Révélée au grand public notamment par ses chroniques sociétales sur France Inter, elle plante le décor d’emblée en se défendant d’être une humoriste politique. Mais monter sur scène lui permet clairement de faire passer des messages sur des sujets sensibles qui la préoccupent : l’injuste attribution des visas, la restitution des œuvres d’art aux pays d’origine, le pillage des ressources naturelles en Afrique, le poids du soutien familial qui pèse sur les membres de la diaspora tandis que locaux qui sortent leur épingle du jeu. Ce qui nous visse immanquablement dans l’inconfort sur nos sièges du Studio Raspail.
Le premier spectacle de l’humoriste ”Je demande la route” nous avait profondément attendris et fait rire. De son départ du Burkina à son arrivée dans un village français, sa traversée initiatique révélait sa plume, son jeu de rôle pétri d’autodérision. Sa sincérité touchait l’universel de notre humanité. Et là, elle a pris le parti d’extérioriser son regard sur des personnages archétypes : l’épicière de son village natal, son tonton débrouillard dans les rues de Ouagadougou, un afrodescendant quittant la France pour chercher la réussite au Burkina. A parler des autres, elle s’oublie et nous perd en route.
Les membres de la diaspora, ou ceux qui ont savouré un dolo sous un manguier au Burkina et en gardent une nostalgie ineffable se retrouveront pleinement. Je redoute qu’une personne qui n’est jamais allée en Afrique ne passe pas entre les mailles de sa black tax.
Jusqu’au 27 juin 2026
au théâtre Studio Raspail, Paris XIV
Durée : 1h15 | Horaire: 19h00
Texte et mise en scène : Roukiata Ouedraogo et Stéphane Eliard

