L’année du Gorafi / Jean Francois BUISSIERE

 L'année du Gorafi

Un petit concentré d'humour qui nous venge des vilaines habitudes des journalistes et ceux qui font l'actualité ou le buzz!
Si vous n'êtes pas sur les réseaux sociaux, vous n'avez peut être pas eu vent de ce site drolatique qui s'en prend sauvagement à l'actualité. Un tweet. Sur "Efbe". Un lien. Un beau jour, vous avez découvert le Gorafi, pastiche joyeux du célèbre journal français.

Ce qu'on y lit, décortique avec une second degré dévastateur les gros titres des véritables médias. Ce que cherche à montrer les rédacteurs du site, ce sont les tics et les tocs qui sclerosent la presse et ceux qui la lisent.

C'est souvent irrésistible. Le détournement est total. L'actualité devient complètement timbrée mais la blague est faite avec un sérieux absolument génial. Ca faisait longtemps que l'on avait pas ri de la sorte sur internet. Pour ceux qui ne connaissent pas le site, dépêchez vous d'y aller.

L'année du Gorafi compile donc les titres les plus marrants, les plus efficaces (certains politiciens se gourent en prenant le site parodique comme une vraie source d'information) et les plus jouissifs.

Car effectivement on ne serait pas surpris d'apprendre que David Guetta souffre de surdité. Que l'Unicef lance un casting pour chercher des enfants au regard triste. Que Daniel Day Lewis se prépare à jouer une fougère... De l'absurde. Du non sens. De la dérision. Pour se moquer des faits et gestes des personnalités et surtout rire des habitudes journalistiques de plus en plus fades et sans originalité. On devrait un peu désespèrer du constat. Pourtant qu'est ce qu'on se marre!

 

Pierre Loosdregt © Etat-critique.com - 02/04/2014

Thrill of the game / Rachel CLAUDIO / (Musicast – 2014)

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Elle est belle. Elle chante bien. Mais qu’est ce qu’on s’ennuie !

 

Elle est apparue dans l’émission The Voice, le télé-crochet fastueux de TF1. Vous savez le truc avec des fauteuils qui tournent, un Nikos à la face figée et des chanteurs has been à la recherche du nouveau héros de la chanson, le sauveur de l’industrie musicale ?!

Rachel Claudio, jolie Australienne, est donc passée par là pour se faire remarquer. Elle n’a pas gagné. Ce n’est pas très grave. Personne n’a vraiment percé grâce à l’émission. A défaut d’aider l’industrie, les apprentis chanteurs nourrissent des heures de suspens pour TF1.

Elle a donc pu montrer de quoi elle était capable et avoir une certaine légitimité pour taper aux portes des maisons de disques. Elle sort discrètement un premier et court album avec tous les éléments qui pourraient faire d’elle une artiste reconnue. Elle s’est bricolée des chansons de soul bien troussées. La musique noire lui va bien. Entre rap et blues son cœur balance. Elle a raison de ne pas choisir.

C’est assez moite. Parfois cela s’énerve avec quelques cuivres, une guitare vrombissante et des chœurs urbains. Ben l’Oncle Soul vient lui apporter son soutien. En trente minutes, on a bien compris à qui on avait à faire ! Pourtant on s’ennuie. Rien de nouveau. La jeune femme est bien trop calme et caresse sagement nos oreilles.

Ca relève plus de l’étalage de talents que de la véritable inspiration. Loin des coachs de la télé, elle ne profite pas de la liberté.
La tentative de séduction est un peu grossière mais on n’oublie pas son joli timbre de voix.
Ce n’est pas cependant le grand frisson.

Pierre Loosdregt © Etat-critique.com

Mue / Emilie SIMON / (Barclay – 2014)

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Après un magnifique album sur le deuil amoureux, Emilie Simon continue son voyage lyrique dans la pop et mute en chanteuse plus calme et pourtant espiègle !

 

Le chemin parcouru par la brillante Emilie Simon a le mérite de ne ressembler à aucun autre. Un premier album remarqué par ses accents contemporains. Une bande originale. Des chansons en anglais. Des live expérimentaux. Des duos. Et une musique trip hop qui glisse petit à petit vers des titres plus nerveux, de plus en plus pop.

Sa voix elle reste espiègle mais les paroles prennent de plus en plus de place. La vie qui ne lui a pas fait de cadeau interrompt les plaisirs sonores. De plus en plus, son art lui semble essentiel : pour se remettre de la disparition de son compagnon, elle écrit et réalise "Franky Knight", effort cathartique de toute beauté.

Au fil du temps, la musique s’est dotée de sens. Chez Emilie Simon, la musique est une science (elle a un diplôme en musique contemporaine). Elle est devenue vitale. Oui, la musicienne a muté en chanteuse à la voix assez unique, version française d’une Kate Bush.

Il faut donc apprécier le style aigu et lyrique. C’est ce qui est bien chez Emilie Simon : elle n’a peur de rien. Elle se confronte à tous les genres. Mue fait dans la pure pop mais offre des airs de rumba ou des complaintes sexy.

Plus troublant est son retour à la langue française. La belle a besoin de se confier. Le son compte moins que le sens. Les arrangements ne sont plus une protection pour la chanteuse. La virtuosité n’est plus un artifice.
Le titre de l’album est bien choisi : Emilie Simon a changé.
Plus sentimentale.
Peut être romantique.

Elle nous fait en tout cas, craquer une nouvelle fois !

Qui danse pour les Stones?

L’Or d’Éros / Arthur H et Nicolas Repac

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Arthur H, Nicolas Repac et Eros, le trio dionysiaque

L'Or Noir proposait de retrouver les auteurs de la négritude dans un volume musical envoûtant, L'Or d'Eros présente avec audace la poésie sexuelle du XXe siècle. L'exercice pourrait être déplacé : comment passer de la lecture intime et personnelle à la lecture musicale? Comment ne pas passer à côté du texte et de l'essence des mots assemblés par l'auteur ? Comment ne pas lasser ou heurter l'oreille ?

Dans une variation musicale cinématographique de 47 minutes, Arthur H et Nicolas Repac relèvent très adroitement le défi des mots et des images. Que le langage soit poétique au cru. Le choix des auteurs est judicieux. On est très heureux de retrouver Pierre Louÿs, Apollinaire ou George Bataille, chantres d'un érotisme si sulfureux qu'il leur a valu d'entrer dans le célèbre Enfer de la Bibliothèque Nationale de France, cet "endroit fermé d’une bibliothèque où l’on tient les livres dont on pense que la lecture est dangereuse"...

Parmi les réussites, l'adaptation des textes du poète roumain Ghérasim Lucas, trop méconnu. Prendre corps est juste sublime. Un pur bonheur. La voix de H et la musique de Nicolas Repac ouvrent une nouvelle dimension. Quant à la narration de Roman d'amour, elle offre à l'auditeur la possibilité de voyager et de penser au rythme des mots. Une mélodieuse cadence, sensuelle, au bord de la folie, obsessionnelle, savamment orchestrée. Une chute horizontale animale prolongée par le poème de Joyce, Lettre à Nora, 2 décembre 1909, qui bascule soudainement dans la pornographie.

Plus rose que rouge, le duo avec Lou Doillon apporte une fraîcheur décadente et gainsbourgienne à l'ensemble. Décomposé en deux parties, le poème de Breton et d'Eluard, Amour, prend des accents de kamasoutra poétique humoristique, entre coquinerie et inventaire à la Prévert. On plane sur les sanglots  de sirènes en contre-chant du joli Lou mon étoile du mal-aimé Apollinaire, poème adressé à son amoureuse Louise de Coligny Châtillon. Il est question de sexe bien sûr mais aussi d'amour.

Car sous l'apparence cruauté des textes, sous la beauté céleste des phrases et cet inexorable besoin de chahuter les mots, se cache l'amour extrême d'hommes pour des femmes qu'ils voient comme des muses fantasmées, transcendées. Les circonvolutions musicales de Nicolas Repac élèvent les couleurs de pensées cachées et intimes. L'objectif de cet opus démoniaque est atteint. Émotion et plaisir littéraire sont au rendez-vous. A écouter, seul, à deux ou plus ?

Sébastien Mounié

Situation amoureuse c’est compliqué

Manu Payet est un chouette mec qui fait des vannes. C'est tout ce qu'on retient de sa première réalisation.

Manu Payet, on le sait, est un type marrant. Il a toujours une bonne vanne dans sa poche pour se faire apprécier. Il a un regard malicieux. Son look passe partout le rend accessible. On s’attache facilement à ce petit gars rieur et déconnant.
Avec son ex, Géraldine Nakache, il est l’un des rares à revendiquer une influence totale de la comédie américaine. Il ne cache pas cette admiration. Il tente d’en faire une force. Dans Tout ce qui brille et Nous York, les œuvres de son ex, mais aussi Radiostars, il cherche ce rythme inimitable et d’une efficacité redoutable que l’on trouve uniquement dans les comédies américaines.

Manque de bol, Manu Payet reste Français. Son cinéma est un ersatz à son image : sympa mais inoffensif. Son premier film est une tentative, jamais pathétique, d’offrir une comédie sentimentale made in France avec un peu plus de punch, de quotidien et d’air du temps.

Il a bien le talent pour décrire les faiblesses d’un trentenaire, un peu bobo, un peu glandu. Il nous décrit un adulescent avec pas mal de clairvoyance mais il se plante très largement dans son illustration qui pourrait faire passer Loulou la Brocante pour du Spielberg !

La grande et bonne idée c’est de prendre deux comédiennes affolantes, au sex appeal  et atouts différents. Elles sont là pour faire tourner la tête de son héros, qui a quelques jours de son mariage, tombe sous le charme de son amour de collège…

Mais c’est filmé avec une mollesse impardonnable. Quelques effets donnent l’illusion de modernité un peu hype. Tout sonne faux. Des lumières jusqu’au décor ! Le quiproquo est un peu lourd. Les seconds rôles sont trop caricaturaux pour vraiment nous faire rire. Il veut jouer sur l’émotion et le rire mais ni l’un ni l’autre ne sont réellement stimulés. Ce n’est pas très compliqué : sa comédie est ratée !

Van Gogh / Artaud. Le suicidé de la société / Musée d’Orsay

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Quand le boucher roux invite Artaud le Mômo à Orsay...

 

« Une exposition de tableaux de Van Gogh est toujours une date dans l'histoire, non dans l'histoire des choses peintes mais dans l'histoire historique tout court » dixit Artaud. C'est en s'appuyant sur l'exposition de 1947 consacrée à Van Gogh au Musée de l'Orangerie et le livre d'Antonin Artaud Van Gogh ou le suicidé de la société, que le Musée d'Orsay propose d'exposer une quarantaine de toiles, de dessins et de lettres du peintre néerlandais ainsi que quelques œuvres graphiques du poète-dessinateur.

A la demande de Pierre Loeb et suite à la lecture d'un article du Dr Beer croyant déceler chez le peintre une schizophrénie du type dégénéré, Artaud se rendit à l'exposition Van Gogh au musée de l'Orangerie. Il écrit alors un texte dans lequel il accuse ouvertement la société d'avoir poussé Van Gogh au suicide aidé par le monde des psychiatres et son frère Théo. Établissant des parallèles avec Baudelaire, Poe, Nerval et Lautréamont, en quelques pages, Artaud explique que la société a toujours cherché à étouffer, à écarter les extra-lucides. Van Gogh est de ceux-là. La clairvoyance mène fatalement à la mort.

Avec la force vitale propre à l'écriture d'Artaud, l'ouvrage fait ressortir toute l'étrangeté et le génie du peintre : "Rien que peintre, Van Gogh, et pas plus, pas de philosophie, de mystique, de rite, de psychurgie ou de liturgie, pas d'histoire, de littérature ou de poésie, ses tournesols d'or bronzé sont peints : ils sont peints comme des tournesols et rien de plus, mais pour comprendre un tournesol en nature, il faut maintenant en revenir à Van Gogh, de même que pour comprendre un orage en nature, un ciel orageux, une plaine en nature, on ne pourra plus ne pas en revenir à Van Gogh."

Cette exposition des œuvres de Vincent Van Gogh laisse toujours sans voix. On a beau connaître La nuit étoiléeL'église d'Auvers-sur-OiseLa Chambre et les autoportraits issus du Musée d'Orsay, lorsque ces œuvres sont présentées au milieu d'autres plus rarement exposées, la magie opère. Étonnant Crabe sur le dos, flamboyant Cyprès avec deux femmes, superbe Entrée de carrière près de Saint-Rémy, originaux Tournesols venant de Berne, romanesque Fauteuil de Gauguin, mouvementés Lauriers roses de New York, misérable Paire de chaussures qui rappelle les fameux Souliers. L'exposition articulée autour de citations du livre d'Artaud est belle et à voir.

On demeure étonné devant le choix des sujets, notamment les natures mortes (crabe sur le dos, chaussures) qui ont cette couleur roturière et ces positions provocantes, loin de tout conformisme. Une peinture anti-bourgeoise. Qui à l'époque aurait pu accrocher de telles œuvres sur les murs de son salon ? Quand on sait que ces œuvres s'achètent aujourd'hui des millions d'euros...

 

Et puis il y a la touche, les formes, les volutes et ces traits qui dansent dans des tourbillons de couleurs, ces convulsions dont parle Artaud. "J'aime mieux, pour sortir de l'enfer, les natures de ce convulsionnaire tranquille que les grouillantes compositions de Breughel le Vieux ou de Jérôme Bosch qui ne sont, en face de lui, que des artistes, là où Van Gogh n'est qu'un pauvre ignare appliqué à ne pas se tromper."

Les paysages, les autoportraits, et particulièrement la thématique sur l'hôpital Saint-Paul montrent un Vincent aspiré par l'infini. Regardez Les Arbres dans le jardin de l'hôpital Saint-Paul, ou la forêt de pin au déclin du jour. La verticalité en action... Le Docteur Gachet et son abyssale mélancolie... De quoi vibrer, assurément.

Un seul regret peut-être dans cette exposition, le choix des textes d'Artaud affichés, comme une volonté de rester dans le sens descriptif des œuvres. Il y a bien une salle dédiée à la lecture de l'analyse d'Artaud du Champ de blé aux corbeaux, mais le style poétique, la vigueur insurrectionnelle de l'ouvrage d'Artaud passent sans doute trop inaperçus dans cette exposition. En somme, il ne suffit pas de dire qu'il est poète pour qu'on le sente. On sent le génie de Vincent mais assez peu la fulgurance de Mômo. C'est pourquoi, on recommande activement la lecture de Van Gogh le suicidé de la société pour compléter habilement l'exposition.

Mais pas de doute possible. A voir et revoir, à lire et relire.

Visite virtuelle : Van Gogh / Artaud au Musée d...par FranceInfo

http://www.musee-orsay.fr/fr/accueil.html

 

 

Sébastien Mounié

Histoires d’Hommes

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Magali Bros, Pauline Devinat et Aude Kerivel font leur possible dans le rôle de femmes incomprises, blessées et lassées par les hommes, mais le résultat n’y est pas. 

Le texte tout d’abord, et c’est malheureusement sans appel, ne touche pas. Ayant pour noble ambition de raconter la difficulté des relations amoureuses, il abandonne vite la complexité du sujet pour se contenter de nous présenter trois caricatures de femmes dépendantes et complètement instables, le tout forcément englué dans le pathétique. La vie de ces femmes se résume au nombre de regards ou d’appels d’hommes reçus, comme si rien d’autre et visiblement pas l’amitié, alors que les trois femmes nous sont présentées comme des amies chères, n’était susceptible de leur apporter le moindre soupçon de joie de vivre. Spectateur attristé, on se doute, mais l’auteur ne semble pas s’en soucier, que leur blessure est sûrement plus profonde, plus vieille, et doit avoir des répercussions plus globales que sur leurs seules relations amoureuses.

La mise en scène ensuite, les danses hirsutes notamment et les passages chantés particulièrement, ne convainc pas. Certes, les personnages devraient être des femmes normales et donc, pas forcément des chanteuses, mais pourquoi avoir choisi d’insérer ces airs parfois joyeux, parfois tristes, parfois virulents, jamais percutants, si ce n’est pour confirmer l’instabilité chronique des personnages?

En bref, seul l’effort et le dévouement des actrices est à saluer. Dommage.

 

 

Jusqu'au 27 avril 2014 Théâtre de Poche Montparnasse

1er avril

1er avril

 
Un cocktail surprenant et séduisant mais, peut-être, un peu trop décousu
 
La mise en scène vaut le détour. Yves-Noël Genod, Philippe Gladieux et Benoît Pelé célèbrent et subliment le théâtre des Bouffes du Nord grâce, notamment, à la lumière, magnifiquement instrumentée. Passant du noir profond à des éclairages subtils, d'airs d'opéra à François Valéry, ils rendent toute sa grandeur à la salle, particulièrement, à son plafond en coupole, et en font ressortir une force presque religieuse ou mystique. Les acteurs, ensuite, aux talents divers, chanteurs lyriques, musiciens, danseurs, poseurs, séduisent, chacun dans leur genre. On apprécie aussi l’humour, omniprésent, que ce soit dans l’incongruité des situations ou dans la folie généralisée du spectacle. Eloge de l’originalité, obsession de surprendre, présentés comme remparts contre le fatalisme de se savoir irrémédiablement périssables. Une pensée qu’Yves-Noël Genod partage avec Cioran dont il nous délecte d'une lecture savoureuse.
 
«1er avril» est donc une découverte. Originale, intéressante et séduisante, même si on regrette de ne pas trop comprendre où elle nous mène. Mais sûrement est-ce l'intention, surtout, un soir de 1er avril. 

 

 
Mise en scène et scénographie de Yves-Noël Genod
Au Théâtre des Bouffes du Nord, jusqu’au 12 avril 2014, à 21h

Non Stop

En attendant de faire un troisième Taken, Liam Neeson continue de jouer au chat et à la souris avec des vilains terroristes. Si vous avez le mal de l’air, abstenez vous !

Acteur massif et souvent formidable, Liam Neeson est devenu un peu par hasard, une star du film d’action. C’est un peu le Charles Bronson des années 2000. Suite au carton de Taken, il a donc pris l’habitude de se battre contre des comploteurs de tout poil, avec une certaine efficacité.

Heureusement son physique cabossé amène toujours une pointe de profondeur. Et dans Non Stop, c’est amusant de le voir coincé dans un avion qui a l’air bien trop petit pour lui. Il ne faut pas s’étonner si son personnage picole, mal dans sa peau, jamais remis de la disparition de sa fille.

Ce Marshall des airs est donc harcelé de textos inquiétants. Quelqu’un dans l’avion lui promet d’exécuter un voyageur toutes les 20 minutes si on ne lui donne pas la somme de 150 millions de dollars.

L’ancien flic va donc faire de nombreux allers retours dans le cockpit pour découvrir qui est le machiavélique maître chanteur. Les possibilités sont nombreuses et le scénario tient en haleine le spectateur un temps.

Jusqu’à l’invraisemblance. Les trognes soupconneuses de certains clients et membres de l'équipage inquiètent. Puis le film décolle très haut dans le grand n’importe quoi. Les procédures sont aussi extravagantes que les rebondissements. Le réalisateur espagnol Jaume Collet Serra est assez doué dans la virtuosité. On ne s’ennuie pas une seconde mais très vite, on ne joue plus avec Liam Neeson dans le jeu du chat et de la souris.

Le film pourrait même jouer avec la schizophrénie du personnage central assez border line  mais Non Stop reste un film d’action honnête qui, dans un sous genre très codifié, arrive à nous divertir. En tout  cas, on aimerait que l’acteur n’atterrisse vers un prévisible Taken 3 où il continuera à casser des bras et tirer dans tous les sens !

De Jaumet Collet Serra
Avec Liam Neeson, Julianne Moore, Scoot McNairy et Michelle Dockery – Studio Canal – 26 février 2014 – 1h40

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