Sierra Burgess is a Loser

Hommage sincère au cinéma de John Hughes. Jouant avec les clichés, ce film pour adolescents peut être vu par les plus grands.

Les ados, on le sait est une espèce étrange qui se comporte toujours de manière surprenante. Le monde adolescent est un reflet miniature et caricatural de notre monde moderne. Les lycées sont des sociétés de castes et d’humiliation.

Cela peut donner ainsi la mythique saga des American Pie comme les envolées poétiques de Gus Van Sant (et son magnifique Elephant). Ce petit monde fascine les adultes, les producteurs et on ne compte plus les films sur le sujet.

Depuis les années 80, il y a une référence qui s’impose sur le sujet: John Hughes. En quelques films, il a fait le tour de la question. Entre interrogations existentielles et délires potaches. John Hughes a marqué une génération de spectateurs.

Et cela se voit de Sierra Burgess is a Loser de Ian Samuels. On croise des stars de l’époque comme Alan La folle journée de Ferris Bueller Ruck et Lea Retour vers le futur Thompson. Le scénario lui fait dans la tragi comédie avec une aisance appréciable.

Sierra Burgess a un père écrivain, des pulls trop larges et une passion pour la poésie. Bien entendu, ca ne fait pas d’elle, la star du lycée. Elle se met à dos la pom pom girl du bahut. Mais suite à un quiproquo, Sierra est courtisée par un beau quaterback et elle va devoir se rapprocher de la jolie fille pour survivre à cette épreuve inattendue.

Récit iniatique assez classique, le film pulvérise l’état des gamins d’aujourd’hui, complètement largués au milieu des réseaux sociaux et de parents un peu trop égoistes ou anxieux pour les comprendre. On pense à évidemment à Hughes car au delà de choix eighties un peu chichiteux, c’est une romance assez clairvoyante, aigre et douce.

Les gamins sont de la dynamite à manipuler avec précaution, ce que fait le cinéaste. Les émotions sont traités avec sensibilité et cette version “high school” de Cyrano ne cherche pas à plaire qu’au jeune public. L’intello n’est pas si gauche et la bimbo n’est pas si bête. C’est sans grande surprise mais c’est très bien fichu et joué avec beaucoup de nuances. Une réussite mineure mais réussite tout de même!

Avec Shannon Purser, Kristine Froseth, RJ Cyler et Noah Centineo – 2018 – Netflix

Auteur: Pierre Loosdregt

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