Un sunday Delahousse et au lit !

Si les avis divergent en famille entre potes entre collègues entre frères entres sœurs entre cousins entre amoureux entre tous, payes ton patchwork d’avis, sur le « et toi c’est quoi ton moment préféré de la semaine », ou de qui aimera tantôt la saveur jolie du vendredi soir en sortant du taf, un petit déj’ en terrasse d’un samedi matin de mai, la sortie fofolle d’un samedi soir arrosée, le footing énergétique du dimanche matin, du mercredi aprém’ entre copains au foot quand on a 10 ans, j’en passe, il y en a bien un, moment, sur lequel tout le monde converge ou presque dans sa quasi détestation unanime, c’est bel et bien le dimanche soir, sur ce créneau tout bien pourri pas beau qui pointe le bout de son nez vers 18h, un peu plus tard en été, un peu plus tôt en hiver.

Après un après-midi de sieste de lendemain de fête, la joie dissimulée ou pas d’un repas à rallonge chez mamie, d’un cocooning au coin du feu, d’un vagabondage dans les rues urbaines désertes ou les pieds mouillés d’une forêt de province, voilà qu’à 18h, tout bascule.

La nostalgie du samedi pourtant vieux seulement de 24h t’arrive en pleine poire, comme par hasard le soleil se barre en loosedé comme pour t’annoncer « voilà mon pote, c’est fin de week-end je migre », c’est à cette heure-ci que la mauvaise note de la semaine d’avant à l’école t’est apportée par une main fébrile pour être vue et signée, que tu fais la liste des trucs que t’aurais bien fait mais que finalement t’as pas fait alors que pourtant t’avais prévu de les faire alors que tu reportes au week-end d’après mais que le week-end d’après bah ça sera pareil t’auras pas eu le temps de les faire, que ton planning de la semaine arrive en boomerang dans ton disque dur crânien alors que cela faisait 48h que tu te croyais à l’abri, qu’une vieille tante a justement attendu ce foutu moment pour t’appeler et te tenir la jambe 45 minutes à base d’un point bilan météo des 3 dernières semaines et de l’été dernier, que poli tu écoutes et tu veux écourter mais que dans ton esprit, mine de rien, le temps d’appel va venir ronger le peu de minutes de week-end qu’il te reste, tu maudis la planète entière, ton envie d’écouter du Barbara pour t’ancrer dans le spleen se pointe alors que tu as passé la nuit à t’électrifier sur de l’électro fofolle, que ton Betclic multiple 12 match à 150€ cote 2500 foire en grand alors qu’il pouvait te faire ambitionner une annonce de démission le lendemain à la 1ère heure au taf, mais non, t’avais prévu victoire de Nîmes sur le 1er des 12 matchs et que ces cons-là ont paumé lourd, donc bah zob la dem’ et la petite joie du pari gagnant, et ça fait bien longtemps que ta mise hebdo de 2€ sur l’Euromillions, bah c’est un enfoiré de Portugais qui chaque semaine ramasse les 75M€ de super jackpot alors que tu sois t’avais des idées claires sur ce que tu allais faire du pognon alors que lui t’es sûr qu’il va être paumé avec tout ce fric, bref dimanche soir ! Merrrrrrrdddeeeeeeeeee !!!

Alors du coup, tu trouves refuge, tu monacales, c’est le jour, tu pardonnes tout, tu as envie de pardonner ton fils de sa mauvaise note et surtout qu’il te l’apporte à cette foutue heure, tu regardes s’il ne reste pas un peu de bon vin de la veille pour t’en jeter un petit derrière les oreilles histoire de passer le blues, tu n’en veux finalement pas à Nîmes de s’être pris 3-0, t’avais été sans doute trop ambitieux pour eux, tu embrasses ta femme, tu caresses le chat, ou l’inverse, ou les deux, ou… merde mais je vais où là…

…et puis, à 20h, alors que quelques heures avant, égoïstement la situation du monde t’importait peu, que les résultats d’une élection en Grèce te touchaient autant que ton amour pour la langue de bœuf, que même tu ne voyais pas l’utilité de revoir en image le résumé des faits marquants sportifs du w-e puisque tu étais au courant de tous les résultats puisque tu avais juste parié l’inverse de tous ces foutus scores, et bien à 20h, comme un pote comme un frère comme le dernier survivant d’un repas du dimanche trop arrosé, arrive en Guest dans ton salon, Laurent Delahousse.

Et là le mec déroule et tout glisse crème, tsunami, faim dans le monde, impôt à ta source pauv’ con, encore une école qui brûle en Syrie, sommet du G7 ou G8 ou G29 à venir semaine prochaine, enquête sur des coulisses d’une fabrique de cornichon, marronnier à base de vendange en septembre et de Noël à Noël et de Pâques à Pâques, de l’aube à l’aube et les vacances abstinence (oui je glisse du Bashung dans a rubrique et hop) mais avec ce petit truc en plus, du gars que t’écoutes, qui a su mettre une interview à la cool à la fin de son JT qui, et ce même si tu n’aimes pas l’artiste, glisse crème aussi, décidemment, le Laurent depuis 12 ans, au fil du temps, t’as aidé à surmonter cette épreuve du créneau 18h-21h, et rien que pour ça tu lui gardes une petite part de quiche lorraine sur un coin de ta table de salon au cas où le mec voudrait traverser l’écran pour venir faire le débrief de son interview art pop rock ciné avec toi.

Le point météo se lance, il est loin le temps du dimanche où le film rassemblait 25 millions de péquins, de toute façon tu l’as déjà vu au ciné, sur canal et sur ta tablette en redif streaming, donc tu éteins tout, tu te fous dans ta bulle du dimanche soir post spleen, tu t’annonces comme un guerrier déchu que tu vas pas te coucher trop tard, vœux pieux du pieu trop peu usité tôt d’habitude, une dernière gorgée de bon vin. Au lit.

Allez, vivement le week-end prochain pour pas faire tout ce que nous avions prévu de faire en étant persuadés que nous ne pourrions pas tout faire.

J’vous embrasse.

Auteur: Romestebanr

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