Chanson française, Musique

Nous, on vote pour Chapelier Fou, La Maison Tellier & Fabulous Sheep

Dans quelques jours, ça ne vous aura pas échappé, on vote. On va dans l’isoloir et on met un petit papier dans une enveloppe en espérant un monde meilleur, mais on a comme un gros doute. Car nos candidats à l’élection ne sont pas très ouverts. Bien fermés sur nos petits problèmes. Nombrilistes ou fascistes, on a le choix!

Merci aux musiciens français de nous montrer le chemin pour sortir de nos angoisses hexagonales et de notre ethnocentrisme souvent ridicule.

C’est le cas de Chapelier Fou, dingue de l’électro qui retrouve des contours classiques.

Au top du modernisme, Chapelier Fou se calme en cherchant le dépouillement avec des instruments : harmonium, violon, piano, clarinette et alto. Il a monté un ensemble de musiciens et revu son catalogue. Le résultat est fascinant, entrainant et apaisant. On devinait souvent la singularité de cet artiste de l’électro: il confirme son atypie avec ce disque d’une élégance subtile, une bande son inspirante pour aimer les jours meilleurs.

De mieux en mieux, ce sont les albums de La Maison Tellier, bande de Normands qui regardent loin et ailleurs. Ils regardaient souvent vers les États-Unis et toute leur mythologie en défendant une folk française teintée de country.

Atlas, un titre qui évoque une autre région du Monde, montre que leur maison est grande ouverte à tous les courants et cela nourrit des chansons souvent magiques, d’un lyrisme éloquent (Feu Chatterton a un sérieux concurrent) et d’une poésie qui nous plonge dans un univers minéral et terriblement humain. Au-delà de l’Atlas, les musiciens de la Maison Tellier nous emmènent dans un ailleurs rassurant… car il existe sur ce disque plus que réussi.

Avant de voter, collez votre oreille sur le disque des biterrois Fabulous Sheep. Attention, ça pourrait vous surprendre. Un bon gros rock enragé tout droit hérité du punk anglais. Il y a de la colère dans les compositions de ce quintet venu d’un autre temps.

Le groupe a surtout un sacré talent qui leur permet de rivaliser avec leurs aînés anglo-saxons. Ça dérouille sévère. Ça sent fort la testostérone et cela canalise tout l’enfer d’une jeunesse dans le monde d’aujourd’hui. Cela donne des morceaux forts qui doivent avoir une ampleur incroyable sur scène. Ces petits jeunes nous donnent de l’espoir. Nos musiciens ont bien raison d’aller voir ailleurs, trouver l’inspiration chez l’autre, remercier l’étranger de sa richesse… ça pourrait presque être une consigne de vote!

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