Cinéma

Resident evil, Zach Cregger, Metropolitan

En adaptant le célèbre jeu vidéo, le réalisateur de Évanouis a peut être réussi l’une des meilleures comédies de l’année. Un exploit qui vaut notre admiration !

Il ne faut pas mentir, il y a dans ce nouveau Resident Evil des plans qui font peur. Il y a des situations flippantes. Il y a plein d’idées cradingues avec des gerbes gluantes de sang. Juste pour cela, Zach Cregger nous console de nombreuses adaptations nullissimes du jeu horrifique.

Vous vous souvenez forcément de tous ses films avec Milla Jovovich qui faisait des galipettes avec des mitraillettes autour d’effets spéciaux foireux sur de la musique techno allemande. En deux scènes, Zach Cregger nous venge. Son film est beau, vif et courageux. Économie de moyens mais multiplications d’inventions en tout genre plus une envie visible de ne pas prendre le spectateur pour un imbécile : cela donne une excellente série B.

Au lieu d’imaginer les héros du jeu vidéo sur le média cinéma, l’auteur de Barbarian a la bonne idée de prendre un héros qui pourrait simplement être un amateur de jeu vidéo. Il va en tout cas réagir comme tel dans un Raccoon City de nouveau en proie à un virus qui transforme les gens en bestioles filandreuses et voraces.

Au milieu de cela, il y a Bryan. Le gars au mauvais endroit. Au mauvais moment. Venu pour un transport d’organes, le coursier renverse une jeune femme sur la route de l’hôpital. Cette jeune femme essaie de le dévorer. Il comprend alors que sa nuit va être compliquée. Surtout lorsqu’un chien tente de le dévorer à nouveau avec des tentacules.

Et c’est ainsi le début d’une course poursuite où le héros est seul et particulièrement maladroit. La mise en scène devient un gameplay où les choix multiples provoquent toujours des catastrophes et des rebondissements bienvenus. Le réalisateur s’éclate à maltraiter son personnage principal. Il faut alors saluer la performance de l’acteur, Austin Abrams, aperçu dans Évanouis.

Sa gestuelle, ses réflexes, son élocution, tout est là pour apporter une vraie dérision qui ne ressemble jamais à du cynisme. Cela ne désamorce jamais la tension du film. Le comédien a quelque chose de Chaplin ou Buster Keaton. Au fil des minutes, il se fait martyriser par des situations de plus en plus gargantuesques.

Son corps même devient un enjeu de l’histoire. Cregger est un cinéaste habile et arrive constamment à se démarquer. Ce n’est pas un produit standardisé. Le film dans son aspect burlesque propose une vraie expérience de cinéma.

Les cadres sont élégants. La photographie joue sur les contrastes. La première partie dans la campagne enneigée fait réfléchir sur la solitude. Le grand guignol est justement dosé. La musique lorgne sur le minimalisme de John Carpenter. Comme dans Évanouis, il y a un goût pour l’observation qui prête à rire.

L’exercice de style ou l’œuvre de commande sont dépassés : Zach Cregger impose sa pâte. Il conserve la virtuosité narrative des jeux pour faire effectivement un film plus que ludique: réellement drôle. Rire devant tant d’horreur. Quel bonheur!

Au cinéma le 16 septembre 2026
Avec Austin Abrams, Kali Reis, Paul Walter Hauser et Zach Cherry
Metropolitan – 1h37

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