Crosseyed Heart

Incarnation ultime du rock’n’roll, Keith Richards a toujours faim de riffs et refrains électriques. Son nouvel album prouve qu’il a, à 71 ans, toujours la Foi! Un vénérable disque!

On est évidemment très conciliant avec Keith Richards, guitariste de légende des Rolling Stones. Il est devenu notre papy préféré du rock’n’roll. Il a tout vu et tout connu. Il a pratiqué mille et un excès. Le sexe, la drogue et le rock’n’roll, c’est son quotidien!

Cela fait dix ans que les Stones font des petites tournées bien rentables. Jagger et Richards n’écrivent plus ensemble (sauf l’excellent single Doom & Gloom). Ils gèrent leur succès colossal. Richards en profite pour écrire un super récit sur sa vie dissolue, Life. On y comprend qu’il est vraiment hanté par les démons du rock et qu’il adore ça.

Son agitation se trouve donc canalisé pour les besoins d’un troisième album solo, Crosseyed Heart. Cela faisait vingt trois ans que le guitariste n’avait pas signé un disque tout seul comme un grand. Il n’a plus rien à prouver désormais: ce nouveau disque est un concentré de plaisir et de complicité. Ca fait du bien à entendre! Richards, rieur, met tout ce qu’il lui plait dans cet album. Toutes ses influences sont représentées. Et le bonhomme ne manque pas de bon goût!

La soul et le blues ont une bonne place dans ce disque. Soutenu par son ami batteur, Steve Jordan, Keith Richards est un vieux pirate qui s’accroche à ses valeurs et ses connaissances. A son grand âge, il ne tente aucune révolution. Il capture l’essence de son art.

La première chanson ne ferait pas de désordre dans la discographie de ses idoles comme John Lee Hooker ou Jimmy Reed. La seconde branche la guitare sur des riffs dont il a le seul le secret. La voix vieillissante rôde du coté de Tom Waits et ce n’est pas une mauvaise chose. Bien au contraire, les deux hommes sont bons amis.

Amnesia ferait presque penser à du Lou Reed période « New York ». Il se calme pour une ballade détraquée, Robbed Blind, très proche de ses écarts solitaires avec les Stones. C’est à eux aussi que l’on pense avec son titre phare, Trouble, très bon.

Puis il voyage à nouveau vers la Jamaïque pour Love Overdue, puis revient vers des choses plus claires avec Nothing On Me, titre le plus faible de l’album qui vous l’aurez compris récompense notre longue attente depuis l’excellent Main Offender en 1992.

Pour nous faire encore plus plaisir, il chante en duo avec la magnifique Norah Jones sur le noctambule Illusion. L’homme a toujours bon goût. Son nouvel album montre qu’il ne sucre pas encore les fraises. Que la flamme du rock’n’roll ne s’éteindra jamais. Excellente nouvelle.

Republic – 2015

Auteur: Pierre Loosdregt

Partager cette chronique sur

Submit a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

? * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

IP Blocking Protection is enabled by IP Address Blocker from LionScripts.com.