Girls Only
Mai31

Girls Only

Une trentenaire rencontre alors Annika, une jeune fille de 16 ans, tout aussi paumée. Ensemble, elles ne vont pas faire les 400 coups et d’autres bétises à la American Pie. Loin de là, la réalisatrice va se concentrer sur les doutes de l’héroïne, parfaitement jouée Keira Knightley, que l’on n’avait pas vu aussi bonne depuis un paquet d’années!

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Sound & Color
Mai30

Sound & Color

Un disque de rock? Non, un peu plus que ça. Brittany Howard et ses copains s’affirment comme le groupe à suivre.

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Les Chiens ne font pas de Danse
Mai28

Les Chiens ne font pas de Danse

Drôle et rondement mené, cet album est une vraie bulle de légèreté ! Et ça fait du bien ! Et en même temps ce chien est exemplaire : il va au bout de ses ambitions, ce que peu de gens ont le courage de faire « dans la vraie vie » !

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La Tête Haute
Mai28

La Tête Haute

Contrairement à Polisse, qui mêlait les histoires personnelles des policiers à leur vie professionnelle, La Tête haute se concentre sur l’adolescent, dont le visage et les mains, nerveux, sont filmés de très près, et son parcours – pas d’incursion dans la vie privée de sa juge et de son éducateur.

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La maison de Bernarda Alba, Comédie française
Mai28

La maison de Bernarda Alba, Comédie française

  Une pièce de femmes éprises de liberté et de passion, ployant sous le poids des traditions. Une ambitieuse entrée au répertoire de la Comédie française. Cinq sœurs viennent de perdre leur père. Comme le veut la tradition andalouse, leur mère leur impose huit années de deuil. Huit années isolées, enfermées, frustrées. Au milieu des querelles familiales, Adela, la plus jeune sœur incarne une soif de liberté, d’amour et de jouissance. Dans sa robe d’un vert éclatant, elle offre de l’air à l’oppressante tension de l’histoire. Ses nuits avec Pepe le Romano offrent un splendide tableau d’amour sur un air de violoncelle. Et le passage dans la blanchisserie, une merveille. Par une mise en scène intelligente, Lilo Baur illustre la violence de la société espagnole à l’aube de l’arrivée de Franco. Elle nous plonge dans son carcan catholique pudibond. Sa morale implacable et son effroyable austérité s’illustrent dans une ambiance cloitrée. Dans l’ombre, on ne manque pas d’applaudir le travail remarquable de la lumière de Fabrice Kebour qui perce à travers les moucharabiehs d’Andrew D Edward ainsi que la beauté de la musique de Mich Oscowiak. On salue enfin et surtout la performance des comédiennes. Cecile Brune en matrone acariâtre et Elsa Lepoivre en servante exubérante sont criantes d’une humanité complexe. Adeline d’Hermy en cadette espiègle et excitée attendrit, comme Anne Kessler en aînée enlaidie fait rire. Félicitations à elle de s’être si bien appropriée le rôle d’Augustias en quelques jours. Dans cette pièce huis-clos de femmes écrite en 1936, l’auteur espagnol Federico Garcia Lorca puise dans ses souvenirs d’enfance, entouré de femmes, et ses années de jeunesse, marqué par l’annonce de son homosexualité, vécue comme une transgression de l’ordre social de l’époque. Du grand art. A voir avec audace. Jusqu’au 25 juillet 2015 Comédie Française,...

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The Waterfall
Mai28

The Waterfall

Au bord de la rivière, leur inspiration ne se limite pas aux ritournelles de bardes! Visiblement elle déborde en ce moment leur inspiration: The Waterfall sera suivi par un autre disque dans quelques mois. En attendant ce premier disque peut faire des vagues. On est immergé par la diversité intelligente des styles du groupe et la richesse de leurs compositions

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deGeneration, Hofesh Shechter,  Abbesses
Mai26

deGeneration, Hofesh Shechter, Abbesses

On pourrait regretter les redondances du chorégraphe Hofesh Shechter… Ce serait omettre dans son travail la nécessité de faire Répertoire, pour inscrire ou retenir une mémoire qui échappe et revient toujours au présent… Dans le programme présenté au théâtre des Abbesses, il a transmis aux huit jeunes recrues de sa compagnie fondée en 2008 les pièces Cult et Fragments, écrites en 2004 et 2003. Suit la création Disappearing Act. On y repère la constance d’un vocabulaire gestuel: épaules en avant, dos rond-tête basse-bras ballants comme somnambules, travail au sol  qui glisse sans bruit comme les enfants la nuit… Pour décor principal, une lumière basse d’où s’échappent des ombres fantomatiques; et de la brume, comme l’air poussiéreux après des tirs de mortier. L’autre stéréotype de Shechter est l’environnement sonore, qu’en tant que batteur, il scande dans un rythme pleinement confondu aux pulsations du mouvement. N’est-ce pas lorsqu’un chorégraphe se reconnaît par ses tocs, obsessions monomanes, qu’il est devenu un Auteur? La danse de deGeneration évoque les danses guerrières. Ces jeunes interprètes à l’énergie débridée apparaissent dévoués à l’ensemble; Disappearing Act à la fin du propos semble conclure sur le Groupe comme seule forme de survie… La répétition formelle pourrait s’entendre ici comme un martèlement ou une démarche de conservation: dans quelque obscurité, on danse en avant-plan de la guerre… On retrouvera la compagnie d’Hofesh Shechter au festival d’Avignon. du 4 au 20 Mai 2015 Théâtre de la...

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Eurovision 2015 : 10 raisons du pourquoi c’est encore loupé !!!
Mai26

Eurovision 2015 : 10 raisons du pourquoi c’est encore loupé !!!

Ah bah mince alors, comme d’hab, franchement, là oui, parce qu’à nous les français faut pas nous la faire à l’envers, on y croyait comme des bêtes à not’ victoire à l’Eurovision, sorte de Nouvelle Star kitch pour vieux ! Et puis bah non, comme d’hab, encore loupé ! pffffff…c’est pas du juste ! Creusons donc, si vous le voulez bien, les 10 raisons plus que probables de cette nouvelle foirade tricolore en terre autrichienne et le pourquoi du comment Lisa Angell est arrivée 25ème sur 27 : Déjà oui, Lisa Angell, tout portait à croire qu’avec un nom ça nous allions être représentés par une bombasse au pseudo plus proche d’une actrice de gonzo spécialisée dans le gang bang multicolore qu’une chanteuse populaire…les jurés estoniens, moldaves et autres gars de l’est ont forcément été déçus, eux qui se voyaient déjà vendre des DVD des coulisses avec la Lisa déchainée en string. Il fallait faire revenir Marie Myriam, y’a qu’elle qui peut gagner un Eurovision, coommmmeeeeee un enffaaaanttt aux yeuuxxxxx de lumièrrreeeeeeee !!! Même quand on a envoyé Patricia Kaas, on a fini 963ème derrière la Guinée-Bissau, donc Lisa Angell…connue seulement des habitués du Bar des 3 fontaines à Vesoul y’a encore 15 jours…forcément… Marie Myriam au moins elle, elle savait comment que c’est qu’on gagne un Eurovision ! L’an dernier c’est un travesti autrichien qui a gagné, il y 2-3 ans un groupe de hard rock finlandais déguisé façon « Le retour des poulpes géantes mangeuses de martiens »…nous, on persiste à envoyer du classique, du pas décalé pour deux sous, mais envoyez moi Garou déguisé en truie qui reprend Tata Yoyo sur un sample des Daft Punk bordel ! Osons l’originalité…quoi ? Garou est canadien ! Ah…bon bah Patrick Fiori ! Ah, déjà fait…bon, bah passons alors. De toute façon les belges, les suisses, les luxembourgeois, chaque année on vote pour eux pensant qu’on est copain et jamais eux ils votent pour nous, c’est dégueulasse comme mentalité, après tout ce qu’on a fait pour eux, de Cahuzac à Depardieu en passant par Johnny et la famille Mulliez, avec tout l’exil fiscal qu’on leur a donné, ils pourraient faire un geste, merde, 3 points quoi, même pas 10, même pas 12, juste 3 points, pour l’honneur ! Le mec qui a écrit la chanson de Lisa Angell s’appelle Goldman…bah oui mais Robert, pas Jean-Jacques, forcément si on prend pas les bons Goldman aussi… Marie Myriam, ça c’était de la chanson bien de chez nous ! Bah oui, on le dit pas assez ! D’ailleurs faut voir la carrière qu’elle a faite derrière ! Hein ? quoi ? bah si, moi j’ai tous ses 2 albums. Finalement ce sont les Suédois qu’ont gagné, ça c’était comme Edberg...

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Für die kinder von gestern, heute und morgen (2002), Pina Bausch
Mai26

Für die kinder von gestern, heute und morgen (2002), Pina Bausch

  La scène est immaculée une virginité trois ouvertures noires : deux portes une vue. Si grandes ouvertures que les danseurs minuscules les mouvements immenses. L’équilibre des corps balanciers les limites de la chute. C’est la main qui retient le corps, c’est la chaise qui redresse l’homme à terre. Le corps, ce miracle. Une petite danseuse une très grande il y a ici et tout du long des déséquilibres des tremblements de cœur des certitudes et des normes. Des inversions. Sur la scène blanche chaque corps possède cinq ombres. La danseuse minuscule n’a qu’à bouger les doigts et c’est son corps entier qui danse. On porte, à deux, à trois, des corps de femmes des corps d’hommes, des grands des petits des vieux des nous. Ils deviennent pont marée rivages, architecture ils épousent ils progressent ils volent culbutent. Le corps, cette architecture. Un solitaire s’élance et s’empêche, s’enivre se brutalise. Se décontrôle. A distance il tire un fil invisible, articule et manipule la danseuse couchée jusqu’à ce qu’elle l’enlace puis debout toujours la conduit la dirige et lorsqu’enfin elle trouve son autonomie, c’est pour danser, nous danser. Un cœur est un cœur est un organe et un LOVE Le corps, cet amour. Des corps-oiseaux, des bras-ailes des hanches porteuses une ronde de femmes volantes, déplacement d’air dans un tourbillon nous sommes emportés, le cercle de plus en plus large se fend, fondent sur nous les oiseaux ailes déployées, des corps qui ne s’arrêtent plus même assis sautent, tressautent. Le corps, cet infini. Au jeu de la corde à sauter les brutalités enfantines, au jeu de la corde lance-femme dans les bras, des étreintes des unions. Une étreinte est un O – Un baiser un X OXOXOXOX Le corps, cette équation. Tant de façon di dire « une étreinte », de dire « un baiser », tant de mouvement pour danser une étreinte, pour danser un baiser, tant de partitions pour s’aimer « Est-ce que tu m’aimes ? Je ne crois pas. Peut-on essayer, commencer par cinq minutes ? Cinq secondes. » Tentative d’une demi-minute, c’est beau un couple qui s’aime une ½ minute, c’est long. Le corps, cette éternité. Perdre les mesures, mesurer de l’espace de son corps, de son amour. Petits arrangements avec les sentiments, comportement animal. Le corps, cet animal. A chaque scène, à chaque danse, chaque musique, chaque mouvement, s’écrit un précis d’anatomie, l’anatomie de la danse, des corps, des invisibles. Précis d’anatomie, précis d’autonomie, des détails des séductions, des pommes rouges des chevelures rousses et brunes, des regards. Le corps, cette séduction. Se coiffer à la pointe de son talon aiguille, brûler les pages de son livres, prendre le feu dans ses mains, se...

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Soft Connections
Mai26

Soft Connections

Ce qu’on apprécie ici, c’est le lyrisme des chansons. Nic Hessler a bien réfléchi son album, parfaitement dosé. On ne peut pas l’accuser de reprendre des vieilles formules. On ne peut pas crier au souci d’indépendance forcenée. Tout est moelleux dans ce disque. La maladie n’a pas eu raison de son enthousiasme

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California Dreamin’
Mai24

California Dreamin’

En onze morceaux, Wes Montgomery tricote un album coquet, ouvert et agréable. Il donne l’envie de partir, de s’évader et de profiter… retrouver la jeune femme de la pochette par exemple

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20 ans – Les Ogres de Barback
Mai23

20 ans – Les Ogres de Barback

 Les Ogres de Barback fêtent leur 20 ans ! Un double album fidèle à leur âme : fraternel et humaniste, “à la joie, à l’anarchie” ! Voilà 20 ans que les Ogres de Barback  sillonnent la France, l’ailleurs et le paysage musical français. Cela en fait des chansons, des concerts, des combats, d’artistes rencontrés. Parmi eux la fanfare béninoise Eyo’nlé qui partage leur chemin depuis quelques années. Le résultat est coloré, vif, avec d’étonnants mélanges. Pour l’occasion la fanfare se donne des airs de Bregovic en ouverture de l’album ou yiddish dans Grand-Mère. Festive, la fanfare montre que la musique n’appartient à personne et que ces 20 ans se fêtent sous le soleil du multiculturalisme qui caractérise le groupe. Le groupe reprend biensûr L’accordéon pour les cons dans un rythme plus chaloupé, le délicieux Pour me rendre à mon bureau,  Grand-Mère, Rue de Paname, les plus grands succès du groupe en alternance avec des airs de la fanfare africaine. De quoi donner de la joie mais aussi un peu de nostalgie… Faites le calcul pour ceux qui les suivent depuis le départ. Vous avez la quarantaine? Eh bien vous veniez de passer le bac, de vous engager dans les études ou de prendre votre premier job. Ce premier CD à des allures de feu de camp en bord de plage avec la guitare à la main. Finalement un ambigu coup de jeune qui donne envie de replonger dans les albums du groupe. Le deuxième CD est une jolie surprise. Avec une émouvante ouverture et fermeture en hommage à Monsieur Leprest, SDF, Le Daron, l’opus réunit la chanson française et ceux qui chantent ou militent avec le cœur,  toute génération confondue. On ne sera pas surpris de retrouver en invités : Mellismell, Mouard et Florent Vintrigner de la Rue Kétanou, Christian Ollivier des Têtes Raides, Frédéric Fromet, Les Hurlements d’Léo, Loïc Lantoine, une partie de Debout sur le Zinc, Winston Mc Anuff et Fixi, Anne Sylvestre, Tryo, La Meute rieuse, Daniel Mermet, un titre de Mano Solo, de Renaud, de Jean Ferrat…Une place est faite également aux Ogrillons qui nous rappellent que les Ogres de Barback, c’est aussi quelques jolis albums de Pitt Ocha qui ont eu un joli succès. L’ensemble est cohérent, festif, anarchique, sincère et généreux. Une jolie bouffée...

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La mort de Tintagiles, Maurice Maeterlinck, Denis Podalydès, Bouffes du Nord
Mai22

La mort de Tintagiles, Maurice Maeterlinck, Denis Podalydès, Bouffes du Nord

  Leur collaboration leur avait valu un franc succès avec le spectacle musical « LE BOURGEOIS GENTILHOMME », Denis Podalydès à la mise en scène et Christophe Coin à la conception musicale se retrouvent sur un nouveau projet : « LA MORT DE TINTAGILES » de Maeterlinck, présenté au Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 28 mai. Ils remportent ainsi un pari difficile : montrer une version troublante et attachante de cette pièce peu représentée. Deux musiciens, Christophe Coin et Garth Knox, et trois comédiens-marionnettistes complices (Leslie Menu, Clara Noël et Adrien Gamba Gontard) interprètent cette forme originale. Christophe Coin a sélectionné des morceaux de musiques pour instruments à cordes du Moyen-Age à nos jours pour accompagner et animer cette fable symboliste : Ygraine et Bellangère, orphelines, vivent sous l’autorité de leur grand-mère, une Reine que l’on dit « énorme » et qu’on ne voit jamais. Elle règne du haut de la tour d’un château sombre et silencieux, sur un royaume d’où elle a fait disparaître tout prétendant à sa succession. Un matin, les deux sœurs voient réapparaître leur jeune frère Tintagiles, que la Reine a fait rappeler. Pourquoi ? Ygraine le sait sans oser l’avouer. Dans les premiers échanges entre le frère et la sœur réunis, on sent monter l’appréhension d’Ygraine et l’inquiétude gagner Tintagiles. Un échange tout en sous-entendus, plein de tremblements intérieurs. La nuit tombée, les sœurs s’endorment aux côtés du garçonnet qui sanglote, tandis que leur ami, le gardien Aglovale, surveille la porte d’entrée, car la Reine a semble-t-il déjà donné l’ordre d’enlever l’enfant. Dans ce Royaume, rien n’est sûr car « (…) on ne sait pas au juste ce que l’âme a cru voir. » Et d’ « âme », il en est souvent question ici, comme d’ « atmosphère », comme si Maeterlinck évoquait l’inconscient collectif et l’intuition personnelle, comme des outils puissants à affiner et à écouter, comme s’il fallait mieux tendre l’oreille pour comprendre ce que l’on sait déjà. Comme si l’épreuve (la menace puis le rapt de l’enfant) permettait une certaine élévation des consciences des personnages. C’est cette frontière qu’interroge intelligemment ce spectacle : le connu / l’inconnu, le visible / l’invisible, le conscient / l’inconscient, le su / l’insu, etc. La présence blanche de la marionnette (Tintagiles), le clair-obscur, la résonance des cordes « sympathiques », et la belle présence des comédiens (bouleversante Leslie Menu en Ygraine, dans le dépassement de soi et la révolte) créent un ensemble harmonieux et propice à l’écoute de l’œuvre. En outre, la mise en scène ménage pour le spectateur quelques ruptures et images saisissantes. La pièce d’une durée assez courte est précédée d’un prologue : des fragments de « POUR UN TOMBEAU D’ANATOLE » de Stéphane Mallarmé, lus par Denis Podalydès, accompagnés par Christophe Coin et Garth...

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Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie, Ville
Mai22

Nelken (1982), Pina Bausch, Tanztheater Wuppertal Cie, Ville

On ne pourrait pas voir trop souvent de pièces de l’éternelle Pina; ce serait trop d’émotion et de beauté d’un coup, ça déborderait sur la Vie. Il faut voir dans la rareté, une cérémonie du Wuppertal, puis retourner à sa vie les yeux pleins, et laisser venir la danse qui relie les deux dans des histoires et des rondes à l’infini… On souhaite que ça ne s’arrête jamais; on célèbre chaque année la conservation exemplaire d’un répertoire sans prix, né de la communauté profonde entre Pina Bausch et ses interprètes … Nelken, création phare de 1982, qui reparaît aujourd’hui au Châtelet comme si elle venait de fleurir, traite de la Mémoire intime. Très sensorielle, cette narration en mouvements associe librement pour dévoiler l’enfant dans l’adulte. On y retrouve le cocasse et les violences parfois des jeux d’enfants; l’absurde toujours des paroles des adultes adressées à l’enfant. Cette danse-théâtre est “un exercice d’enfance”: il ne s’agirait pas de vieillir en oubliant de jouer… Certains des interprètes historiques sont remplacés déjà, mais pas de tristesse: la marche inéluctable du temps, on la suit avec joie et nonchalance; et aussi avec cérémonie, en grande pompe et robes de bal… Pourquoi on a dansé au commencement, pourquoi ne peut-on plus danser de la même façon? Comment danse-t-on avec son corps de maintenant, tout en pensant et en parlant de ses souvenirs?… Sur scène, se succèdent de puissants rites de passage, des épreuves, des “grands sauts”. Après ces expériences, il apparaît que les interprètes ont retrouvé quelque chose qui a fait venir la joie: un langage simple et sensible, qui a rétabli le pont entre l’avant et l’après. Visuellement, les couleurs plantant le théâtre sont à couper le souffle. La salle entière est entraînée dans la ronde, symbole fétiche de la chorégraphe. “On ouvre le bras droit, le bras gauche; on ramène le bras droit vers sa poitrine, puis le bras gauche”… Sur cette invite, spectateurs et danseurs enlacent un même imaginaire; pour la plus longue des dernières danses… Du 12 au 17 Mai 2015 au Théâtre de la Ville, Paris Nelken, Tanztheater Wuppertal, Pina...

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Kompleta
Mai22

Kompleta

Bien entendu on devine l’amusement autour du classique et de la modernité. Compositeur, chanteur, musicien, producteur, le jeune homme a l’air de savoir tout faire. Il s’agit ici de son premier disque qui date de 2008, sous un label à la recherche d’exotisme musical, Mind Travels.

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Still Current, Russel Maliphant Company, Champs Elysées
Mai22

Still Current, Russel Maliphant Company, Champs Elysées

On retrouve, dans ce programme de cinq solos et duos, la très belle pièce Afterlight découverte à Chaillot en 2011 en hommage à Nijinsky. Un jeune danseur, à l’étrangeté chimérique du Faune, déroule un manège virtuose mêlant lascivement les vocabulaires gestuels du classique et du break-danse, dans une lumière crépusculaire et sur les Gnossiennes de Satie. Ainsi est la danse des interprètes de Russel Maliphant; hybride et graphique, sculptant l’espace et la lumière. Dans sa création Still Current, le très beau danseur Carys Staton (dont le morceau de bravoure Still en ouverture évoque la sortie d’enfermement) conduit un pas de deux saccadé entre apparition et effacement. Le travail de lumière est remarquable: autour des deux interprètes, un périmètre évanescent se rétracte puis se dilate semblant faire vaciller la scène en fonction de la célérité des danseurs. La qualité chorégraphique passe ainsi du puissant au fragile, témoignant du métissage de la technique. On s’étonne bien-sûr de cette nouvelle génération de chorégraphes à “formats courts”, comme Hofesh Shechter également… L’élégance du travail de Maliphant ne manque pas, néanmoins, d’être remarquable. du 19 au 20 mai 2015 Théâtre des Champs Élysées,...

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Alice, la comédie musicale, Vingtième théâtre
Mai21

Alice, la comédie musicale, Vingtième théâtre

Une troupe de comédiens-chanteurs pleine de talent à découvrir au Vingtième Théâtre jusqu’au 14 juin. Qui n’a pas frémi, enfant, au récit des aventures d’Alice au pays des Merveilles, de Lewis Carroll? Enfant, je n’aimais pas ce conte, qui me dérangeait (trop d’absurdités? Absence de cadre rassurant, de repère?) et dont les illustrations m’effrayaient. Étudiante, j’ai découvert que ce récit était encore une source d’inspiration pour des auteurs, en particulier pour deux motifs: l’expérience psychédélique: on avale une potion qui nous plonge dans un état modifié de conscience, les objets paraissant immenses ou minuscules, cette expérience pouvant entraîner un changement de regard profond et durable; l’ambiguïté du lien entre le narrateur (Lewis Carroll dont le goût pour les très jeunes filles n’était pas innocent) et l’héroïne Alice. L’ingestion de la potion la soumettant dans un état de suggestion, la leçon de vie du narrateur est “forcée”. Précisément, la cruauté, il en est très peu question dans la production actuellement à l’affiche au Vingtième Théâtre. C’est une version aseptisée, un peu trop “bon enfant” qu’on nous propose. Seules la scène de fête (chez le Chapelier fou) et la scène finale (chez la Reine de Cœur) nous mettent mal à l’aise, le rythme effréné confinant à la folie. L’auteur-compositeur Julien Goetz le confirme: “Nous souhaitons donner à ce spectacle une couleur à mi-chemin entre le Disney et le Tim Burton, en ajoutant une quantité de musiques orchestrées façon Broadway”. C’est ce qu’on peut regretter: une esthétique “à mi-chemin”, l’absence d’un parti pris. D’autant que la musique fait plutôt pencher l’ensemble du côté Disney que vers Tim Burton… Pour autant, il faut saluer la belle performance et la générosité des acteurs-chanteurs-danseurs que sont: Morgane L’Hostis Parisot dans Alice, Hervé Lewandowski dans le narrateur et le Chapelier fou, Véronique Hatat dans la chenille,  Julie Lemas dans la Reine de Cœur, Vincent Gilliéron dans le Lapin blanc et Antonio Macipe dans le Chat du Cheshire. Les costumes excentriques ajoutent également un bon point à ce spectacle. De belles voix, du talent, et le plaisir de faire découvrir le conte de Lewis Carroll aux plus jeunes, “en live”. Jusqu’au 14 juin 2015 Vingtième Théâtre – 7, rue des Plâtrières – 75020 Paris – Réservations: 01 48 65 97 90 Mise en scène: Marina Pangos Musique: Julien Goetz Textes: Nicolas Laustriat, Cécile Clavier Avec: Vincent Gilliéron, Véronique Hatat, Julie Lemas, Hervé Lewandowski, Antonio Macipe, Morgane L’Hostis...

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4 Mois 3 Semaines 2 Jours
Mai20

4 Mois 3 Semaines 2 Jours

Un avortement clandestin en Roumanie durant la dictature de Ceaucescu : voilà de quoi traite la Palme d’or de Cannes. Avec un tel sujet, le réalisateur Cristian Mungiu enfonce le spectateur dans une réalité très sombre. Effrayant, son film fait l’effet d’une bonne paire de claques. Si le cœur vous en dit… Nanni Moretti a remporté la Palme d’or avec La chambre du fils, film sensible sur le deuil d’une famille après le décès du fils de la maison. Plus tard, Gus Van Sant obtint le même prix avec Elephant, chronique éthérée d’un massacre d’adolescents par deux jeunes tueurs. Enfin l’année dernière, les frères Dardenne sont récompensés pour la seconde fois de la prestigieuse palme pour leur film, L’enfant où un marginal vend son bébé pour quelques billets. Les histoires où la jeunesse est un enjeu, semblent toucher les jurys de Cannes et cette année cela se confirme avec 4 mois, 3 semaines et 2 jours. Le Roumain Cristian Mungiu va un peu plus loin puisque le sujet de son film s’articule autour d’un fœtus. Etudiante, Gabita est enceinte. Elle partage sa chambre universitaire avec Ottila, une blonde énergique. Cette dernière s’occupe de son ami, inquiète à l’idée d’avorter. A l’époque des Ceaucescu, l’avortement est illégal et condamnable de 10 ans de prison. Mais Gabita ne peut pas garder l’enfant. Ca serait un coup à être nommée à la campagne à un poste sans valeur. Sonnée, Gabita laisse Ottila tout organiser. Elles sont toutes les deux maladroites et rapidement elles sont piégées par monsieur Bébé, faiseur d’anges malhonnête… Cet été le film de Mungiu a créé la polémique avec des associations contre l’avortement. Pas la peine de revenir là-dessus : le film ne prend jamais parti. Le regard de Mungiu est clinique et froid. Mungiu a peut être une ambition politique. Cette triste histoire dépeint la Roumanie à la fin des années 80, figée, paranoïaque et désespérée. Ce que montre l’avortement de Gabita, c’est l’inhumanité érigée en système politique et social. Ce que l’on voit, c’est la résignation et la violence que s’infligent les femmes pour exister. Au lieu de s’acharner sur Gabita, le réalisateur a raison d’observer la courageuse Ottiva. Prudente mais obstinée, c’est elle qui va affronter cette société qui ne veut rien voir et qui abandonne des jeunes femmes à des types sordides. Elle rappelle les héroïnes des frères Dardenne, seules contre tous. La mise en scène colle à ses baskets et observe son mutisme. Avec de longs plans séquences, le cinéaste parvient à nous faire sentir l’angoisse de ces deux femmes, leur isolement et leur fatalisme. Le film révèle un monde sans espoir, où même...

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Bush
Mai20

Bush

Mais Bush restera comme le titre du renouveau de Snoop Dogg, grand dadais du rap plein de clichés. Après un magnifique premier album, il n’a fait que décevoir. Le bonhomme s’est un peu paumé dans le show business. Un jour il est comédien. Un autre, il produit du porno. Il a fait tous les métiers dans l’entertainment américain.

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Bourlinguer, Blaise Cendrars
Mai20

Bourlinguer, Blaise Cendrars

  Blaise Cendrars a 60 and quand il entreprend de rédiger une série de récits autobiographiques qu’il nommera “BOURLINGUER”. Loin de sa Suisse natale, de la guerre de 14 et de la “Main coupée”, il s’est retiré en Provence et obtenu la nationalité française. De ce corpus de textes, le metteur en scène Darius Peyamiras sélectionne celui intitulé “GENES” et retrouve un vieux compagnon de route, l’acteur Jean-Quentin Châtelain, qu’il avait mis en scène en 1986 dans “MARS” de Fritz Zorn (il avait d’ailleurs obtenu le prix du Syndicat de la Critique pour ce spectacle). De voyage, il est très peu question ici. “Bourlinguer”, c’est “rouler sa bosse”, mais aussi “traîner sa misère”. Blaise Cendrars est en fuite quand il retourne à 20 ans sur les traces de son enfance passée sur le “Voméro”*, sur les hauteurs de Naples. Il découvre une colline en proie à la spéculation immobilière: des lotissements ont poussé, le goudron a recouvert les anciens sentiers de mule. Les terrains ont été découpés, privatisés, clôturés, et le narrateur peine d’abord à s’extraire de ce labyrinthe de barbelés. Alors qu’il pense que les lieux de son enfance ont définitivement disparu, il découvre le lieu magique de ses plus belles heures perdues: le Tombeau de Virgile. Un jardin ceinturé d’un muret de pierres, abritant une maisonnette, un grand pin, et au pied de l’arbre millénaire, le Tombeau du poète. Cendrars, en fuite, loqueteux, perdu, s’y réfugie et tente de se refaire une santé au milieu des ruines. Mais les souvenirs ressurgissent, éclatants et sombres, et ne le laissent pas en paix, car “(…) Il ne fait pas bon revenir au Paradis perdu de son enfance.” C’est ce récit des premières amours que partage Jean-Quentin Châtelain (JQC), et plus encore: les pensées sur la vie et ses supposées leçons, le sens du mot “progrès”, et surtout le souvenir du drame originel qui peine à se dire, qui travaille la langue du poète, le récitant mâchant et remâchant ses mots jusqu’à la délivrance, jusqu’au cri. Si l’on a vu JQC dans “EXECUTEUR 14” d’Adel Hakim, “PREMIER AMOUR” de Samuel Beckett ou dans “KADDISH POUR L’ENFANT QUI NE NAITRA PAS” d’Imre Kertesz, on connaît déjà son talent et sa maîtrise de l’art du comédien et du monologue en particulier. L’acteur répète ses textes comme un sportif son geste, jusqu’à l’épuisement, le sens n’apparaissant que tardivement dans ce processus de digestion. C’est ainsi qu’il s’approprie les mots d’un autre et nous les restitue dans une fraîcheur et une violence intactes, dans un bouleversement de tous les sens: avec son souffle, son léger accent, ses pieds nus ancrés dans la scène, son corps souple et sa tête...

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