Les Caramels fous, Pas de gondoles pour Denise
Juin14

Les Caramels fous, Pas de gondoles pour Denise

On les attendait, ils sont enfin revenus ! Après le drôlissime Madame Mouchabeurre, les Caramels fous sont de retour, avec Pas de gondole pour Denise. Dépêchez-vous, pour l’instant, ce n’est que jusqu’au 23 juin, au théâtre du Gymnase. Mais ils reviendront en septembre. Souvenez-vous, l’an dernier, vous aviez ri en assistant à un spectacle étonnant, décalé, loufoque et talentueux : Mme Mouchabeurre, librement inspiré de Mme Butterfly. Les responsables de ce moment d’hilarité ? Les Caramels fous, un groupe de garçons, tous bénévoles, drôles, talentueux, volontaires et dont la seule mission semble être de nous faire passer un bon moment. Mission accomplie avec leur dernière création, Pas de gondole pour Denise. Ici, pas d’histoire bien précise, mais une ambiance cabaret, des références musicales variées et un ton résolument politique. Au début, les Caramels avaient envisagé une suite à leur fable animalière Les Dindes galantes. Finalement, le créateur, Michel Heim, a opté pour une série de tableaux liés entre eux par un fil conducteur. Pourquoi ? « Parce qu’un spectacle composé de plusieurs tableaux est la forme la plus apte à mettre en valeur le plus grand nombre de Caramels fous ; la diversité des tableaux permet en effet de faire intervenir une multitude de personnages alors que dans une comédie musicale, le nombre de rôles solistes est nécessairement limité. » Michel Heim envisage alors un spectacle inspiré de La Ronde, d’Arthur Schnitzler, avec dix scènes reliées entre elles par un personnage commun. « Sur ce modèle, j’ai imaginé une série de rencontres entre hommes, dans différents lieux spécialisés dans ce genre de rencontres, chaque lieu faisant l’objet d’un tableau : les Tuileries, un bar du Marais, des toilettes publiques, Internet, un sauna, une discothèque… » Mais les Caramels trouvent l’idée trop exclusivement gay. Certes, la troupe ne renie pas sa composante homosexuelle mais veut aussi s’adresser à un public plus large. Qu’à cela ne tienne, l’idée des rencontres reste, pas seulement entre hommes et pas uniquement avec pour moteur le sexe. N’oublions pas que les rôles sont néanmoins tous tenus par des hommes et qu’il faut d’ailleurs saluer la performance d’un des comédiens, ébouriffant en femme d’affaires dans une sublime parodie de Britney Spears. Tout au long de la pièce, son talent, sa maîtrise de la danse, des gestes et de la voix, sont d’ailleurs époustouflants. Merci à lui aussi pour ce beau couplet sur les femmes voilées qui doivent se libérer du joug masculin. Le premier comme le dernier tableau se déroulent à l’aéroport d’Orly, endroit de passage, symbole de la modernité pressée. Avec un petit clin d’œil à Plouhermeur et leur pièce précédente sur le tableau d’affichage… De Lio à Britney, de Queen aux chansons populaires du répertoire français, en passant par une...

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The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars / David BOWIE /  (EMI – 1972) Sortie d’une Edition 40ème anniversaire le 4 juin 2012
Juin03

The Rise and fall of Ziggy Stardust and the Spiders from Mars / David BOWIE / (EMI – 1972) Sortie d’une Edition 40ème anniversaire le 4 juin 2012

    ‘The man who sold the world’ (avril 71), ‘Hunky Dory’ (Décembre 71) et ‘…Ziggy Stardust’ (juin 72) : trois albums d’anthologie en à peine plus d’un an ! Epoque bénie de création frénétique pour David Bowie, assisté dans son art par deux personnages essentiels : l’excellent producteur Tony Visconti et le formidable guitariste-arrangeur Mick Ronson. Frénétique est d’ailleurs un faible mot , si on considère que sur la même période, Bowie offrira le magnifique tube All the young dudes au groupe Mott the Hoople (juillet 72), produira (avec Ronson) le mythique “doo-doo-doo-walk-on-the-wild-side” “Transformer” de Lou Reed (décembre 72), préparera son prochain chef d’œuvre (“Aladdin Sane” qui sortira en avril 73) en même temps qu’un album de reprises (“Pin-Ups” sorti en octobre 73), collaborera à une quantité de projets musicaux et même à une sorte de mascarade sous le nom d’Arnold Corn. Mais revenons à notre histoire. Car c’est bien d’une histoire dont il s’agit. ‘The rise and the fall…’ est ce qu’on appelle un album concept : une suite de chansons qui se tiennent à peu près toutes autour d’un fil conducteur. Dans notre cas et littéralement, la montée et la redescente de Ziggy Poussièredétoile et de ses Araignées martiennes. Ziggy étant une rock star (tiens tiens) et les Araignées son groupe. Mis à part ça, la signification précise des paroles des chansons échappe encore de nos jours à l’ensemble des analystes. David Bowie écrit sous forme d’images, d’impressions, de sensations ; des bouts de phrases qui valent plus pour leur son et leur couleur que pour leur sens précis. On pourra qualifier l’ensemble de tragédie rock sur fond d’apocalypse (thème récurrent chez Bowie. Five years : c’était selon lui le temps qu’il nous restait à vivre à l’époque. La date fatidique sera ensuite repoussée à 1984 dans l’album “Diamond Dogs“, puis il abandonnera ses macabres prédictions, sûrement par crainte d’un ridicule troisième échec). Par ailleurs, la notion de concept déborde même sur tout un univers où Bowie se confond avec Ziggy, personnage androgyne, complètement fabriqué, des cheveux orange aux platform shoes, du maquillage outrancier aux vêtements à paillettes : caricature du star system, de la rock star bouffée par son public (le tragique destin de Vince Taylor aurait servi de modèle), nourri de Marc Bolan et d’Alice Cooper, notre drôle de Zig’ s’installe par la force sur le trône très convoité de roi du glam rock. Comble du tragique : David Bowie tombera lui-même dans le piège qu’il avait décrit, sur scène et dans la vie, au point de devoir saborder (sur scène, à Londres, le 3 juillet 73) son personnage et son groupe pour en sortir. Ce groupe, emmené par Mick Ronson,...

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