The Tree of Life

Des algues, des dinosaures et un drame familial! Malick n’a vraiment pas choisi la simplicité. Trip philosophique et Palme douteuse!

Une lumière évanescente et le bruit de la mer ! En voix off, on entend « Mon frère » puis c’est le grand déballage philosophique de Terrence Malick. Le cinéaste discret et mystérieux continue de suivre les traces de Stanley Kubrick et se laisse aller à une réflexion massive sur la vie, la mort, la religion et la famille !

Le film devait être à Cannes l’année dernière mais le réalisateur a préféré revoir et refaire son montage. On sait que Malick est pointilleux et qu’il est capable d’oser et innover! Le sujet de The tree of life est pourtant simple.

Un homme (Sean Penn) se souvient de la rude éducation de son père dans les années 60 et l’influence de la mort de son frère cadet. Pour raconter cela, l’auteur du Nouveau Monde déconstruit au maximum sa narration. Il va très loin : on assiste à la création du Monde. On croise des dinosaures et on danse avec des algues.

Terrence Malick réalise des images somptueuses, renversantes, qui veulent bien dire quelque chose. Il est aussi doué pour filmer l’usure d’un couple (Brad Pitt parfait en papa lourdaud et Jessica Chastain jolie révélation) et observer la fratrie qui se rebelle doucement contre l’autorité parentale.

Il nous promène avec une aisance déconcertante entre le passé et le présent, le songe et la réalité.

Pourtant on s’ennuie. La virtuosité finit par bercer. Le cours de philosophie agace. Depuis son premier film, Terrence Malick a une vision panthéiste de l’existence. « La nature ne cherche que son profit ». L’homme porte en lui la faute et le pêché.

Dans Tree of life, il engoble sa philosophie connue dans des digressions répétitives. Les tics visuels se multiplient (Toutes les trois minutes, la caméra contemple un arbre et ses branches). La musique classique assomme.

Pire, le film se termine dans une esthétique de publicité avec un Sean Penn largué dans le désert, inquiet de passer une porte qui donne sur rien, heureux de retrouver toutes les personnes qui ont compté dans sa vie sur une plage déserte.

Depuis longtemps, on sait ce que pense Malick de l’homme et sa destinée. Jusqu’à présent, il se servait des genres (polars, films de guerre, film historique) pour suggérer ses pensées.

Ici, le drame familial est une petite excuse à une vaste divagation quasi mystique, parfois intense, parfois franchement risible. Famille, je te hais! Déception, je te hais aussi!

Auteur: Pierre Loosdregt

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