Désormais chez Marvel, à défaut de faire de bons films, on organise des séances de psychologie. Et il faut l’avouer : ça fonctionne.
Le dernier relativement bon spectacle offert par Marvel, ce fut les Thunderbolts et ses héros qui devaient assumer le statut de seconds couteaux. Une idée marrante doublée d’un méchant schizophrène, presque attachant.
Le quatrième film sur Spider Man est sur le même ton. Le poids des émotions contenues, l’évitement, l’oubli de soi… Nous ne sommes plus au temps du lycée et des amourettes naissantes. Non, Peter Parker est bien atteint. Une policière lui fait constamment le reproche de ne pas se reposer. Et l’épuisement guette le héros. Tout comme la dépression.
Cet état somatique est le sujet du nouveau film Marvel. Tout va tourner autour de cela : les effets que cela provoque sur ce super héros qui se limite à sauver New York. Pour rappel : dans l’épisode précédent, Peter Parker a fait perdre la mémoire à la Terre entière, y compris sa petite amie et son meilleur pote.
Depuis, il se consacre à son rôle de justicier solitaire. Et ça lui pèse ! Son seul pote, c’est le psychopathe Punisher qui règle tous les problèmes à coups de fusils et de bourre pifs. Rien ne va pour notre homme araignée qui finit par s’emmêler dans sa propre toile.
D’autant qu’une nouvelle menace s’abat sur la ville. Malgré tous ses doutes, notre héros va mener l’enquête. Et c’est d’ailleurs ce qui est vraiment amusant de cet épisode. On retrouve plusieurs caractéristiques de la bande dessinée.
Spidey se balade de site en site pour trouver des indices. Il aide la police. Il se veut vertueux et au service de la population. Il a clairement New York dans le sang. C’est ce qu’a compris le réalisateur Destin Daniel Cretton qui réussit à faire… du cinéma.
Il n’a pas la science de Sam Raimi, auteur de la première trilogie mais enfin, on a des sensations de cinéma : des vertiges singuliers, des angles étonnants, des cadres emballants et une photographie qui nous absorbe dans la ville, reflet du personnage central.
D’ailleurs on apprécie que la combinaison de Spider Man ne soit plus la machine à gadgets des derniers épisodes. Ici, le justicier ne peut que compter sur sa dextérité et sa vélocité. Et c’est tant mieux. On est au plus près du personnage. Il redevient ce héros presque ordinaire en rouge et bleu.
Cela permet un jeu nuancé de la part de Tom Holland, vraiment investi dans cette crise identitaire de Spider Man. Même la musique se fait plus apaisée et trouve, elle aussi, encore des subtilités dans les thèmes mélodiques. Brand New Day serait donc une bonne surprise ?
Evidemment ! Mais cela reste un blockbuster Marvel. Donc il y a encore de nombreux défauts comme cette sensation désagréable de regarder une longue publicité pour l’univers Marvel, le célèbre MCU. Les producteurs font un film sur un personnage mais ne peuvent pas s’empêcher de penser aux autres franchises, passées ou à venir.
Et au milieu de tout cela, il faut un scénario pour faire rentrer tout ce petit monde. Ce qui est impossible car les enjeux logiquement s’éparpillent. Donc si le traitement des protagonistes est rassurant et habile, le scénario se noie un peu dans des sous intrigues déjà diluées.
Mais il est vrai qu’avec toutes les bouzasses intergalactiques que Marvel a essayé de nous vendre ces dernières années, ce nouveau Spider Man donnerait le sentiment d’une bonne thérapie qui soigne les bobos des cinéphiles. Vraiment !
Au cinéma le 2 juillet 2026
avec Tom Holland, Zendaya, Sadie Sinks et Marisa Tomei – Sony Marvel – 2h25

