The detection club

Association d’auteurs anglais de romans policiers, le Detection Club mène l’enquête et nous rappelle les vertus jouissives du genre.

Les dix regles d’or du roman policier:

1/ le criminel doit être quelqu’un mentionné plus tot dans l’histoire.
2/ le détective ne doit pas utiliser de techniques surnaturelles
3/ L’usage de plus d’un passage secret ne saurait être toléré
4/ Des poisons inconnnus ne peuvent être utilisés
5/ Aucun Chinois ne doit figurer dans l’histoire
6/ Aucun accident ne doit aider le détective
7/ Le détective ne doit pas commettre lui même le crime
8/ Le détective ne doit pas utiliser les indices qui n’ont pas été présentés au lecteur pour résoudre l’affaire
9/ Les observateurs ont le droit de tirer de présenter leurs propres conclusions
10/ Il ne doit pas être fait usage de jumeaux.

Voilà les valeurs défendues par le Detection Club, qui réunit depuis les années 30, des romanciers passionnés par l’investigation. On y trouve Agatha Christie, GK Chesterton ou encore l’Américain John Dickson Carr. Ce sont des sommités dans leur domaine.

Ils aiment se retrouver pour disserter sur leur art. Mais un mystérieux milliardaire invite les auteurs sur son île perdue dans les Cornouailles. Roderick Ghill ne croit qu’aux mathématiques. Il a inventé un robot. Il pense que l’algorythme gouvernera le Monde. Il agace ses hôtes avec ses rêves fous. Pendant la nuit, le nabab disparait!

Jean Harambat met en place alors une délicieuse enquête à l’ancienne avec des enquêteurs bavards et rigolards, des suspects nombreux et une police qui se résout à être spectatrice.

Avec ses études de philosophie, le dessinateur a une fois de plus toutes les armes pour nous offrir un super divertissement où les réflexions ne sont pas anodines. Les régles sont faites pour être transgressées.

Comme un bon polar, la bédé est un reflet déformé de nos inquiétudes et nos faiblesses. Tout ca se fait dans un raffinement certain. Harambat croque le passé pour mieux dépeindre notre présent.

Mais avant tout, Le Detection Club est un bédé enlevé, intelligente à l’intrigue digne d’un roman des années 40 ou 50. On s’amuse beaucoup. On est heureux de redécouvrir ces écrivains décalés et brillants. So british!

Dargaud – 130 pages


Auteur: Pierre Loosdregt

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