Art-scène, Exposition

Nan Goldin, This will not end well, Grand Palais

Nan Goldin n’est pas une photographe obsédée par la qualité visuelle de l’image. Elle ne se préoccupe manifestement pas trop de faire une photo léchée, hyper bien cadrée, sans bruit ou avec des couleurs équilibrées. Ainsi, de nombreuses photos sont floues ou encore sous ou sur-exposées, comme en témoigne d’ailleurs l’affiche de l’exposition !

Ce qui compte pour Nan Goldin, c’est de saisir l’intime, et je trouve c’est une vraie championne pour ce faire ! Elle immortalise ses proches dans leur vie la plus privée et la plus crue. On les voit faire l’amour, se droguer, faire pipi, se travestir, se faire la gueule, s’aimer… C’est comme un album de famille géant où j’ai presque cru reconnaître mes proches à moi.

Le travail de Nan Goldin est toujours aussi impactant que lorsque je l’ai découvert fin 2002 à l’occasion d’une exposition au Centre Pompidou. Par contre, il n’est à mon avis pas du tout mis en valeur par l’exposition du Grand Palais qui ne présente strictement aucun tirage mais uniquement des vidéos et des diaporamas (il y avait bien longtemps que je n’avais pas entendu le bruit d’un carrousel à diapositives, nostalgie !).

L’avantage des diaporamas et de pouvoir visionner énormément d’images (700 portraits pour The Ballad of Sexual Dependency !), et de voir la progression des relations de Nan Goldin dans le temps long : les couples se forment, des enfants naissent, les rides apparaissent, la vie disparait…
L’inconvénient des diaporamas et qu’ils ne nous permettent pas nous attarder à notre guise sur un tirage pour scruter les traits du modèle.

Mais le gros défaut de l’exposition n’est pas là.

Bien que l’exposition soit située dans l’immense Salon d’Honneur du Grand Palais (plongé dans le noir pour l’occasion), les œuvres sont présentées dans des sortes de petites grottes où seules quelques personnes peuvent s’assoir car le nombre de places est très limité.

Je regrette vraiment le choix de la scénographe, Hala Wardé, d’avoir ainsi restreint l’espace car, au lieu de résonner avec l’intimité à l’œuvre, ce parti-pris crée une promiscuité pas forcément agréable et, surtout, génère des files d’attente devant les œuvres. Ainsi, je n’ai pas pu voir Memory Lost, faute de pouvoir entrer dans l’alcôve.

Si vous voulez assister à la très touchante Ballad of Sexual Dependency (42 minutes) – qui est le clou de l’exposition – je vous donc conseille de réserver à l’ouverture.

Jusqu’au 21 juin 2026
Grand-Palais, Paris VIII

Durée de visite : ≃ 2h15
TP 17€ | TR 13€

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