Il se passe quelque chose dans l’horreur moderne. L’hémoglobine a toujours sa place mais il faut avouer que depuis quelques mois, quelques pépites viennent se planter dans nos yeux ! Ça continue cette semaine avec Obsession.
Il y a eu l’été dernier, Évanouis et sa sorcière délirante. On s’est fait très peur ensuite avec Substitution et sa désormais légendaire scène de la cuisine. Débarque Obsession et son évidente maîtrise en matière d’horreur.
L’auteur de ce film se nomme Curry Barker. Il s’est fait un nom sur les réseaux. Son passage au grand écran impressionne. Le gaillard a tout compris de Kubrick, de l’espace, du cadre, du son, de la musique et surtout de l’interprétation. Il pompe. Il se réfère au maître. Mais il jubile du piège qu’il fabrique. Il jubile AVEC NOUS !
Cela s’articule autour de Baron que tout le monde à son travail appelle Bear. Il n’est pas très poilu et n’a pas la force d’avouer ses sentiments à la souriante Nikki (l’actrice est bluffante). Bear travaille avec son meilleur pote, Ian et sa meilleure amie, Sandy dans une boutique d’instruments de musique. Timide, il n’ose rien et son entourage s’en moque gentiment.
Jusqu’au jour où Nikki tombe follement amoureuse de Bear. Cela surprend tout le monde. Cela semble même dépasser l’intéressé qui se faisait une misère de sa quête amoureuse. Pour cause : il a simplement utilisé un jouet qui promet que les vœux se réalisent. Et donc il se réalise.
Jusqu’au malaise. Car Nikki aime avec passion. Le romantisme devient obsession. L’être aimé se sent persécuté. La violence rentre petit à petit dans les réactions de plus en plus étranges d’une femme que l’on oblige à aimer.
Le concept est simple et le réalisateur pousse l’enjeu jusqu’à une apocalypse drôlement réjouissante. Il s’amuse donc à régler le compte d’une ado attardé qui va payer pour son égoïsme. Le film est clairement féministe et dit aussi des choses sur le monde #metoo. Néanmoins, ce n’est pas de la politique : c’est de l’épouvante avec des jolis excès de violence et un humour radical qui frappe à la porte de temps en temps quand le glauque arrive lui aussi.
Ce que l’on voit justement, avec un peu de maniérisme c’est vrai, c’est l’habile jonglage de Curry Barker qui sait doser comme il faut pour que le malaise soit abordable et compris. Il ne fait pas dans la psychologie de bazar. Ou dans l’outrance. Il amène avec minutie un constat dur sur l’amour et ses passages, mais avec un sens théâtral qui va très bien à l’horreur graphique et spectaculaire. Sur des petites misères affectives, il parvient à faire un beau film de terreur qui ne s’empêche rien. Ce culot, c’est payant et Obsession est une œuvre vraiment à part ! Cinglant et sanglant !
Au cinéma le 13 mai 2026
avec Michael Johnston, Inde Navarrette, Cooper Tomlinson et Megan Lawless
Le Pacte – 1h45

