Les Prédateurs

Nous y revoilà: le temps des vacances nous permet de célébrer les coupes mulet, les épaulettes et les grosses vannes de buddy movie! Voici le temps des Eighties et on commence par la révélation de cette décennie, Tony Scott… Content de vous retrouver!

L’histoire: Deux vampires jouissent de leur vie oisive en buvant de sang de noctambules dans les boites de nuit de New York. L’homme commence à vieillir et comprend que l’amour de sa compagne n’est plus là. C’est triste après 300 ans de liaison d’en arriver là. D’autant qu’une jolie médecin semble ne pas être insensible au charme européen de la blonde vampire…

Le réalisateur: Fils de pub et frère de Ridley Scott, Tony réalise ici son tout premier film et montre toute l’influence de ses réalisations pour les publicités. Le montage est hargneux. Les cadrages sont travaillés. La lumière nous installe dans un au delà. La génération MTV arrive au pouvoir. Hélas pour le cinéaste, le film sera totalement incompris à sa sortie: la critique et le public boudent ses tentatives de scandale (des lesbiennes, une petite fille tuée, David Bowie vieux). Mais Tony Scott ne baisse pas les bras: on ne compte plus ses succès par la suite et son intrusion spectaculaire dans la culture populaire. Hélas, sa fin sera tragique. Il se suicide en 2012 à l’age de 68 ans. Une grande perte? On le dira surement dans quelques années!

L’anecdote: La musique a son importance dans Les Prédateurs. Le groupe Bauhaus ouvre le film avec un titre qui en dit long sur nos amis les vampires, Bela Lugosi’s dead! Un joli clin d’oeil qui aurait plu à Alan Parker, qui fut longtemps pressenti pour diriger le film. Mais c’est le réalisateur de The Wall qui propose aux producteurs le nom de Tony Scott…

Les acteurs: un trio vénéneux qui participe évidemment à la légende de la première grande réalisation de Tony Scott. David Bowie joue un excellent dindon de la farce. Catherine Deneuve joue la femme fatale sans faire grand chose. Susan Sarandon découvre son corps avec volupté. Bref, tout cela est fort croustillant. La scène d’amour entre Deneuve et Sarandon reste cuculte. Le vieillissement accéléré de Bowie aussi!

Pourquoi on aime: Le frangin de Tony Scott veut en découdre avec les années 80 et se faire un prénom. Il y a va donc très fort. Le montage du début est au hachoir et nous emporte dans un bal des vampires, new age, gothique et glacant. Il remet donc au gout du jour le mythe du vampires et il le fait avec une force visuelle qui conserve encore aujourd’hui pas mal d’ambiguités. C’est très bien exécuté. Hélas, le scénario se traine au fil des événements de plus en plus ampoulés, tournés vers les sentiments. Ce n’est pas Twilight non plus. Le style l’emporte sur tout. Scott en fait des tonnes mais ca fonctionne plutot bien. Il tatonne son univers que l’on jugera plus tard de bourrin. On peut réviser aujourd’hui la question. Le film montre que Tony Scott a les crocs et qu’il va les planter profond dans la production hollywoodienne.

1983 -1h35

Auteur: Pierre Loosdregt

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