The Nice Guys

Shane Black fut il y a longtemps le scénariste le mieux payé d’Hollywood. Désormais il s’amuse à recycler avec brio le genre qu’il a quasiment inventé: le buddy movie.

Puisque c’est lui qui a écrit le scénario de L’Arme Fatale, archétype du film d’action des années 80. Il a travaillé sur quelques autres gros films d’action et puis il a disparu. Il réapparaît avec la comédie policière, Kiss Kiss Bang Bang en 2005. Robert Downey Jr à l’époque prouve qu’il a encore l’étoffe d’une star malgré ses déboires.

C’est lui qui va chercher Black pour tourner Iron Man 3 et lui faire profiter de son succès immense. Ce drôle de gus a une carrière atypique, jouant au chat et à la souris avec Hollywood et ses règles. Et il prouve une nouvelle fois qu’il est un sale gosse en décrivant un Los Angeles tout en défonce dans The Nice Guys.

Pour ne pas se faire trop remarquer, il éloigne le récit de notre époque. Nous sommes dans les années 70. En Californie, c’est la mode du disco et du porno. Une starlette a un accident. C’est le début des emmerdes pour un gros costaud Irlandais et un petit détective privé alcoolique, papa d’une petite fille bien débrouillarde.

Le duo est mal assorti et va se chamailler pendant presque deux heures pour notre plus grand plaisir. Comme d’habitude, le cinéaste sait y faire pour des dialogues cyniques et une enquête tonitruante qui mène à un improbable complot. Ce n’est pas spectaculaire mais Shane Black sait rendre les choses jubilatoires.

Russell Crowe est un ours mal léché et Ryan Gosling révèle un don évident pour la comédie (aidés tous les deux par une Adjani en herbe, la diaphane Margaret Qualley). Ils sont tous les deux excellents, cabotins à l’aise dans leurs pattes d’ef! C’est une espèce de Boogie Nights décontracté, qui n’oublie d’être sévère sur le monde de l’industrie cinématographique, visé à travers une comparaison avec le porno. La Californie est ensoleillée toute l’année, mais l’auteur du Dernier Samaritain a toujours eu l’oeil sur les zones d’ombre.

Black doit certainement cracher dans la soupe mais il le fait avec un certain talent. Il veut bien dénoncer mais son but est tout d’abord de divertir. Parce qu’il a une idée bien marrante de l’absurde, son scénario est tranquillement délirant et profite de la bonhomie des comédiens pour rester sympathique même durant quelques temps morts et deux ou trois moments répétitifs.

The Nice Guys reste une comédie policière comme on n’en fait plus avec de l’irrévérence et de l’humour. Un poil de sexe et un peu de violence font la différence. C’est un plaisir coupable! Pour une fois on est ravi d’avouer sa propre culpabilité!

Avec Russell Crowe, Ryan Gosling, Angourie Rice et Matt Bomer – Europacorp – 15 mai 2016 – 1h50

Auteur: Pierre Loosdregt

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