Here

Allez, ça, c’est notre cadeau de Noel! Les Ecossais relèvent le kilt pour nous montrer la face cachée et si douce de la pop! Un pur moment de grâce. Album de l’année?

Il y a des milliards d’années, en 1991 environ, Teenage Fanclub faisait rougir de plaisir le leader de Nirvana et beaucoup de groupes anglais les admiraient. Il faut dire que les musiciens écossais savaient faire du rock: ils savaient faire couiner des guitares sur des refrains entêtants.

L’harmonie que l’on devinait dans leurs chansons n’était pas vraiment présente au sein d’un groupe à la discographie avec des hauts et des bas. Donc la vie du groupe fut chaotique avec des vrais chefs d’oeuvres (Songs from Northen Britain) des départs, des séparations, des fins à répétition. Pourtant tous les cinq ans environ, le groupe sort un disque pop et souvent agréable.

Mais leur style n’est pas renversant. Ce sont de solides artisans. Le chanteur a des allures de docteur de campagne. Le reste du groupe est discret et taiseux. Bref, ce n’est pas le rock’n’roll circus. Finalement c’est mieux que cela! Quand ils sont heureux de se voir, cela s’entend sur leurs compositions. Car le groupe vieillit bien. Le coté bruitiste des débuts a disparu. Il y a encore une guitare très capricieuse, qui veut bien semer quelques décharges électriques. Le rythme est plus sage.

L’envie subsiste malgré tout. La première impression de Here n’est pas du tout la bonne. On n’attendait plus grand chose de leur énième reformation. On entend bien les harmonies et les jolis riffs mais on se dit qu’ils sont désormais un peu trop sage pour nous surprendre. Mais il faut s’attarder.

Car petit à petit, le disque livre de beaux secrets lyriques et des chansons de toute beauté. Big Star et les Byrds ne sont pas très loin. La pop est un art délicat: c’est ce que rappelle le placide Norman Blake et sa petite bande. Ils sont sereins désormais mais baignent dans un psychédélisme léger avec des digressions sonores élégantes que l’on jugeait oisives dans un premier temps.

Ce dixième album retrouve toute la verve d’une pop pratiquée de manière quasi scientifique. Blake et les autres sont plus malins que la moyenne. Leurs chansons trouvent des équilibres qu’on n’espérait plus. Leur bonne humeur s’écoute sur chacune des chansons. Il y a aucun cynisme dans ce groupe qui continue et continuera de jouer car il aime ça. C’est pourquoi il ne s’embarque jamais dans de grandes ambitions. Teenage Fanclub trouve enfin la paix. Maintenant. Ici. Here. C’est là en tout cas que vous trouverez peut être l’album de l’année.

merge – 2016

Auteur: Pierre Loosdregt

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