Musique

Au Soleil, l’enfer du rock : Gnome, La Dispute

Chaudement. Voici la réponse la plus basique que l’on donne cette semaine à la question banale : « Ça va ? ». Le réchauffement climatique nous fait gouter à l’enfer. Le Hellfest a eu lieu le week-end dernier et, comme d’habitude, on a fait des petites découvertes, bien énervées, qui font chauffer les foules et défouler les amateurs de gros son et de pogo. Bienvenue dans les abîmes du rock !



Où vous pouvez croiser des drôles de créatures mélomanes : Gnome. Ils ne manquent pas d’humour d’abord : Il y a des nains de jardin sur scène et ils jouent avec de jolis chapeaux pointus rouges ou verts. Cela laisse un indice sur l’origine du groupe : la Belgique. Le nom de leur troisième effort continue dans le burlesque : Vestiges of Verumex Visidrome

Et une fois de plus, on redécouvre que ce pays est une terre de rock. Ici, bien sévère et bien maîtrisé. Ils ne sont pas géniaux au foot mais en musique, ils assurent. Ce que prouve ce trio d’Anvers. Un déluge de décibels marqué par un solide second degré.

Et pourtant il n’y a pas de cynisme dans la démarche. C’est du stoner, bien puissant qui vous fait frire comme une frite dès les premières minutes de cet album forcément musclé mais réalisé avec une intelligence rare. Cela blague, mais à moitié ! Les idées fusent et l’album devient un truc hybride, passionnant à redécouvrir. On souhaite qu’une chose à ce trio atypique : grandir auprès d’un plus large public.


On souhaite la même chose à La Dispute. Ce n’est pas un petit groupe de bobos franciliens qui se languissent dans une redite de la new wave ou les années 80. Non voilà la nouvelle sensation d’un genre un peu nouveau dans ce Siècle : le spoken word !

Le chanteur Jordan Dryer a donc la rage au ventre. La Dispute vibre comme sur un ring de boxe. Ces Américains du Michigan transpirent à grosses gouttes et ne laissent rien passer. Le style est un peu dépouillé mais le ton est d’une intensité rare et originale.

L’album No One was driving the Car parle du monde moderne, de l’individu perdu et des angoisses existentielles. Ce n’est pas nouveau mais c’est exceptionnel de maîtrise et d’inspiration. On n’attend pas tant d’ampleur dans un disque finement construit. Au bout de cinq albums, La Dispute est un choc électrique. Après six années de silence, le groupe est une éclatante surprise.


Le festival permet de voir de vieilles choses comme Anthrax, Iron Maiden et autres papys du rock. Ça sent la naphtaline. Mais il fut plus surprenant de retrouver les énervés de Social Distortion.

Depuis sa création en 1978, il ne reste que le chanteur du groupe original. Il pousse la chansonnette sur un neuvième album que l’on n’attendait plus : 16 ans entre le 8e album et ce Born to Kill qui va à l’essentiel.

C’est donc un énième retour du groupe punk qui continue de célébrer les années 50 à sa manière. Décharnés et motivés, les morceaux s’enchaînent avec une certaine juvénilité que l’on ne soupçonne pas du tout à ce groupe increvable. Contre vents et marées, SxDx (c’est comme ça qu’on dit paraît- il) se fout des modes et balancent un son sec et rafraîchissant.

Malgré les brûlantes guitares, les batteries martiales, les basses aguicheuses et les chanteurs en mode branchés débranchés, ces disques sont une bande son idéale pour cuire au soleil et se demander si le Spritz, ça ne serait pas meilleur chaud au milieu d’un combat de caddies ou dans un mosh pit… Allez bonne cuisson à tous !

Gnome – Vestiges of Verumex Visidrome
La Dispute – No One was driving the Car
Social Distortion – Born to Kill

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