Tusk

Deuxième incursion du réalisateur comique Kevin Smith dans l’horreur. Parfait pour fêter Halloween.

Red State n’est donc plus l’exception dans la filmographie gai et farfelu de ce gros clown de Kevin Smith. Petit retour en arrière: Kevin Smith se fait remarquer au début des années 90, avec un comédie sur l’ennui, Clerks, tourné avec trois fois rien, quelques copains, un humour rafraichissant et de la pellicule en noir et blanc au grain très esthétique.

Son humour potache devient sa marque de fabrique. Héros de la contre culture, il est l’un des premiers à caresser le geek dans le sens du poil. Il célèbre la pop culture et voue un culte aux super héros et les blagues les plus nases. Il célèbre l’amitié avec des films souvent déjantés comme Dogma ou Jay & Bob Contre-attaquent.

Farouchement indépendant, copain des stars (on croise souvent Ben Affleck et Matt Damon. Ici on rencontre Johnny Depp), observateur faussement détaché de la bêtise, après l’échec de la comédie policière Top Cops, Smith s’essaie à un autre genre, le thriller violent, avec Red State, critique frontal du fondamentalisme religieux.

Pour un deuxième effort dans l’horreur, il renoue tout de même avec son ton décalé et son sens critique. Du cul et de l’authentique! Voilà ce que donne Wallace Bryton, un humoriste à ses auditeurs sur une émission du internet. Pour cela il se moque de ce tout ce qu’il voir sur le net. En voulant interviewer un pauvre gus, héros malgré lui, d’une vidéo virale sur le net, il part au Canada mais découvre que le jeune a mis fin à ses jours.

Il rencontre néanmoins un vieux monsieur mystérieux qui a vécu des histoires extraordinaires. Il pourrait sauver son voyage et enregistrer son émission.

Wallace, parfaitement joué par Justin Long, est un type vain comme les milliers d’imbéciles qui deviennent les petits tyrans d’internet, heureux d’étaler leur cynisme et leurs frustrations pour quelques vannes. En face de lui, le vieil homme est un passionné. Pourtant son élégance cache un monstre. Smith joue avec nos jugements. Et c’est toujours une valeur ajoutée au cinéma d’horreur, lorsqu’il nous interroge à un moment, ou à un autre.

On pense un peu à Misery mais Kevin Smith y apporte toute sa fantaisie. Le scénario, aidé par des dialogues savoureux (la force de Kevin Smith), ose et c’est déjà pas mal. C’est un peu n’importe quoi mais c’est assez jouissif grâce à ces ruptures de ton et la simplicité de la mise en scène.

On sombre petit à petit dans l’horreur et le comique se révèle un terrifiant conteur d’histoires tristes. Smith a bien fait de s’essayer à l’horreur!

Avec Michael Parks, Justin Long, Genesis Rodriguez et Haley Joel Osment – 2014 – Sony Pictures

Auteur: Pierre Loosdregt

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