Only on Hush
Sourions à l’Amérique, Black Crowes, Jay Buchanan, Counting Crows

Holala la section musique est vide depuis un petit bout de temps. La sidération de la guerre. Le discours de Adjani aux Césars... je ne sais pas mais peut être que l'on était scotché par les événements assez anxiogènes autour de nous.

Bon aller, on va repartir dans le bon sens avec de louables sentiments et des élans optimistes. La musique est un doudou rassurant. Et on va tenter de vous réconcilier avec cette Amérique profonde qui aimerait tant le président Trump et son dangereux ego disparaissent.
Des contrées lointaines, moites ou sableuses des Etats Unis, on a pu voir sortir un rock musclé, qui s'appuyait sur les traditions pour tenter une idée progressiste de la musique. Un scandale lorsque vous êtes dans la Bible belt ! Et pourtant c'est ce que continue de faire les Black Crowes.
Le groupe a explosé mille fois en plein vol. Maintenant il se limite au duo de frangins. Rich et Chris Robinson. L'un gratte sa six cordes avec un génie discret et l'autre confirme qu'il reste un hurleur de talent. Pas pour rien qu'un certain Jimmy Page fut l'invité d'une de leur tournée légendaire.
Désormais les corbeaux ne volent plus en haute altitude mais conservent leur dextérité pour nous survoler un rock blues qui correspond à la période Mick Taylor des Stones. C'est un peu crasseux. Un peu lyrique. Extrêmement jouissif.
A pound of Feathers ne sera pas le chant du cygne du groupe. Mais il rappelle toutes les qualités des Robinson. Les riffs ont une âpreté incroyable et la voix est celle d'un Monsieur Loyal joyeusement décadent. Il n'y a plus grand chose de scandaleux chez eux mais la croyance en ce bon vieux rock'n'roll, rebelle et virevoltant, subsiste !

C'est aussi cela l'American Way of life ! Autre hurluberlu du rock, Jay Buchanan cherche lui aussi cet agréable mysticisme américain avec son premier album solo, Weapons of beauty.
Le chanteur surprend. Cela fait plus de quinze ans qu'il fait monter les décibels avec Rival Sons, grosse machine qui lorgnait sur les années 70. Le leader du groupe descend soudainement de la locomotive en surchauffe. Il s'arrête au milieu du désert du Mojave. Il y reste plusieurs mois.
Le célèbre producteur de Nashville, Dave Cobb, va le voir durant son exil. Il en sort alors un disque intimiste mais basé sur toute la mythologie du rock : la soul, la country, le gospel, le folk. Ça pourrait être caricatural mais c'est juste beau. Comme Jim Morrison, Jay Buchanan devient un shaman de la musique américaine.
Il nous console avec tous les poncifs guerriers et virilistes d'une Amérique belliqueuse. Les deux disques dont nous parlons, donnent à voir autre chose. Un bien fou nous traverse lors des écoutes.

Tout comme le retour discret des Counting Crows. Le chanteur avait perdu ses fameuses dreads et l'inspiration avait elle aussi disparue. En tout cas, Adam Duritz et ses camarades de longue date rebootent le petit EP qu'ils avaient pondu il y a trois ans, pour un véritable album.
Là encore, on retrouve le goût de cette Amérique intelligente, verbeuse et inspirée. Duritz défend un rock à la fois élitiste et très électrique. C'est populaire et accessible mais pas que ! Butter Miracle the complete sweets conserve la profondeur des précédents disques même si sa création fut chaotique.
Le chanteur a toujours su mener ses chansons comme de petits contes contemporains. Le groupe a toujours oscillé entre pop classique et quelques sons très alternatifs. Butter Miracle est le premier vrai disque depuis plus de dix ans : on sent que tout le monde se remue pour retrouver la vista qui a provoqué le succès de ce groupe californien.
Et par moments ça fonctionne très bien. C'est un peu rouillé mais le charme se répand doucement mais sûrement sur ces 9 titres différents, délicats et plaisants. Là encore c'est une voix américaine, qui réconforte et qui donne à imaginer ou penser... Loin des abrutis que l'on entend à la télé !
Voilà trois disques pour faire la paix avec nos voisins de l'Atlantique !
Black Crowes - A pound of feathers
Jay Buchanan - Weapons of beauty
Counting Crows - Butter Miracle the complete sweets
LOS ANGELES 2013

Face aux agissements de la tristement célèbre ICE, le regard cynique et misanthrope de John Carpenter sur le sort de l’Amérique trouve un écho salvateur et mélancolique.
Parce que Carpenter est un sacré observateur de la politique américaine. Il s’est toujours méfié du pouvoir, religieux ou politique. Son cinéma a toujours été socialement marqué par une vision triste d’une Amérique divisée où le plus déglingué n’est jamais celui que l’on croit. Assaut reste son film matrice sur ce sujet là.
On pourrait même le soupçonner à ses débuts d’être un gros réactionnaire. Mais rapidement, par son expérience personnelle avec les studios, le cinéaste a montré qu’il était un desperado désappointé par le Monde et surtout par la bêtise crasse de ses contemporains.
Los Angeles 2013 met en lumière la révolte d’un individu face à un pouvoir outrancier dénoncé comme une théocratie basée sur la terreur. C’est ce que l’on observe, actuellement, avec la réaction des citoyens américains face à ICE, cette milice policière qui chasse les sans papiers à travers les villes américaines.
Le plus jeune soldat à avoir été décoré par le président! Il a sauvé un président. Deux médailles d’honneur. Pourtant Snake Plissken est l’homme le plus recherché des Etats Unis. Un criminel dangereux. Car il ne croit pas au pouvoir en place. Pour lui la liberté est morte. Le hors la loi incarne l'individualisme forcené, celui qui ne dessert jamais les dents.
L’icône du héros qui ne croit en rien, sauf en lui. Et sa fameuse phrase: Appelez moi Snake. Un sans foi ni loi qui assure tout de même le spectacle. Cowboy du futur, héros qui a survécu à un New York de punks, Snake Plissken est chargé de retrouver la fille du président. Elle a volé une arme redoutable. Snake Plissken a 10 heures pour retrouver la mallette du président et tuer un terroriste péruvien, cousin parodique de Nicolas Maduro et Che Guevara.
Avant cela, il se promène dans un Los Angeles en feu et à sang, une parodie guerrière de la vie californienne où tous les défauts de l'American Way of Life sont grossis. A cause d’un séisme, la ville est devenue une île. Tous les marginaux y sont emmenés de force.
Alors ça bastonne sévère avec notre borgne insociable. Et finalement, comme à son habitude, Snake devient un résistant. L’homme silencieux est un homme qui pense aussi. C’est ce que l’on voit aussi à la télévision de nos jours. Face à la brutalité ou ce qui s’apparente à une forme de fascisme, les individus se mettent à siffler, crier et critiquer lorsque les patrouilles encagoulées de ICE interviennent.
On aurait pu comparer le film Invasion Los Angeles (autre charge de Carpenter contre la droite libérale) avec la situation américaine d’aujourd’hui. Parce qu’il est grotesque, Los Angeles 2013 correspond plus à la période Trump. Les outrances et la violence sont caricaturales.
Comme c’est du cinéma c’est beaucoup moins qu' inquiétant que dans nos vraies vies mais en toute honnêteté, on ne pensait que ce film bancal du champion de la terreur, pourrait être un jour réhabiliter pour comprendre notre histoire… drôle d’époque.
Los Angeles 2013 (1996) Bande Annonce VF HD
Avec Kurt Russell, Valeria Golino, Stacy Keach et Pam Grier - 1996 - 1h40








































