Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie, Ville
Mai22

Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie, Ville

On ne pourrait pas voir trop souvent de pièces de l’éternelle Pina; ce serait trop d’émotion et de beauté d’un coup, ça déborderait sur la Vie. Il faut voir dans la rareté, une cérémonie du Wuppertal, puis retourner à sa vie les yeux pleins, et laisser venir la danse qui relie les deux dans des histoires et des rondes à l’infini… On souhaite que ça ne s’arrête jamais; on célèbre chaque année la conservation exemplaire d’un répertoire sans prix, né de la communauté profonde entre Pina Bausch et ses interprètes … Nelken, création phare de 1982, qui reparaît aujourd’hui au Châtelet comme si elle venait de fleurir, traite de la Mémoire intime. Très sensorielle, cette narration en mouvements associe librement pour dévoiler l’enfant dans l’adulte. On y retrouve le cocasse et les violences parfois des jeux d’enfants; l’absurde toujours des paroles des adultes adressées à l’enfant. Cette danse-théâtre est “un exercice d’enfance”: il ne s’agirait pas de vieillir en oubliant de jouer… Certains des interprètes historiques sont remplacés déjà, mais pas de tristesse: la marche inéluctable du temps, on la suit avec joie et nonchalance; et aussi avec cérémonie, en grande pompe et robes de bal… Pourquoi on a dansé au commencement, pourquoi ne peut-on plus danser de la même façon? Comment danse-t-on avec son corps de maintenant, tout en pensant et en parlant de ses souvenirs?… Sur scène, se succèdent de puissants rites de passage, des épreuves, des “grands sauts”. Après ces expériences, il apparaît que les interprètes ont retrouvé quelque chose qui a fait venir la joie: un langage simple et sensible, qui a rétabli le pont entre l’avant et l’après. Visuellement, les couleurs plantant le théâtre sont à couper le souffle. La salle entière est entraînée dans la ronde, symbole fétiche de la chorégraphe. “On ouvre le bras droit, le bras gauche; on ramène le bras droit vers sa poitrine, puis le bras gauche”… Sur cette invite, spectateurs et danseurs enlacent un même imaginaire; pour la plus longue des dernières danses… Du 12 au 17 Mai 2015 au Théâtre de la Ville, Paris Nelken, Tanztheater Wuppertal, Pina...

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Still Current, Russel Maliphant Company, Champs Elysées
Mai22

Still Current, Russel Maliphant Company, Champs Elysées

On retrouve, dans ce programme de cinq solos et duos, la très belle pièce Afterlight découverte à Chaillot en 2011 en hommage à Nijinsky. Un jeune danseur, à l’étrangeté chimérique du Faune, déroule un manège virtuose mêlant lascivement les vocabulaires gestuels du classique et du break-danse, dans une lumière crépusculaire et sur les Gnossiennes de Satie. Ainsi est la danse des interprètes de Russel Maliphant; hybride et graphique, sculptant l’espace et la lumière. Dans sa création Still Current, le très beau danseur Carys Staton (dont le morceau de bravoure Still en ouverture évoque la sortie d’enfermement) conduit un pas de deux saccadé entre apparition et effacement. Le travail de lumière est remarquable: autour des deux interprètes, un périmètre évanescent se rétracte puis se dilate semblant faire vaciller la scène en fonction de la célérité des danseurs. La qualité chorégraphique passe ainsi du puissant au fragile, témoignant du métissage de la technique. On s’étonne bien-sûr de cette nouvelle génération de chorégraphes à “formats courts”, comme Hofesh Shechter également… L’élégance du travail de Maliphant ne manque pas, néanmoins, d’être remarquable. du 19 au 20 mai 2015 Théâtre des Champs Élysées,...

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Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie,
Mai14

Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie,

  Un horizon d’œillets. La transparence des tiges, le plein des fleurs, clignez des yeux tout se noue se joue le cœur bat, l’image est sublime, notre corps entier, notre perception sensible sont déjà sollicités, viennent les danseurs, les 23 danseurs de cette chorégraphie – Nelken – dans un champ d’œillets. Champ de beauté, sol encombré, pour Palermo Palermo c’était le mur tombé qui obligeait le corps et la pensée à des tours, des détours, ici les œillets dressés forment la frontière fragile entre le public et la scène. Tandis qu’ils s’avancent, les danseurs, hommes et femmes, leurs jambes floutées par 9000 tiges fines, un effacement optique qui donne aux corps encore plus de chair, encore plus d’aplomb, tandis qu’ils s’avancent la mer d’œillets vibre, ondule, l’immobilité chavire. Lever haut les jambes, contourner l’abîme ne rien abîmer, obstacle palpable, sortir de scène toujours haut levés, comment ne pas froisser la beauté, comment dire le monde fragile ? Ainsi. En silence, langue des signes, Lutz Förster parle, The Man I Love, à présent la voix chaude, les mains signent toujours, nous apprennent nous parlent, la danse est langue des signes, à présent chaque geste sera signifiant, notre œil, oreille, notre ouïe, vision, nos mains, notre peau, récepteurs, Pina Bausch excelle à multiplier les perceptions, à nous rendre vivants. D’éblouissement en éblouissement l’écriture chorégraphique raconte et suggère, elle propose et creuse, solos ou chahut, chaos ou extase, se jouent se parlent et se dansent. Le cœur battant. Micro posé sur la poitrine de l’un ou l’autre, ça bat, de peur de course d’amour. Et le vôtre et le nôtre de cœur comment battent-ils ? Bat-il toujours, êtes-vous vivants, comment êtes-vous vivants ? S’enterrer à la petite cuillère, allez, elle vous montre elle dévoile elle met à jour sur cette scène peu à peu, pas à pas dégradée, les violences du quotidien, violences langagières et corporelles accompagnées de la musique du cœur, chaque mot mesuré au sismographe du cœur au micro, ne vous remettez pas ne fermez pas l’œil, une femme nue en culotte blanche habillée d’un accordéon s’approche, elle fait son entrée, elle fait sa sortie, fend l’horizon d’œillets en talons hauts et voici des hommes en robes de gamines, des mutations, des bonds enjoués et en fond de scène, en fond de conscience, sur la ligne de l’Histoire Universelle de vrais gardes de vrais chiens de vraies peurs des vrais coups des vrais contrôles d’identité. Ruptures de tons, d’images, des histoires d’autorités et de place, de territoire, de fuite et de liberté. Les élans interrompus par les contrôles de passeports, à chaque contrôle moins de place pour la liberté, il/elle danse sur les...

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Pichet Klunchun and myself, Jérôme Bel, Théâtre de la Commune
Avr08

Pichet Klunchun and myself, Jérôme Bel, Théâtre de la Commune

Conversation en mouvements entre une étoile de la danse de masque thaïlandaise traditionnelle, le khon, et le trublion Jérôme Bel, inventeur de la non-danse… Au début, c’est l’esthétique du premier qui paraît assez impénétrable; répondant à l’interview béotienne de Jérôme Bel, il explicite dans un anglais approximatif les codes de cette pantomime où chaque geste est le fragment d’un long récit mythique. Danse-théâtre de doigts et de regards, pour quatre types de personnages (femme, homme, démon et singe), elle se déploie dans une fluidité extraordinaire selon un principe organisateur, le tracé d’un cercle puis le retour à des jonctions corporelles qui rassemblent et ramène l’énergie vers l’interprète. Ces spectacles, offrandes aux statues des temples, durent jusqu’à plusieurs semaines; la mort évoquée fréquemment au cours de ces longs récits ne peut être représentée directement sur scène… Au fil de cette causerie, hypnotisés par la beauté et la fluidité de Pichet Klunchun, nous voyons de plus en plus claires les formes tracées par son corps, nettement imprégné de ce vocabulaire. Nous entendons que Pichet a été destiné à cet art dès la naissance, et que son nom même est intimement connecté à cette pratique… Aujourd’hui le khon est en plein déclin en Thaïlande et se pastiche autour des piscines pour des touristes mis à l’écart de la société thaïlandaise… Pichet Klunchun explique son œuvre de reconnexion à la tradition, dans la nouvelle donne contemporaine.. Jusque-là Jérôme Bel, presque condescendant, semblait traiter cette Autre danse comme étrangère… Puis c’est au tour de Pichet de l’interroger, et le rapport de force bascule. Jérôme Bel n’est plus un danseur; il n’arrive plus à l’être reconnaît-il, il n’est pas un chorégraphe non plus… Jérôme Bel est un chercheur qui a posé son doute sur scène: “qu’est-ce que c’est être face public; pour y présenter quoi?” Alors il sidère Pichet, lui aussi dans un anglais approximatif, lorsqu’il tache d’expliquer que la non-danse est une rupture avec le spectacle classique, qu’elle vise à niveler la frontière entre le performeur et le spectateur… Qu’il y est question de la mort du corps, de comment s’arracher au rien pour devenir dansant… Que ce qui est bon à montrer c’est ce qui va amener le spectateur à penser; et que c’est un pari. Et Pichet Klunchun dit qu’il y a des choses qu’on ne veut pas voir dans son pays et que ces choses-là on les montre aux touristes dans des lieux où les thaïlandais ne vont pas… Cette confrontation questionne finalement les modes d’accès à la culture: quel sont les spectacles qui élèvent, ceux qui aliènent… Qui est ici le touriste sur la scène? Quel touriste de la danse...

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Afropéennes, Carreau du Temple
Mar17

Afropéennes, Carreau du Temple

Le spectacle Afropéennes, présenté au Carreau du Temple dans le cadre de la semaine « Africaparis », célèbre avec beaucoup d’intelligence et d’émotion la France noire et multiculturelle. Un savoureux moment qui apporte de la couleur et une jolie réflexion, dans cette période un peu morose ! Dans ce spectacle, Eva Doumbia raconte la vie quotidienne, les questions et les contradictions de quatre femmes prises entre tradition et modernité, mémoire et réalité. La metteuse en scène, française d’origine ivoirienne et malienne, allie une nouvelle fois les textes de Leonora Miano à une mise en scène dynamique. Mêlant théâtre, danse et chant, elle déconstruit l’image de la femme noire française et propose un nouveau qualificatif « afropéen » pour décrire cette réalité vécue. Les femmes que dépeint ici Eva Doumbia, comme souvent dans son travail, se sentent et se revendiquent avant tout françaises et parisiennes. Elles sont infusées dès leur enfance d’histoires et de représentations qui les classent comme génétiquement noires mais elles se rêvent avant tout comme des femmes de leur temps. Il faut signaler la qualité des acteurs qui nous embarquent ici dans le monde d’Eva Doumbia. Il semble qu’une partie au moins de la troupe suive la metteuse en scène depuis plusieurs années déjà. Ensemble, ils nous émeuvent et nous font vibrer ou rire avec eux. Ils interpellent le public, par exemple avec ce second couplet de la Marseillaise revisité qui donne un frisson tout particulier. Africaparis nous aura permis pendant une semaine de découvrir des créateurs « chercheurs » de modernité. Si le reste de la programmation d’Africaparis pouvait nous parfois nous interroger, Eva Doumbia et son spectacle « Afropéennes » sont une très belle incarnation de cette France moderne. Une artiste et un spectacle à...

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D’après une histoire vraie, Christian Rizzo, Arsenal, Metz
Mar07

D’après une histoire vraie, Christian Rizzo, Arsenal, Metz

Entre tradition et danse contemporaine, une danse folklorique masculine apparaît et disparaît, portée par les percussions de deux batteries. Christian Rizzo est de retour à Metz pour deux spectacles (le deuxième sera présenté dimanche 8 mars au Centre Pompidou-Metz) qui interrogent les résonances de la danse populaire dans les rythmiques et les gestualités d’aujourd’hui. Dans D’après une histoire vraie, huit danseurs travaillent les synchronismes et leurs variations dans une construction formelle qui parfois rappelle subtilement les recherches chorégraphiques d’Anne Teresa De Keersmaecker. Toute narration est absente de cette pièce, où les danseurs ne sont que mouvement et gestualité évocatrice. La chorégraphie populaire surgit au fur et à mesure, toujours détournée de ses puissances explicites par un savant travail sur le geste contemporain, d’abord sous forme d’allusions légères, puis avec de plus en plus de netteté. Le rythme des deux batteries présentes sur scène accentue l’énergie grandissante qui envahit les corps. La multitude de combinaisons des contacts entre ces corps masculins est travaillée avec une sensualité significative de laquelle surgissent les mouvements anciens, dévoilant leur polysémie et leur richesse sociale. D’après une histoire vraie est une pièce en suspens, qui tourne autour de l’idée de suggestion : entre ébauches et changements de directions continuels, pendant une heure le folklore est effleuré sous divers aspects, jusqu’au déchaînement final qui semble presque vaincre les danseurs à leur corps défendant. En enchantant le public messin, Christian Rizzo questionne de l’intérieur la danse populaire et son éloquence...

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Focus NeedCompany MaisonDahlBonnema – Rhythm Conference feat. Inner Splits / Maarten Seghers & the Horrible Facts – What do you mean what do you mean and other pleasantries
Mar07

Focus NeedCompany MaisonDahlBonnema – Rhythm Conference feat. Inner Splits / Maarten Seghers & the Horrible Facts – What do you mean what do you mean and other pleasantries

Dans le cadre du Festival Artdanthé, le Théâtre de Vanves propose un double spectacle de danse autour du rythme de la parole. Dans le spectacle de la compagnie MaisonDahlBonnema, deux hommes et deux femmes (le duo Anneke Bonnema et Hans Petter Dahl, accompagnés du batteur Nicolas Field et de la comédienne Catherine Travalletti) sont habillés de blanc, portent un long chapeau pointu blanc et se déplacent dans un espace complètement blanc. Dès le début, tout évoque l’univers : la pièce est une longue réflexion sur la terre, la vie, les images, les nouvelles technologies, l’humanité dans une perspective résolument apocalyptique. Une mise en scène assez pauvre, un travail sur le lien entre le rythme de la batterie, la parole et le mouvement qui tourne en rond. Entre pathos et ironie, sentencieux et décalage, Rhythm Conference se révèle un hymne à la vie new age au premier degré, assez frustrant, que seule la dernière partie (énumération-catalogue interminable de « choses » sous fond de musique krautrock) parvient à sauver de la banalité. A l’opposé, avec une mise en scène très simple et surprenante, la pièce de Maarten Seghers travaille en profondeur la parole, la limite entre le sens et le rythme, avec une ironie et une inventivité scénique impressionnantes. What do you mean… expérimente toutes les nuances de la satiété sémantique, lorsque la répétition des phrases, rythmées jusqu’à l’épuisement, perd son sens et devient pure sonorité. En parallèle, Maarten Seghers travaille le non-sens corporel, une gestualité à la fois absurde et sobre qui se joue autour d’une planche en bois collée au visage, en transformant le corps en un objet empêché, mais extraordinairement musical qui communique joyeusement avec le dispositif sonore du décor-caisse de résonance. Une mise en scène dépouillée et imaginative, où les répétitions, les silences, les attentes, portés par ce corps maladroit et hilarant, enchantent pour leur construction...

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Les Nuits, Ballet Preljocaj, Arsenal, Metz
Fév22

Les Nuits, Ballet Preljocaj, Arsenal, Metz

Le Ballet Preljocaj enchante une grande partie du public messin avec une pièce chorégraphique, inspirée des histoires des Milles et Une Nuits. Créée à l’occasion de Marseille-Provence 2013, Les Nuits s’ouvre par un tableau vivant du Bain Turc d’Ingres. Des mouvements hypnotiques et saccadés, une gestuelle précise et symétrique, un travail formel captivant sur la durée et le rythme : l’entrée en matière dans l’exotisme mystérieux de l’Orient sensuel est tout à fait réussie. Après ce début remarquable, la pièce se poursuit (et se perd) dans un défilé de séquences insistant de manière de plus en plus effrénée et, à notre avis, triviale, sur cette sensualité embrasée hétérosexuelle et homosexuelle correspondant à plusieurs clichés érotiques qui se révèlent involontairement comiques et cocasses. Les costumes et les musiques ajoutent de la grossièreté et du pathos au premier degré à cette suite de tableaux sensuels dans lesquels, parfois, les mouvements de groupe ne sont pas à la hauteur de la volonté formelle du chorégraphe. La pièce nous semble rester à la surface des questionnements culturels et, si l’on veut rester sur le plan purement chorégraphique, de la gestuelle érotique que le recueil de contes Les Mille et Une Nuits pourrait susciter aujourd’hui. Quelles corporalités donner à voir ? Quelle sexualité interroger et déployer ? Quelle vision de l’Orient mettre en jeu ? Ici, la danse ne creuse aucune question : Preljocaj nous semble fuir ces questions extrêmement politiques liées à l’émancipation du regard et des actes (notamment féminins) pour nous endormir avec une vague provocation sensuelle frivole et...

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L’Autre, Françoise Gillard, Comédie Française
Fév18

L’Autre, Françoise Gillard, Comédie Française

Nouvelle collaboration avec la chorégraphe Claire Richard, c’est aussi une nouvelle occasion pour ses camarades du “Français” d’abandonner leur langue habituelle (en vers ou en prose) et de s’essayer à cette chose étrange qu’est le langage du corps. Corps projeté, abandonné, maltraité, sauvé, embrassé ou porté. L’autre, c’est peut-être tout simplement le danseur pour le comédien et vice-versa.

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Afropéennes Eva Doumia
Fév17

Afropéennes Eva Doumia

Dans le cadre d’un week end Africaparis, le Carreau du temple se met aux couleurs et aux saveurs de l’Afrique. Créations artisanales, cours de danse, ateliers lecture et débats, contes et dégustations, une première afropéenne certainement suive de nombreuses autres!

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Le parlement des invisibles, Anne Collod, Arsenal, Metz
Fév09

Le parlement des invisibles, Anne Collod, Arsenal, Metz

Une pièce chorégraphique qui questionne l’influence des morts sur les corps vivants et qui réactive la puissance de la gestualité expressionniste. Dès le début, la nouvelle pièce d’Anne Collod nous plonge dans une ambiance sombre et captivante dans laquelle vaguent des corps-squelettes. Des silhouettes abstraites, des mouvements précis et stylisés : tout évoque clairement une ambiance expressionniste, dont l’intensité est redoublée par des projections sur les rideaux noirs du fond et sur des écrans-miroirs portés par les danseurs. Cette référence historique assumée par une abstraction géométrique extrême est le fil conducteur de la pièce, dans laquelle les corps des danseurs figurent la vie et la mort, leurs possibilités représentatives, leurs dialogues discontinus et imparfaits. Le parlement des invisibles travaille le concept de vitalisme (la séquence carnavalesque en est l’apogée), sa survivance à un siècle de distance ; elle questionne le sens que ce courant philosophique peut acquérir aujourd’hui. En travaillant différentes couches et qualités d’images, le flou des corps dans l’obscurité, l’ambiance de mystère associée à la puissance des compositions de Camille Sain-Saëns reprises par Pierre-Yves Macé, Anne Collod pousse le spectateur à un effort constant de compréhension des actions jouées sur scène et le surprend par moment avec des images puissantes et énigmatiques. La force conceptuelle de l’expressionnisme est ici réactivée comme image pure.    ...

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Barbe-neige et les sept petits cochons au bois dormant‏
Fév03

Barbe-neige et les sept petits cochons au bois dormant‏

  Du Perrault version Rita Mitsouko. Métissage réussi entre danse hip hop, personnages classiques et humour sans limite. A voir! Du Perrault version Rita Mitsouko. Métissage réussi entre danse hip hop, personnages classiques et humour sans limite. A voir! Dans le cadre de la 23e édition du Festival Suresnes Cité danse qui se déroule du 16 janvier au 10 février, Laura Scozzi est revenue avec son succès “Barbe-neige et les sept petits cochons au bois dormant”. Pour le plaisir du public séduit. L’italienne Laura Scozzi marie les contes de notre enfance avec les battle et la génération 2.0. Les décors sont flashy et les petites abeilles portent des Adidas blanches. A la fin, la bonne fée se fait rattraper par ses personnages et on tombe dans le quotidien en écho à la chanson Cendrillon de Téléphone. Ici Barbe Neige semble échappée d’un conte jusqu’à ce que la nuit tombe et qu’au réveil l’envers du décor entonne un air… « Les histoires d’amour finissent mal en général ». Dans cette version actualisée loin du Walt Disney, la Belle au bois dormant ne se réveille pas, Cendrillon perd ses Birkenstocks à paillettes en sortant de boite de nuit et les sept Blanche neige se ruent sur le pauvre nain après avoir ingurgité une Pink Ladie aphrodisiaque… Eclats de rire dans la salle. Autant dire que si tu viens pour le hip hop et Marvin Gay, c’est raté mais si tu viens pour rigoler c’est gagné! En même temps, difficile de breaker avec un déguisement d’ours en peluche. Quoique, les deux videurs de la boite de nuit de Cendrillon ne s’en sortent pas si mal… On sort enfin réconcilié avec le Prince charmant qui n’est pas du tout grand beau et fort mais plutôt gringalet, puéril et bourré. Du vécu? Heureusement Barbe bleue fait diversion avec un jeu de fesses d’enfer et un show de crooner digne de Barry White! Un vent de bonne humeur souffle sur Suresnes et son festival. Festival Suresnes cités danse – 23ème édition Durée 1h15...

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Contact, Philippe Decouflé, Théâtre de Chaillot
Jan16

Contact, Philippe Decouflé, Théâtre de Chaillot

  Des Dieux de l’Olympe à West Side story en passant par Charlie Chaplin et Pina Bausch, Philippe Decouflé passe en revue l’univers des comédies musicales. Succès mitigé. La Compagnie DCA (diversité, camaraderie, agilité) rassemble des jeunes, des moins jeunes, une femme enceinte, un tatoué, un beau noir, en tout seize danseurs, acteurs, musiciens sur la scène de Chaillot. Un monsieur Loyal mi Faust-mi Jean Claude assure la transition entre danse et cirque. Dans un ensemble décousu sans vraie histoire, des scènes dansées alternent avec l’envolée poétique de la voltigeuse de talent Suzanne Soler. On note des longueurs et des tableaux assez inexpressifs. Maître du déjanté, Decouflé nous perd quelque peu dans son touche à tout. Ce qui séduit par ailleurs dans Contact reste bien l’alchimie du spectacle vivant et de la vidéo. Des kaléidoscopes décuplent la force des images. Accompagnés de la musique de Nosfell parfois envahissante, les corps se rencontrent, la beauté apparaît. Sitôt on l’aperçoit, sitôt elle nous ravit, voici le propre de l’insaisissable beauté. Comme en suspension, on prolongerait bien l’émotion alors que déjà elle nous échappe. Reste la perfection du corps sculpté du danseur Sean Patrick Mombruno qui mérite à lui seul tous les Contacts…   Jusqu’au 06 février 2015 Théâtre National de Chaillot Durée 1h40...

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Torobaka, Akram Khan, Israel Galván, Théâtre de la Ville
Jan05

Torobaka, Akram Khan, Israel Galván, Théâtre de la Ville

Rencontre au sommet de deux virtuoses de la danse. Akram Khan et Israel Galvàn offrent un spectacle novateur à la croisée du flamenco et du kathak indien. De l’Inde à l’Andalousie, Akram Kahn et Israel Galvàn interrogent les racines de leurs danses respectives. Le Britannique d’origine bangladaise, chorégraphe de génie inspiré par la danse kathak de l’Inde du Nord partage la scène avec le Sévillan et inventeur d’une forme contemporaine de flamenco. Leur création Torobaka tire son nom du rapprochement entre le toro et à la vaca (« vache »), leurs « animaux sacrés » respectifs. Dans une arène dessinée d’un rond de lumière au sol, les deux danseurs se rencontrent pour la première fois sur la scène du Théâtre de la Ville. Chacun apprend de l’autre et ensemble, ils inventent des formes nouvelles. Sur fond d’admiration réciproque perceptible, ils s’attirent, se défient, s’intriguent. Les claquettes aux talons rencontrent les grelots traditionnels aux chevilles. Sur fond de musique sacrée, BC Manjunath, percussionniste indien, renversant de technicité synchronise la musique à la danse. Son rythme accompagne à merveille le mouvement des corps. Avec une ingéniosité remarquable dans les chorégraphies, les gestes, le jeu des mains ils offrent des duos empreints d’une grande liberté. Dommage alors que les moments de danse ensemble se fassent rares au profit de solos qui trainent en longueurs sans grande émotion. Hormis une sublime séquence d’Akram Kahn, dansant assis sur une chaise, dans un tempo endiablé. Mémorable. Torobaka met ainsi en lumière la richesse multiculturelle de la danse contemporaine à travers deux artistes authentiques.   Jusqu’au 05 janvier 2015 Théâtre de la Ville, Paris,...

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Sara Baras Ballet – Voces
Déc27

Sara Baras Ballet – Voces

On sent combien la famille du flamenco porte le deuil de l’immense guitariste Paco de Lucia, combien son souvenir hante les mémoires. Mais alors le flamenco si empreint de douleur trouve son exutoire par la danse et la chanson. Place à la fête !

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Asa Nisi Masa
Déc26

Asa Nisi Masa

Création originale et joyeuse du chorégraphe, metteur en scène et vidéaste, Asa Nisi Masa s’amuse de la rencontre de la danse et de l’image. Dans une synchronisation parfaite, l’écran suit les mouvements pour apporter le rire, le décalé.

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Tutu, Chicos Mambo, Bobino
Déc11

Tutu, Chicos Mambo, Bobino

  Une ode à la danse complètement déjantée. L’autodérision au masculin cartonne à Bobino. Allez rire ! Vous voulez voir un joueur des All Blacks danser en tutu? Découvrir une nouvelle chorégraphie de Dirty dancing avec un porté encore plus mémorable ? Ou encore une ballerine sur pointe suivie à la trace par une lignée de cygnes excités ? Les Chicos Mambo sont là pour vous. En vingt tableaux, six danseurs d’une beauté sculpturale revisitent l’univers de la danse. Du classique au hip hop, du tango à Pina Bausch, du rythmique à l’acrobatique, ils maitrisent tous les styles et s’en amusent. L’amour de la danse transparait de leur humour désopilant et la salle comble de Bobino semble le partager. Petits et grands, néophytes comme experts rient autant qu’ils applaudissent. Les chorégraphies parsemées de clins d’œil humoristiques alternent avec des solos à l’esthétique soignée. Dans des costumes et accessoires réussis de Corinne Petitpierre, ils passent de petit rat de l’opéra à fruit et légume, de cygne blanc à Patrick Swaize. Leur ton décalé plait, leur technique époustoufle. Avec autodérision et conviction ils tordent le cou aux a priori des hommes ayant épousé la carrière de danseur professionnel. À l’occasion des 20 ans de sa compagnie de renommée internationale, Philippe Lafeuille a redoublé d’imagination pour offrir au public un nouveau spectacle aussi étonnant qu’impressionnant. On comprend les prolongations. Profitez-en ! Jusqu’au 17 janvier 2015 à...

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Là où j’en suis, Florent Mahoukou
Nov28

Là où j’en suis, Florent Mahoukou

Une performance de danse contemporaine intéressante mais déstabilisante. Originaire du Congo Brazzaville, Florent Mahoukou rapproche dans ce spectacle son univers à celui de la danse japonaise. Deux pays qu’on ne verrait pas d’emblée si aisé de rapprocher. Des passerelles se créent à travers les pas et le maquillage traditionnel congolais tacheté dans la blanche peinture de Geisha. Sur le plateau parsemé de chaises en plastique, le corps de quatre danseurs congolais et une danseuse japonaise s’emmêlent. Mais sans rapport de séduction. La danseuse japonaise Arisa Shiraishi danse sur un pied d’égalité masculin-féminin. Quelques scènes de danse au ralenti accompagnées à la guitare offrent des moments de grâce. Le mouvement de Brazzaville, son sens de la débrouille, sa lutte, son entraide jaillissent. On semble admirer de belles scènes de rue au milieu de l’agitation urbaine. Mais la deuxième partie se montre plus obscure, plus décousue. Des bruits assourdissants agressent l’oreille. Puis une bâche noire recouvre le corps des danseurs. Sont-ils ensevelis sous le poids d’un sombre passé ? Ou rampent-ils pour montrer le risque qu’encourt l’homme face aux déchets plastiques ? Dans la continuité de Sac au dos et My Brazza, Florent Mahoukou explore de nouvelles pistes créatives. Façonné dans la terre congolaise, il trouve son inspiration dans l’énergie qui l’a vu grandir. Loin d’être déraciné, il porte un message d’espoir à travers la danse pour déjouer les clichés sur le continent. La découverte d’artistes et de leurs univers, telle est bien l’un des ingrédients si apprécié du Festival de danse Instances à Chalon sur Saône dont la douzième édition connut un grand succès. Là où j’en suis part en tournée en 2015, notamment au Cdn de Rouen en avril 2015  ...

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Vortex Temporum, Anne Teresa De Keersmaeker
Nov25

Vortex Temporum, Anne Teresa De Keersmaeker

Création de 2013, Vortex Temporum est une des multiples pièces récentes d’Anne Teresa De Keersmaecker travaillant la relation entre le mouvement et la musique contemporaine : une autre réussite de la chorégraphe belge. Depuis ses débuts, Anne Teresa De Keersmaecker choisit de se confronter à la musique contemporaine dans sa recherche gestuelle et spatiale. Il ne s’agit jamais d’illustrer les compositions sonores à travers les corps des danseurs : sa danse est toujours une analyse autant qu’une déconstruction de la musique, ainsi qu’une proposition sensorielle à partir de l’expérience physique provoquée par cette musique. La scénographie de Vortex Temporum, pièce qui s’engage à chorégraphier l’expérience de l’œuvre spectrale de 1994-1996 du compositeur Gérard Grisey, présente des rosaces dessinées au sol à la craie. Sans dévoiler dans les détails la structure de la pièce, à partir de ces formes géométriques, la musique et la danse sont présentées seules ou en association, en jouant avec la mémoire auditive et visuelle des spectateurs, les possibilités de mise en relation et les contrastes entre les sonorités et les mouvements. La pièce nous semble questionner, entre autres, deux éléments chorégraphiques essentiels : premièrement, la dynamique entre le solo et les moments d’ensemble. Vortex Temporum rappelle la complexe construction chorégraphique de Cesena (2011), jouant des énergies gestuelles des danseurs, de leurs corps agissant comme une seule entité ou se distinguant des autres dans les rythmes et les mouvements. L’écriture chorégraphique de Vortex Temporum travaillant à partir des formes circulaires dessinées au sol permet un réel travail spatial autour du concept de tourbillon, fait de mystères, surprises, évocations subjectives et pure énergie. Deuxièmement, Vortex Temporum questionne l’imaginaire qui se produit à l’interstice entre l’abstraction sonore et la corporalité chorégraphique. Quels mouvements pour (re)vivre l’expérience musicale de l’œuvre de Grisey ? Quelle relation entre les matières sonores et physiques ? Les partitions mises en place par De Keersmaecker, jouant des densités gestuelles, des relâches, des harmonies et des froissements, et s’accompagnant d’un riche travail sur la luminosité de la scène, permettent aux spectateurs une grande liberté intellectuelle dans l’expérience des sons et des mouvements, une ouverture sur leurs propres réflexions et sensations. Unissant le travail intellectuel d’analyse musicale et la proposition sensorielle de la danse, Vortex Temporum est une heure de pur plaisir du regard.   Représentation du 20 Novembre 2014 au Théâtres de la Ville de Luxembourg Cie Rosas & Ictus        ...

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Agamemnon, Opéra Hip Hop
Nov12

Agamemnon, Opéra Hip Hop

Les “Erinyes”? Les “Atrides”? La “Guerre de Troie”? Ces mots n’évoquent pour vous que de lointains souvenirs de leçons d’Histoire ou de Grec ancien? D’ de Kabal et ses fougueux camarades leur redonnent vie dans “Agamemnon”, d’après Eschyle, le 9 octobre au Théâtre de Colombes et le 28 novembre au Conservatoire de Puteaux. La troupe de 17 comédiens / chanteurs / slameurs tient la scène pendant 2h15, livrant une performance physique impressionnante dans une interprétation qui réveille le genre de la tragédie antique*. Dans cette création, qui mêle intelligemment les cultures du rap et du théâtre classique, les personnages sont incarnés dans des corps profondément ancrés dans le sol et par des voix puissantes. Les interprètes du coryphée (Arnaud Churin) porte-parole du peuple, la pythie (Audrey Bonnet) prisonnière déracinée et voyante qui annonce la funeste fin, Clytemnestre (Murielle Colvez) l’épouse infidèle du héros qui revient triomphant de la Guerre de Troie, Agamemnon (D’ de Kabal) le Roi victorieux, assument tous parfaitement, et n’ont apparemment aucune crainte de jouer la folie. Les récits et échanges sont accompagnés et soutenus par 4 Human beatbox (Hutch, KIM, Kohndo et Scouilla). Il faut saluer notamment les voix touchantes de Gasandji et de Lorraine Prigent. Si le rythme trépidant se brise parfois, c’est pour nous laisser heureusement récupérer, car jamais l’énergie du collectif ne faiblit. Pari réussi pour cette troupe d’un nouveau genre, qui prouve que le mariage, plutôt curieux en théorie, entre rap et tragédie antique est, en pratique, censé et revigorant. Le souffle du chœur et la clameur doivent leur puissance (leur renaissance?) au flow des slameurs. La parole ici est intelligente, libre et forte. Une nouvelle forme d’expression est née: et si on l’appelait “la slam-tragédie”? A voir et à entendre à l’Avant Seine, Théâtre de Colombes le 9 octobre à 20h30 et au Conservatoire Jean-Baptiste Lully de Puteaux le 28 novembre à 20h45. *Ce spectacle a été vu en avant-première au Théâtre de Chelles le 7...

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