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La femme de, David Roux, Jour2fete

Oui, il faut aller voir le film pour Mélanie Thierry. La comédienne prouve une fois de plus qu’elle est simplement la meilleure actrice en ce moment. Cela dure depuis quelques films et on aime suivre sa silhouette délicate, son regard interrogateur et sa grâce naturelle.

Elle est le magnifique bibelot dans une grande maison bourgeoise de Province. Épouse modèle d’un industriel, Marianne s’est effacée. Elle aime ses enfants avec passion. Elle suit avec ennui un mari emmuré dans ses affaires. Elle trouve comme elle peut sa place dans une famille venimeuse. C’est une femme qui trompe son ennui et son mari. Sans émotion. Elle traverse tout cela comme un fantôme. Mais le caractère commence à se montrer un peu plus féroce lorsqu’elle doit s’occuper d’un insupportable patriarche.

Le verni s’écaille. Les sourires sont forcés. L’éloignement devient évident. Elle a de plus en plus de mal à cacher son besoin de vivre, s’émanciper, respirer. Ce n’est pas un film féministe, non, le film de David Roux est une chronique de l’enfermement.

La bourgeoisie et ses conventions, c’est un genre en soi dans le cinéma français : les apparences trompeuses, les saloperies polies et les mornes existences d’individus prédestinés à s’enorgueillir d’être riches et beaux.

Chabrol en avait fait sa spécialité. Luis Bunuel a réalisé un chef d’œuvre sur le sujet et il faut avouer que David Roux s’en sort pas mal avec cette femme qui se noie dans une famille disloquée, imbuvable et toxique.

Il arrive à ne pas trop tomber dans le sombre manichéisme. Il y a des maladresses. La description automne hiver est un peu trop appuyée. Certains plans sont trop léchés.  Quelques passages sont démonstratifs. Mais dans l’ensemble, il trouve toutes les clefs pour nous faire entrer dans cette famille finalement épouvantable.

On retrouve d’ailleurs pour l’occasion les trop rares Eric Caravaca (en mari égoïste) et Jérome Deschamps (en papy connard). Et l’intervention de Jérémie Rénier est une douce respiration mélancolique. Le film est calme mais montre un cauchemar tellement commun. D’ailleurs on peut signaler à ce niveau la solide musique parfaite pour un film d’horreur.

Le casting est particulièrement soigné et c’est un plus pour une partition que l’on connaît déjà mais qui fait plaisir à voir, toujours contemporaine. Évidemment, la comédienne principale y est pour beaucoup. Mélanie Thierry est le charme discret de la bourgeoisie, et de ce film !

Au cinéma le 08 avril 2026
avec Mélanie Thierry, Eric Caravaca, Arnaud Valois et Jérémie Rénier
1h30 – Jour2fete

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