Art-scène, Théâtre

Une histoire d’amour, Alexis Michalik, la Scala

Avec « Une histoire d’amour », Alexis Michalik nous entraîne dans les méandres émotionnels de la rupture et du deuil, avec une pointe d’humour noir. Ce sont plutôt deux histoires d’amour qui s’entremêlent : une histoire courte et intense entre Katia et Justine. Justine quitte Katia alors que cette dernière porte leur enfant. Douze ans passent… Quand Katia apprend qu’elle va mourir bientôt, les deux femmes se retrouvent et tentent de comprendre ce qui leur est arrivé. Katia confie sa fille à son frère, un écrivain à l’inspiration en chute libre, qui traverse un deuil profond. Au fil de quelques scènes bien ciselées, le frère et sa nièce s’apprivoisent, se livrent et se consolent.

Tandis que dans ce conte moderne, l’amour et la mort s’entremêlent, les scènes s’enchaînent sans répit. La mise en scène est habile et virevoltante, comme souvent chez Michalik*. Mais cette fois le registre est plus grave et plus intime. Je regrette seulement le rythme trop rapide des premières scènes ; j’aurais eu besoin d’un peu de calme pour poser la situation et camper les personnages.

Ceci étant dit, la direction d’acteurs est toujours juste et l’émotion est contagieuse entre la scène et la salle. Une fois admise la convention de douze ans passés en quelques secondes… le rythme est moins frénétique et les personnages deviennent plus profonds.

Au fil des scènes, le public est visiblement ému, troublé par ces deux histoires d’amour qui s’entrelacent au sein d’une seule famille. On en sort un peu mélancolique. On a traversé des drames, on a compati devant la pudeur de ceux qui cachent leur douleur, on a pleuré devant leur tentative de consolation. Les personnages semblent si vrais. On a envie de prolonger cette rencontre, on continue à parler d’eux, de leur expérience, de ce qui nous a surpris chez eux, de leur réaction devant l’imprévisible, et aussi des liens particuliers qui les attachent. A la fin, on a besoin, nous aussi, de fraternité. C’est grâce à la plume et à la direction d’acteur de cet auteur, qui interroge notre humanité au fil des spectacles et réussit peut-être à la cerner et à nous la rendre sensible. Merci Alexis Michalik!

*Ce spectacle a obtenu le Molière de la meilleure mise en scène du théâtre privé en 2020.

NB : 5 spectacles de cet auteur sont actuellement à l’affiche ; nouvelles chroniques à suivre…

Du 28 septembre  au 30 novembre  2021
LA SCALA – 13, boulevard de Strasbourg, 75010 Paris
Grande salle – Durée : 1h25
Email : billetterie@lascala-paris.com
Téléphone : +33(0)1 40 03 44 30


Un spectacle écrit et mis en scène par Alexis MICHALIK
En alternance Clément Aubert, Pauline Bression, Juliette Delacroix et Marica Soyer ou Stéphanie Caillol, Alexia Giordano, Paul Lapierre et Julia Le Faou.

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