Only on Hush
Des Minions et des monstres, Pierre Coffin, Illumination, Universal Pictures


Des minions, des monstres, et pas de scénario. (Si j'étais aussi paresseux que les scénaristes du dernier opus en date de nos personnages jaunes préférés, j'arrêterais là ma chronique...)
Mais je vais vous en dire un tout petit peu plus. Pas trop non plus, parce que le film ne mérite pas qu'on fasse des efforts pour lui.
Un jour de canicule, me voici donc au cinéma avec ma fille de 7 ans pour voir Des minions et des monstres. Une fois n'est pas coutume, la salle est comble en ce mercredi après-midi, et c'est toujours joyeux de voir tout plein d'enfants heureux et enthousiastes.
Le film commence très bien : il retrace la grande Histoire des Minions qui parcourent le monde à la recherche du grand vilain digne de devenir leur Big boss. Mais c'est sans compter sur James, un Minion pas comme les autres qui ruinent tous les projets de ses congénères. James y perdra un chef et l'estime des siens, mais y gagnera un ami pour la vie en la personne d'Henri, son plus grand fan. Car James est un entertainer dans l'âme, c'est un Minion qui rêve d'inventer des histoires pour divertir les autres.
Toute cette première partie sur l'errance des Minions et la rencontre du duo James-Henri est vraiment drôle, et je n'avais jamais aussi bien compris la langue des Minions !
La seconde partie, quand ils arrivent à Hollywood, est elle-aussi assez réussie. Elle est le prétexte à des nombreux clins d'yeux aux parents cinéphiles qui accompagnent leur progéniture. Car les Minions se tapent l'incruste dans tous les chefs-d’œuvre des débuts du cinéma : ils apparaissent dans les films des frères Lumières, ce Chaplin ou de Méliès, notamment.
On rigole bien... jusqu'à ce que les scénaristes trouvent le moyen de nous mener à la scène vue et revue où un monstre gigantesque et très méchant détruit la moitié de la ville avant d'être stoppé. C'était tellement ennuyeux que je suis parvenu à m'endormir malgré le bruit assourdissant des explosions. J'ai été réveillé par ma fille qui était mal à l'aise face à ce déchainement de violence gratuite.
Son verdict à la sortie : c'était nul.
Au cinéma le 24 juin 2026
1h 29min |
Star Wars the Mandalorian & Grogu, Jon Favreau, LucasFilm Ltd, Disney


Encore Le réveil de la momie ? Ha tiens non, c’est le retour de Star Wars, la franchise sclérosée par excellence !
L’essorage continue. La franchise de George Lucas est devenue un paquet de lessive que l’on vend sous toutes ses formes. La saga initiale a été corrompue par le dernier opus : sûrement l’une des plus grosses purges d’Hollywood. On rit toujours et encore de l’énième retour de l’Empereur et cette direction d’acteur totalement nonsensique.
Les séries télé Star Wars se font désormais dans l’indifférence. Or il y a huit ans (une galaxie lointaine pour certains), Le Mandalorian et Grogu fut une série événement.
Créée par Jon Favreau, la série avait une certaine cohérence en pompant au western et au cinéma asiatique. C’était la volonté à la base de George Lucas pour sa saga interplanétaire. Trois saisons plus tard, Din Djarin - le vague cousin de Boba Fett - et Grogu - le vague descendant de Yoda - ont droit à leur film rien qu’à eux.
Ils sont donc un duo de chasseurs de prime. Ils capturent les anciens sbires de l’Empire et ils servent la Nouvelle République représentée par Sigourney Weaver. Ce qui restera la meilleure idée du film. Rayonnante, elle s’impose comme la figure féminine définitive de la science-fiction : il lui manquait cette franchise à son tableau de chasse.
Et là est justement le gros problème narratif du film : il n’est fait que d’anecdotes. Les références au reste de l’univers, aux films passés, sont multiples. Elles nous occupent mais cela fait au détriment de l’émotion que l’on devrait porter à ces deux personnages hyper sympathiques qui nous rejouent dans l’espace la célèbre saga nippone Lone Wolf and Cub.
On est bien trop occupé à deviner les détails. L’histoire est désarmante de simplicité comme si le récit ne voulait pas prendre le pas sur les clins d’œil. Le Mandalorian se retrouve donc dans les griffes de la famille Hutt, qui se mettent copieusement sur la tronche depuis le décès de Jabba.
Cela provoque mille et une aventures et nos copains se font embarquer dans une succession de courses poursuites qui ne s’arrêtent jamais. Jon Favreau veut effectivement retrouver le goût du serial, et ses rebondissements sans fin, ce qui avaient inspiré les jeunes Lucas et Spielberg.
Mais l’attachement est très limité. C’est fade malgré les scènes d’action assez bien ficelées pour une fois. Les effets spéciaux se la jouent eux aussi un peu vintage mais ça ne fonctionne pas vraiment. Les dialogues sont amusants parce qu’ils imitent les cow boys des vieux westerns, mais on se lasse. La musique est aussi aventureuse, elle aussi, mais part dans tous les sens.
Le film est bourré de bonnes intentions. Avec un arrêt net dans une forêt hostile qui laisse la place au personnage mutique et mignon de Grogu. Le film ose à ce moment une cassure assez inhabituelle et culottée.
Comme tous les films Star Wars, il y a un cahier des charges trop imposant. Il y a plein de bestioles dégoulinantes mais le film se fait sans magie. De manière très mécanique. Dans l’espace, tout est platounet hélas.
Au cinéma le 20 mai 2026
avec Pedro Pascal, Jonny Coyne, Sigourney Weaver et Jeremy Allen White
Walt Disney - 2h12











































