histoires d’amour qui finissent mal. Sang-soo Hong observe ses contemporains avec beaucoup de tendresse et une petite pincée de cruauté. Son cinéma se fait sur quelques émotions. Il les décrit avec un minimalisme qui n’aurait pas déplu à Eric Rhomer.
Pour son nouveau et court film, il s’installe dans une maison d’hôtes où s’installe, Mori, un Japonais un peu paumé. Il attend la femme qu’il a toujours aimée. Elle est partie. Il ne sait pas quand elle revient. Il fait donc des rencontres durant son séjour.
Le neveu de la propriétaire avec qui il prend des cuites. Une serveuse dont il tombe un peu amoureux. Des nouveaux arrivants qui resteront mystérieux. Il a tout noté. La femme qu’il attend se perd dans ces lectures !
Parce que les lettres sont dans le désordre, la chronique amoureuse est déstructurée. Le cinéaste propose donc un petit jeu de construction. C’est simple et très élégant. Il est doux avec son Japonais, perdu à Séoul.
Il brise les barrières du langage avec quelques verres d’alcool. Une habitude chez le réalisateur : la liberté qu’offre une bonne biture. Dans tous ses films, les frustrations ou les joies explosent après un bon repas bien arrosée.
Cette générosité est rassurante et rend ses films, doux et tendres avec des personnages qui en ont souvent gros sur le cœur. Hill of Freedom est reposant et exaltant en même temps. Les petits détails en disent longs sur des personnages qui ont eux-mêmes du mal à s’entendre et se comprendre.
C’est un labyrinthe des passions, prude et délicat. On devine au fil des lettres le cheminement amoureux de Mori, son aventure paresseuse (il dort beaucoup) et en même temps passionnante. Comme toujours, l’économie de moyens déconcerte d’abord avant de nous séduire totalement. Comme le titre l’indique : Hill of Freedom donne à voir le sentiment de liberté.
Avec Ryo Kase, Sori Moon, Young-hwa Seo et Eui Sung Kim - Les acacias - 8 juillet 2015 - 1h06
Love & Mercy

Rétro 2015! Génie discret, Brian Wilson a enfin son biopic. Et en plus c'est une vraie réussite et une belle proposition de cinéma!
Principal compositeur des Beach Boys, Brian Wilson entrera à coup sûr dans l'histoire du rock et de la musique. On a à faire à un authentique génie. On galvaude souvent ce mot mais ce fils battu par son père, sourd d'une oreille, a bel et bien révolutionné le rock avec des harmonies vocales et des idées musicales incroyables.
A l'époque il était le seul à rivaliser avec les Beatles. Le sex appeal, il le laisse à Jim Morrison, l'Iguane poète un peu fumeux. Ce Californien, soutenu par ses frères, est lui aussi haut perché mais obsédé par la pureté de la musique, des alliages complexes entre différents instruments et les mélodies imparables.
Cette recherche obsessionnelle le pousse vers la schizophrénie. L'album Pet Sounds est une réponse au Rubber Soul des Beatles. Le disque sera un gros bide. Aujourd'hui, il est considéré comme l'un des plus grands disques de la pop.
Mais Brian Wilson ne veut pas s'arrêter sur un échec. Il décide d'écrire un nouveau chef d'oeuvre, Smile. Ce sera le début de sa perte qui va durer du milieu des années 60 jusqu'au début des années 80.
Sa vie devient cauchemardesque. Un long tunnel creusé par la drogue et entretenu par un psychiatre tout aussi fou que le chanteur. Sa rencontre avec Melinda, une vendeuse de voiture, va changer son existence.
Le film joue sur les réponses d'une époque à l'autre. John Cusack joue le vieux Brian Wilson enfermé dans ses angoisses. Paul Dano interprète le compositeur inspiré mais marqué par les coups d'un père qui ne se remet jamais en cause.
L'émotivité de Wilson est filmée avec délicatesse par Bill Pohlad, connu comme producteur de Brokeback Mountain, Into the Wild ou 12 Years a Slave. Un habitué donc des visions différentes des standards, un défenseur de l'originalité. Y a de quoi l'inspirer avec le génie abîmé qu'est Brian Wilson. Le constat de sa folie, il la filme sans grand effet et un goût pour le détail qui fait la différence.
L'histoire d'amour entre le malade et la vendeuse de voiture est crédible et sensible. Rarement on aura senti autant de compassion et d'amour dans des scènes de tête à tête fascinantes par leur simplicité. Ce n'est pas simplement une reconstitution des années psychédéliques de la Californie. Le réalisateur se concentre sur la solitude de son héros, incapable de profiter du succès.
On peut regretter un méchant psychiatre, un peu trop grimaçant mais le biopic n'est pas und énième rédemption par la musique (cf Ray, Walk the Line). Mais entre la création et la destruction, entre la grandeur et la décadence, la limite est plus fine qu'on l'imagine. Concentré sur deux périodes du musicien, Bill Pohlad fait comprendre le génie d'un homme malade et marginal. Le film ne donne pas l'impression de glorifier l'artiste, l'excuser. Il montre sa monstruosité et son immense talent. Les contradictions du personnage sont énormes. Mais elles ne servent jamais un film démonstratif. Au contraire on retiendra la douceur. Et quelques mélodies géniales des Beach Boys, trop vite réduits à des gaillards benêts en short!
Avec John Cusack, Paul Dano, Elisabeth Banks et Paul Giamatti - ARP - 1 Juillet 2015 - 2h
Carry the Ghost

Youpi, bonne année à tous! On vous souhaite que de bonnes choses avec des vrais morceaux plaisirs dedans et un peu plus de bonnes nouvelles pour 2016. En attendant la troisième guerre mondiale ou la fin du Monde, on continuera de vous proposer des petites chroniques musicales enthousiastes. Mais aujourd'hui on fait la tête: il est pas terrible le disque du lendemain de réveillon.
Noah Gundersen est un songwriter. Il fait du folk. Il a une guitare vissée à son coeur meurtri par les affres de l'existence. Il a à peine 26 ans mais il chante déjà comme un vieux sage. Il aime les rythmes introspectifs et les confidences psalmodiées.
Il a une coupe de corbeaux et des yeux noirs de hibou mélancolique. Il vole sur les terres de la nostalgie et de la tristesse. Il se pose des questions et souffre d'amour et de jalousie. Sa musique épouse les émotions et sa voix vibre en fonction des douleurs.
Noah Gundersen en fait juste un peu trop. Le chanteur multiplie les chansons bien malheureuses mais qui ressemblent beaucoup à une pose un peu convenue. C'est joli. Il y a de beaux arrangements. Mais c'est sans surprise. C'est parfait pour un lendemain de fête. C'est inodore et sans grande saveur. Cela ne peut pas faire de mal. Mais on espère vraiment qu'un jour le bonhomme va se réveiller et prendre son envol des stéréotypes un peu éculés! Parfait pour accompagner une gueule de bois!
2015 - Dualtone records
Red Army

Rétro 2015! La malice se voit dans les yeux de Slava Fetisov. Il a les yeux rivés sur son téléphone portable. Il a l’air peu concerné par les questions du journaliste mais il sera le fil conducteur de ce documentaire sportif qui en dit long sur la Guerre Froide et les aberrations du système soviétique.
Fetisov est une légende du hockey. Ce type-là a tout gagné avec l’équipe de l’Armée Rouge. Il est désormais ministre des sports de Poutine. Il a pourtant connu un destin hors norme qu’il nous raconte sans ménagement, avec un humour russe très particulier.
C’est le charme évident de ce documentaire. Il nous fait glisser vers cinq champions, qui soufflent sur le chaud et se lancent sur la glace avec ce stoïcisme ambigu et parfois flippant des Russes. Ces hommes ont fait rayonner l’URSS à travers le Monde mais ils étaient surveillés en permanence par le KGB et les autorités de l’Empire.
La politique et le sport s’entremêlent et les champions doivent plus éviter les querelles politiques que les adversaires dépassés par leur dextérité ! Fetisov et ses amis sont donc les témoins privilégiés de la Guerre Froide puis la chute du Mur.
Le montage est fait de rebondissements incroyables et de témoignages tragi-comiques. Fetisov est bourru, arrogant mais aussi attachant. Le film se regarde comme un thriller plus qu’haletant. Le sort de ses hommes en dit long sur la Russie d’hier et d’aujourd’hui. L’enjeu simple devient une habile réflexion sur le pouvoir, l’argent et les éternels problèmes de nos sociétés.
Le charisme de Fetisov réussit à rendre la démonstration, exotique et passionnante. Brillant et un peu roublard, ce documentaire a en tout cas sa place au cinéma. Il souligne la démesure de cette aventure, qui pourrait être un vrai scénario de cinéma ! Malice, grande vertu du cinéma!
Arp – 25 février 2014 – 1h25
Le retour du professeur de danse

La mort d’un ancien officier de police sert de fil conducteur à un roman qui vous hantera longtemps. Une dérive entre les errances de l'engagement politique et la peur de la mort tapie en chacun de nous.
Stefan Lindman est policier dans la ville de Boras en Suède. Il a 37 ans quand il apprend qu’il a un cancer de la langue et qu’il doit être traité en chimiothérapie. Dans l’espace de temps qui le sépare du début de son traitement, il passe par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La proximité probable de la mort l’oblige à se questionner sur ce qu’a été sa vie - jusqu’à présent.
C’est à ce moment-là de son existence, qu’il entend parler du meurtre d’Herbert Molin qui fut le policier avec lequel il fit équipe quand il était une jeune recrue. Molin a été fouetté à mort. Les traces de ses pas sur le sol esquissant des mouvements de danse, un tango à mort, en somme.
Lindman décide de se rendre dans la petite ville de montagne où Molin est mort, pour enquêter, dans l’espoir de rendre service ou tout simplement pour "tuer le temps" et calmer l’angoisse qui le ronge.
Voilà le thème central du Retour du professeur de danse, roman de Henning Mankell, dans lequel n’apparaît pas Kurt Wallander qui est le personnage récurrent de beaucoup de ses récits. Roman à part que celui-là et qui permet de prendre conscience (si besoin était) que Mankell est un grand écrivain.
Il sonde les âmes, les reins et les cœurs. Il rentre au plus profond des personnages qu’il décrit. Et en même temps, il les inscrit dans la société suédoise qui subit les dérives propres aux sociétés occidentales.
Une des questions posées est celle du rapport à nos parents : que savons-nous d’eux et sommes-nous esclaves de ce que nous ignorons ? Que faire si l’on nous révèle des faits dont nous n’avions pas connaissance et qui permettent de réévaluer ou de dévaluer l’image de nos parents ?
Pourquoi les sociétés occidentales n’ont-elles pas réussi à éteindre complètement la flamme Nazie ? Pourquoi des groupes ou groupuscules d’extrême droite persévèrent-ils dans la propagation de la haine ?
Mankell mêle ainsi les interrogations les plus profondes concernant l’être humain et son implication dans l’histoire à un sens du récit qui n’est jamais pris en faute.
Il vous tient en haleine et joue avec l’intrigue comme un chat avec une pelote de laine. Au niveau du rythme, vous n’avez pas l’impression de dévaler les montagnes russes en retenant votre souffle, mais insidieusement, presque sans vous en rendre compte vous êtes emmaillotés dans les fils de la narration.
Bref, vous vous retrouvez pris dans la froideur d’un hiver suédois et vous y prenez un vrai plaisir de lecteur.
Delirium

Pendant que les vieilles gloires de Disney d'une vingtaine d'années se mettent à nu et bravent les interdits de la bienséance pour vendre quelques chansons de centre commercial, une petite Anglaise commence à faire la même chose. Mais elle est encore un peu frileuse comme le montre la pochette de son troisième album.
En vacances, nous on tente de vous réchauffer avec les pochettes coquines de l'année 2015. Bizarrement la nudité dans la musique c'est de la midinette en crise ou du rappeur tatoué. Mylène Farmer n'a pas osé cette année. Les Red Hot sont peut être les derniers rockeurs qui se sont déshabillés. Dans les années 90. On est plutôt frileux dans l'industrie anglaise.
Alors on remerciera la jeune et blonde Ellie Goulding de nous montrer son nombril et sa belle fourrure pour les besoins de son nouveau disque, Delirium. Le comble de la folie pour cette chanteuse anglaise, c'est peut être l'introduction de son disque faite de voix élégiaques, assez intrigantes.
La suite est beaucoup plus convenue. Si elle se déshabille (un peu) c'est pour nous attirer dans sa pop programmée pour cartonner dans les charts et les supermarchés. Une de ses chansons accompagne le film 50 Nuances de Gris. C'est bien ça la musique de Goulding: de la provocation qui n'en est pas! De l'érotisme pour les masses, abandonné par la controverse et la subversion. Donc elle est bien mignonne sur sa pochette de disque mais pour le délire, il faudra repasser.
Mais bon les petits bouts de peau qu'elle montre feront certainement le boulot. Plus les chanteuses pop montent au sommet, plus elles finissent à poil! Drôle de constat!
Polydor - 2015



