Volcan

Pas de projection de guitare brulante ou de boulet de batterie, le trio Volin coule doucement vers une pop exigeante et poétique. Une démarche inattendue.

Pas d'explosion pétaradante dans un album qui se nomme Volcan, voilà qui est étonnant. Et c'est plutôt la bonne surprise de ce premier effort d'un trio de Montpellier. Les petits jeunes pourraient tout casser sur leur passage. Bien au contraire: ils sont calmes, polis et feraient presque de la poésie. Une bande de ringards?

Pas du tout, leur musique est résolument moderne avec ses arrangements si doux qu'ils cachent de nombreuses subtilités qu'on apprécie de découvrir à chaque écoute un peu plus! La voix de Vincent Colin capte les rêves et les ambiances ouatées d'une pop inquiéte, reflet des sentiments intimes et de mélodieuses sautes d'humeur. Il y a en tout cas une intensité très originale dans ce premier album bien fichu.

L'orchestration peut nous écraser au sol comme elle peut nous arracher à la terre. Le trio met tout son coeur dans ses dix titres exaltés. Ils touchent à tout mais surtout ils font penser à cette pop anxieuse et ouverte de Radiohead. Pas mal comme comparaison pour un tout premier disque franchouillard!?

Les garçons sont vifs, aimables mais pas toujours polis. Ils réussissent à créer une atmosphère, ni heureuse, ni dépressive. Ils se promènent dans un entre deux d'émotions rarement visité. Il est tout à fait étonnant ce premier album et si les terres paraissent arides au premier abord, visitez sans crainte ce volcan pas du tout éteint

L'autre distribution - 2017

Bonnard, Vuillard, La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière, Musée d’Orsay

 

Bonnard petit maitre Bonnard le brouillon le gentil bourgeois barbouilleur. Tranquillement.

 

Tandis que Vuillard

Vuillard le taiseux s’enfonce dans des silences que nul n’a encore percés

Vuillard sous influence pose sur l’écran réduit de ses toiles des mondes hermétiques ouverts au déséquilibre

Vuillard sature découpe entaille la tradition

Touche après touche il sculpte des espaces des silhouettes des tensions des secrets

Vuillard le secret

Le regard de sa mère sur les épaules

L’amour de sa sœur

Les femmes de sa vie

Une vie épaisse des tourments clos des strates d’absences métamorphosées en impérieuses présences

Vuillard juxtapose l’impossible et les extrêmes. Le dedans du bourgeois le cossu le repu le plein jusqu’à la moelle, le dehors l’indompté le sauvage tenus ferme sous le pinceau. Le dedans des âmes les interdits les non-dits la besogne de la solitude, le dehors des corps absolument compris absolument entiers dans leur absolu mystère.

Vuillard domestique. Il domestique les pulsions profondes les courants les lames de fond. Pourtant tout affleure dans les rectangles gorgés égorgés de ses œuvres, tout affleure tout frémit tout vibre tout pleure tout dit. Dans un silence parfait. Dans une asphyxie parfaite. Dans une dissidence criante.

L’intimité de Vuillard du format du geste de l’expérience. Les masses si épaisses qu’elles surprennent cependant qu’elles désignent une couverture une robe un lit et aussi de l’étrange de l’inquiétude de l’inhabituel. Vuillard l’ambigu.

Vuillard le peu, peu de couleurs, peu de discours, pas d’emphase peu d’explications, Vuillard jamais n’impose Vuillard resserre, resserre, il noue le nœud qui pousse les corps en position de déséquilibre qui tord les visages qui incline la lumière qui dérobe les sols qui fausse les perspectives qui supprime l’air, Vuillard peu à peu en toute discrétion arrache au silence ses mots les plus vibrants ses attitudes les plus poignantes ses couleurs les plus musicales.

Il nous approche. Lentement avec ferveur nous ouvrons le regard. Vuillard le miracle.

Le silence est roi, Vuillard est roi.

 

Ne cherchez pas une carte postale, pas un souvenir de Vuillard. Bonnard partout, cartes magnets cahiers posters marque-pages, Bonnard bon à tout, Vuillard le somnambule est loin devant.

 

Du 22 novembre 2016 jusqu'au 2 avril 2017

Bonnard / Vuillard. La donation Zeïneb et Jean-Pierre Marcie-Rivière

Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d'Honneur, 75007 Paris

Les Figures de l’Ombre

Ca fait quand même du bien un peu de politiquement correct dans ce monde de brutes!

Les inégalités dans ce Monde sont à vomir. Les guerres c'est moche. La haine ronge trop souvent l'humanité. Les pêchés capitaux piétinent les douces vertus de chaque personne sur la planète. Alors, mon petit kiff actuellement, c'est un bon vieux film old school qui fait l'éloge de tout le bien qui subsiste chez chacun d'entre nous!

Pour assouvir ce plaisir, Les Figures de l'Ombre fait plus que le boulot. C'est certainement une future référence. Tout est classique. Tout est élégant. Tout sent le formica y compris Kevin Costner qui continue d'être un acteur génial dès que cela se passe dans les années 60. Tout dans Les Figures de l'Ombre nous ferait aimer l'Amérique, capable de faire amende honorable et de comprendre ses belles révolutions.

La question raciale n'est pas nouvelle au cinéma mais Les Figures de l'ombre ose aussi faire aussi dans le féminisme cool. Ca devrait franchement nous débecter tous ses bons sentiments. Hé bien, non: l'optimisme du cinéaste est renversant et attaque clairement notre cynisme.

Le film suit le parcours de trois femmes noires qui travaillent pour la Nasa qui se pose alors la question d'envoyer un homme dans l'espace. Bien entendu les préjugés les cantonnent à des taches ingrates mais un chef de la Nasa va donc comprendre que l'apriorisme empêche l'intelligence et l'efficacité. Les trois femmes vont discrètement représenter le changement!

Le film lutte donc pour le salut moral de l'Amérique. Et Dieu sait qu'elle en a besoin depuis la dernière élection!

Avec Taraji P.Henson, Janelle Monae, Kevin Costner et Octavia Spencer - 20th Century Fox - 8 mars 2017-

Suicide Squad

Voici donc Douze Salopards pour faire un tout petit nanar... est ce la fin des super héros? Peut être! Car c'est déjà fini pour les super vilains!

Et donc que va t il rester à notre pauvre Batman? Son copain Superman n'est plus là et les métahumains sont plutôt d'une bonne nature! Un héros ne peut pas exister s'il n'a pas en face de lui un nemesis digne de ce nom! Donc en quelques minutes, la Chauve souris milliardaire s'efface pour laisser la place à des super vilains!

Pas si méchants que ça et c'est là la grosse déception de ce nouveau film issu de l'univers DC, qui tente de concurrencer la machine à cash qu'est devenu Marvel et ses super héros qui font des blagues face à la mort!

Pour faire la différence, Suicide Squad réunit donc toute une ribambelle de méchants grimaçants qui doivent faire le bien contre leur volonté. Ils ne sont pas beaux. Ils sentent mauvais. Ils ont des gros flingues, des grandes dents et adorent se battre! Il ne font hélas jamais peur et malheureusement, le film montre qu'ils ont un petit coeur qui bat et qu'ils sont capables d'aimer comme des midinettes.

La figure du Joker prend très cher. Le pauvre Jared Leto fait une imitation en technicolor de Jack Nicholson qui fait penser hélas pour lui à Louis de Funès. Le reste du casting est du même tonneau. Will Smith ne veut pas jouer les badass pour ne pas faire peur à son public. Margot Robbie surnage avec ses jolies fesses et deux ou trois vannes bien senties. Les autres affreux sont des faire-valoirs sans grande saveur.

Ils détruisent tout sur leur passage, tout comme le réalisateur David Ayer, habitué aux polars musclés (Training Day, End of Watch). Il a visiblement piétiné un scénario indigent qui s'imagine comme une version moderne des Douze Salopards. Mais le récit de ce couteux blockbuster radote, se répéte et amène deux ultra super belliqueux méchants qui font hurler de rire tellement ils sont ridicules.

Cela nous vaut le final le plus paresseux de la planète super héros avec une baston sortie d'un mauvais jeu vidéo. Pour leur première sortie, ces dangereux assassins s'offrent un enterrement de première ordre et le titre du film est tristement prémonitoire.

Avec Margot Robbie, Will Smith, Jay Courtnay et Cara Delevingne - Warner - 2016

 

La belle et la bete

DIFFICILE DE JUGER UN FILM ET UN DESSIN ANIMÉ QUE L'ON CONNAIT TOUS PAR COEUR, QUE CE SOIT LA VERSION DESSIN ANIMÉ DE DISNEY, COCTEAU, OU GANS POUR CEUX QUI ONT EU LE COURAGE D'ALLER JUSQU'A CELUI LA. PERSONNELLEMENT LE TRIO GANS CASSEL ET SEYDOUX M'ONT SUFFIT A FUIR...

ALORS QUOI DE NEUF AU ROYAUME DE LA GROSSE BÉBÊTE A POIL ? ET BIEN PAS GRAND CHOSE EN FAIT, IL N Y A RIEN A REDIRE, LES COSTUMES SONT TRES BEAUX, LES DECORS DE LA VILLE SONT UN PEU TROP EN IMAGES DE SYNTHESE ET REND LES PERSONNAGES PAS VRAIMENT CALÉS, EN DONNANT UN COTÉ DECOR DE THEATRE, MAIS ON FINIT PAR S'Y HABITUER..

PAR CONTRE L'INTÉRIEUR DU CHATEAU ET SES ALENTOURS SONT DE TOUTES BEAUTÉS. TECHNIQUEMENT LES ANIMATIONS DE LUMIERE, BIG BEN, ET AUTRE HOMME OBJET, SONT TRES REUSSIS. MALGRES QUELQUES LIBERTES DE SCENARIO ( ET DE CHANSONS!) QUI NE SONT PAS POUR DEPLAIRE AU CONTRAIRE, TOUT EST A SA PLACE MAIS SANS SURPRISE, DANS CET ÉNIÈME VERSION DE CE CHEF D'OEUVRE DE DISNEY.

LES ACTEURS SONT BONS, MEME EMMA WATSON AKA BELLE EST A MA GRANDE SURRISE NETTEMENT MOINS FADE QUE D'HABITUDE. LA BETE EST TRES BIEN ET TRES BELLE ! CE VIEUX FOU DE MAURICE EST TRES BIEN ET GASTON EST EXCELLENT EN TOUT POINT. LE FOU, SON ACOLYTE EST A MON GRAND REGRET UN PEU TROP CLICHÉ GAY COMME LES RUMEURS L'AVAIENT LAISSÉ ENTENDRE MAIS IL EST FINALEMENT ASSEZ DROLE...

ET C'EST SUR CE SENTIMENT D'INACHEVÉ ET D'ENVIE D'AUTRE CHOSE QUE JE ME FAIS MON JUGEMENT. LE FILM EST BIEN MAIS FINALEMENT J'AURAIS PREFERÉ UNE NOUVELLE VERSION DE MON DISNEY PREFERÉ. QUAND JE VOIS QUE L'ON ARRIVE A NOUS MONTRER LE COTE SOMBRE DE CENDRILLON AVEC "MALEFIQUE", JE ME DIS QUE L'ON AURAIT TRES BIEN PU S'ATTENDRE AU COMMENCEMENT, AVANT QUE LA "MECHANTE SORCIERE" NE JETE UN SORT A CE FICHU PRINCE, COMME ON A PU LE VOIR UN PEU PLUS AU DEBUT DE CE FILM.

EXPLORER UN PASSÉ ENCORE INCONNU ET COMPRENDRE COMMENT LE PRINCE DEVIENT BETE A MOINS QUE CE NE SOIT LE CONTRAIRE. UN PEU DANS L'ESPRIT INTROSPECTION A LA LOGAN EN FAIT MAIS EN BIEN MIEUX HEIN:) MAIS LE FILM RESTE A LA HAUTEUR D'UNE ADAPTATION, AVEC CE PETIT TRUC EN PLUS GRACE AUX FLASHBACK ET PRISES DE LIBERTÉ.

CA RESTE FIDELE, NE PREND PAS DE RISQUE. C'EST PLAISANT, LOIN D'ETRE DÉSENCHANTANT. L'AME DU DISNEY EST CONSERVÉE ET CETTE HISTOIRE D'AMOUR INTEMPORELLE ENTRE LA BELLE ET LA BETE, EN GRANDE ROMANTIQUE QUE JE SUIS (JE VOUS ENTEND DEJA BIEN VOUS MARRER D'ICI) DEVRA ME CONTENTER POUR LE MOMENT.

AVIS AUX AMATEURS.

Avec Emma Watson, Luke Evans, Kevin Kline et Dan Stevens - Walt disney - 22 mars 2017- 2h09

Disparue Juliette

On avait laissé le duo de De Calm sur un vélo. On les retrouve dans la neige accompagnés d'un crocodile. Mais qu'est ce qu'il s'est passé entre les deux albums?

Guillaume Carayol et son comparse, Mickael Serrano ont donc connu un joli succès d'estime avec leur album précédent. Coloré et pop. Ici, les choses se compliquent un peu. De Calm est entré en hibernation et a continué sa mue vers un groupe français de pop à la française.

Pour cela, ils ont croisé un vainqueur du genre, Mako, complice de Etienne Daho, référence ultime en matière de pop made in France. A l'écoute de Disparue Juliette, on devine sa patte, avec des guitares claires et une voix de plus en plus posée au fil des chansons. Les textes sont largement soutenus par une musique pleine d'ironie.

Car les deux Toulousains, un peu à l'image d'un Miossec à l'époque de son chef d'oeuvre, 1964, jouent sur la carte de l'introspection et soulèvent à travers leurs refrains mélodiques des sujets assez audacieux et même douloureux. On pensera bien sûr au Bataclan mais aussi sur des thèmes intimes et universels.

Ce goût pour l'harmonie et les doux arrangements font finalement la différence dans un monde de bruit et de fureur. De leur hiver personnel, les deux musiciens ont éclos sur des terres douces amères que l'on redécouvre avec eux, avec pas mal de bonheur.

Loin de la cold wave très à la mode, ils ont trouvé un terrain plus fertile, plus modulable et plus rassurant pour nos petites oreilles. Si les textes sont parfois graves, il y a toujours cette recherche d'une poésie apaisante et par les temps qui courent, la musique de De Calm s'impose comme une évidence.

L'autre distribution - 2017

Paratonnerres, Didier Girauldon, Marc-Antoine Cyr, Tarmac

 

Sous forme de confidence à huis clos, Paratonnerres évoque l’ici et l’ailleurs rêvés depuis Beyrouth.

Un écrivain pose ses valises dans une auberge de Beyrouth tenue par un couple et sa fille. A la recherche des chapitres qui manquent à sa vie, il va faire connaissance avec ce trio intrigant.

Dans les ruelles qui sentent les figuiers et le fioul et détonnent le bruit des bombes, quatre quêtes s’expriment. L’un sur les traces de l’histoire maternelle, l’autre dans la nostalgie du fils perdu, l’un d’une réussite économique grâce à l’idée de génie et la dernière de l’amour.

Le père tient une entreprise de paratonnerres. La mère accueille les hôtes. Et la fille sur le départ rassemble ses souvenirs. Le voyage relie par le rêve, la sortie d’un quotidien morose. Ici est confronté à l’ailleurs où l’on se balade sans mourir d’inquiétude, où l’on s’ennuie, on parle aux voisins de la pluie et du beau temps.

On repense à l’histoire du malentendu d’Albert Camus où Jan renoue le lien avec la terre natale de sa mère, le Liban, qu'elle a quittée des années auparavant en retournant dans son village natal et plus précisément dans une auberge tenue par un couple et sa fille.

Si ce n’est quelques phrases qui interpellent  «elle est née dans un « pays courbé », « On ne sait plus qui tient les allumettes », « Comment on fait quand on ne sait rien d’avant soi », le contexte libanais ne saute pas aux oreilles.

La comédienne Constance Larrieu apporte un brin de légèreté avec son ton décalé. Mais cela ne suffit pas à donner son souffle à la pièce qui souffre de passages à vide.

Paratonnerres s’est inscrit dans les Traversées du monde arabe. Par-delà les frontières, des artistes de disciplines et d’horizons différents ont convoqué des pensées et des imaginaires divers pour tisser des liens entre eux et faire émerger à la fois des résonances et des différences.
 

Du 14 mars au 15 mars 2017

Durée du spectacle : 1h20

Le Tarmac

 

 

 

Sciences Politiques

Album de reprises, culotté! Bah oui ca existe!

Pascal Bouaziz est un homme pressé.Pascal Bouaziz multiplie les projets. Pascal Bouaziz a le rock dans le sang.
Il aime l'urgence du genre. Il célèbre son aspect rugueux et populaire. Il s est fabriqué une conscience en écoutant The Jam, Leonard Cohen, Sonic Youth et d'autres héros du rock venu d'en bas. Grâce à eux, Pascal Bouaziz démontre encore une fois qu'il est vraiment un type singulier!

Il retrouve donc le groupe de ses débuts. Après un bouquin, un autre groupe et un disque solo, il retourne aux sources. Pascal Bouaziz reforme à nouveau son groupe étrange pour rendre hommage à ses illustres ancètres. Mais il va refuser une fois de plus de faire comme les autres.

Pour l'hommage poli, il faudra repasser. Frondeur est un mot à la mode, mais il décrit assez bien l'artiste et son groupe. Ils ne vont pas faire comme tout le monde. Pour la sixième fois, Mendelson va prouver qu'il sort du lot. Ils peuvent paraître prétentieux mais ils se font vraiment une haute idée de leur vision rock de la musique.

Mendelson prend donc les titres de sa jeunesse pour décrire la société d'aujourd'hui avec une amertume qui nous plonge dans les abimes de l'existence. Bouaziz et ses pote de toujours ne sont pas des optimistes mais renouvellent la chanson politique et l'album de reprises en un seul effort. C'est pas mal du tout.

Si vous avez les idées noires, ne comptez pas sur ce disque pour vous remonter le moral. Néanmoins, il est ici question ici de conscience, de création et d'originalité. Ce qui vaut à coup sûr que vous prenier un petit cours de sciences politiques!

Ici d'ailleurs - 2017

The Lost City of Z

Film d'aventures à l'ancienne, The Lost City of Z est une antiquité remise à neuf. Et c'est sûrement le meilleur film de James Gray.

Ce dernier fut peut être surestimé par la presse française depuis son tout premier polar, Little Odessa. Depuis, il donne des suées à tout critique local avec des films âpres et souvent new-yorkais. Son petit dernier ne manque donc pas d'exotisme puisque le réalisateur de The Immigrant s'échappe en Irlande puis en Amérique du Sud.

Pas de voyous ou de flics. Pas de filles aux yeux tristes. Mais toujours une histoire de famille qui va se dilluer dans un récit d'aventures l'ancienne. Au tout début du Vingtième Siècle, le soldat Percy Fawcett se voit confier une mission au fin fond de la Bolivie, à la frontière du Brésil. Il doit diriger des travaux de cartographie mais rapidement il est convaincu que son périple pourrait le mener à une cité antique d'une richesse inouïe...

L'enfer vert donne la fièvre à tout blanc qui s'aventure dans la légendaire Amazonie. Aidé par deux fidèles amis, le militaire va consacrer sa vie à ses recherches. Au détriment de sa vie de famille et de son honneur. Car une fois de plus, Gray filme un homme à l'ambition aveuglante qui met en péril tout son entourage.

Il s'agit bien d'un film de James Gray car il est question en permanence de la famille, de l'héritage et de l'individu à l'interieur de cette cellule. Percy Fawcett, qui a réellement existé, a de la chance d'avoir une femme indulgente pour tenter redorer le blason. L'exotisme de l'Amazonie est entrecoupé par des retours en Irlande, délicat mais à la la violence plus feutrée, plus intimiste.

Elle contrebalance avec les voyages de Fawcett et ses amis. Le récit est à l'ancienne, rude et sans concession. Gray préfère développer les personnages pour que les événements prennent naturellement de l'ampleur. Pas d'effets grandiloquents. Avec quelques piranhas, un vilain explorateur et des indiens plus ou moins accueillants, le film nous plonge dans la folie qui finit par atteindre tout le clan Fawcett.

Le héros cite Kipling mais le film réveille tout ce cinéma d'un autre temps où la frontière n'est pas physique mais intérieure, où les paysages deviennent l'expression des doutes des protagonistes, où la musique nous propose de s'élever, au delà des images, où l'action reflète une profondeur plus existentielle.

Gray ne fait pas dans la citation: il retrouve une ambiance étrange, qu'adore un vrai cinéaste explorateur comme Werner Herzog. Aidé par la photo de Darius Khondji et des acteurs impliqués, James Gray signe une oeuvre vraiment à part, où l'Amazonie devient un fleuve au croisement du film d'auteur et des fantasmes hollywoodiens. L'efficacité sert un propos.

Le spectateur n'est pas baladé mais interrogé constamment par la lenteur, la beauté et l'ambiguité d'une folie filmée avec passion. Il faut donc aller très loin pour voir du vrai bon cinoche! Celui qui nous éloigne du Z, lettre maudite au cinéma!

Avec Charlie Hunnam, Robert Pattinson, Edward Ashley et Sienna Miller - StudioCanal - 15 mars 2017 - 2h21

Traque a Boston

L'attentat du marathon de Boston vu par Peter Berg, le plus Américain des cinéastes hollywoodiens. Cela aurait pu être pire!

Il court Peter Berg! Il enchaine les films de plus en plus rapidement et à chaque fois il décrit des bons petits Américains qui se battent, luttent et prouvent la grandeur de l'American Way of life! Après les soldats perdus dans l'Afghanistan (De Larmes et de Sang), les techniciens sur une plate forme en feu (Deepwater Horizon), les flics de Boston et leur légendaire bon sens sont les héros de son nouveau thriller, Traque à Boston, Patriots Day dans la version originale. Et toujours avec le massif, sympatoche et un peu bovin Mark Whalberg!

Il y a donc toutes les raisons de s'inquiéter car Berg est l'un des réalisateurs les plus efficaces d'Hollywood (on le compare souvent à Michael "je casse tout" Bay) mais aussi l'un des plus maladroits! Il a raté quelques films et s'il reste sympathique, son amour du pays peut le trahir.

Pourtant Traque à Boston se limite aux faits. L'enquête qui a suivi cet abominable attentat. Des terroristes jusqu'aux agences du pays en passant par les victimes, tout le monde a le droit de citer dans cet état des lieux qui reste un thriller, assez haletant même si on connait la fin.

Il filme l'héroisme sous toutes ses formes. Et scrute le moindre espoir dans chaque destinée. C'est là qu'il est vraiment américain, Peter Berg. Il regarde néanmoins un peu trop les flics avec des yeux d'amour. Il s'attarde parfois sur des scène tire jus. Sa poursuite est un peu longuette de temps en temps. Il se perd un peu dans les détails et les personnages meurtris aussi. Ca pourrait être répétitif.

Il y a tout de même du rythme et de l'intérêt pour cette tentative de récit autour d'un drame très récent. Le patriotisme est atténué par cette recherche de vérité de la part du réalisateur. Caméra au poing, il réalise un film coup de poing. Sans nous mettre chaos!

Avec Mark Whalberg, Kevin Bacon, John Goodman et Michelle Monaghan - Metropolitan filmexport - 8 mars 2017 - 2h05

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