Les Caramels fous, Pas de gondoles pour Denise

denise

On les attendait, ils sont enfin revenus !

Après le drôlissime Madame Mouchabeurre, les Caramels fous sont de retour, avec Pas de gondole pour Denise. Dépêchez-vous, pour l’instant, ce n’est que jusqu’au 23 juin, au théâtre du Gymnase. Mais ils reviendront en septembre.

Souvenez-vous, l’an dernier, vous aviez ri en assistant à un spectacle étonnant, décalé, loufoque et talentueux : Mme Mouchabeurre, librement inspiré de Mme Butterfly. Les responsables de ce moment d’hilarité ? Les Caramels fous, un groupe de garçons, tous bénévoles, drôles, talentueux, volontaires et dont la seule mission semble être de nous faire passer un bon moment.

Mission accomplie avec leur dernière création, Pas de gondole pour Denise. Ici, pas d’histoire bien précise, mais une ambiance cabaret, des références musicales variées et un ton résolument politique.

Au début, les Caramels avaient envisagé une suite à leur fable animalière Les Dindes galantes. Finalement, le créateur, Michel Heim, a opté pour une série de tableaux liés entre eux par un fil conducteur. Pourquoi ? « Parce qu’un spectacle composé de plusieurs tableaux est la forme la plus apte à mettre en valeur le plus grand nombre de Caramels fous ; la diversité des tableaux permet en effet de faire intervenir une multitude de personnages alors que dans une comédie musicale, le nombre de rôles solistes est nécessairement limité. »

Michel Heim envisage alors un spectacle inspiré de La Ronde, d’Arthur Schnitzler, avec dix scènes reliées entre elles par un personnage commun. « Sur ce modèle, j’ai imaginé une série de rencontres entre hommes, dans différents lieux spécialisés dans ce genre de rencontres, chaque lieu faisant l’objet d’un tableau : les Tuileries, un bar du Marais, des toilettes publiques, Internet, un sauna, une discothèque… »

Mais les Caramels trouvent l’idée trop exclusivement gay. Certes, la troupe ne renie pas sa composante homosexuelle mais veut aussi s’adresser à un public plus large. Qu’à cela ne tienne, l’idée des rencontres reste, pas seulement entre hommes et pas uniquement avec pour moteur le sexe.

N’oublions pas que les rôles sont néanmoins tous tenus par des hommes et qu’il faut d’ailleurs saluer la performance d’un des comédiens, ébouriffant en femme d’affaires dans une sublime parodie de Britney Spears. Tout au long de la pièce, son talent, sa maîtrise de la danse, des gestes et de la voix, sont d’ailleurs époustouflants. Merci à lui aussi pour ce beau couplet sur les femmes voilées qui doivent se libérer du joug masculin.

Le premier comme le dernier tableau se déroulent à l’aéroport d’Orly, endroit de passage, symbole de la modernité pressée. Avec un petit clin d’œil à Plouhermeur et leur pièce précédente sur le tableau d’affichage…

De Lio à Britney, de Queen aux chansons populaires du répertoire français, en passant par une superbe « reprise » deGare de Lyon de Barbara par Michel Heim, Pas de gondoles pour Denise nous entraîne dans une réflexion tendre et douce sur la solitude, les rencontres, l’amour et la joie de vivre, la folie du monde actuel. Avec de petits clins d’œil au mariage gay, à l’homophobie, la crise, la politique… Toujours avec bonne humeur et délicatesse.

 

 

Pas de gondole pour Denise

du 7 au 23 juin 2012 (reprise en septembre) Théâtre du Gymnase – 75010

http://www.lescaramelsfous.com/

Auteur: Marie Leon

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