Folk, Musique, Pop, Rock

A la recherche de la chaleur (Pat Kalla, Die Spitz et The Terrys)

Bon on est à peu près d’accord: il fait froid. On a la goutte au nez. Il faut sortir les gros manteaux. Les Etats Unis subissent une tempête digne d’un film de Roland Emmerich. Le Portugal a été lui aussi balayé par des vents froids et violents. Marseille est éliminé de la ligue des champions. L’hiver fait son oeuvre.

Heureusement nos oreilles peuvent nous réchauffer. Il suffit de contrer ces fraîches sensations par des sons moites et réconfortants. A ce niveau, il faudrait obliger tous les frileux à écouter le disque de Pat Kalla et le Super Mojo, Belle Terre!

Le réchauffement climatique dans ce qu’il a de meilleur. Produit par le DJ, Guts, on bronze sous des notes chaudes et des styles qui empruntent aux Caraïbes comme à l’Afrique. Rumba, beguine mais aussi de la grosse inspiration soul, le disque fait transpirer.

Et c’est bénéfique pour notre moral. Face aux bourrasques, la force de ce disque est cet ensoleillement constant. Il y a une candeur musicale qui ressemble à de la vitamine D. Les paroles sont enlevées et ne s’arrêtent pas à un exotisme rassurant. Ce disque est une bouillotte. 

Mais si vous voulez avoir les joues rouges et transpirer à grosses gouttes, vous pouvez aussi vous tourner vers des rythmes plus basiques mais tout aussi efficaces. Ce premier album de Die Spitz va vous donner des bouffées de chaleur.

En 2025, on vient de trouver les petites soeurs de L7 ou Hole. Des rockeuses. Pas des filles sages et lisses. Non, de la tatouée énervée qui a bien l’envie d’en découdre avec un monde viril et pas toujours correct. Ce quatuor de nanas mal élevée fait monter la température en quelques riffs surpuissants.

C’est du rock malpoli, qui refuse d’être saucissonné par une quelconque mode. C’est agressif et d’une beauté abrasive. Elles empruntent au metal mais décollent avec des compositions qui se font plus cohérentes au fil des écoutes.

On devine la colère post adolescente mais ce premier disque est d’une maîtrise incroyable. Les filles de Die Spitz semble avoir digéré toutes les années grunge. Ca touche réellement au sublime: l’électricité est au service de quatre sorcières étonnantes. Something to Consume devrait faire l’affaire pour vous donner du peps dans ce monde frigorifié.

Et s’il faut mettre le feu, vous pouvez compter sur le joyeux groupe The Terrys. Venus d’Australie, ils ont eux aussi cette vision bien festive et rassurante du bon vieux rock’n’roll. Et comme de nombreux groupes australiens, ils en font des tonnes pour que cela fonctionne.

Est-ce lié à l’isolement ou la dangerosité de l’île, mais en Australie, on a toujours ce petit pas de côté qui permet de se démarquer. Les Terrys imitent donc la formule surf pop mais le groupe réussit à faire quelque chose de décalé.

Tout avait l’air futile dans ce disque qui ne dure que trente minutes. Mais on y revient. Car tout se fait sans cynisme. Avec un vrai talent pour réaliser des petits hymnes rock enflammés et surtout crédibles.

Ce troisième album est une petite merveille de simplicité. Chansons courtes. Refrains imparables. Paroles marrantes. C’est désarmant. Le groupe joue bien sur l’image de glandus sur la plage mais leur disque a tout d’un coup de soleil. Ca ferait du bien à tout le monde en plein milieu de l’hiver.

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