Cinéma

The Sadness, Rob Jabbaz

De l’huile bouillante sur la tête, un doigt coupé puis avalé, un œil crevé avec un parapluie… ce n’est qu’un (tout petit) avant gout de ce film d’horreur qui a bien décidé de vous mettre mal à l’aise… mais pas que !

C’est l’histoire d’un Canadien perdu à Taïwan. Il réalise des publicités puis arrive le covid qui lui donne des idées, noires, gores et nombreuses. Dans son imagination, le réalisateur Rob Jabbaz a décidé d’en découdre avec le monde qui l’entoure et son déclin certain vers la maladie et la folie.

Cela donne au final The Sadness. Un film d’horreur comme on n’en fait plus. Le genre de produit qui a trouvé refuge sur les plateformes et qui ne trouve plus le chemin des grands écrans. Hé bien quel plaisir de retrouver du grand guignol dans une salle obscure.

Le film est vraiment crade et ne doit pas être vu par tous, mais il est généreux dans l’effort. On retrouve le charme sanglant des productions de Brian Yuzna (Re-animator, Society) dans les années 80 et 90. La petite série B veut choquer le bourgeois. Intelligemment (c’est là que se trouve le kiff), le film ne vous retourne pas uniquement l’estomac mais vous interroge sur les limites du supportable.

Après une pandémie liberticide, The Sadness nous baigne dans une ambiguïté crapoteuse et virulente. La vraie bonne idée du réalisateur c’est d’éviter au maximum le second degré. Il y a de l’humour dans son film. Étonnement c’est un film très bavard qui ne manque pas d’ironie ou de cynisme.

Il y a du culot à nous faire apprécier des héros pas spécialement agréables effrayés par une explosion de haine et de rage. Il y a de l’amertume à faire dire des choses sensées par le pire personnage du film. Mais une orgie de violence c’est une orgie de violence. Et cela ne lésine pas sur l’hémoglobine et les meurtres totalement déviants.

Le cinéaste a des idées percutantes et plus d’une fois, il décide de dépasser les bornes. Et cela fait combien de temps que l’on n’avait pas vu une telle volonté féroce de boxer les spectateurs ? De le stimuler dans ses tripes mais aussi son cerveau. L’impolitesse du film est sa première qualité. Avec le décor de Taïwan – une jungle urbaine au milieu d’une forêt luxuriante –  The Sadness est une œuvre franchement exotique.  Parfait pour la saison estivale!

Avec Regina Lei,  Berant ZhuTzu-Chiang Wang – ESC Films – 1h40

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