Summer songs: I’m like a bird

Cumbia Libre

Les vacances se terminent. Les derniers jours du mois d'août sont marqués par une amertume existentielle et une petite mélancolie. Heureusement El Gato Negro sort son disque estival et propose de faire durer le plaisir!

Car il y a bien un parfum de liberté dans la musique d'Axel Metrod. De Toulouse, il est parti visité le Monde et visiblement a beaucoup traîné du coté de l'Amérique du Sud. Là bas, il a apprécié l'esprit combatif et chaleureux des habitants. De son parcours, il a ramené une amoureuse passionnée de musique et des rythmes enivrants.

La musique de son groupe mixe donc tous les styles qui font bouger le popotin et réveille les ardeurs. La samba, le chacha, le tango s'entremêle dans une partie fine avec des choses plus contemporaines. Matrod et ses amis veulent partager leur passion. Cela s'entend.

C'est peut être un peu trop généreux et caricatural mais leurs chansons sont ensoleillées et courageuses. Ils assument leur choix pour les musiques sud américaines. C'est plus vrai que nature! Le chat noir porte chance à ceux qui les découvriront: comme Manu Chao (ils vont tourner avec lui cette automne), un petit vent de liberté souffle. C'est dépaysant. Décontracté. De la musique à écouter en tongs, pour transpirer au soleil.

Mais El Gato Negro propose une façon intelligente de bronzer. Ce n'est pas le hit de l'été que l'on consomme comme une canette bien fraîche. Le respect de la musique est intense et se ressent sur chaque titre. C'est un exotique voyage au charme évident. Classique. Futé. Chaloupé. Qui fait oublier tous les soucis de la rentrée. C'est déjà beaucoup en cette fin de saison!

2015 - Belleville music

Microbe et Gasoil

Deux petits gars débrouillards construisent une voiture pour leurs vacances idéales. Et Michel Gondry rend hommage à cet âge fou et passionnant qu'est l'adolescence. Une petite merveille de fraîcheur et le film le plus accompli pour l'auteur du Frelon Vert.

La référence à sa grosse production hollywoodienne permet de voir à quel point la souplesse du réalisateur est impressionnante. Après l'échec relatif de L'écume des Jours, Michel Gondry se renferme sur lui même, et ses souvenirs d'enfance pour en tirer une gentille comédie singulière et très tendre.

Pour une fois, il n'use pas d'effets de style et de bricolages arty. La simplicité est d'abord déroutante puis révèle la sincérité du propos. Avant la mise en scène, c'est bien l'histoire et les deux petits héros qui priment. Très à l'aise avec le style vintage, il parvient à trouver le ton faussement naïf de Pascal Thomas et d'autres auteurs des années 70.

Microbe et Gasoil sont pourtant des héros contemporains. Mais complètement décalés dans notre monde normalisé,surtout vers Versailles la cossue, dans un lycée sans histoire! Microbe, passe son temps à dessiner tandis que Gasoil fabrique de drôles d'engins pour s'amuser!

Les deux adolescents décident de prendre la route avec une voiture inventée par leurs soins. L'un poursuit un amour contrarié. L'autre, une famille sans amour. Leur fantaisie devient un refuge mais aussi un road movie étrange, attachant et réjouissant.

Car Gondry filme l'adolescence sans fantasme et sans angélisme. Cela donne des scènes souvent drôles où le sens du détail du cinéaste fait merveille. Le réalisateur a gardé une âme d'enfant mais ne fait pas dans la nostalgie mal placée.

Il y a une cruauté omniprésente dans son film, sans cesse opposer à l'amitié solide des deux gamins, qui luttent contre un quotidien trop morne, trop triste, avec leurs armes pour le moins surprenantes. Un petit vent de liberté traverse tout le film, conçu avec peu de moyens mais beaucoup d'énergie. Les mômes s'amusent beaucoup, autant que l'auteur, souvent comparé à Peter Pan.

C'est le film idéal des vacances. Il est certain qu'il restera un peu plus longtemps dans nos mémoires. Autant de justesse, avec cette pointe de poésie, ce n'est pas prêt d'être oublié en quelques mois de chaudes températures!

Avec Ange Dargent, Théophile Baquet, Diane Besnier et Audrey Tautou - Studio Canal - 8 juillet 2015 - 1h44

Summer songs: Hips don’t Lie

Work it Out

Elle est toute mignonne. Elle chante bien.C'est une Anglaise de la middle class. Elle est montée à Londres de sa campagne natale pour réaliser son rêve musical. Elle est un charmant stéréotype britannique.

Lucy Rose Parton pourrait être la fille d'à coté que l'on voudrait tous avoir. Elle a tout le charme de l'Anglaise quand elle n'est pas en bande dans les pubs le vendredi soir ivre morte (pardon le méchant cliché). Une petite nana cultivée, talentueuse et qui en plus chante bien.

Elle a rencontré quelques groupes à Londres et fait entendre un joli timbre de voix. Un premier disque pop il y a trois ans, a montré que Lucy Rose n'était pas juste une belle plante à franges avec une guitare en bandoulière pour ressembler à Joni Mitchell.

Elle veut donc confirmer tout le bien que l'on pensait d'elle mais hélas, son second disque est un peu paresseux. On retrouve tout le charme discret de la jeune femme de 26 ans. Mais la production est un peu trop contemporaine, ne surprend jamais, et appuie un peu sur les effets stylés. Vous risquez de l'entendre dans les grands magasins.

On pourrait se réjouir de voir la chanteuse tenter d'autres choses qu'une folk posé mais le résultat reste fade, une Lily Allen sans peps. C'est inconsistant malgré les efforts visibles de Lucy Rose. Y a encore du travail!

Columbia - 215

Summer songs: Summertime blues

Vernon Subutex T.1

Je suis au soleil. Un hamac est installé dans le jardin. Les amis se reposent après chaque repas. On me dit que les deux tomes du dernier Despentes sont dans la maison écrasée par la chaleur. Je crois avoir trouvé ce qu’il faut pour me jeter dans le hamac.

Mais l’écriture de l’écrivain est bien plus assommante que les hautes chaleurs de l’été. En gros, elle convoite de faire une grande étude de la société française, évidemment déprimée et inquiète de son futur.

Avec Houellebecq, Virginie Despentes gratte les plaies de la France. Il y a les doutes et les faiblesses d’une société qui craint tout et plonge dans une mélancolie mortifère : les Français et le syndrôme du « c’était mieux avant », voilà ce que pourrait résumer ce premier livre et une bonne partie de la production nationale.

Finalement le deuxième tome, je ne l’ai pas lu. Elle a eu raison de mon courage ! Ce sont les vacances, bordel. Ayons un peu le cœur à sourire et les atermoiements de quinquas sans rêve, ce n’est pas franchement l’idéale lecture de saison. Moi j’ai besoin de me divertir et Despentes semble obséder par la description des maux bien franchouillards.

Pourtant le début du roman est plaisant avec ce personnage très rock’n’roll, ancien disquaire reconnu qui glisse petit à petit vers la marginalité. Mais le style devient rapidement répétitif. Le récit joue sur un systématisme qui devient redondant ou paresseux.

A chaque chapitre, gravitent d’autres personnages qui font avancer la petite histoire qui justifie une vision nihiliste de la société. Virginie Despentes rebondit de personnage en personnage mais ca ne suffit pas pour justifier une intrigue qui manque de corps.

Le récit devient une succession de clichés sur nos malaises, nos défauts et rien d’autres. C’est un peu pénible au point que j’attendrais l’année prochaine pour jeter un coup d’œil sur le second tome qui ne trainera pas cette sociologie noire, caricaturale et sans grande vivacité. Triste constat à tout point de vue !

Grasset – 400 pages

Star Trek Into Darkness

Encore des défauts dans ce Star Trek, mais cet objet de culte aux USA reste encore un spectacle exotique, naïf et spectaculaire pour nous.

James Kirk est encore ce fringant capitaine, un peu tête à claques et aussi expressif qu'une cannette de Budweiser. Le premier réflexe serait de lui coller une mandale avec son air suffisant qu'ont souvent les héros américains.

Kirk version JJ Abrams, c'est un couillon costaud qui marche au bon sens commun. Il a une différence (majeure) avec tous les héros qui sauvent le Monde: il travaille avec une bande. Et son équipage est plutôt sympathique.

Spock et ses raisonnements terriblement logiques. McCoy et son aversion pour l'improvisation. Uhura et son sex appeal qui cache une grande intelligence. Scotty et son accent libertaire. Sulu et son sens du devoir. Chekov et ses angoisses de navigateur. Ils sont tous là. Bien représentés. Avec les interprètes parfaits pour jouer ces nouvelles incarnations de l'univers Star Trek.

Le premier épisode autour de la jeunesse de Kirk remettait avec panache en selle la franchise. Cette fois ci, l'auteur de Lost et mille autres réussites pour geeks et fans en tout genre, met les gaz vers l'aventure la plus débridée.

Tout est sacrifié pour le rythme. Les morceaux de bravoure s'enchainent. Pas de répit. Peu de temps mort. Et peu de grand bavardage. Pour cela il y avait le premier volet. Ici, c'est action, baston et explosion.

Hollywood s'est trouvé un nouveau Jedi (Abrams va s'occuper du prochain Star Wars) car il faut le dire: il est un peu magicien ce spécialiste de la série télé. Il a un sens aigu du récit et de rebondissement. Star Trek Into Darkness ne semble pas tenir en place. Il y a dans la narration plein d'idées. Ca peut paraitre brouillon ou même vain pourtant le cinéaste et ses copains tentent vraiment de ne pas faire comme d'habitude.

Comme Spielberg, JJ Abrams veut que le rythme entraine le spectateur dans l'action mais aussi l'émotion. Il jongle avec une habileté folle entre les enjeux dramatiques et l'utilisation personnages. S'il élimine des sous intrigues (le trio amour Kirk-Spock-Uhura), il continue à rendre ses personnages attachants malgré qu'ils soient entièrement attachés à leur fonction dans un scénario assez conventionnel mais plutôt touchant.

Car Abrams et son pôle d'écriture connaissent les vertus de la franchise: ils collent à une actualité brulante. Au delà de tous les effets spéciaux, le film raconte très bien les douleurs américaines et traumatiques. Il y a beau avoir de l'action, le film écoute cette Amérique aussi belliqueuse que généreuse. Certaines images sont troublantes, surtout celles des attentats certes futuristes mais qui rappellent de tristes réalités. Subsiste dans un détail ou un plan: l'espoir. Le rêve. L'aventure.

On a vite oublié le coté casse cou et impulsif de Kirk. La méthode de Abrams est complètement affirmé dans cet épisode. Il y a certes des longueurs (la fin s'étire) et des erreurs (on reconnait encore trop l'american way of life dans Starfleet) mais le réalisateur montre qu'il a compris le plaisir de la science fiction, la nature pacifiste et heureuse de Star Trek, les folies du blockbuster contemporain. Malgré sa nouvelle jeunesse, cette saga reste toujours impressionnante par ces utopies, qui résistent encore au cynisme d'aujourd'hui. Est ce que ca va marcher sur un troisième numéro sans Abrams. On attend de voir. Peut être l'été prochain!

Summer songs: School’s out

Slow Gum

Fraser A.Gorman a sûrement beaucoup écouté Bob Dylan. Mais qui ne le fait pas de nos jours? Cet Australien doit avoir sûrement des disques de Neil Young et quelques autres folkeux célestes. Gorman ne fait pas dans la nouveauté, et alors?

Le premier titre convoque Dylan et le second, Neil Young, avec une guitare couïnante et un violon voyageur. Le tout ne ressemble pas à un sage exercice de style. Ce jeune homme ne vit pas dans son époque. Le monde moderne doit l'emmerder sérieusement. Les nouvelles technologies, la vitesse, le village monde où les distances se réduisent... tout cela, cela semble l'ennuyer.

Son premier opus prend son temps. Une qualité oubliée chez les jeunes. Low ou Mid tempo. Le plaisir de jouer de la musique ensemble. Des paroles laconiques. Un ton désenchanté mais jamais désespéré. Il semble même un peu roublard le gaillard!

Il a comme Jack Johnson un petit coté agaçant, sûr de ses forces et son talent, mais il fait tout pour ne pas avoir l'air d'y toucher. "Je suis malin mais je vais le cacher au maximum". Comme Beck on voit un dadais endormi mais son rock inspiré par d'autres est facilement envoûtant.

Sans négligence, son album est une belle succession de titres rétros mais pas trop. On y entend le son des anciens mais le petit gars a le sens de la ritournelle et de la confidence. On se sent bien avec lui...en très peu de chansons.

De Melbourne, on a bien l'impression de se promener dans l'Amérique des petits, la fameuse Americana. Fraser A.Gorman n'est pas un nostalgique: il réveille avec finesse les vieux démons de la folk. On a tendance à réduire cette musique à quelques notes molles: cet Australien fait une très forte impression et secoue idéalement nos vieilles habitudes!

Imports - 2015

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