Siestes acoustiques et littéraires Colibris, Bastien Lallemant, Maison de la Poésie
Avr19

Siestes acoustiques et littéraires Colibris, Bastien Lallemant, Maison de la Poésie

    Poésie et musique aussi engagée qu’enchantée. Le tout, allongé. Un plaisir intense ! A la Maison de la poésie, on n’est pas au bout de ses surprises. Ce dimanche, petits et grands prennent place sur la scène. Devant les instruments, chacun est invité à s’allonger. Oreiller sous la tête, les visages se détendent, les corps s’étirent, les esprits se prélassent. Entre un univers à la Léonard Cohen, des contes créés la veille où l’on croise des loutres, des scarabées et des attachés case, on part loin. Très loin. Dans l’esprit des colibris, la sieste invite à ralentir le rythme, à renouer avec la terre, avec ses sens. On retrouve l’intériorité militante du film documentaire En quête de sens. Marc de la Médadière au micro nous transporte dans une histoire pour reprendre confiance en soi. Dans l’obscurité, les sens sont chamboulés. D’où provient ce son si étrange ? D’une bouche ? D’un instrument de musique ? Nul ne sait, les yeux fermés. La guitare de Seb Martel et le violoncelle de Maëva Le Berre apaisent. Les voix elles-mêmes sont un instrument d’où sortent des mots chantants. Dans une langue simple et élégante : « Le soleil et la lune : Deux astres amoureux se tournant autour depuis si longtemps », l’oreille savoure de douces mélodies. C’est Bastien Lallemant qui est à l’origine de ce réjouissant concept : inviter des spectateurs à s’allonger dans une salle de spectacle faiblement éclairée (coussins fournis !), réunir une poignée de musiciens et d’écrivains et, sans micro ni amplification, offrir un concert tout acoustique. Bastien Lallemant revient cette fois-ci à la Maison de la Poésie pour des siestes « spécial Colibris», mouvement créé en 2007 sous l’impulsion de Pierre Rabhi pour la construction d’une société écologique et humaine. Une expérience d’écoute inédite pendant laquelle certains se sont endormis, tous se sont sentis vivants. Bravo. A quand la prochaine ? Dimanche 17 avril 2016...

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LIDWINE
Mai14

LIDWINE

Très vite les amplis, les micros, les sons électriques amènent une autre ambiance. L’acoustique aurait sublimé l’univers de cette jeune chanteuse, il l’a un peu dénaturé. Sa voix se hache. Le rythme se saccade. Si ce n’est le moment de grâce : avec la reprise électro de Silent night, le choix des chansons laisse imperméable.

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Misia à l’européen
Avr04

Misia à l’européen

Misia à l’Européen Grande chanteuse portugaise, Misia revient sur scène pour présenter son album Delikatessen Café Concerto. Ce disque est un dîner en temps de crise avec des grands noms de la chanson internationale type Iggy Pop avec lequel elle chante “La Chanson d’Hélène”. Avec sa voix envoutante, Misia reprend la tradition du fado et la rend contemporaine par des textes de poètes tels Fernando Pessoa. On est transporté lors de ses concerts. Ses mots entre deux chansons témoignent de toute sa sensibilité, sa culture et son humour. Rien de tel que la salle de l’Européen pour entrer dans l’univers de la chanteuse, entre fado, rumba, tango et bien d’autres...

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Stephan Eicher und die Automaten
Avr03

Stephan Eicher und die Automaten

Grâce à sa maitrise remarquable du langage de la musique et son amour de la scène, il évite deux écueils. Le premier : de faire de son concert solo un concept mégalo. Au contraire, il s’incline devant les instruments comme si les musiciens étaient derrière. Et le second : d’assurer une prouesse technique qui oublie l’émotion acoustique.

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Judith Chemla aux 3 Baudets
Fév28

Judith Chemla aux 3 Baudets

La déception est d’autant plus grande que Judith Chemla a un talent fou. Elle chante en araméen, en anglais comme en français ou en arabe. Ses voyages comme ses rencontres l’inspirent. Elle transporte au gré d’un répertoire sans frontières.

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Faada Freddy
Déc05

Faada Freddy

On venait de loin ce soir là pour le voir. Du Sud de la France, d’Espagne et même du Sénégal, le public black and white réuni est tout sourire de voir l’artiste et sa team. Vêtu de son gilet et son chapeau, le voilà, sur la scène du Trianon, un peu intimidé de le voir au grand complet. Avec beaucoup d’élégance, de grâce dans ses mouvements, sans parler de son énergie communicative, il emporte dans un univers melting pot.

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Le Roi et le Fermier
Oct30

Le Roi et le Fermier

Porté par des talents multiples, la troupe La Camusette croise les âges et les nationalités. De 30 à 60 ans, venus de Suisse, du Brésil, d’Italie, d’Espagne et France les sept chanteurs-comédiens accompagnés de sept musiciens montent des opéras comiques sous la direction de Catherine Escure.

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Alexandre Poulin
Oct22

Alexandre Poulin

Il livre des versions uniques à ses chansons, nous racontent leur origine.
Tel Bénabar ou Barbara il signe des chansons à texte, sans refrain nécessaire. D’un foyer africain de Paris, au quartier Hochelaga de Montréal, il nous raconte des histoires.

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Musique de l’annonce faite à Marie
Oct11

Musique de l’annonce faite à Marie

Performance vocale des comédiens Judith Chelma et Damien Bigourdan, le concert subjugue. Les deux s’en donnent à cœur joie pour interpréter Regina Coeli, l’air sicilien O Lola ou la Dalmatique. Leurs voix s’accordent en acoustique. Leurs énergies se transmettent. Judith Chemla en robe à paillette irradie la scène. Sa voix aussi puissante que douce donne des frissons.

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L’orchestre symphonique des 100 violons tziganes de Budapest – Théâtre des Champs-Elysées
Juin25

L’orchestre symphonique des 100 violons tziganes de Budapest – Théâtre des Champs-Elysées

  60 violons, 12 contrebasses, 6 cymbalums, 9 clarinettes, 6 violoncelles. Au programme, dépaysement, virtuosité et énergie. L’orchestre symphonique tzigane de Budapest en impose. En costume traditionnel, les musiciens s’installent et attendent le départ du premier violon JOZSEF LENDVAI CSOSCI, qui rythme en guise de chef d’orchestre l’ensemble musical. Johan Brahms, Vittorio Monti, Tchaïkovski, Johann Strauss I et II, et de nombreux autres grands compositeurs passent par les cordes de l’orchestre qui se plaît à en donner des variations rythmiques qui emportent rapidement l’adhésion du public. La mécanique est bien huilée et ça dépote ! Si la première partie est relevée, la deuxième est nettement plus classique conformément au changement de costume des musiciens qui prennent une apparence viennoise. Un tzigane viennois, l’idée est plutôt étonnante mais fonctionne. Rapidement le rythme reprend vite le dessus, cela semble plus fort qu’eux, l’âme tzigane prend le dessus. Offenbach et son galop infernal (French Cancan) d’Orphée aux enfers ouvre le bal. Le concert prend très souvent des airs du concert du nouvel an viennois. Les « Oupa » et les cris des musiciens viennent ajouter des vagues joyeuses. Le plaisir est là, sur scène comme dans la salle qui applaudit en rythme. La forme se veut simple en apparence et populaire au sens noble du terme. Mais qu’on ne s’y trompe pas, caler autant de musiciens sans chef d’orchestre en permanence et sans partitions est une jolie performance.  La salle contient peu d’enfants et c’est bien dommage, cela aurait pu être une formidable occasion de les initier à la culture classique et tzigane. A voir en...

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Imany, Faada Freddy et Sherika Sherard à la Bellevilloise
Juin23

Imany, Faada Freddy et Sherika Sherard à la Bellevilloise

Un très bon concert se repère ensuite aux versions uniques des chansons, à leurs mots d’introduction adressés au public. Et il y en eût ce soir.

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The Duke Ellington Orchestra / Grand Rex / Avril 2014
Avr30

The Duke Ellington Orchestra / Grand Rex / Avril 2014

Des les premières notes, on s’attache à cette quinzaine de musiciens qui ressemblent pour la plupart à des bons pères de famille ou des professeurs malins.

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Danseurs de cordes – LE QUATUOR – Alain SACHS
Fév11

Danseurs de cordes – LE QUATUOR – Alain SACHS

Un Quatuor au sommet de son art… Trente ans que le Quatuor foule les planches de France et de Navarre. Ce soir le Quatuor est au Théâtre des Champs Elysées pour quelques soirées avec leur dernière création « Danseurs de cordes » mis en scène par Alain Sachs. Trois violonistes, un violoncelliste contrebassiste et c’est parti pour une heure trente de plaisir burlesque. Les mélomanes en auront pour leur compte. Jean-Claude Camors, Laurent Vercambre, Pierre Ganem, Jean-Yves Lacombe jouent dans la cour des grands. Les voilà qui entrent à la queue-leu-leu sur le plateau des Champs-Elysées sous le regard des Muses qui ornent la coupole du théâtre. Le public sourit devant leur présence scénique. L’espace s’adapte à leurs gestes. L’orchestration est réglée au millimètre. Queue de pie, nœud papillon. Regard, écoute. Contraste de genre, de corps et d’esprit. La mécanique du rire est en route. Et cela ne s’arrêtera plus. Le public, captif tombe dans tous les pièges musicaux et théâtraux. Les tableaux s’enchaînent avec des réussites scéniques évidentes. Très drôle scène sur la création de Farinelli, excellent parodie country dans laquelle Laurent Vercambre prend habillement le pouvoir scénique. Superbe hommage aux plus grands compositeurs classiques qui dérive progressivement dans l’hommage pop-rock, le tout au violon, de Beethoven à Lennon, Morrison, et Sting en passant par Prokofiev. Il y a de la voltige et de l’esprit. Quelques pas, quelques lumières et les étuis des instruments deviennent des soucoupes volantes. Quelques notes de musique, un drapé orange et voilà la scène transformée en plateau de danse indienne. Une bouilloire sifflante et nous voilà transportés en pays bigouden. Moucheurs de chandelles, bouchers ou contrebassiste de brasserie, les humbles sont des héros comme les autres pour le Quatuor. La poésie est partout pour celui qui sait l’entendre. Un espiègle enchantement. Il faut forcément avoir une haute idée de la musique pour en jouer avec autant de talent et oser la bousculer avec autant de malice. Grands comiques du XXe et XXI e siècle, sûr qu’ils laisseront leur empreinte dans l’histoire des trublions de l’histoire de la musique. A voir dès que l’occasion se présente, que ce soit dans Danseurs de cordes ou Bouquet Final.   Sébastien Mounié © Etat-critique.com –...

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Matthieu Boré au Sunside / Matthieu Boré QUARTET
Avr19

Matthieu Boré au Sunside / Matthieu Boré QUARTET

Il y a de la joie au Sunside ! On avait beaucoup aimé Frizzante, son album paru en 2010, quand on a su qu’il passait au Sunside pour trois sets de musique comprenant son denier album, on n’a pas hésité à prendre des places pour la rédaction. Le 60 rue des Lombards est plein. Mojitos, bières, petits vins blancs frais. Matthieu Boré au piano et au chant. Tony Match à la batterie. Le compagnon de route de Matthieu est là aussi, à la contre-basse, le bien nommé Stephen Harrison. Toujours la même classe digne d’un polar à Chicago. Et à la guitare, le bluesman, Stan Noubard Pacha. Tous les ingrédients sont là pour que une soirée jazz en bonne et due forme. Dès le premier set, le quartet enflamme le public. Matthieu Boré, pétillant, reprend des chansons de Frizzante mais aussi de Roots, son dernier album. De très belles reprises. Si Georgia est en-dessous de l’interprétation du Genious, Ray Charles – comment dépasser, réinterpréter ce morceau d’anthologie ?- les reprises de Prince – Girls and Boys- et surtout de Terence Trente d’Arby – Sign your name- sont de vraies redécouvertes. Grande surprise avec Wake me up de Geroges Mickaël qui amuse beaucoup ma compagne. Celle-ci me glisse à l’oreille que tout le monde devrait avoir ce morceau dans sa voiture le matin pour attirer la bonne humeur. Les duos vocaux de Matthieu Boré et de Stephen Harrison sont un vrai plus. Quant à Stan Noubard Pacha, il illumine très souvent chaque morceau de chorus improvisés particulièrement en phase avec le phrasé et le swing naturel de Matthieu Boré. Le blues de Stan Noubard Pacha et son touché aussi sensuel que pêchu apportent une couleur supplémentaire à l’ensemble. On sourit, on applaudit des riffs parfois directement inspirés de John Lee Hooker. Deux spectateurs dansent dans la salle. Il y a de la joie au Sunside. Le Trenet du Jazz s’amuse à en perdre ses musiciens qui lui courent après et le regardent souvent en fin de course pour repérer la ligne d’arrivée. Ces fins qui ressemblent parfois à des dérapages contrôlés ! Le Sunside est une petite salle qui permet de rencontrer facilement les artistes entre deux sets. On ne peut que vous conseiller d’aller écouter le quartet de Mathieu Boré. Plaisir garanti. Un jazz vivant, facile d’accès et...

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Dancing with the sound hobbyst, Zita SWOON GROUP et Simon MAYER
Déc05

Dancing with the sound hobbyst, Zita SWOON GROUP et Simon MAYER

Un concert « rock tropical » chorégraphié par Simon Mayer, danseur de Rosas (Anne Teresa de Keersmaecker) : une proposition extrêmement énergique du belge Stef Kamil Carlens (ex dEUS). Zita Swoon Group est un collectif de musiciens aux origines sonores les plus disparates, un laboratoire rythmique où cohabitent l’orgue, la guitare, les percussions, les xylophones, la basse, la contrebasse, le piano, les claviers, ainsi que les voix de deux choristes femmes et bien sûr celle immédiatement reconnaissable de Stef Kamil Carlens.   Coaché par Anne Teresa de Keersmaecker, le danseur Simon Mayer interagit avec les musiciens à travers une gestualité exacerbée, nerveuse et primitive, sautant d’un coin à l’autre d’une scène très étroite puisque presque entièrement occupée par les différents instruments du groupe. Cette contrainte spatiale est peut-être un parti pris chorégraphique, mais elle montre rapidement ses limites, manquant d’originalité et de richesse expressive.   Le concert apparaît d’ailleurs tout à fait inadapté au contexte imposé par l’Arsenal : l’énergie « rock tropical » de Zita Swoon Groupe se trouve bloquée dans sa communication avec le public définitivement assis, physiquement inactif. Les sonorités de ce groupe auraient dû profiter d’une salle de musiques actuelles où le public aurait eu la possibilité de danser ! On a presque l’impression que, malgré les qualités remarquables des musiciens et l’intensité des morceaux joués, tous leurs efforts sont vains face aux spectateurs immobiles dont la seule réponse sera les applaudissements à la fin de chaque morceau.   La danse de Simon Mayer, souvent accompagné dans ses chorégraphies par les deux choristes, manque de force, de précision et de magnétisme. Sans doute un choix délibéré : une intense agitation décousue voulant correspondre avec les expérimentations rythmiques de Zita Swoon Group. Personnellement, j’ai été très peu sensible à sa gestualité et les sentiments du public à la sortie de la salle sont extrêmement divergents, entre ceux qui ont adoré le spectacle et l’interaction musiciens-danseur et ceux qui n’ont pas du tout été convaincus.   L’élément chorégraphique semble beaucoup plus réussi en ce qui concerne les mouvements et surtout la présence scénique du chanteur, du pianiste, du bassiste et des percussionnistes, capables de donner du caractère à leur jeu.   La performance sonore créée à travers le mouvement de plusieurs cordes par un des deux percussionnistes vers la fin du spectacle est d’ailleurs un moment riche de tension et de beauté visuelle, pour moi le seul beau souvenir de ce spectacle.   Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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The Ballad of Sexual Dependency, Tiger LILLIES et Nan GOLDIN
Mar08

The Ballad of Sexual Dependency, Tiger LILLIES et Nan GOLDIN

A l’Arsenal de Metz, le cabaret de The Tiger Lillies  et le diaporama de Nan Goldin s’unissent dans une ballade étrangement rythmée.     Les photographies de The Ballad of Sexual Dependency retracent 10 ans de la vie de Nan Goldin, ses rencontres, des moments d’intimité partagée dans les milieux underground et white trash américains et européens. Dans ce diaporama, l’enchaînement saccadé des clichés rend difficile l’observation posée des compositions des images. Nan Goldin impose au spectateur une suite infinie de corps seuls ou en couple, des regards caméra dévoilant brièvement un visage battu, le quotidien dans un appartement minable, le temps passé dans un bar.   La photographe nous met face à la drogue, au sexe, à la violence, mais aussi face à des moments paisibles dans une baignoire, des jeux d’enfants, de vieux couples assis dans leur cuisine.   La douleur, l’angoisse, la dureté de la vie ne sont jamais trop loin et ces sensations ont probablement inspiré The Tiger Lillies dans la création de ce ciné-concert.   Perpétuant la tradition de la chanson de bordel, les anglais développent un univers et une musicalité proches de Tom Waits où les histoires de beuveries côtoient les déboires de prostituées et de délinquants. Martyn Jacques, sorte de de King Diamond avec la voix de Jimmy Sommerville, chante la pisse et la merde, la beauté et la tristesse.   Une vie rude, des tonalités âpres semblables à celles de Nan Goldin avec un étrange décalage temporel de quelques décennies, voilà le ciné-concert proposé par The Tiger Lillies sur les images de la photographe américaine. Un même esprit, des thématiques très proches qui rendent le spectacle extrêmement passionnant pour le public de l’Arsenal.   Et pourtant la mélancolie des sonorités du groupe anglais correspond finalement très peu au côté cru et touchant des photos de Nan Goldin : si chez The Tiger Lillies tout est souvenir partiellement idéalisé d’une époque passée, chez Goldin, les clichés placent le spectateur face à un réel très chargé historiquement (les années 80), politiquement et socialement, face à des relations amicales et amoureuses douloureuses, rudes, mais aussi profondément fertiles artistiquement. Le réel de ces photos est perpétuellement renvoyé à sa cruauté, aucune idéalisation nostalgique n’est possible. L’instant reste tel quel, vivant et violent, à tout moment. Voilà ce qui transforme le ciné-concert de The Tiger Lillies en une création bizarrement décalée.   http://www.tigerlillies.com/     www.arsenal-metz.fr/    Gloria Morano © Etat-critique.com –...

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DOMINIQUE A AU THEATRE DE LA VILLE
Jan31

DOMINIQUE A AU THEATRE DE LA VILLE

Un trait d’union entre hier et demain. Salle comble au Théâtre de la Ville pour cette soirée du 27 janvier. Les regards se croisent. Quarantenaires, trentenaires et plus, sont là pour refléter le parcours d’un chanteur musicien qui a pris son envol il y a une vingtaine d’années grâce au courage des oiseaux. La Fossette révèle un chanteur minimaliste lyrique qui se plaît à composer des chansons décomplexées assumant la brièveté et des phrases répétitives. Des phrases qui rappellent avec le recul la composition d’un haïku mélodieux. « Le courage des oiseaux a de la valeur parce que les mots sont raccords avec la mélodie et parce que c’est un slogan, une espèce de haïku. Pour moi, à la limite, ce que raconte le couplet, je m’en  fous et je pense que tout le monde s’en fout. Ils veulent juste entendre cette phrase… » dit Dominique A. Le concert se décompose en deux parties séparées par un entracte, une reprenant les titres de la Fossette, l’autre présentant des inédits du prochain album. Avec surprise, les titres de La Fossette n’ont pas pris une ride. Entouré de deux claviers aux frontières de deux époques, à cour un piano à queue et à jardin un clavier avec programmations, Dominique A reprend les titres de l’album du commencement. Vivement dimanche, Février, Trombes d’eau, Va t’en, L’un dans l’autre, Mes lapins, Sous la neige, Le courage des oiseaux, Les habitudes se perdent, Ce qui sépare, Passé l’hiver, La Folie des hommes et l’écho. Les titres montrent combien le répertoire des amants désunis est une thématique profonde et ancrée dans le lyrisme du chanteur. Les textes laissent entendre l’incompréhension qu’a le couple à communiquer, avec au bout, la rupture. Musicalement, la programmation de sons synthétiques et les boucles rythmiques donnent à l’ensemble un sentiment d’aliénation et de continuité inexorable. L’échec inévitable. Une poésie fatale qui donne à l’ensemble des allures de rêveries maladives tout en grâce. Si la gestuelle année 80 de Dominique a sur scène amuse un peu, on respecte la fluidité et la conviction de l’énergie déployée sur scène. Une sensualité portée par une voix reconnaissable, féminité et sincérité. Tout s’accélère après l’entracte lorsqu’un quintet à vent vient rejoindre la scène pour accompagner une nouvelle formation : batterie, basse électrique/contrebasse, guitare électrique. Les morceaux annoncent le prochain album de Dominique A prévu pour le 26 mars, Vers les lueurs. La prestation a du coffre. Jeff Hallam à la basse donne un rythme visuel à l’ensemble, accompagné par un jeune Thomas Poli à la guitare électrique en grande forme. La bandoulière tangue. Eclairage flamboyant, carrés d’ombres au sol.  Les artistes enchaînent les titres avec une énergie constante. Un vent...

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Concert au New Morning de Matthieu BORE
Mai03

Concert au New Morning de Matthieu BORE

    Matthieu Boré était au New Morning. Crooning et swing au programme. L’art de faire danser les notes.     Salle bondée au New Morning. Matthieu Boré est entouré de Stephen Harrison à la contrebasse, de Guillaume Nouaux à la batterie, de Guy Bonne à la clarinette et au sax tenor. Seront invités Ferruccio Spinetti à la contrebasse et Jean Marc Labbé au sax. Costume blanc et pompes blanches, Matthieu est au piano. Dès le départ Boré donne le LA de la soirée, une musique jazz directement inspirée des années 50. Entre swing et rock’n’roll, Matthieu insuffle dans ses mélodies toute sa jeunesse et toute sa tonicité pour un charme évident. Entre la douceur d’Elvis et la vivacité d’un Cab Calloway qui se cacherait derrière le piano mais plus pour très longtemps… Les musiciens s’amusent beaucoup sur scène et on aimerait s’amuser davantage dans la salle. Les culs frétillent rapidement sur les chaises trop serrées du New Morning. Les genoux font la pompe. On a simplement envie de tout envoyer valdinguer pour saisir sa partenaire de gauche et enchainer des pas de danses endiablés, comme au temps fort du Caveau de la Huchette. Stephen Harrison, le contre bassiste, lui, s’éclate. Costume trois pièces cravate, coupe de cheveux gominée et houpette de circonstance, le musicien au masque neutre, jubile intérieurement et se met de côté pour mieux taper sur sa contrebasse. Les pales de la climatisation se mettent en route et nous voilà dans un tripot des bas-fonds Chicagoans.  Les hélices tournent. Steven vient à l’avant-scène, fait faire des 360 à sa contrebasse quand il n’avance pas sa main surmontée d’un peigne noir pour remettre dans l’axe capillaire sa gomine-à-reluire. On sourit et on applaudit devant tant de comédie. Un air de bonheur. On voyage, on pense à Louis Prima, aux danseurs de claquettes et aux autres artistes de Music-Hall montés sur scène pour nous amuser plus que pour se nombriliser. Le concert est au-delà de son dernier album Frizzante (« pétillant » en italien). Une vraie rencontre avec la fraîcheur et la créativité d’artistes présents pour être, sans esbroufe dissimulée. On joue et on assume. On fait le spectacle pour un jazz populaire qui a fait danser des cohortes de noctambules. Matthieu oublie une grille pour le sax, qu’importe, on ajoute quelques grilles pour permettre au sax de chorusser et de partager avec le public ses moments de bonheur. Le public ne participe pas assez, on stoppe, on dialogue le sourire en coin avec le public et ça repart au piano. La voix est convaincante, les compositions de structure classique sur le fond mais modernes sur la forme et le ton utilisé. Une...

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Le Cirque des Mirages aux Trois Baudets / Yanowski et Fred Parker
Nov19

Le Cirque des Mirages aux Trois Baudets / Yanowski et Fred Parker

Il ne manquait plus qu’eux aux Trois Baudets. Le Cirque des Mirages a bien voulu y faire une pause. Un choc de grâce et d’humour pour amoureux des maux. Cela fait plusieurs années qu’ils sillonnent la France de long en large, Fred Parker le pianiste et Yanowski l’auteur chanteur de cet incroyable duo expressionniste. L’esthétique est fondée sur un mélange de poésie, de chant et de grâce. La narration commence avec les déboires d’un auteur endetté poursuivi par un huissier. L’histoire finit mal, un meurtre non prémédité. L’huissier est assassiné à coup de grands gestes, d’éclairage  et de touches de piano : des noires. S’ensuivent alors des histoires empruntées à l’absurdité de notre monde. Du bureau administratif fermé à l’heure pétante qui ne permet pas de délivrer un récépissé, au terrible destin d’un employé, affublé de l’indélicate phrase « il est con Jambier », tout est là pour accabler les hommes souvent désireux d’en finir eux-mêmes avec l’humanité. Les Barbares sont partout autour de nous. Parker et Yanowski nous le font rapidement comprendre avec une langue qui élève le spectateur vers un monde imaginaire de finesse et de beauté. Les mots sont choisis pour éveiller l’oreille et le temps dans un rythme effréné qui ne ménage jamais le corps du comédien chanteur, étiré, chamboulé,  sur un plateau vidé pour mieux résonner avec le martèlement des maux. Yanowski suit les mots les mâche et les digère, une respiration humaine qui percute et jamais ne lasse. On retrouve l’extravagance des voix de l’opéra,  la grâce gestuelle d’une Barbara, l’androgynie des pantins manipulés au gré du vent et du destin, la noirceur et la dureté de l’artisan perfectionniste qui va au bout de l’intention. Une étonnante loufoquerie qui manipule avec talent l’Amour et la Mort. Yanowski et Parker sont deux magnifiques icônes du spectacle vivant. A découvrir d’urgence. Le Cirque des Mirages :http://www.cirquedesmirages.com/index.php Les Trois Baudets : http://www.lestroisbaudets.com/   Sébastien Mounié© Etat-critique.com – 19/11/2009 – Le cirque des mirages DU 10 AU 29 novembre 2009 les trois baudets 64 bd de clichy paris 18 infos@lestroisbaudets.com réservation/info lestroisbaudets.com ou Par tél au 01 42 62 33...

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F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH
Oct03

F.A.I. 2009 / BERTRAND BELIN et TATIANA MLADENOVICH

          Bertrand Belin rencontre Tatiana Mladenovich dans le cadre du Festival des attitudes indépendantes. La finesse en action. Bertrand Belin est un personnage à lui tout seul. Peu connu du grand public, il l’est surtout des passionnés de la guitare et des artistes français avec lesquels il collabore très souvent dans l’ombre des studios comme arrangeur compositeur ou guitariste. Voix d’outre-tombe susurrée près du micro, toucher de guitare à faire rougir les cordes, Bertrand a un charisme scénique qui fait pleurer les notes. Dans le cadre du Festival des attitudes indépendantes, le voilà au Théâtre des Trois Baudets, seul en scène avec Tatiana Mladenovitch à la batterie, une autre icone du paysage musical français. Tatiana, chevelure noire toujours ébouriffée, vêtue de bleu est à jardin. Bertrand, veste beige, chemise rouge et Jean noir occupe le reste du petit plateau, borné par les amplis et ses deux guitares côté cour. Et c’est parti pour plus d’une heure d’échanges musicaux. Duo de charme, la paire fonctionne à merveille. Bertrand reprend avec allégresse « colosse » et des titres plus récents de la Perdue, son dernier album. En parfaite harmonie avec Tatiana, réceptive aux moindres variations de la guitare, le chant de Bertrand colle aux notes. Peu de mots. Juste une harmonie vocale pour suggérer plus que pour imposer. Belin est un dandy. Le dandy se dandine sur scène avec sa femme-guitare. Il glisse sur la scène autour de la batterie. Ca patine et ca provoque, ça regarde et ça séduit, jeu de jambes à l’appui. Un savant mélange de désir et d’humilité autour de la reine Musique. Une recherche permanente d’équilibre de notes et de sons dans des ballades folk-rock qui prennent des chemins forcément inhabituels. Alors quand Tatiana se lance vocalement dans des contre-chants en nappe vocale ou en chœur, c’est à tomber par terre. Somptueux de finesse et d’élégance. La grande classe. Belin et Mladenovitch viennent une fois plus de prouver que c’est dans l’à-côté que se créent les plus belles surprises et les plus beaux bonheurs. Même si cela fait longtemps que ces deux artistes se connaissent, la sincérité reste d’une grande beauté. Si leur chemin passe près du vôtre, ne les loupez pas. Un duo à connaître absolument. http://www.myspace.com/bertrandbelin     Sébastien...

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