Károly Ferenczy, Modernité Hongroise, Petit Palais


Changement d’ambiance au Petit Palais : cet hiver, le Finlandais Pekka Halonen nous emmenait dans ses paysages de neige ; pour les beaux jours, nous suivrons le Hongrois Károly Ferenczy (1862-1917), qui excellait dans la peinture de plein air au soleil.
Avec cet artiste célébrissime en Hongrie, mais méconnu en France, considéré comme le père de la modernité nationale hongroise – père, également, d’une dynastie d’artistes, puisque ses trois enfants furent des créateurs de génie – le Petit Palais, qui avait largement exploré, jusqu’à présent, les maîtres de la peinture nordique moderne, élargit notre horizon à ceux de l’Europe centrale.
La plupart des œuvres, comme cet autoportrait de 1893, ont été prêtées par la galerie nationale hongroise de Budapest.

Comme les Finlandais Albert Edelfelt, Akseli Gallen-Kallela et Pekka Halonen, ou la Norvégienne Harriet Backer, Ferenczy est passé par l’Académie Julian, à Paris, où il a été influencé par le naturalisme de Jules Bastien-Lepage. Ses voyages en Europe et ses rencontres lui ont offert des contacts avec tous les styles de son époque – naturalisme, mais aussi japonisme, symbolisme, impressionnisme… – à partir desquels il a créé, de retour dans sa patrie, un style singulier, expression de l’identité nationale.
Comme Peder Severin Krøyer à Skagen (Danemark) et Peka Halonen à Tuusula (Finlande), il a fondé, en 1896, une colonie d’artistes à Nagybánya (aujourd’hui Baia Mare, en Roumanie), sur le modèle des colonies françaises de Barbizon (années 1830-1860), Grez-sur-Loing et Pont-Avent (années 1860-1890).
Comme Akseli Gallen-Kallela et Pekka Halonen, qui refusèrent l’académisme imposé par l’empire russe détenteur de la Finlande, il oppose à la grande peinture d’histoire austro-hongroise qui a les faveurs de l’empereur François-Joseph de Habsbourg, une sensibilité purement hongroise, un retour à la terre et au peuple.
L’introduction a le mérite de la clarté : elle établit une chronologie de la vie du peintre en adéquation avec le découpage du parcours en trois parties : Un artiste en devenir (1862-1896) / Un artiste accompli (1896-1906) / Ultimes expérimentations (1906-1917).
Cependant, elle n’explique pas suffisamment le contexte historique dans lequel évolue le peintre, dans un pays – la Hongrie – en voie d’émancipation.
Les grandes dates de son histoire politique auraient pu être rappelées : le Compromis de 1867, qui marque la naissance de la double monarchie austro-hongroise, une plus grande autonomie de la Hongrie, la création de Budapest (en 1873) et une période de prospérité industrielle et économique ; le Millénaire de 1896, célébrant les 1000 ans de présence magyare dans la plaine du Danube. L’art de Ferenczy s’oppose donc à la fois à l’art officiel viennois et au nationalisme pompeux de Budapest.
Une carte de l’Europe aurait aussi pu mieux situer les différents séjours de l’artiste : Vienne, où il est né sous le nom de Carl Freund, Budapest, où il étudie le droit, l’Italie, où il entreprend un grand voyage, Paris et l’Académie Julian, Szentendre (près de Budapest), où il s’installe avec sa famille en 1889, puis Munich et, à partir de 1896, Nagybánya, en alternance avec Budapest, où il est professeur à l’Académie hongroise des Beaux-Arts.
Ses premières œuvres, marquées par l’influence du naturalisme et, probablement, du japonisme, pour les cadrages et la netteté des contours, semblent un peu ternes : les personnages sont peu expressifs, leurs silhouettes, comme découpées sur un fond pâle. Certains tableaux aux coloris très subtils, comme Jeunes Filles cultivant des fleurs (1889), sont cependant empreints d’une grande douceur.

Huile sur toile, 110 × 110 cm.
Collection particulière. Photo Tibor Master.
Cette extrême sobriété exprime sans doute une volonté de se concentrer sur l’humain dans sa vérité nue, par opposition aux toiles monumentales saturées de personnages et de décors d’un Hans Makart, par exemple.
Suit une courte phase symboliste lors de son séjour à Munich, où sa peinture se fait plus mystique et plus sombre. Plus sombre aussi en raison de l'excès de liants et de vernis superposés dans ses toiles, des composants instables qui, en vieillissant, noircissent et craquellent la couche picturale. Certaines toiles telles que le portrait de sa fille Noémi (1903) ou Les Tsiganes (1901) ont ainsi perdu en lisibilité.
C’est aussi durant cette période qu’il s’intéresse au paysage et, en particulier, à la forêt. Le tableau Chant d’oiseau (1893) et son pendant mythologique Orphée (1894), qui reflètent une relation harmonieuse entre l’homme et la nature, dégagent un charme particulier, presque envoûtant.

Huile sur toile, 98,2 × 117,5 cm.
Musée des Beaux-Arts de Budapest – Galerie nationale hongroise.
© Galerie nationale hongroise - Musée des Beaux-Arts, Budapest,
2026.
La deuxième section de l’exposition concerne l’expérience fondatrice de Nagybánya, au cours de laquelle l’art de Ferenczy atteint sa pleine maturité. Sont aussi présentées les œuvres produites par les autres peintres de la colonie (Simon Hollósy, notamment, et son élève Oszkár Glatz), qui compta jusqu’à cinquante membres.
Dans les deux salles intitulées « Peindre au soleil » se trouvent ses plus belles peintures, les plus « accomplies ». À la lumière naturelle et intense du soleil, son style évolue encore vers une simplification de la touche, des coloris plus vifs et de puissants contrastes lumineux.
La Femme peintre (1903), avec sa composition audacieuse et dynamique, en plongée et presque géométrique, ses contrastes d’ombre profonde et de lumière éblouissante, et le bleu pur de la robe, compte parmi les chefs-d’œuvre de cette période.

Huile sur toile, 136 × 129,6 cm.
Musée des Beaux-Arts de Budapest – Galerie nationale hongroise.
© Galerie nationale hongroise - Musée des Beaux-Arts, Budapest 2026
Plusieurs scènes de baignade de jeunes garçons dans la rivière Zazar dans la lumière du matin, de l’après-midi ou du soir, célèbrent aussi le bonheur d’une vie simple en harmonie avec la nature.
Dans la troisième section sont exposés les derniers travaux du peintre, atteint d’une affection pulmonaire qui causera sa mort prématurée à seulement 55 ans.
À côté de ses sublimes paysages baignés de soleil, il peignit aussi en atelier de très beaux nus féminins dans la tradition classique, des athlètes de cirque, une grande Pietà – son dernier tableau sacré – et de nombreux portraits, dont les plus expressifs sont ceux de ses enfants : dans leur Double Portrait (1908), les jumeaux Béni et Noémi se détachent du fond bleu sombre et leur regard intense, d’une calme assurance, leur confère une présence magnétique.

Huile sur toile, 142 × 155 cm.
Musée des Beaux-Arts de Budapest – Galerie nationale hongroise. © Galerie
nationale hongroise - Musée des Beaux-Arts, Budapest, 2026
Jusqu'au 06 septembre 2026
Petit Palais, Paris VIII
Plein tarif : 17 euros
Tarif réduit : 15 euros
Gratuit : - 18 ans
Star Wars the Mandalorian & Grogu, Jon Favreau, LucasFilm Ltd, Disney


Encore Le réveil de la momie ? Ha tiens non, c’est le retour de Star Wars, la franchise sclérosée par excellence !
L’essorage continue. La franchise de George Lucas est devenue un paquet de lessive que l’on vend sous toutes ses formes. La saga initiale a été corrompue par le dernier opus : sûrement l’une des plus grosses purges d’Hollywood. On rit toujours et encore de l’énième retour de l’Empereur et cette direction d’acteur totalement nonsensique.
Les séries télé Star Wars se font désormais dans l’indifférence. Or il y a huit ans (une galaxie lointaine pour certains), Le Mandalorian et Grogu fut une série événement.
Créée par Jon Favreau, la série avait une certaine cohérence en pompant au western et au cinéma asiatique. C’était la volonté à la base de George Lucas pour sa saga interplanétaire. Trois saisons plus tard, Din Djarin - le vague cousin de Boba Fett - et Grogu - le vague descendant de Yoda - ont droit à leur film rien qu’à eux.
Ils sont donc un duo de chasseurs de prime. Ils capturent les anciens sbires de l’Empire et ils servent la Nouvelle République représentée par Sigourney Weaver. Ce qui restera la meilleure idée du film. Rayonnante, elle s’impose comme la figure féminine définitive de la science-fiction : il lui manquait cette franchise à son tableau de chasse.
Et là est justement le gros problème narratif du film : il n’est fait que d’anecdotes. Les références au reste de l’univers, aux films passés, sont multiples. Elles nous occupent mais cela fait au détriment de l’émotion que l’on devrait porter à ces deux personnages hyper sympathiques qui nous rejouent dans l’espace la célèbre saga nippone Lone Wolf and Cub.
On est bien trop occupé à deviner les détails. L’histoire est désarmante de simplicité comme si le récit ne voulait pas prendre le pas sur les clins d’œil. Le Mandalorian se retrouve donc dans les griffes de la famille Hutt, qui se mettent copieusement sur la tronche depuis le décès de Jabba.
Cela provoque mille et une aventures et nos copains se font embarquer dans une succession de courses poursuites qui ne s’arrêtent jamais. Jon Favreau veut effectivement retrouver le goût du serial, et ses rebondissements sans fin, ce qui avaient inspiré les jeunes Lucas et Spielberg.
Mais l’attachement est très limité. C’est fade malgré les scènes d’action assez bien ficelées pour une fois. Les effets spéciaux se la jouent eux aussi un peu vintage mais ça ne fonctionne pas vraiment. Les dialogues sont amusants parce qu’ils imitent les cow boys des vieux westerns, mais on se lasse. La musique est aussi aventureuse, elle aussi, mais part dans tous les sens.
Le film est bourré de bonnes intentions. Avec un arrêt net dans une forêt hostile qui laisse la place au personnage mutique et mignon de Grogu. Le film ose à ce moment une cassure assez inhabituelle et culottée.
Comme tous les films Star Wars, il y a un cahier des charges trop imposant. Il y a plein de bestioles dégoulinantes mais le film se fait sans magie. De manière très mécanique. Dans l’espace, tout est platounet hélas.
Au cinéma le 20 mai 2026
avec Pedro Pascal, Jonny Coyne, Sigourney Weaver et Jeremy Allen White
Walt Disney - 2h12
Michel-Ange & Rodin : corps vivants, au musée du Louvre


Ce printemps, le Louvre a choisi de faire dialoguer les œuvres de Michelangelo Buonarroti, dit Michel-Ange (1475-1564) et d’Auguste Rodin (1840-1917), deux maîtres absolus de la sculpture occidentale, à près de quatre siècles de distance.
Il y a tant de points communs entre Rodin et le grand sculpteur de la Renaissance italienne qu’il admirait par-dessus tout, que cette exposition ne saurait être la première sur ce sujet. Dès 1997, le musée Rodin montrait en effet déjà comment Rodin avait « redécouvert » Michel-Ange – dont il ne connaissait alors l’œuvre que par des moulages et gravures – lors de son premier voyage en Italie en 1875-1876.
L’évènement du Louvre embrasse tous les aspects communs aux deux artistes dans la notion de « corps vivants » : Michel-Ange et Rodin, réunis par une même ambition de rendre visible l’énergie intérieure du corps humain.
Pour cette exposition d’une ampleur inédite, les marbres de Michel-Ange n’ayant pas pu voyager sont représentés par des moulages en plâtre ou de très belles copies en marbre, complétés par de nombreux dessins et gravures, mais aussi par des créations de sculpteurs maniéristes contemporains du maître. L’ensemble de l’œuvre de Rodin est évoquée grâce à la participation exceptionnelle du musée Rodin, partenaire de l’exposition.
Des œuvres contemporaines sont aussi convoquées, témoins de la continuité du questionnement des artistes sur les relations entre corps et âme, le concept de non finito ou encore la circulation de l’énergie vitale dans l’art plastique.
Après une introduction dans la rotonde, où sont présentés les Esclaves de Michel-Ange, déplacés depuis l’aile Denon, aux côtés leurs « frères » conçus par Rodin, le parcours progresse à la manière d’une dissertation en volume, divisée en cinq parties et multiples sous-parties : Deux artistes mythiques / Nature et Antiquité / Non finito / Corps et âmes / Énergie et vie.

Pour commencer, Michel-Ange et Rodin sont tous deux des artistes mythiques, d’une trempe exceptionnelle, admirés et célébrés de leur vivant et jusqu’à aujourd’hui. Leurs portraits en manière d’hommages par Federico Zuccari (1593) et Max Svabinsky (1902) en témoignent, mais aussi les reliques vénérées de leurs mains, vecteurs de leur pensée et instruments de leur art – l’une modelée dans l’argile d’après celle de Michel-Ange par un artiste anonyme au XVIe siècle, l’autre moulée sur celle de Rodin peu avant sa mort.
La ressemblance du buste de L’Homme au nez cassé de Rodin (1864) avec la tête de Michel-Ange en bronze par Daniele Da Volterra (1564) est troublante : Rodin ne s’aperçut que onze années plus tard, lors de la célébration du 400e anniversaire de la naissance de Michel-Ange, qu’il avait été inconsciemment inspiré par ce modèle.

La première section de l’exposition accorde une place particulière au chef-d’œuvre de Michel-Ange qui a le plus marqué Rodin lors de son voyage à Florence en mars 1876 : les allégories du Temps (Le Jour et La Nuit ; L’Aurore et Le Crépuscule) sculptées sur les couvercles incurvés des tombeaux de Julien et Laurent de Médicis entre 1524 et 1531, dans la nouvelle sacristie de la basilique San Lorenzo.
Les copies réduites à 1/3 de ces sculptures en marbre par Henri-Charles Maniglier, qui remplacent les originaux, restés à Florence, sont d’une grande précision. Elles avaient été commandées en 1873 par Adolphe Thiers, premier président de la IIIe République, pour son hôtel particulier parisien.

La deuxième section de l’exposition interroge la manière dont les deux artistes ont observé et réinterprété le corps humain d’après nature, d’une part, et par le prisme de l’art antique, d’autre part. Tous deux avaient une parfaite connaissance de l’anatomie, longuement observée ou même disséquée, mais ils ont réinventé les proportions du corps humain afin d’atteindre, dans leurs créations, une beauté idéale ou « bella maniera », pour Michel-Ange, une expressivité plus vraie que nature, pour Rodin.
La Grande Ombre en bronze de Rodin, dont trois exemplaires sont assemblés au-dessus de la Porte de l’Enfer, reprend la pose douloureuse de son Adam en exagérant encore l’inclinaison de la tête sur le bras gauche, de sorte que la zone de l’épaule droite à l’oreille forme une surface plane, une « console », selon ses termes.
Son rapprochement avec un Apollon en bronze du XVIe siècle dont la posture est inspirée de l’Apollon en marbre de Michel-Ange, permet de mesurer l’influence du maniérisme italien (1520-1580 environ) sur la « manière » de Rodin : étirement et allongement des membres, torsion du corps sur lui-même qui amène le spectateur à tourner autour pour en saisir toute la complexité. Les différences, aussi, sont flagrantes : au déhanché élégant et à la pose gracieuse de l’éphèbe s’oppose le corps souffrant et la pose torturée du damné.

Dans la troisième section, le non finito de Rodin, dont il a emprunté le principe à Michel-Ange, est comparé à celui du maître florentin, occasion de comparer aussi les pratiques très différentes des deux artistes.
Alors que Michel-Ange pratique la taille directe du marbre, la plupart du temps sans assistant et d’après ses seuls croquis, Rodin ne taille pas lui-même le marbre, mais confie à de nombreux praticiens le soin d’exécuter ses projets à partir de ses modelages ou assemblages. Ces différences techniques sont très bien illustrées par la présentation de deux sculptures ébauchées dans le marbre, l’une en taille directe, l’autre en taille indirecte, avec les outils correspondants.

L’inachèvement des œuvres de Michel-Ange a donc souvent été subi, l’artiste ne parvenant pas à atteindre la perfection vers laquelle il tendait, tandis que Rodin, fasciné par le contraste des textures et la symbolique de la germination, en a fait un parti pris esthétique. On peut regretter ici que les exemples de non finito soient uniquement choisis dans l’œuvre de Rodin, sans comparaison claire avec ceux de Michel-Ange.
Les deux dernières sections montrent comment les deux artistes ont cherché à faire transparaître, sous l’enveloppe du corps, l’âme qui l’anime, à insuffler en définitive une véritable énergie vitale à ces corps sculptés. Par la magie de l’art, ils deviennent des « corps vivants ».
À nouveau, c’est dans la chapelle funéraire des princes à San Lorenzo que Rodin a puisé son inspiration : son Penseur (1880), initialement conçu pour figurer Minos, juge aux Enfers, adopte la pose méditative de Laurent de Médicis, comme, avant lui, de nombreuses figures de sages ou de saints au XVIesiècle.
Le grand œuvre de Rodin, la Porte de l’Enfer (1880-1917), est d’ailleurs largement inspiré par l’immense fresque du Jugement dernier (1536-1541) de Michel-Ange pour la chapelle Sixtine du Vatican (représentée dans l’exposition par une très belle copie du XVIe siècle réduite au 1/7). Dans ces deux compositions monumentales, les centaines de corps nus amoncelés, contorsionnés par la souffrance, expriment les tourments de l’âme humaine, qui semble capable de distordre son enveloppe charnelle.
jusqu’au 20 juillet 2026
Musée du Louvre, Paris
De la qualité d’être inoffensif (Mumford & sons, Noah Kahan, Glen Hansard)

Être inoffensif est-ce une mauvaise chose ? Reprenons la définition : « Qui ne fait pas de mal, qui n'est pas capable d'en faire. » Ils sont certes rares les albums qui veulent nous agresser sauvagement, mais la musique connaît des genres assez radicaux ou spectaculaires, qui poussent les limites des conventions. C’est le grand plaisir d’écouter de la musique : rebondir d’un genre à un autre, voir comment une génération interprète les faits d’armes des anciens, recycler avec plus ou moins d’hardiesse les règles du rock ou autres.

Mais certains préfèrent respecter les normes et en essayant de les sublimer. Ainsi le groupe britannique Mumford & sons a stoppé ses tentatives peu convaincantes d’échapper au pop folk qui a fait sa gloire. Le succès est un chewing gum dont il est difficile de se débarrasser.
Retour aux sources donc ! Les jolies ballades et une franchise renouvelée. Le chanteur a eu la bonne idée d’exorciser ses démons sur un album solo. Il revient ainsi avec ses camarades sereinement. L’humilité de leur sixième album surprend. Le groupe s’était un peu perdu, le revoilà sur les chemins de mélodies délicieuses et d’harmonies gourmandes.
Il n’y a rien ici d’exceptionnel mais on a bien l’impression de retrouver des vieux copains en forme. Après la déception, c’est un peu la réconciliation. La pochette montre un zippo allumé. La flamme est de retour entre les quatre musiciens. Ils n’osent rien du tout mais font ce qu’ils savent faire de mieux. Peut-on leur en vouloir ?

On peut imaginer la même chose de Noah Kahan, nouveau héros du folk américain. Ce type là fera Bercy (pardon l’Accor Arena) au mois de décembre et on doit avouer qu’il est passé sous nos radars : il chante des chansons tristes. Depuis qu’il est tout petit. Depuis qu’il poste sur les réseaux. C’est ainsi qu’il s’est fait un nom et une incroyable notoriété. Mais a-t-il un incroyable talent ?
Dans son nouvel album, on profite de l’authenticité du jeune homme de 29 ans : il raconte très bien les histoires et ses chansons sont agréables comme une confession devant un feu dans la cheminée avec une tasse de thé à la cannelle et au sureau. C’est boisé et harmonieux. C’est un peu triste comme une fin de journée d’automne. Noah Kahan a une certaine franchise qui fait plaisir à entendre…
Sur dix sept chansons tout de même ! Le banjo et les guitares nous bercent mais on s’ennuie poliment. Le garçon a visiblement beaucoup de choses à nous faire entendre. Il devrait se méfier : il ne va tarder à faire un duo avec Coldplay. Quand on est bienveillant ou inoffensif, il ne faut pas devenir fade.

Ce n’est pas le cas de l’intrépide Glen Hansard. Ami de Pearl Jam et de U2, l’Irlandais a tout du copain doué mais trop lisse. Il a prouvé auparavant qu’il pouvait chanter comme personne des chansons d’amour qui finissent mal en général.
Heureusement pour lui, c’est un aventureux. Il respecte les règles mais il aime repousser les limites aussi. Sans trop en faire. Pas besoin d’être démonstratif. Sa carrière est désormais longue et intéressante car il s’est beaucoup appuyé sur le cinéma (il est le guitariste des Commitments d’Alan Parker et le héros de Once de Joe Carney).
Il revient donc avec un album live qui se veut un best of épuré de toutes aventures solos et dans différents groupes. Et quelle surprise ! Enregistré à Berlin, le disque est effectivement une tentative de dépouillement de belles ritournelles pour en faire un cri du cœur ultime.
Le disque est une captation abrupte de chansons jouées sur scène par Hansard et son groupe. En vieillissant, Hansard tend vers autre chose que des ballades pour traverser l’Ouest américain à bord d’une vieille Ford : il se redécouvre une hargne incroyable dans son rôle de songwriter romantique et tourmenté. C’est un sacré chanteur habité : l’album donne à voir une nouvelle facette d’un type qu’on avait déjà condamné à être un éternel second couteau, à l’ombre des géants.
Non, il vaut que cela. Sans violence, sans surprise, il montre l’émotion qui a toujours hanté ses albums. Inoffensif mais terriblement humain. Don’t Settle est une vraie expérience musicale, pas loin de rappeler les heures ténébreuses de Unplugged, avec Nirvana ou Alice In chains : une mise à nu musicale et d’une sensibilité rare. Tout cela sans aucune provocation gratuite : oui cela a du bon d’être inoffensif de temps en temps.
Prize Fighter, Mumford & sons
The Great Divine, Noah Kahan
Don’t Settle, Glen Hansard
Black Tax, Roukiata Ouedraogo, Stéphane Eliard, Studio Raspail


Telle une conteuse, Roukiata Ouedraogo nous transporte sans détour au Burkina à palabrer autour d’un manguier. Son franc-parler et ses punchlines font mouche. Mais sa Black tax ne s'exonère pas de certains écueils en ne s’adressant qu’à une niche.
Révélée au grand public notamment par ses chroniques sociétales sur France Inter, elle plante le décor d’emblée en se défendant d’être une humoriste politique. Mais monter sur scène lui permet clairement de faire passer des messages sur des sujets sensibles qui la préoccupent : l'injuste attribution des visas, la restitution des œuvres d’art aux pays d’origine, le pillage des ressources naturelles en Afrique, le poids du soutien familial qui pèse sur les membres de la diaspora et sur les locaux restés au pays et qui sortent leur épingle du jeu. Ce qui nous visse immanquablement dans l’inconfort sur nos sièges du Studio Raspail.
Le premier spectacle de l’humoriste ”Je demande la route” nous avait profondément attendris et fait rire. De son départ du Burkina à son arrivée dans un village français, sa traversée initiatique révélait sa plume, son jeu de rôle pétri d’autodérision. Sa sincérité touchait l’universel de notre humanité. Et là, elle a pris le parti d’extérioriser son regard sur des personnages archétypes : l’épicière de son village natal, son tonton débrouillard dans les rues de Ouagadougou, un afrodescendant quittant la France pour chercher la réussite au Burkina. A parler des autres, elle s’oublie et nous perd en route.
Les membres de la diaspora, ou ceux qui ont savouré un dolo sous un manguier au Burkina et en gardent une nostalgie ineffable se retrouveront pleinement. Je redoute qu’une personne qui n’est jamais allée en Afrique ne passe pas entre les mailles de sa black tax.
Jusqu'au 27 juin 2026
au théâtre Studio Raspail, Paris XIV
Durée : 1h15 | Horaire: 19h00
Texte et mise en scène : Roukiata Ouedraogo et Stéphane Eliard
Obsession, Curry Barker, Le Pacte


Il se passe quelque chose dans l’horreur moderne. L’hémoglobine a toujours sa place mais il faut avouer que depuis quelques mois, quelques pépites viennent se planter dans nos yeux ! Ça continue cette semaine avec Obsession.
Il y a eu l’été dernier, Évanouis et sa sorcière délirante. On s’est fait très peur ensuite avec Substitution et sa désormais légendaire scène de la cuisine. Débarque Obsession et son évidente maîtrise en matière d’horreur.
L’auteur de ce film se nomme Curry Barker. Il s’est fait un nom sur les réseaux. Son passage au grand écran impressionne. Le gaillard a tout compris de Kubrick, de l’espace, du cadre, du son, de la musique et surtout de l’interprétation. Il pompe. Il se réfère au maître. Mais il jubile du piège qu’il fabrique. Il jubile AVEC NOUS !
Cela s’articule autour de Baron que tout le monde à son travail appelle Bear. Il n’est pas très poilu et n’a pas la force d’avouer ses sentiments à la souriante Nikki (l’actrice est bluffante). Bear travaille avec son meilleur pote, Ian et sa meilleure amie, Sandy dans une boutique d’instruments de musique. Timide, il n’ose rien et son entourage s’en moque gentiment.
Jusqu’au jour où Nikki tombe follement amoureuse de Bear. Cela surprend tout le monde. Cela semble même dépasser l’intéressé qui se faisait une misère de sa quête amoureuse. Pour cause : il a simplement utilisé un jouet qui promet que les vœux se réalisent. Et donc il se réalise.
Jusqu’au malaise. Car Nikki aime avec passion. Le romantisme devient obsession. L’être aimé se sent persécuté. La violence rentre petit à petit dans les réactions de plus en plus étranges d’une femme que l’on oblige à aimer.
Le concept est simple et le réalisateur pousse l’enjeu jusqu’à une apocalypse drôlement réjouissante. Il s’amuse donc à régler le compte d’une ado attardé qui va payer pour son égoïsme. Le film est clairement féministe et dit aussi des choses sur le monde #metoo. Néanmoins, ce n’est pas de la politique : c’est de l’épouvante avec des jolis excès de violence et un humour radical qui frappe à la porte de temps en temps quand le glauque arrive lui aussi.
Ce que l’on voit justement, avec un peu de maniérisme c’est vrai, c’est l’habile jonglage de Curry Barker qui sait doser comme il faut pour que le malaise soit abordable et compris. Il ne fait pas dans la psychologie de bazar. Ou dans l’outrance. Il amène avec minutie un constat dur sur l’amour et ses passages, mais avec un sens théâtral qui va très bien à l’horreur graphique et spectaculaire. Sur des petites misères affectives, il parvient à faire un beau film de terreur qui ne s’empêche rien. Ce culot, c’est payant et Obsession est une œuvre vraiment à part ! Cinglant et sanglant !
Au cinéma le 13 mai 2026
avec Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson et Megan Lawless
Le Pacte – 1h45
C’est quoi l’amour ? Fabien Gorgeart, Memento


C’est quoi l’amour au cinéma ? Des hommes et des femmes qui se fuient et se retrouvent ? Des hésitations sentimentales ? Des marivaudages verbeux ? Des remises en question ? Pas de vraie réponse dans cette comédie enlevée et chaleureuse.
Ou sinon un constat global et assez simple : l’amour c’est forcément compliqué.
Marguerite a divorcé de Fred, il y a bien longtemps. Une fille est née de leur mariage. Lui veut se remarier avec une femme très croyante. Il faut donc que Marguerite fasse annuler leur union précédente devant Dieu. Auprès de l’évêché. Fred y tient beaucoup. Marguerite, qui a refait sa vie, accepte avec plaisir mais très vite, un engrenage va s’enclencher.
Marguerite va découvrir la nostalgie amoureuse. Son mari sera le jaloux bienveillant. Fred est le type qui ne dit non à personne, et sa promise n’est pas la mégère religieuse que l’on voudrait imaginer. Le réalisateur Fabien Gorgeart a la bonne idée de toujours faire un pas de coté pour que le cliché ne tombe pas sur les personnages principaux.
Ils ont tous du caractère et c’est la réussite du film : c’est une œuvre de bande. Comme dans un Klapisch, on apprécie l’amitié, les bons mots et les tacles cinglants. Le deux couples se complètent assez bien dans leur névrose amoureuse.
Les enfants s’y mettent aussi mais jamais on tombe dans la comédie de boulevard lourdingue. Cela amène au fil du métrage, des nuances sur les amours contemporains entre les attirés qui se fuient, les malheureux qui se redécouvrent et les courageux qui ne lâchent rien.
Tout dépendait d’un casting béton et c’est le cas avec Laure Calamy en tête de gondole mais qui laisse la place aux autres, réellement investis, drôles et formidables. D’ailleurs le cinéaste a la bonne idée de ressortir pour l’occasion une Jean-Marc Barr, farceur en curé taquin. La force de cette comédie française c’est justement de travailler les personnages à fond, y compris les plus secondaires. Cela rend tout cela très chaleureux.
C’est une œuvre simple et bien menée. On ne s’ennuie pas et on s’attendrit sur des réflexions curieuses sur l’amour avec un grand A.
Au cinéma le 6 mai 2026
avec Laure Calamy, Vincent Macaigne, Lyes Salem et Mélanie Thierry
Memento – 1h48
Les disques : drôles d’endroit pour une rencontre (Marc Nammour & Loic Antoine, Jonathan Benisty, Michel Nkouaga, Gilles Ivanez)

Ça y est je me situe dans la case vieux con. Je suis totalement dépassé. J’ai encore découvert un nouveau genre il y a quelques jours. Les petits jeunes avec qui je travaille aiment bien l’hyper pop… Vous la voyez là, la mouche qui vole pour pimenter le silence gêné ? “La génance” comme ils disent.
J’ai donc écouté de l’hyper pop. Je n’aime pas. Je n’ai pas les références. Désolé. Pourtant ça ressemble presque à de la musique savante mais trop compliquée pour moi. Trop émo (ouais j’ai osé). En attendant, cela a permis une discussion entre deux générations.
Et évidemment, vieux con oblige, j’ai tenté l’exigence. Oui j’aime le rock mais il y a aussi des musiques qui sortent des sentiers battus. Il y a des artistes qui expérimentent et interrogent. Il y a des aventuriers qui nous montrent des chemins différents et intéressants.

Par exemple, je leur ai conseillé de jeter une oreille sur Marc Nammour & Loic Antoine. Le rappeur et le poète. Leur précédent disque était d’une beauté confondante. Le second, Portraits crachés, qui inspire un spectacle, scrute avec une délicatesse musicale unique, le quotidien et les maux de notre société.
Mais tout se fait dans la nuance. Ils nous content ici onze personnages. Onze histoires. Onze délicieuses chansons qui nous montrent sans démontrer. C’est l’immense qualité de ce duo qui ne veut pas se laisser aller à la facilité.
Il capte la colère, le dépit, la détresse, l'espérance, la jeunesse et la violence. Mais pas de manichéisme. Pas de gros bruit. Pas d’esclandre. Juste des émotions racontées avec une intelligence lumineuse. Musicalement, c’est tout simplement parfait. Les arrangements participent à l’ambiance sociétale mais fantasmée par deux artistes qui méritent un succès hyper mérité.

Jonathan Benisty lui aussi cherche une certaine vérité. Sur les traces de Piers Faccini, le musicien fabrique des petits ponts entre les styles et les continents. Cette fois-ci, l’inspiration vient de Douala. Tout se réalise là bas. Avec le musicien Michel Nkouaga, le chanteur nous propose une chaleureuse invitation.
Il ne dilue pas les musiques camerounaises. Il les respecte en défendant un mysticisme assez prenant. Memwar (mémoire en créole) nous fait voyager avec une ouverture d’esprit qui manque cruellement au monde actuel.
Là encore, la proposition est très différente des conventions et des idées commerciales. Jonathan Benisty explore et échange avec des variations sonores riantes et réfléchies. On va plus loin que l’album “exotique” !
L’auteur amène ses amis (comme l’artiste Johann Fournier) et les confronte avec magnanimité à un univers riche qui fait ressortir le meilleur de chacun. Je me demande s’il n’y a qu'un genre qui naît là : le disque de rencontres. C’est bien ce qu’est cet album rayonnant.

Gilles Ivanez va aussi vers les gens : il compose et écrit. De belles chansons folk. Il s’est ensuite trouvé un chanteur et tout un groupe pour mettre en avant de morceaux minéraux qui font référence à Nick Drake.
Il y a comme le célèbre artiste torturé, une option fragile pour le dépouillement. Mais One day Creatures s’enrichit de ce minimalisme apparent. A l’image de la couverture, c’est de la musique de cabane. On est au bord de l’eau. Les oiseaux gazouillent et au milieu il y a ces musiciens qui prennent leur temps. On est très loin du concept de l’hyper pop. On ne se presse pas. Pas de cavalcade. Juste des artistes qui s’appliquent à interpréter idéalement des titres assez doux.
Évidemment avec tout cela, j’ai perdu mes jeunes. On ne se comprend pas musicalement. Mais on a échangé. C’est déjà ça !
Le réveil de la momie, Lee Cronin, Blumhouse


Grosse rigolade : Le cinéaste Lee Cronin provoque un smash up d’Encanto et de Brain Dead. Tout cela pour détruire une famille américaine insupportable. C'est sûr, la momie s'est réveillée de très mauvaise humeur !
Pour cela on peut lui dire merci. La famille nucléaire yankee en prend un coup. Jeu de massacre il y a. Il est très sale. Ce n’est plus le réveil de la momie mais le retour du vomi. On avait déjà remarqué que Lee Cronin aimait bien faire déborder les corps de toute substance gélatineuse avec Evil Dead Rise.
Lui et ses maquilleurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Il nous met à rude épreuve. Les corps se déforment, s’agitent et surtout se décomposent. Ajoutez à cela des scorpions et des coyotes pour mâchouiller des personnages malmenés par une vilaine malédiction égyptienne.
Il y a une dizaine d’années, la momie à Hollywood avait été ridiculisé par Tom Cruise. Il n’est pas anormal de la revoir revenir en force. Pas de pitié pour ces Américains abrutis par leur American Way of Life. En Égypte, un couple perd sa fille aînée. Elle disparaît. Huit années passent et on retrouve la gamine dans un sarcophage en plomb. Les parents sont ravis. Le frère et la sœur aussi. L’abuelita aussi. Ils vont tous déchanter : son traumatisme et son isolement cachent un truc bien pire.
Dans une jolie casa du Nouveau Mexique, un drame crade et gluant va se jouer. La petite rescapée est victime d’une terrible malédiction. Il n'y a que les parents éplorés pour ne pas se rendre compte qu’il y a quelque chose qui cloche. Logiquement, face à un tel événement, on devrait faire confiance à quelques spécialistes La science… Non, ici on règle ça dans le cercle restreint de la famille.
Lee Cronin se fout un peu de la logique. Lui, il veut que ça saigne. Que ça bave. Que cela nous choque. Finalement on rit plus que l’on a peur, mais il faut avouer que le bonhomme s’acharne sur tous les membres de la famille. Il n’épargne vraiment personne. Les vieux comme les jeunes. En cela, le film est assez jouissif, sorte de destruction massive d’une famille ordinaire.
Le spectateur est invité à avoir des hauts le cœur. L’auteur fait réellement des efforts au point de dépasser les deux heures de métrage. Mais il veut un spectacle entier et bien fourni. Totalement crétin, le scénario n'est qu'une excuse pour rivaliser avec les premières œuvres de Sam Raimi et Peter Jackson. La maison Blumhouse produit cela avec ses limites habituelles mais le cinéaste parvient à créer une potache satire craspec tout à fait amusante. On se sent comme les personnages un peu sales en sortant de la salle. On peut dire alors que la mission est bien remplie. La momie peut se rendormir paisiblement : elle a bien œuvré dans le petit monde de la terreur. Si le film fonctionne, le sommeil devrait être de courte durée...
Au cinéma le 15 avril 2026
avec Jack Reynor, Laia Costa, Natalie Grace, May Calamawy
Blumhouse | 2h11
Super Mario Galaxy, le film, Aaron Horvath, Michael Jelenic, Illumination, Universal


Princess Harmony est la maman des étoiles qui réclament l'histoire des plombiers et de Donkey Kong avant d'aller dormir. Oui mais voilà : apparait soudain un vaisseau-robot géant et la princesse - bien que très forte - est kidnappée.
Ça commence très fort avec moult explosions que je trouve d'assez mauvais goût en ces temps de guerre partout dans le monde, y compris à nos portes. LA suite du film n'est qu'une succession quasi ininterrompue de bastons toutes plus rapides et bruyantes les unes que les autres. Les enfants (j'en accompagnais dix de 7 et 12 ans) sont très impressionnés (certains avaient même carrément peur) par cette débauche de décibels et de violence. Illuminations ne pouvaient-il pas trouver autre chose à raconter aux enfants qu'une suite de batailles ?
On souffle un peu lorsqu'entre deux combats nous sont proposés quelques gags mignons qui ont fait le succès des studios Illuminations. Mais dans l'ensemble, Mario le film n'est qu'un indigeste gâteau arc-en-ciel pétaradant.
N'y allez pas, surtout si vous êtes épileptiques !
Au cinéma le 1er avril 2026
Illuminations & Universal | 1h 39min
de Aaron Horvath, Michael Jelenic
Par Matthew Fogel
avec Chris Pratt, Anya Taylor-Joy, Charlie Day




