Comme un Avion

Il y a des films qu’on n’attend pas, qui ne font pas de bruit dans le grand vacarme cinématographique, et pourtant…. Une fois encore, les frères Polydadès ont touché juste.

Il y a déjà plus de vingt ans, Versailles rive gauche, des deux frères Podalydès, rencontrait un succès inattendu. Quiproquos, imbroglios, cette histoire de couple un peu insensée était déjà très drôle. Cette fois-ci, un type fou de l’Aéropostale se prend soudain de passion pour le… kayak. Jusqu’à y consacrer temps, argent et décider d’une équipée pleine de rebondissements.

Bruno Podalydès se prénomme cette fois encore Michel, et sa vie lui semble bien morne, entre son travail autour de la 3D, sa boite avec son frère Rémi (Denis Podalydès) et le reste. Seule sa femme (Sandrine Kiberlain, toujours parfaite dans des rôles comiques) semble l’écouter, le comprendre et partager avec lui une certaine complicité. Lorsque le kayak prend le pas sur Vol de nuit et les avions d’autrefois, elle n’émet pas de critiques, elle suit.

Ce qui amène cet aventurier de pacotille inspiré par Gérard d’Aboville à partir avec du matériel professionnel et une foule de gadgets. Tout cela est énoncé avec un ton toujours décalé, filmé avec un tempo idéal. Le réalisateur aussi semble redécouvrir la lenteur. La campagne est ci superbement mise en valeur, alors que la ville du début semble si terne.

Certains trouveront peut-être cela un peu facile : oui, les gens qu’il rencontre semblent plus détendus, plus simples. Oui, les gags rapides, clins d’œil aux débuts du burlesque, sont vraiment drôles. Mais cela n’empêche pas les déconvenues, les déceptions, les embûches. Pourtant, plus le film passe, plus Michel « lâche prise ». Certes, la technologie n’est jamais loin :

un, pardon, deux téléphones portables l’accompagnent. Vuillermoz est fidèle au poste et campe un type complètement décalé qui ne cesse de peindre tout et rien en bleu. Agnès Jaoui –plus assez présente au cinéma – n’a plus rien à voir avec une égérie de la gauche bobo, mais interprète une femme pudique, bourrue et sentimentale, avec une grande justesse. Avec trois fois rien, ce film fait vraiment du bien.

Avec Bruno Podalydes, Sandrine Kiberlain, Agnes Jaoui et Denis Podalydes – UGC – 10 juin 2015 – 1h45

Auteur: Marie Leon

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.