Le traître

Allez c’est le moment de Noel, on écoute des chants de Noel et de vieilles chansons rétro. On est nostalgique d’une époque où les voyous étaient classes et avaient de l’honneur. C’est ce que semble regretter le prestigieux Marco Bellochio!

On a du mal à croire qu’il s’agit du même type qui avait fait vibrer la croisette avec un Diable au Corps ridicule. Désormais il est un cinéaste majeur, au langage cinématographique complexe et à la liberté de ton assez impressionnante.

Mais peut être va t il un peu trop loin avec ce très long métrage sur la mafia de Palerme. Tommaso Buscetto. Voilà la biographie que veut nous conter le cinéaste italien. L’homme qui a parlé au juge Falcone. L’homme qui a cru que la Cosa Nostra avait de l’honneur. L’homme qui a fui la Sicile et qui pourtant reviendra tout le temps en Italie, pour dénoncer les tristes desseins de l’organisation.

Sur ce personnage ambigu, Bellochio organise un immense réquisitoire sur cette Italie un peu trop silencieuse, qui s’arrange avec des personnage pas très respectables.

Aidé par un Pierfrancesco Favino, massif et inquiet, le réalisateur fabrique un anti héros incroyable qui fascine. Car ce type porte sur lui tout le poids de la fin des valeurs.

Il ne montre rien mais tout en suggestion, le réalisateur le coince dans des retranchements moraux qui interrogent aussi le spectateur. Passionnant. Hélas, la mise en scène souvent fluide s’attarde un peu trop sur les détails.

Les procès poussent à la folie. Bellochio est plus ou moins un moraliste. Il a bien observé la société dans laquelle il vit. Il dénonce mais il prend bien son temps pour théâtraliser cette mafia affolée par l’argent et la drogue.

On tient bien à notre personnage central mais trop souvent, le temps est long. Il y a de belles idées mais Bellochio appuie trop longtemps là ou ca fait mal. C’est dommage car le film a des qualités énormes. Il s’agit de cinéma. Mais le cinéma c’est aussi l’art de l’elipse!



Avec PierFrancesco Pavino, Maria Fernanda Fervino, Fabrizio Ferracane et Luigi Lo Cascio – 30 octobre 2019 – ad vitam – 2h30

Auteur: Pierre Loosdregt

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