#Chef

Le cinéma de Jon Favreau est un peu à l’image de son physique imposant : c’est un peu lourd ! Second rôle sympathique, il a réussi à percer en s’écrivant un film, Swingers, avec son ami de toujours, le rigolo Vince Vaughn. Il s’offre le premier rôle et depuis il a prouvé qu’il était un couteau suisse pour Hollywood.

Il continue d’apparaître dans les productions hollywoodiennes dans des petits rôles mais sait aussi gérer les gros budgets en tant que réalisateur. On lui doit deux Iron Man et un nanar couteux Cowboys et Envahisseurs.

Il ne fait pas dans la dentelle mais sa bonhommie rassure visiblement tout le monde : les investisseurs comme les spectateurs aiment bien Jon Favreau. #Chef creuse dans cette voie : son physique massif cache donc un amoureux des plaisirs gourmands, un type à l’humeur rabelaisienne. Loin des grosses productions, #Chef est une comédie californienne sur l’art de la cuisine !

Par californien, il faut traduire, un peu nunuche, un peu loufoque, un peu ensoleillé, complètement cramé du ciboulot. Comme dans les œuvres de Zach Braff, Jon Favreau nous conte le chemin de croix atypique d’un type attardé qui va enfin grandir, souvent au contact de son propre enfant et de la femme qui l’aime, ici, une bimbo latine (l’actrice Sofia Vergara), erreur de casting monumentale et finalement un renfort inattendu pour le film.

Favreau joue donc un chef qui souffre de ne pas être son propre patron. Au fil des engueulades avec sa direction, il fait un burn-out en même temps qu’il découvre les réseaux sociaux. Lorsque tout semble perdu, il redécouvre les joies de la paternité, de l’amitié et de la technologie. En récupérant un vieux van tout pourri pour faire de la cuisine, il deviendra un roi de la food truck, un père attentif et pourquoi pas un amoureux crédible !

C’est parfois indigeste. Le film dans sa conception est trop long (plein de stars jouent des petits rôles : il faut les placer). Les bons sentiments pourraient être à tout moment trop copieux. Mais comme c’est Californien, c’est exotique. L’optimisme de Jon Favreau, sa simplicité et ses envies restent déconcertantes et non dénuées de charmes !

Ce n’est pas raffiné pour continuer dans les références culinaires mais ca ne manque pas de piment non plus dans sa difformité, sa production un peu hasardeuse et sa bande son sensationnelle, hymnes multiples du Sud des Etats-Unis. Un film avec de l’appétit ne peut pas être mauvais !

Avec Jon Favreau, Sofia Vergara, John Leguizamo et Dustin Hoffmann – Sony Pictures – 29 Octobre 2014 – 1h50

Auteur: Pierre Loosdregt

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