On My One

Le petit prodige de la pop britannique s’émancipe de son étiquette et désarçonne l’auditeur avec un troisième album qui n’en fait qu’à sa tête… à claques.

Jake Bugg, c’était une petite tête à claques qui avait parfaitement digéré Bob Dylan ou Oasis pour balancer quelques titres spectaculaires de maîtrise lorsque l’on a 18 ans. Après un premier disque remarqué, il fait signer le second par Rick Rubin, producteur américain à qui l’on doit les Beastie Boys ou les Red Hot Chili Peppers. Pas mal quand on est un lads peu souriant de Notthingam.

Bugg a désormais de l’expérience pour se lancer tout seul dans la production de son troisième aventure musicale. En roue libre, il s’éparpille joyeusement dans tous les styles qu’il apprécie. Ils sont nombreux. Un peu à l’image de la pochette, c’est le fouillis, un patchwork presque baroque tellement ca part dans tous les sens.

Mais ce n’est pas désagréable. Quand il s’essaie à des choses electro urbaines, on a le droit de rester sceptique même si finalement ca ressemble un peu aux Stone Roses ou Happy Mondays. C’est daté, parfois raté, mais bon, à 22 ans, on se fait d’abord plaisir sans trop réfléchir. et c’est tout de même ce que l’on entend dans ce troisième essai. Bugg partage toutes ses passions. Sans réserve.

Rusé, il regarde et fouille tous les genres qu’il admire mais ne s’attarde jamais. L’album dépasse légèrement les 30 minutes. Donc quand il se plante, Jake Bugg ne le fait pas très longtemps. Même si on a du mal à digérer son ersatz de Careless Whisper, Never Wanna Dance, ringardissime!

Il fait donc du rap et de la soul, en se foutant des regards outrés et de l’étonnement. Car il refuse son étiquette de songwriter pour en épouser plusieurs. Il embrasse le terme « touche à tout » avec gourmandise. Néanmoins on est plus sensible à son art lorsqu’il s’inspire du blues ancestral ou d’une folk sèche.

Cela donne au final un album très bizarre avec une impression de navire sans capitaine mais l’ouverture d’esprit du héros de la pop est finalement une bonne nouvelle.

Un peu de maturité et Jake Bugg sera enfin l’artiste que l’on attend. Un peu de patience donc!

Mercury – 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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