10 Cloverfield Lane

C'est ce qu'on appelle se prendre une bonne grosse claque!
Complètement inattendu et surprenant dans le genre! Pourtant on sent bien qu'en arrière plan, derrière le buzz, il y a JJ Abrams (Super 8) et son complice Drew Goddard (La Cabane dans les Bois), deux compères qui mine de rien réussisesnt leur coup à chaque fois.
C'est du divertissement réfléchi. L'ensemble est travaillé: de l'affiche au générique de fin. Bien entendu on doit citer la scène d'introduction de 20 minutes sans aucun dialogue et juste une musique pour nous plonger au coeur de l'intrigue.
La mise en scène est simple mais très efficace. Elle n'est pas sans rappeler Misery. C'est un huis clos à trois, tendu, où l'ambiance est malsaine, glauque ou salutaire. Il n'y a pas beaucoup de dialogues et pas beaucoup d'espace mais les acteurs sont très justes.
Du début à la fin du film, on ne peut pas se positionner par apport à leur situation. Sont ils en sécurité? Y a t il une menace à l'extérieur? Tout se remet en question en permanence et c'est vraiment le propre du film. Qui croire? Qui sauver? C'est un thriller intelligent et effrayant , qui avec toute la triste actualité, nous donne l'envie de se construire un bunker!
AVIS AUX AMATEURS
Avec Mary Elisabeth Winstead, John Goodman, John Gallagher Jr et Mat Vairo - Paramount - 16 mars 2016 - 1h45
Happy Machine
On sort les oies, les accordéons et les bouteilles de vodka ! Bienvenue dans l’univers festif et bricolo de Dubozia Kolektiv !
Il n’y a pas qu’Emir Kusturica pour nous faire remuer le popotin aux sons joyeux venus des Balkans. Voici un petit groupe bosniaque qui veut faire la fiesta de la plus belle des manières. Almir Hasanbegović et ses potes aiment la musique pétaradante qui accompagnerait la plus heureuse des révolutions.
Ils chantent en anglais avec un accent incroyable. Surtout ils se moquent des frontières pour incorporer tous les styles. Reggae, dub, rock, tout se mélange à une joyeuse cadence avec des invités très engagés comme Manu Chao. Ce sont des pirates de la musique et il y a du beau monde à bord de leur navire enivré !
Le discours est classique. Ce sont des anarchistes épanouis. Ils ont connu la guerre et l’oublient avec des chansons enthousiastes qui sèment le désordre et la zizanie. Leur titre Free MP3 devrait plaire à tous les geeks de la planète, et d’autres amateurs de chants révolutionnaires nouvelle génération.
C’est un plaisir régressif mais les sept musiciens ont de l’humour et du talent. Leurs chansons sont bien écrites. Pas de surprise mais ils mêlent les genres avec un sens du bricolage assez malicieux. Effectivement, l’air de rien, ils sont une machine à tubes, qui rend plutôt heureux. En période de morosité, c’est assez agréable !
ZN production - 2016
Une Odyssée américaine

En voiture ! Venez faire un tour dans le vieux break cabossé du père Harrison, disparu aujourd'hui. A tous les sens, ça déménage. Une chronique sur l'auteur et le temps qui passe!
Une odyssée américaine, est un roman qui fait du bien. Il réchauffe le cœur et les tripes, il émeut et il fait rire. Plus important que tout, il procure du bonheur à son lecteur. De plus, c’est un roman qu’on pourrait qualifier de terre à terre mais je préfère dire qu’il est écrit à hauteur d’homme.
C’est-à-dire qu’Harrison a dépassé à ce moment là les 70 ans et n’a plus rien à prouver. S’il écrit encore, c’est que cela lui donne encore un frisson essentiel et existentiel. Cependant, adieu les grandes envolées ! La littérature, si elle aide à vivre, n’a pas vocation à changer l’existence.
Certaines personnes atteintes de myopie du cœur, peuvent prendre une telle attitude pour de la vulgarité. On les plaint et on leur répond qu’il s’agit de la même vulgarité qui anima Rabelais. Foutredieu !
Et l’existence est une chose à la fois prosaïque et admirable. Même si nos corps accusent le poids des ans, même s’ils grincent et souffrent, ils sont capables de connaître plaisir et extase. En gros, on peut à la fois avoir mal au dos et apprécier un bon vin ou un bon repas.
Cliff a dépassé la soixantaine. Il a d’abord été prof de lettre en fac avant de reprendre la ferme de son beau-père et de devenir agriculteur, vivant au rythme de la nature et des animaux. Sa femme est promotrice immobilière et s’est éloignée de son mari au point de le tromper et de divorcer. La maison commune est vendue et le prof paysan se retrouve sans rien à faire ni personne à aimer.
Il décide alors de partir en voyage dans les états voisins des Etats-Unis. Commence un road-movie terrien où Cliff redécouvre les plaisirs de la chair et tente de trouver un sens non pas à sa vie, mais au moment de vie à venir, au moment futur qui s’ouvre à lui.
A la différence des récits de jeunesse initiatiques, la quête ne mène pas à l’épiphanie, à peine et surtout à un aménagement de la réalité. On ne rêve plus, on n’a plus d’illusions, mais on sait apprécier une jolie femme ou un bon steak (précisons qu’il n’y a pas d’échelle de valeur !).
En vieillissant, Jim Harrison tend moins vers le sublime mais apprécie chaque jour en en suçant la substantifique moelle
J'ai lu- Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Brice Matthieussent - 317 pages
Ici et Là bas
Déprime et décibels sont au programme du tout nouvel album d’un duo électrisant !
Michel Cloup n’est pas le genre de gars à pondre un petit titre pop, mignon et gentil. C’est un vrai artiste alternatif qui triture les cicatrices du rock avec une conviction qui tournerait peut être à l’obsession. L’année dernière, il a sorti un live qui reste comme l’un des grands moments de 2015 où l’on y découvre toute sa pertinence entre les paroles et la musique, torturées naturellement !
Car Michel Cloup et son complice, Julien Rufié ne font pas de cadeau. Ils aiment la musique quand elle sort des tripes, lorsqu’elle se charge en émotions et en souvenirs. Une guitare, une batterie, une voix pour un grand cri du cœur !
L’auteur a les idées noires et il les transforme en énergie brute. En abordant son passé, sa démarche rappellerait La vie ordinaire, la formidable bande dessinée de Manu Larcenet où un homme se confrontait à l’histoire de sa famille, la vie ouvrière, un monde oublié, qui s’enfuit comme le dit si bien Michel Cloup.
Avec son batteur, il accouche d’une crise existentielle inédite où comme le célèbre dessinateur, l’art devient vital et illumine la noirceur de nos vies qui passent. Il a une maison dessiné de manière simple sur la pochette : c’est presqu’une thérapie, ce nouveau tour de force du musicien qui ose mettre à nu.
Il nous malmène comme nous sommes tous les jours malmenés par un quotidien pas toujours heureux. C’est un album engagé mais qui se faufile entre les habitudes pour être franchement nouveau, frais mais dubitatif sur la politique et tout ce qui pollue.
On pourrait avoir peur de s’ennuyer mais le duo expérimente beaucoup moins que sur les précédents efforts. Seules les deux dernières chansons se développent sur des longueurs étranges. Ici et là-bas n’a rien de conventionnel. Rien de policé. Rien de simplifié. La façon dont se livre Michel Cloup est tout simplement impressionnante. De la passion, voilà ce que l’on trouve Ici et là-bas !
Ici d’ailleurs - 2016
Ricky Bobby le roi du circuit

Grosse farce, ce film inédit en salles est une satire féroce de l’Amérique. De plus en plus à l’aise dans des rôles d’abrutis presque détestables, Will Ferrell va plus loin que ses camarades et démonte le mythe américain sans aucune gène. Hilarant !
Steve Carell n’a pas beaucoup de succès chez nous. Depuis une dizaine d’années, les films d’Adam Sandler ne dépasse pas les 100 000 entrées dans l’hexagone. Seul, Ben Stiller réussit à faire traverser l’Atlantique son humour scato-ironique. Cependant toute la bande n’a pas la même adhésion du public français. Seuls, Owen Wilson et Vince Vaughn obtiennent une certaine reconnaissance.
Ce n’est pas facile de faire rire les français quand on fait partie de tout ce groupe de comiques qui poussent loin le bouchon dans l’humour régressif. Et pourtant, il faut l’avouer qu’à force de blagues débiles, ces petits comiques finissent par atteindre un ton subversif et salvateur.
Celui qui va le plus loin, c’est à coup sûr Will Ferrell. Vu dans le film gentillet Elf, cet acteur, connu pour ses imitations irrésistibles de George W Bush, s’est fait une spécialité dans les seconds rôles déjantés (à voir d’urgence Old School) avant d’être une star et jouer des drôles de spécimens comme dans l'hallucinant Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy.
Doué pour interpréter les ignares insolents et prétentieux, il s’amuse aussi à caricaturer l’Amérique triomphante qui fait rugir de plaisir cette bonne vieille chaîne réac de Fox news. Le comédien se moque allégrement de cette Amérique et le box office le lui rend bien. D’ailleurs la sortie en dvd n’est pas du tout justifiée car le film fut un gros succès outre atlantique. Mais bon, les voies de la distribution sont impénétrables de nos jours.
Il ne faut pas s’étonner de croiser Sacha Baron « Borat » Cohen dans Ricky Bobby : roi du circuit. Comme ce britannique, Will Ferrell et son réalisateur taquine les défauts yankees qui passent là bas pour des valeurs ancestrales. Le texan en prend pour son grade, et c’est pourquoi le comique passe par l’un des sports préférés des rednecks, le nascar.
Ricky Bobby est donc la star de ce sport à grande vitesse. Débile comme un pare brise, mais surdoué de la voiture, il connaît ses premiers échecs avec l’arrivée d’un français (homosexuel et amateur de jazz), Jean Girard et tout son monde de gloire s’écroule. Il va falloir se reconstruire avant de retourner sur les pistes chauffées par le caoutchouc.
Récit initiatique assez grossier, le scénario n’est qu’une excuse pour des vannes d’une bêtise rare mais complètement assumée. Will Ferrell tape fort sur les clichés américains qui s’en prennent plein la tronche autour des compétitions de nascar. Nous sommes à un croisement détonant entre Cars et un film des frères Farelly (Mary à tout prix, Fous d’Irène). Comme eux, les auteurs de Ricky Bobby ont aussi une profonde affection pour leurs (anti) héros.
Car la réussite rapide de Ricky Bobby est un mirage. Le manichéisme est malmené par un film qui fait l’idiot mais qui se révèle malin. L’humour est moins léger qu’il n’y parait et les auteurs tapent allégrement sur le rêve américain avec les mêmes armes qui le servent.
C’est ce grand écart qui passionne. L’air de rien, avec sa tête de clown et ses blagues énormes, Will Ferrell et ses compères, pratique une ironie mordante et spectaculaire. Franchement, il serait temps que l’on se mette en France à jalouser ce talent !
Avec Will Ferrell, John C. Reilly, Sacha Baron Cohen et Amy Adams Gaumont Columbia Tristar – 2006 – 1h45
L’art du Jeu

Décu par le dernier Dicker, on se rattrape avec ce conseil. Premier roman de haute volée, L'art du jeu est à couper le souffle. Même si on ne pige que dalle au base ball!
Le sujet du livre, c'est le base ball. Sa philosophie. Sa dureté. Sa poésie. Autant dire que L'art du jeu est un vrai roman américain. Mais ne vous inquiétez pas, le sujet n'est pas l'enjeu! Chad Harbach, dont c'est le premier roman, impressionne par sa maîtrise et son sens des nuances. Le défi sportif est vite emporté par les émotions qui habitent les passionnés du home run!
Il y a donc Henry, surdoué pris en charge par Mike Schwartz, un costaud dévoué à son sport favori. Henry découvre les moeurs au sein d'une université aisée et il y fait la connaissance de son meilleur ami, Owen...
Ce dernier ne laisse pas insensible le président du lieu, qui a bien du mal à comprendre son homosexualité, d'autant que sa fille débarque un beau jour pour fuir un mariage un peu trop précoce...
On imagine parfois quelle série cela pourrait donner! Pourtant Chad Harbach fait dans le populaire sans aucune faute de goût. Il nous tient en haleine avec des sentiments forts, nobles et partagés. Les liens se tissent et la perfection du diamant au baseball devient incompatible avec la fiévre des corprs et des esprits.
L'auteur a mis neuf années pour écrire son livre. Cela se ressent car la construction est d'une habileté typiquement américaine, rondement menée et facilement abordable. Cette forme d'humilité est vraiment la grande qualité des auteurs Outre Atlantique!
Cela pourrait être grotesque: c'est passionnant. Entre les lignes, le livre parle avec élégance de ses contemporains, cherchant le meilleur chez eux. Cette bienveillance est inhabituelle dans la littérature d'aujourd'hui. Franchement ca fait du bien!
Le livre des Baltimore

Joel Dicker, c'est un peu le rêve de tout écrivain. Dès son second livre, les ventes explosent. Un incroyable succès commercial et critique. Evidemment l'exercice du troisième livre est très risqué. Et décevant!
Mais l'auteur conserve ses atouts. Une écriture fluide. Un style assez direct. Et un art très américain de nous empêcher de fermer le livre. Chaque fin de chapitre nous fait saliver pour commencer le suivant. Son premier livre s'intéressait à la guerre. Le second était un chouette faux polar. Le troisième veut être une saga familiale, épique, universelle et pathétique!
Joel Dicker retrouve son double américain, l'auteur Marcus Goldman. Après le succès de son livre La Vérité sur l'Affaire Harry Québert, le jeune écrivain vit un succès confortable. Il fait même la une des journaux people quand il fréquente de jolies filles. Mais Marcus a un amour d'enfance, qui elle aussi, a connue la gloire en faisant de la musique.
La disparition d'un oncle oblige le jeune homme a s'intéresser à son passé. Et ses deux cousins qu'il aimait avec passion. La famille Goldman est beaucoup plus complexe qu'on peut l'imaginer si on observe en apparence une famille aisée entre les Goldman de Baltimore, à la réussite sociale si séduisante et les Goldman de Montclair, besogneux et sérieux.
Mais tout va se compliquer rapidement pour les membres de cette famille. Les relations vont s'envenimer. Les sourires se transforment en grimace. Et le lecteur finira par grimacer lui aussi . Car Dicker, Suisse qui admire l'Amérique, imite les emphases américaines et les leçons qui se cachent derrière les destins de quelques personnages. Mais ca sonne faux.
A la différence des deux autres romans, les personnages sont très stéréotypés et ne servent qu'à la mécanique narrative qui doit nous révéler le Drame, qui va plonger les Goldman dans un chaos total.
On ne reconnait pas l'auteur. Il y a quelques lignes qui piquent les yeux! On n'est pas loin du synopsis d'un épisode de Beverly Hills. C'est difficile de se passionner pour les problèmes de pauvres petits enfants riches. Comme tout le monde, ils ont un petit coeur qui saigne et des gros yeux remplis de larmes de crocodiles. Dicker fait dans la littérature fleur bleue! Un exercice de style périlleux. et pas très intéressant.
C'est juste divertissant. C'est d'une efficacité redoutable mais cela reste un peu vain. Sur un sujet similaire on vous conseille L'Art du jeu...
Editions de Fallois - 476 pages
Batman Vs Superman, l’aube de la Justice

Not so bat! Mais pas Super non plus!
A ma gauche: Batman! Milliardaire névrosé mal remis du meurtre de ses parents. Depuis il se déguise en chauve souris pour rendre sa justice! A ma droite: Superman! Venu de la planète Krypton, orphelin, il défend les valeurs humanistes de l'Amérique et surtout la journaliste Lois Lane dont il est amoureux!
A ma gauche, un étrange dingue qui a du mal à s'insérer dans la société, qui assume mal son statut social, qui rivalise d'ingéniosités pour inventer des armes qui lui permettent d'être impitoyables avec les méchantes de tout bord. En gros, un type humain comme tout le monde! A ma droite, un demi dieu qui aspire un peu plus de simplicité dans sa vie mais qui ne peut pas à cause de ses pouvoirs et de ses responsabilités.
A ma gauche, un super héros gothique pour Tim Burton puis une version gay avec Joel Schumacher avant de devenir une icône ambigue de l'Amérique post 11 septembre pour la trilogie de Christopher Nolan. A ma droite, Christopher Reeve en slip rouge dans un premier film de Richard Donner, épatant puis gros déclin du super héros jusqu'à la reprise en main par Zack Snyder, il y a trois ans. Il le fait rentrer alors dans un monde contemporain de manière spectaculaire!
Voilà où nous en sommes cinématographiquement au moment où les deux super héros vont se rencontrer dans le même film. Réalisateur du meilleur film de super héros, The Watchmen, Zack Snyder semble être la bonne personne pour mettre en scène l'affrontement. Il a le goût de l'iconographie. Il aborde ses sujets de manière frontale et organique (300, Sucker Punch), il maîtrise tous les effets spéciaux dernier cri! C'est le boss pour jouer avec les deux stars du comics américain!
Mais il faut amener dans le même film deux univers distincts. Cela amène obligatoirement des compromis. Ce n'est jamais très bon à l'écran. Voici donc une petite liste non exhaustive des défauts de ce duel au sommet! Alfred, joué par Jeremy Irons, intervient dans le film comme un lapin sort du chapeau. Lois Lane est un accessoire scénaristique un peu fade. Dès qu'il y a une impasse dans le récit: hop on la fait intervenir! Lex Luthor se résume à un psychopathe déguisé en Mark Zuckerberg.
DC Comics, en retard par rapport à l'invasion cinématographique de Marvel, doit se dépêcher et introduit une Wonder Woman totalement insipide et tente maladroitement de préparer le terrain pour d'autres héros de la compagnie. Mais cela coupe un peu la tension du combat entre les deux personnages principaux.
Le ton sérieux est un peu trop étouffant. Depuis le Batman Begins de Christopher Nolan, le réalisme a bouffé le brin de fantaisie et de rêve des bandes dessinées. La musique est complètement à coté de la plaque alors que les films précédents des deux héros sont légendaires. Métropolis est beaucoup plus montré que Gotham City. C'est dommage car Superman juge le boulot de Batman néfaste pour la ville alors qu'on ne la voit que très peu.
Finalement le gros souci du film, c'est Batman et tous ses gadgets. Ça prend de la place. Il faut donc réinstaller le personnage dans l'univers de Superman. Massif et convaincant, Ben Affleck (qui a goûté à la créatine ou l'EPO) en impose dans le rôle de Batman. Pour une fois, le Dark Knight est vraiment dark. Snyder joue sur le coté obscur du personnage, rappelant les meilleurs bédés du personnage, dessiné par Frank Miller. Mais cela se fait détriment un vrai scénario. Ici, il tient sur quelques rebondissements de téléfilms et des climax pas très exaltants.
Le plus intéressant, c'est l'envie contemporaine du réalisateur de mettre les deux super héros en face d'un réalité qui ressemble beaucoup à nos actualités. La peur est partout. C'est assez troublant et cela maintient réellement l'intérêt de ce spectacle long et néanmoins impressionnant.
Trop ambitieux, assez frustrant, ce film est boursouflé, mais capables de très jolies scènes, aidé par un aspect graphique assez plaisant, mais il annonce surtout une nouvelle fournée à venir de super héros, ce qui n'est pas forcément une bonne nouvelle. On va vite se lasser. De l'aube, on passerait bientôt au crépuscule des super héros...
Avec Ben Affleck, Henry Cavill, Jesse Eisenberg et Amy Adams - Warner Bros - 23 mars 2016 - 2h30




