Star Wars les derniers Jedi

Rian Johnson a un petit problème avec les jeunes et les vieux. Dans Brick en 2005, des jeunes d’aujourd’hui se trouvaient dans un vieux film noir. Dans Looper en 2012, il confronte un jeune tueur à un vieux tueur mais c’est la même personne. Dans le nouveau Star Wars, il prend les jeunes héros de la Force et les confronte aux vieux.

Les vieux mythes ont la peau dure. Lors d’une bataille, Jonnson jette la princesse Leia dans l’espace; eh bien elle s’en sort. Luke ressemble à un vieux ronchon capricieux, inquiet, incapable d’assumer l’espoir fragile qu’il peut représenter. Snoke, la plus haute autorité du Premier ordre, les nazis de l’espace, n’a peut être pas non plus la carure pour entrainer Kylo Ren, alias le fiston de Han et Leia, vers le coté obscur de la force.

Les vieux en prennent pour leur grade. C’est bel et bien la bonne idée de ce nouveau volet, loin des films de George Lucas, trop lisses et surtout inutiles. Les jeunes sont aussi décevants. Heureusement il y a quelques âmes courageuses pour nous faire vibrer mais cette fois ci elles sont plutot en dehors des chevaliers de la force. Ca fait sourire en tout cas.

Car Johnson aime l’humour. Il y en a pas mal dans ce nouveau volet. Le cinéaste pousse le style vers la tragédie shakespearienne, avec des puissantes idées de mise en scène (ca ressemble à du Branagh de temps en temps), des pauses drôles et des héros qui souffrent d’un passé trop imposant. C’est la ligne directrice de la carrière de Rian Johnson et il réussit à attirer Star Wars vers son univers. Ce n’est pas si facile.

D’ailleurs il y a des défauts. Le film dure 2h30 et c’est trop. Le film a du mal à échapper à sa nature serialesque. C’est plus un feuilleton qu un véritable long métrage. Le film a le complexe de L’Empire contre Attaque. L’empreinte commerciale du projet oblige des scènes longuettes et trop attendues. C’est un peu répétitif. Le dispositif narratif est ambitieux mais ne passionne pas vraiment.

Heureusement le réalisateur réussit de beaux moments épiques et des bastons interstellaires dignes de ce nom. On n’est pas décu de ce coté là. On apprécie une fois encore la démolition polie du mythe pour le remplacer par un autre. Pour une nouvelle génération. L’aventure continue. L’intérêt subsite. Remonterait même. Que demander de plus?

Avec Daisy Ridley, Adam Driver, Carrie Fisher et Oscar Isaac – Walt Disney – 13 décembre 2017 – 2h32

Auteur: Pierre Loosdregt

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