« Anthologie d’une conférence de presse foot »

foot

Pardon pardon pour l’absence, je vous ai vu de là hurler au loup sur mon silence mais d’autres préoccupations photographico-repos-twitto-instagramo plus une bonne louche de vraie vie hors du numérique m’ont accaparé plus que je ne le pensais.

Me voilà donc revigoré, cessez donc vos impatiences aux piaillements mi-tigre mi-goret et je m’en vais vous narrer sublimement bien avant août, l’anthologie d’une conf de presse foot (sinon j’avais yaourt, out et knok-le-zout pour la rime mais pour le coup ça faisait vraiment rime aux chausse-pieds, sans crampons).

Alors voilà, j’avoue, je le confesse (j’aime ce verbe qui sent la sueur des 69 des nuits d’été) mon côté beauf bière canap s’accapare de moi une fois le dimanche venu, une fois le ventre repus, une fois le rosé du 18h ingugertu (je fais ce que je veux sur les verbes pour la rime, vous êtes pas contents vous écrivez votre chronique).

Il n’est pas rare, non, que dans un élan de fainéantise exacerbé (l’élan, pas la fénéantise, donc exacerbé ne prend pas de E), je m’affale dans le cuir moelleux voire en poussant un peu dans les bras de Morphée (une bonne amie). Et, par réflexe, et pour éviter de ronfler, j’enchaine frénétiquement un zapping ballon-rond ballon-ovale ballon-de-rosé, les 2 deux premiers entrainant le 3ème et inversement.

Oui, je m’abreuve m’asperge m’imbibe du combo canal+/canal+ sport/infosport/l’équipe TV pour enlever mon cerveau de dégénéré, et là, ultime bonheur, tomber sur une conférence de presse post-match. A l’instar des chaines infos, les chaines infos mais de sport(s), aiment à breaking-newser comme des sauvages. Schéma type, le débat est en cours sur le match qui vient de se terminer, débat qui se joue en 1-2-1-1500000 (1 présentateur, 2 mecs qui lancent les résultats et 1 consultant barbu jeune retraité du monde du ballon, rond ou ovale ou qui plonge doucement dans le rosé et 150 000 mecs qui regardent le truc dans leur canap comme moi), on donne des tops et des flops, tout le monde s’en fout mais ça passe le temps, on crache à la tronche de l’arbitre tout en discrétion et subtilité (phrase type : Monsieur Turpin a tué le match d’entrée quand il a expulsé le bastiais alors que y’avait pas carton), puis soudain, alerte Amber, cri d’alarme, bandeau déroulant, je suis charlie, toi lulu, c’est le Hit MachinEEEEEE, on interrompt le direct pour laisser la place à l’entraineur de l’équipe gagnante ou perdante ou nullante (en cas de match nul, cela parait évident à écrire mais je suis quand même le 1er à le faire dans l’histoire de la chronique de foot) qui se pointe en conférence de presse.

A ce moment précis, 3 cas, à retenir si vous veniez à prendre un poste de manager en milieu footballistique, sait-on jamais ça peut servir :

  1. Le mec est « équipe gagnante » : auquel cas il convient de minimiser la victoire car le plus important c’est le jeu, et là, y’a pas à dire, les « garçons » (oui y’a un côté paternel gentil) ont été à la hauteur de l’événement (même pour un Lorient-Reims, le mec parle d’événement, la loi de la relativité dans le monde du ballon n’existe pas) ; il convient également de saluer l’arbitrage, exemplaire, comprenez donc en la faveur de l’équipe du gars ; et important, le plus important, se projeter, parler d’une étape, juste une, que le chemin vers le titre est encore long, et ou le maintien, et ou l’europe, en fin bref, si t’es 18ème tu parles maintien si t’es mieux tu parles europe ou titre, pas compliqué merde !!!
  2. Le mec est « équipe nullante » : Bon bah là t’arrives tu fais la gueule, pas juste pour le plaisir de faire la gueule, d’ailleurs 9 entraineurs sur 10 font la gueule, chez les joueurs c’est 12 sur 10, donc bon t’es chef donc tu fais la gueule, toi t’as une raison, le joueur lui, même après un but, c’est la gueule, même après le virement de son salaire de 300 000 euros, c’est la gueule, même après une turlutte d’une escort girl à 1500€ la ½ heure c’est la gueule, pourtant ça fait chère la gougoutte de jus de kekette sur le string, bah oui mais la gueule quand même. Bon, t’expliques que ce match vous auriez du le gagner, mais que t’as vu des belles choses sur le terrain (t’es bien le seul connard !!! Lorient-Reims merde !!!) et tu expliques le pourquoi du comment vous avez manqué de « réalisme dans la finition mais que vous avez solide à l’arrière, c’est important », phrase toute faite, c’est cadeau, vas-y t’es presque prêt à prendre un club !
  3. Le mec est « équipe perdante » : Alors plusieurs modes : chien battu, triste, c’est la fin, ça pue, encore une semaine et t’es viré ; rebelle, les « gars ont tout donné mais à cause de cet enc**** de monsieur xxxxx, qui a donné penalty d’entrée de jeu et qui en plus t’as éjecté le dernier défenseur alors qu’il était pas dernier défenseur, même pas vrai d’abord, et l’autre qui s’est fait fauché il a simulé, comme la dernière escort girl avec qui t’étais, tout pareil le string en moins » ; enfin, dépité-résigné-hagard, c’est moche, c’est triste, l’autre équipe a mérité, de toute façon « pour gagner faut être 11 et pour un beau match faut être 22, bon bah là c’est comme si on était 3 », bon bref tu sais même plus compter, c’est le bordel dans ta tête, tu prends ton téléphone, t’appelles l’escort girl et hop une turlutte à 1500 boules !

Voilà, fin de la conférence de presse, t’as rien appris, t’es pas moins con, pas plus non plus, tu zappes, tu tombes sur Drucker, t’éteints et tu vas reprendre un coup de rosé bien frais et pis tu dors. La belle vie !

J’vous embrasse,

Auteur: Romestebanr

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? *
Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.