Cinéma

The dog stard, Ridley Scott

Depuis le décès de son frère Tony, Ridley Scott n’est plus tout à fait le même. Il a toujours des fulgurances mais ces films sont devenus d’étranges esquisses, de plus en plus abstraites, un peu funestes. A 88 ans, il plombe sa filmographie avec ce nanar bien yankee. Une prouesse pour un britannique.

Parce qu’il faut aller les chercher les qualités dans ce Dog Stars qui restera comme le film le plus faible de Ridley Scott. Après Gladiator 2. Après 1492 Christophe Colomb. Après Une Grande Année. Après Napoléon. Ici, le vieux réalisateur semble se faire plaisir. Pour lui tout seul.

Il est contemplatif devant les grands espaces. L’Amérique sauvage. Il montre les rivières fougueuses et les montagnes indomptables. Les hommes ne sont que des miettes de rien autour de cette intense nature. Les contrastes sont beaux et saisissants.

Là, on reconnait le cinéaste, bourru et nihiliste depuis que Tony Top Gun Scott, son frère, s’est suicidé. Il ne s’en est jamais remis. Ces films sont alors hantés par la mort, le scepticisme et la tristesse. Depuis 2010, il dépeint une humanité baroque et désespérante. Il préfère les décors désormais.

Dans The Dog Stars, l’humanité a été rayée de la carte par un virus. En 2035, un grand benêt fait un tour en avion une fois par semaine avec son chien. Il vit avec un survivaliste. Il n’aime pas tomber sur les restes de l’humanité. Ils sont violents avec des dents sales. Un jour, son chien meurt. Il est triste. Il saute soudainement dans son avion et voyage vers un hypothétique îlot de paix et de joie. Il va vite déchanter. Heureusement il va trouver l’amour.

Le scénario est aussi épais que le ragoût préparé par le héros. Il semble suivre un élan mais jamais une direction. Les scènes s’enchaînent sans conviction. Le pauvre Jacob Elordi traîne sa grande carcasse sans trop savoir ce qu’il doit faire. Il répare son avion. Papote. Il répare son avion. Papote et tire avec son pistolet. Il répare son avion. Papote puis semble déçu par ses conversations. Alors il répare son avion. Ainsi de suite…

Guy Pearce et Josh Brolin, en vieux briscards d’Hollywood, font des concours de grimace. Le côté post apocalyptique n’a rien d’effrayant. Margaret Qualley use et abuse de son joli regard éclairé. La musique fait dans la country d’un autre siècle.

Ça tente de temps en temps des références au western mais le cinéaste anglais n’invente rien. Il n’y est plus. Sauf lorsqu’il peut avoir le nez en l’air et observer les paysages. The Dog Stars est un très mauvais film mais un bel hommage à Frédéric Rossif. Je vous le disais au début : il faut aller les chercher les qualités de ce film.

PS: Comme le film, cette critique a été sponsorisée par les montres Garmin et les fringues Carhartt.

Au cinéma le 26 août 2026
Avec Jacod Elordi, Margaret Qualley, Guy Pearce et Josh Brolin
20th Century Fox – 1h59

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