Star Trek le film

Allez hop, c’est l’été. On se calme. On se détend. On s’amuse. Rien de mieux que de s’intéresser à l’une des plus grandes sagas hollywoodiennes pour passer l’été. Mystique, passionnante, ridicule, efficace, Star Trek, la série télévisée devenue franchise de cinéma nous propose un voyage dans la production américaine. On débute bien entendu par un premier film ENORME dans tous les sens du terme.

Face au succès de La Guerre des Etoiles, l’idée d’un film Star Trek (en hommage à la série des années 60) fut abandonnée par le studio Paramount. Pourtant un an plus tard, en 1978, après la lecture d’une histoire de Gene Roddenberry, “The God Thing”, Paramount fait croire à la réactivation d’une série avant d’annoncer un film en grandes pompes. Cette tactique fut choisie pour que les contrats soient (re)négociés en toute discrétion.

Tout l’équipage est là. Longtemps le script existait sans l’existence de Spock. Leonard Nimoy ne voulait plus avoir à faire avec la saga intergalactique. Spock aurait dû être remplacé par un autre Vulcain plus jeune et tout aussi pragmatique: Xon!

L’artillerie lourde est de mise. Robert Wise (West Side Story, La Maison du Diable)réalise. Jerry Goldsmith se charge de la partition musicale. Douglas Trumbull, responsable de 2001 l’Odysée de l’Espace, s’occupe des effets spéciaux. Le romancier, spécialiste de la science fiction, Isaac Asimov est conseiller technique sur le film. Les petits plats sont mis dans les grands. Pour la bande annonce, la voix off est celle d’Orson Welles.

Pourtant le film va en dérouter plus d’un. Installé à San Francisco, Amiral au sein de Starfleet, le commandant James Kirk doit reprendre du service lorsque plusieurs vaisseaux klingons sont détruits par une force extra terrestre d’une puissance inimaginable.

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Revoilà donc Kirk et son équipage pour affronter un étrange vilain qui va révéler petit à petit des mystères que l’on ne pouvait pas soupçonner. Et Star Trek revient sur grand écran pour défendre un mysticisme qu’on ne lui connaissait pas.

C’est bien là le problème du film de Wise. On s’éloigne de la série pour un opéra visuel et sonore assez déroutant et très spectaculaire. C’est une oeuvre too much. Les contraintes d’une date de sortie programmée a poussé Wise et les techniciens à relever des défis énormes, qui déséquilibrent un récit et un univers déjà bien ancré dans la culture populaire américaine. A l’époque le film fut le plus cher de l’histoire.

Si le film cartonne sur le sol américain, le film va décevoir les producteurs malgré des chiffres qui, encore aujourd’hui, restent impressionnants. Seul, le remake en 2009, fera mieux. Mais le film sera vite mal aimé par ses auteurs. On sait par exemple que tout le monde détestait les nouveaux costumes. On sait aussi que plusieurs acteurs n’appréciaient que moyennement le scénario trop ésotérique, montrant les limites et les dangers des progrès scientifiques.

Heureusement il y a de quoi se réjouir. Le film laissera une solide emprunte dans la saga qui se développera de nouveau à la télévison avec Star Trek Next Generation, énorme succès qui reprend d’ailleurs la musique épatante de Jerry Goldsmith, en très grande forme pour souligner les nouvelles aventures de l’USS Enterprise.

Les quelques mots de Klingons que l’on entend aussi dans ce premier volet viennent de l’imagination de Scotty. Le comédien James Doohan est à la source de ce langage bien connu des fans qui sera développer par un linguiste pour les besoins de Star Trek 3: à la recherche de Spock! Et par la suite dans les conventions!

Aujourd’hui encore, le film déroute un peu. Il a son esthétisme daté, fascinant parfois, d’une laideur disco à d’autres moments. Le discours amuse plus qu’il inspire. Ce premier long métrage est une anomalie dans toute la saga Star Trek pourtant il va influencer tous les autres métrages et les séries à venir. Au délà de sa propre franchise d’ailleurs…

Auteur: Pierre Loosdregt

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