Cinéma

Le vertige, Quentin Dupieux, Diaphana

C’est toujours la même chose avec Quentin Dupieux : il a une idée. Elle est bonne mais elle est unique. Puis le cinéaste tente de créer quelque chose autour. Ça peut être de la matière, comme le Pneu ou le Daim. Dans son nouveau film, c’est carrément l’animation. Le vertige est un film d’animation fait avec des atouts de playstation du début du Siècle. Voir avant.

C’est amusant. A l’heure de l’intelligence artificielle omniprésente et des films d’animation de plus en plus impressionnant grâce aux ordinateurs, Le Vertige est très fier d’être vieillot. Tout est carré et saccadé.

On reconnaît tout de même les visages de Alain Chabat et de Jonathan Cohen. Ils se régalent d’être dans la nouvelle friandise de Quentin Dupieux. Comme toutes les stars qui veulent passer chez lui. Ils jouent Jacques et Bruno, deux amis qui se demandent si le monde dans lequel ils vivent ne serait pas une simulation. La virtualité du monde. La réalité est-elle la même pour tous ?

Comme souvent, c’est drôle mais le concept ne remplit pas le métrage qui dépasse l’heure avec une baisse de régime en cours de route. C’est souvent le cas chez Dupieux : il serait certainement le meilleur réalisateur de courts métrages.

A la place, on a un type très astucieux mais qui semble se détourner trop rapidement de ses fictions. Il y a systématiquement quelque chose d’inabouti dans ses œuvres pourtant protéiformes et souvent délirantes.

On se régale dans Le Vertige du côté old school des images. Ça fait presque du bien car c’est lent. Néanmoins, la partie méta gâche un peu la plaisanterie. On confond le cynisme avec de l’intelligence. Il refait Matrix avec un vieil Amstrad CPC6128. Ce n’est jamais désagréable mais au fil des minutes, on se désintéresse du propos pourtant pas idiot sur nos petits lâchetés contemporaines.

Bref, c’est un peu comme d’habitude : c’est bien mais pas top. Ça ne pixellise pas assez au niveau du scénario, ce qui est bien triste quand on devine l’imagination atypique de l’auteur.

Au cinéma le 10 juin 2026
avec Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Desmoustier et Jean-Marie Winling
Diaphana – 1h06

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