La Folle Journée de Ferris Bueller

Dans les années 80, l’adolescent est redevenu la cible privilégiée des studios. Et surtout d’un cinéaste. Très inspiré, il a réalisé une comédie douce amère irrésistible. 30 ans ces jours ci!

Le duo de producteurs américaines, Don Simpson et Jerry Brukenheimer, renversait les conventions du film populaire (Flic de Beverly Hills, Top Gun) tandis que le producteur Joel Silver devenait le démolisseur (Commando, Piège de cristal) du cinéma d’action.

Les adolescents revenaient dans les salles pour découvrir ces oeuvres à l’esthétique nouvelle et moderne. Les studios se sont donc pencher sur leur nouvelle cible à travers quelques films signés John Hughes.

Hughes a réellement ressuscité le teen movie. En deux ans, il écrira produira ou réalisera Seize Bougies pour Sam, Breakfast Club, Une créature de Rêve, Rose Bonbon et La Folle Journée de Ferris Bueller. Ce dernier sera une forme d’accomplissement pour cet auteur qui par la suite va beaucoup décevoir.

Car ces films seront une juste représentation de la jeunesse américaine. Pour le divertissement, John Hughes maîtrise l’humour grand public et des dialogues percutants. Cependant dans chacun de ses films, il y a une noirceur qui surprend.

Dans Ferris Bueller, le héros est un joyeux drille, la star de l’école, un glandeur qui se fatigue à trouver toutes les solutions pour passer une bonne journée en séchant l’école. Pour cela, il a besoin de son meilleur ami Cameron et de sa petite amie Sloane.

S’engage alors une course poursuite à Chicago avec le proviseur de l’école. Le burlesque est léger et le pauvre fonctionnaire va se faire maltraiter par tous les pièges tendus par le lycéen inventif. Ferris Bueller s’offre un jour de vacances pour se faire plaisir et va faire des folies en ville.

Pourtant ce n’est pas de la pure comédie. Hughes par le personnage du meilleur ami et quelques seconds rôles abordent des sujets plus sérieux. Ou délicats. Ferris Bueller devient alors une sorte de Peter Pan qui refuse de grandir et devenir triste comme les adultes, amnésiques de leur propre jeunesse.

Cameron a conscience de cette échéance et redoute le monde adulte jusqu’à l’angoisse existentielle. Ferris Bueller est bien plus pertinent que prévu. C’est pourquoi ce film va marquer la décennie. Il balance des cruelles vérités en provoquant le rire avec une vraie originalité. Il révèle des acteurs talentueux (Broderick, Ruck et Sheen). Il nous ferait presque regretter la musique de cette époque et les looks pour le moins fascinant. En tout cas, on est ravi d’être nostalgique grâce à cette comédie.

Phrase culte: Hey, Cameron. Tu réalises que si nous respections les règles nous serions maintenant en Gym?

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.