My Generation

Remettons les pendules à l’heure et redécouvrons un des plus grands albums de l’histoire du rock…

Pourtant, comme bon nombre de disques enregistrés au début des années 60, My generation suit une recette bien connue. En effet, l’album compile les premiers 45 tours des Who, des reprises de rythm’blues que le groupe jouait sur scène, et quelques chansons originales jugées moins évidentes commercialement. Le tout étant enregistré en un temps record et financé en partie par le producteur Shel Talmy lui-même. Ce dernier détail peut expliquer les longs démêlés juridiques qui ont longtemps empêché la réédition du disque.

Les relations entre le producteur américain et les Who avaient pourtant bien commencé. Afin de mieux séduire Shel Talmy également producteur des premiers Kinks, Townshend avoue avoir volontairement structuré I can’t explain, le premier single du groupe, sur le modèle des chansons de Ray Davies. Encore aujourd’hui, le morceau surprend par sa puissance. Même remarque pour My generation, hymne comparable au Satisfaction des Stones, et dans lequel les Who déploient toute leur fougue. A propos de My generation, on sait déjà tout sur l’origine des bégaiements de Daltrey, dont Bowie se souviendra pour Changes, mais on sait moins que John Entwistle a dû utiliser trois basses pour enregistrer son solo, les fragiles cordes de sa Danelectro étant introuvables. Citons également The kids are alright, condensé de tous les effets scéniques du groupe, l’entêtant The good’s gone et l’excellent Circles.

Comme toujours avec les rééditions Deluxe, le travail sur le son est époustouflant ce qui nous permet d’entendre des petits détails amusants. Comme la discrète partie de piano sur I can’t explain jouée par Perry Ford membre des Ivy League, groupe que l’on peut aussi entendre dans les chœurs. Mais c’est bien le jeu du jeune Keith Moon qui impressionne le plus. Les parties de batterie sont tout simplement exceptionnelles.

Deux ou trois petites choses sans importance ternissent tout de même cette réédition. La première est que le coffret offre une version alternative de Anyhow, anywhere, anyway sans que l’originale ne soit présente. Beaucoup plus gênant : en remixant l’album original en stéréo, les producteurs de cette édition Deluxe n’ont pu retrouver les prises de guitares réenregistrées par Townsend sur My generation et A legal matter, ce qui perturbe l’écoute du premier disque.

Mais bon, ce disque est quand même un incontournable pour votre discothèque !

 

Auteur: Roland Caduf

Partager cette chronique sur

1 Comment

  1. N’oublions pas que My Generation contient l’un des, si ce n’est le, premier solo de basse, spécifiquement écrit par Townshend pour Entwistle…

    Post a Reply

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? *
Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.