Discours à la nation – Ascanio Celestini – Théâtre du Rond-Point

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L’art du rire de résistance

Quelques caisses de bois en fond de scène, une guitare, un globe terrestre lumineux, un comédien, un musicien et une pièce composée de textes très habilement écrits. Discours à la Nation d’Ascanio Celestini est un texte pamphlétaire sur notre société moderne et les régimes sociaux-démocrates. Les mots ne pourraient être que pamphlétaires, ils sont de surcroît littéraires. Avec une plume intelligente, ironique, l’auteur italien nous entraîne dans des paraboles saisissantes pour dénoncer les travers de chacun.

La technique, digne d’un Ron Mueck ou d’un Jeff Koons, est d’une redoutable efficacité et amuse. En procédant à un changement d’échelle –l’auteur choisit d’incarner et de grossir à l’extrême la mauvaise conscience- l’ensemble des faits décrits par le conteur produit sur le spectateur un effet de miroir déconcertant. Les horreurs extrêmes, grotesques et cyniques prononcées par le conteur renvoient directement à nos petites lâchetés quotidiennes, nos pensées inavouées. Pire, elles renvoient à de nombreuses réalités médiatiques actuelles.

L’homme au parapluie et Camarades sont des philo-fables qui devraient être enseignées dans toutes les écoles de France pour montrer ce que ne devrait pas être l’économie. Dans la droite ligne de Dario Fo et de ses textes critiques sur l’absurdité de nos sociétés occidentales, Ascanio Celestini fustige l’inaction et l’endormissement consenti de nos sociétés démocratiques individualistes en perte d’idéaux et de combats utopiques collectifs. « Le monde ne change pas, c’est juste ta place dans le monde qui change ». La solidarité économique sonne faux, la lutte des classes n’a plus de nom.

Le texte agit comme un habile électrochoc comique qui égratigne. Un brin anarchiste, un brin caricatural et transgressif. L’objectif théâtral d’éveil des consciences est atteint. Un très jolie liberté d’expression à découvrir. « Et si un jour les Martiens atterrissent, espérons qu’ils seront plus sérieux et plus fâchés que vous. Espérons qu’eux, ils la feront, votre utopique et magnifique révolution. Celle dont vous ne réussissez même plus à rêver. »

 

http://www.theatredurondpoint.fr/

6 janvier – 1er février 2015, 21h
dimanche, 15h30, relâche les lundis
plein tarif salle Roland Topor 28 euros
tarifs réduits : groupe (8 personnes minimum) 21 euros / plus de 60 ans 26 euros
demandeurs d’emploi 18 euros  / moins de 30 ans 15 euros  / carte imagine R 11 euros
réservations 01 44 95 98 21

Auteur: Sébastien Mounié

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